Menuisier : missions, formation CAP, salaire et débouchés

Un mardi matin, le menuisier arrive dans une maison en rénovation avec trois fenêtres fabriquées la semaine précédente en atelier. Il dépose les anciens châssis, cale les nouveaux au millimètre, règle les ouvrants et pose le calfeutrement avant midi. L’après-midi, retour à l’atelier pour tracer l’escalier de la commande suivante. Bois, aluminium ou PVC : un métier de précision, recherché en 2026.

AccèsCAPmenuisier fabricant ou installateur
Formation2 ansCAP en alternance, BP en 2 ans de plus
Salaire débutant1 867 à 1 899 € brutouvrier du bâtiment, Île-de-France, 2026
Où travaillerAtelier, chantierartisan, fabricant de menuiseries, agencement

Ce que fait un menuisier

La fiche ROME H2206 de France Travail décrit un professionnel qui conçoit et réalise des ouvrages en bois à partir de plans, pour l’aménagement intérieur et extérieur : fenêtres, portes, volets, escaliers, placards, parquets, cuisines, cloisons. Le métier ne se limite pas au bois : le menuisier travaille aussi l’aluminium et le PVC, matériaux courants des fenêtres posées aujourd’hui dans les logements.

Trois profils se dessinent. Le menuisier d’atelier (ou fabricant) reste à l’établi : il lit le plan, établit la fiche de débit, choisit les matériaux, trace, usine sur scie à format, toupie ou machine à commande numérique, puis assemble et finit. Le menuisier poseur (ou installateur) passe ses journées chez les clients : dépose de l’existant, pose, réglage, étanchéité, finitions. L’agenceur aménage les intérieurs : cuisines, dressings, bibliothèques, boutiques, en menuiserie sur mesure.

Une journée en pose commence par le contrôle des cotes relevées avant fabrication : une fenêtre trop juste de quatre millimètres ne se rattrape pas sur place. Vient ensuite la pose en applique ou en tunnel, le calage, le réglage des ouvrants et la pose des joints d’étanchéité à l’air. Le métier change encore en restauration : il faut alors reproduire une moulure ancienne ou remplacer un montant sans abîmer la fenêtre voisine.

Menuisier, charpentier, ébéniste

Le charpentier réalise la structure porteuse, la charpente, alors que le menuisier fait les ouvrages qui ferment et équipent le bâtiment. L’ébéniste fabrique du mobilier en bois, souvent en pièce unique, sans le travail de pose. Le ROME cite pourtant l’appellation « menuisier charpentier » : beaucoup d’entreprises artisanales font les deux.

Les compétences attendues

Lire un plan et se représenter l’espace est la première : le ROME cite l’élaboration d’une fiche de débit, le tracé des repères de coupe et l’utilisation de logiciels de modélisation. Un escalier tournant se dessine avant de se tailler, et une erreur sur le calcul de la hauteur de marche ne se voit qu’au montage.

La maîtrise des machines vient avec la sécurité : scie circulaire, toupie, raboteuse, commande numérique. Le ROME insiste sur le port des équipements de protection et sur le respect des consignes de sécurité. Le poseur y ajoute le montage d’échafaudage et le travail en hauteur.

Le contact avec le client est plus présent qu’on l’imagine. Le menuisier artisan relève les besoins, conseille sur un matériau, chiffre et rend compte de l’avancement. La ponctualité et la propreté du chantier pèsent autant que la qualité de l’ajustage dans l’image d’une entreprise.

Devenir menuisier

La porte d’entrée est le CAP, en deux versions de niveau 3. Le CAP Menuisier fabricant vise la production en atelier, environ 840 heures de formation sur deux ans, ou un an si l’élève a déjà un diplôme voisin (L’Express Éducation). Le CAP Menuisier installateur (RNCP 473) forme à la pose sur chantier, en neuf comme en rénovation.

  1. Passer un CAPMenuisier fabricant ou menuisier installateur, après la troisième, en apprentissage ou en lycée professionnel.
  2. Poursuivre en Bac pro ou en BPLe Bac pro Technicien menuisier-agenceur vise la fabrication, la pose et la conception assistée par ordinateur, en deux ans après un CAP du même domaine. Le BP Menuisier dure deux ans en apprentissage, au niveau 4.
  3. Prendre de l’expérienceDeux à trois ans en entreprise, en atelier ou en pose, pour devenir compagnon autonome.
  4. Viser le brevet de maîtriseLe Brevet de maîtrise Menuisier de bâtiment et d’agencement (RNCP 41087) mène à la conception d’études d’agencement, au statut de maître artisan et à la création d’entreprise.

Les informations sur le Bac pro viennent de l’interprofession Forêt-Bois, celles sur le BP de l’Onisep et des Compagnons du Devoir, qui l’organisent en alternance de six semaines en entreprise pour deux semaines en centre. Les Compagnons proposent aussi le Tour de France : le jeune de moins de 25 ans y change de ville et d’entreprise pour élargir son geste.

Pour une reconversion, le CAP se prépare aussi en formation adulte, et la durée passe à un an quand le candidat a déjà un diplôme voisin. Le financement passe par le CPF, la période de reconversion, France Travail ou un contrat de professionnalisation, à voir avec l’organisme. La VAE reste ouverte avec une expérience de chantier ou d’atelier.

Où travailler et dans quelles conditions

Trois cadres d’emploi se distinguent. Le premier est l’entreprise artisanale du bâtiment : le menuisier est ouvrier et relève de la convention des ouvriers du bâtiment, IDCC 1596 jusqu’à dix salariés et IDCC 1597 au-delà. Le deuxième est la menuiserie industrielle, fabricant de fenêtres, de portes ou d’escaliers, où le salarié relève en général de la convention nationale des menuiseries, charpentes et constructions industrialisées et portes planes (IDCC 3222). Le troisième est l’indépendance : artisan, seul ou avec quelques compagnons.

Le secteur des portes et fenêtres compte 52 200 entreprises artisanales, PME ou industrielles et 182 000 salariés selon l’Union des fabricants de menuiseries. Les horaires sont ceux de l’atelier ou du chantier, en journée, avec des déplacements chez les clients pour le poseur.

Ce qui plaît

  • Un ouvrage fini qu’on voit et qu’on touche.
  • Des recrutements difficiles : les employeurs cherchent des profils formés.
  • Des voies claires vers l’encadrement ou l’installation.

Ce qui pèse

  • La charge physique : panneaux lourds, vitrages, postures.
  • La poussière et le bruit de l’atelier.
  • La dépendance au neuf : le logement neuf est en baisse.

Combien gagne un menuisier

Le menuisier salarié n’a pas de grille propre : sa paie dépend de la convention de son employeur et de son coefficient. Dans le bâtiment, la grille des ouvriers va du coefficient 150 au coefficient 270 ; dans la menuiserie industrielle, la convention IDCC 3222 s’applique. Dans les deux cas le SMIC, 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026, sert de plancher. Pour retrouver votre convention, utilisez notre moteur de recherche.

1 867 €brut mensuel, SMIC de juin 2026, plancher des bas coefficients
2 038 €brut mensuel au coefficient 210, ouvriers du bâtiment en Île-de-France, 2026
53 144 €résultat courant annuel moyen d’une menuiserie artisanale, exercice 2023 (Cerfrance)

Salaire menuisier en 2026Grilles du bâtiment et de la menuiserie, artisan, primes, brut et net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

Selon l’enquête BMO 2026 de France Travail relayée par l’Observatoire des métiers du BTP, les ouvriers qualifiés en menuiserie et agencement du BTP totalisent 8 220 projets de recrutement en 2026, contre 10 840 en 2025, soit une baisse de 24 %. La même enquête classe le second œuvre parmi les familles où 66 % des projets sont jugés difficiles, et la construction dans son ensemble à 65 % de projets difficiles pour 139 510 projets, en baisse de 16 %.

Le paradoxe est là : moins de projets, mais toujours des postes difficiles à pourvoir. Le recul vient du marché du neuf : Cerfrance note que l’activité des menuiseries artisanales a baissé de 5,5 % en 2024 sous l’effet de la crise du logement. La rénovation, elle, garde du volume avec le remplacement de fenêtres et l’isolation.

Évolutions de carrière

Le menuisier confirmé devient chef d’équipe ou chef de chantier, puis peut se diriger vers la préparation ou la conduite de travaux. En industrie, il évolue vers le pilotage de machines à commande numérique, la programmation, la responsabilité d’atelier ou le bureau des méthodes.

Les spécialisations sont nombreuses : escaliers, restauration du patrimoine, fenêtres aluminium et PVC, cuisines et agencement de magasins. Le passage à l’installation reste la voie la plus courante : selon Cerfrance, un menuisier installé a 38 ans en moyenne, 9 % ont moins de 30 ans et plus de 10 % ont plus de 55 ans : la profession se renouvelle par l’installation de jeunes comme par la reprise d’entreprises.

Métiers proches

Les métiers voisins partagent le bois, le chantier ou l’aménagement.

Fenêtre, bois, PVC ou alu : comment le matériau change le métier

Le matériau ne change pas seulement le produit, il change le métier. La fenêtre en bois se fabrique sur mesure en atelier, se répare et se repeint. La fenêtre en PVC ou en aluminium arrive souvent en kit de profilés à assembler, ou toute faite : le menuisier y gagne un geste de pose plus rapide, mais moins d’usinage.

Ce glissement pèse sur la formation. Le bois reste la base du CAP, mais un candidat qui sait aussi poser de l’alu et du PVC, régler des ouvrants à frappe ou coulissants et respecter l’étanchéité à l’air trouve plus facilement un poste, en rénovation énergétique notamment. Avant de choisir votre voie, demandez à l’entreprise d’accueil quel matériau elle travaille : un apprenti en atelier de bois massif et un autre chez un poseur de PVC n’apprennent pas le même geste.

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