Calcul impôt sur les sociétés 2026 : taux réduit et normal

Calculez votre impôt sur les sociétés

Votre société clôture son premier exercice bénéficiaire avec 50 000 € de résultat fiscal. Le cabinet comptable annonce 8 250 € d'impôt, soit 16,5 % du bénéfice, alors que le taux de l'impôt sur les sociétés est affiché partout à 25 %. Les deux chiffres sont exacts.

Le calculateur ci-dessus applique le barème 2026 à votre bénéfice imposable et montre la répartition par tranche. Il vérifie au passage les deux conditions du taux réduit, celle du chiffre d'affaires et celle de la détention du capital, dont beaucoup de dirigeants découvrent l'existence au moment du bilan.

Deux taux, une seule limite à retenir

L'impôt sur les sociétés comporte un taux normal de 25 % et un taux réduit de 15 %. Le taux réduit ne s'applique pas à l'entreprise entière mais à une tranche : les 42 500 premiers euros de bénéfice imposable, par période de douze mois. Le surplus repart à 25 %.

L'économie maximale se calcule vite. Dix points d'écart sur 42 500 € font 4 250 € par an, quel que soit le bénéfice réalisé au-delà. Cet avantage se dilue à mesure que le résultat grossit, ce qui donne au taux effectif l'allure d'une courbe qui remonte vers 25 % sans jamais l'atteindre.

Bénéfice imposableImpôt avec taux réduitTaux effectifImpôt sans taux réduit
20 000 €3 000 €15 %5 000 €
42 500 €6 375 €15 %10 625 €
50 000 €8 250 €16,5 %12 500 €
80 000 €15 750 €19,7 %20 000 €
100 000 €20 750 €20,8 %25 000 €
200 000 €45 750 €22,9 %50 000 €
500 000 €120 750 €24,2 %125 000 €

Les deux conditions du taux réduit

Le chiffre d'affaires hors taxes de l'exercice doit rester inférieur ou égal à 10 000 000 €. Le seuil s'apprécie exercice par exercice et se ramène à douze mois lorsque l'exercice est plus court ou plus long, comme le précise la fiche officielle sur l'impôt sur les sociétés.

La seconde condition tient au capital. Il doit être entièrement libéré, c'est-à-dire réellement versé par les associés, et détenu de façon continue pendant l'exercice, pour 75 % au moins, par des personnes physiques. Une détention indirecte convient si la société intermédiaire remplit elle-même cette condition de 75 %. Les titres que la société détient sur elle-même sont neutralisés dans le calcul de la proportion.

Une SAS détenue à 40 % par un fonds d'investissement perd le bénéfice du taux réduit, même avec 300 000 € de chiffre d'affaires. Un capital souscrit mais libéré à moitié le fait perdre aussi. C'est le piège le plus fréquent chez les jeunes sociétés, où la libération partielle est autorisée par la loi et souvent choisie par commodité de trésorerie. Le calculateur permet de mesurer l'écart en basculant le second champ sur « autre situation ».

Du résultat comptable au bénéfice imposable

Le montant à saisir n'est pas le bénéfice affiché au bas du compte de résultat. Le bénéfice imposable s'obtient après réintégration des charges que l'administration n'admet pas en déduction : amendes et pénalités, part non déductible des amortissements de véhicules de tourisme, dépenses somptuaires, rémunérations jugées excessives. Certains produits font en sens inverse l'objet de déductions.

Les déficits des exercices antérieurs viennent ensuite en soustraction, sans limite de durée pour le report en avant. La méthode complète figure dans la fiche sur le calcul du résultat fiscal, et les règles d'imputation dans celle consacrée au report de déficit.

Le calculateur part d'un résultat fiscal déjà déterminé. Il ne réintègre rien, ne déduit aucun déficit et n'applique aucun crédit d'impôt, recherche et innovation compris.

Les contributions qui s'ajoutent à l'impôt

Deux prélèvements se greffent sur l'impôt sur les sociétés, réservés aux entreprises d'une certaine taille. La contribution sociale sur les bénéfices s'élève à 3,3 % de l'impôt, après un abattement de 763 000 €. Elle épargne les sociétés qui réalisent moins de 7 630 000 € de chiffre d'affaires et qui remplissent la condition de détention du capital. Compte tenu de l'abattement, elle ne se déclenche en pratique qu'au-delà de 3 052 000 € de bénéfice taxé au taux normal.

La contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, créée pour l'exercice 2025, a été prorogée d'un an par la loi de finances pour 2026 avec un seuil relevé à 1,5 milliard d'euros de chiffre d'affaires. Elle ne vise que quelques centaines de groupes, et le calculateur se contente de la signaler quand le chiffre d'affaires saisi franchit ce seuil.

Quand l'impôt se paie

Le règlement s'étale sur cinq échéances : quatre acomptes trimestriels, aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre, puis un solde exigible le 15 du quatrième mois suivant la clôture. Chaque acompte se calcule sur le bénéfice de l'exercice précédent, ce qui décale d'un an la trésorerie à prévoir.

Une société qui vient de doubler son résultat verse donc des acomptes calibrés sur l'année d'avant, puis un solde massif quatre mois après la clôture. Le décalage prend au dépourvu les entreprises en forte croissance, en particulier celles qui pilotent leur trésorerie au fil de la TVA collectée : notre calculateur de TVA aide à séparer les deux flux.

Trois situations dispensent d'acomptes et ramènent l'impôt à un versement unique : un montant d'impôt inférieur à 3 000 €, un premier exercice d'activité, une première période d'imposition à l'impôt sur les sociétés. La plupart des jeunes sociétés relèvent des deux dernières.

L'impôt ne dit rien du coût de sortie des bénéfices

Le taux effectif calculé ici mesure ce que la société paie, pas ce que le dirigeant récupère. Un bénéfice de 50 000 € laisse 41 750 € dans les caisses, et cette somme y reste tant que vous ne la sortez pas.

La distribuer en dividendes déclenche une deuxième couche de prélèvement : 30 % au prélèvement forfaitaire unique pour un associé personne physique, ou le barème progressif de l'impôt sur le revenu sur option globale. La verser en rémunération de dirigeant coûte des cotisations sociales, mais réduit d'autant le bénéfice imposable et ouvre des droits à retraite.

L'arbitrage se prépare avant la clôture, pas au moment de la liasse. Chiffrez les deux branches sur l'exercice en cours : notre calculateur des charges salariales et patronales donne le coût d'une rémunération supplémentaire, et le convertisseur de salaire brut en net ce qui en arrive réellement sur le compte du dirigeant.

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