Depuis le 1er janvier 2021, le SMIC horaire et mensuel sont revalorisés et affichent une hausse de + 0,99 %. Cette augmentation correspond à 15 euros par mois pour le SMIC mensuel et 10,25 euros pour le SMIC horaire brut. Cette fois, aucune intervention de l’État sous forme de coupe de pouce n’a eu lieu. Cette revalorisation est une suite logique aux résultats des statistiques de l’INSEE.

Le SMIC : De quoi s’agit-il ?

Le SMIC désigne le salaire minimum de croissance en France et dans les départements d’outre-mer. Il est régi par plusieurs articles du Code du travail. Les principes du SMIC français sont prévus par les articles L3231-2 à L3231-3. La minoration pour les jeunes salariés est expliquée dans les articles R3231-1 à D3231-3. Le décret n° 2020-1598 du 16 décembre 2020 stipule le nouveau montant appliqué depuis janvier 2021.

L’employeur ne doit pas payer un salarié en dessous du montant énoncé, sous peine d’une amende de 1 500 euros. Les condamnations peuvent s’étendre au versement de dommages et intérêts. Le salaire est fixé par l’employé et son employeur, mais il doit également être conforme à la loi en vigueur en France.

Certaines conventions collectives établissent des grilles salariales propres aux entreprises et aux secteurs d’activité. Si le montant fixé par ces conventions est inférieur à celui du SMIC, le salaire conventionnel n’est pas applicable. Dans ce cas, l’employeur est tenu de verser des sommes à titre de complément de salaire. Le montant de ce complément doit permettre d’atteindre le SMIC. Dans certaines situations, la convention collective établit un salaire minimal qui est supérieur au montant du SMIC. Dans ce cas, l’entreprise verse la somme déterminée par la convention.

Le calcul du SMIC est basé sur le pouvoir d’achat des foyers à faibles revenus. Le salaire établi concerne tous les actifs économiques, aussi bien les travailleurs saisonniers que les étudiants sous contrat. Pour les mineurs (moins de 18 ans), des grilles salariales sont également déterminées. Plusieurs éléments de rémunération ne sont pas intégrés dans le calcul du salaire minimum. C’est le cas par exemple de la prime de pause, la prime d’entretien, les temps de pause, etc.

Quels sont les différents montants et taux horaires ?

Il convient de comprendre la différence entre ce que sont les SMIC brut et net. Le SMIC brut équivaut au montant du salaire sans la déduction des cotisations et charges fiscales. Le SMIC net affiche le montant final auquel le salarié est rémunéré, quand il aura payé ses charges. Celles-ci se répartissent notamment entre cotisations de retraite, d’assurance santé, de CRDS, CSG, etc. Le salaire net varie d’un employé à l’autre selon plusieurs critères.

Depuis janvier 2021, le SMIC mensuel net pour un total horaire de 35 heures par semaine s’élève à 1 231 euros. Il s’agit d’une hausse applicable de 12 euros sur le salaire en 2020. Le SMIC horaire net pour un total inférieur à 35 heures par semaine est de 8,11 euros. La hausse est donc d’environ 0,08 euros par rapport au montant de l’année précédente.
Avant la déduction des différentes cotisations, le SMIC mensuel brut applicable en 2021 est de 1 554,58 euros et le taux horaire équivaut à 10,25 euros. Pour 39 heures hebdomadaires, la rémunération minimale brute est de 1 776,58 euros.

Le SMIC à l’étranger

Si le SMIC en Métropole et dans les DOM-TOM présente une certaine homogénéité, ce n’est pas le cas à l’étranger. Dans l’Union européenne par exemple, il est assez difficile de retrouver des similitudes ou des rapprochements entre les salaires minimums. Si un salarié bulgare touche au moins 312 euros, son homologue luxembourgeois gagne 2 142 euros. Néanmoins, le contexte socio-économique au sein des pays de la zone euro permet de saisir les nuances entre ces écarts.

Dans certains pays comme l’Allemagne, l’Espagne, le Benelux, l’Irlande, le SMIC est supérieur à 1 000 euros comme en France. La Grèce, pour sa part, n’a cessé d’enregistrer une baisse jusqu’à 12 % au cours de la dernière décennie. Sur la même période, d’autres pays européens, notamment ceux de l’Est, ont vu leur SMIC augmenter.

En première liste figurent la Roumanie et la Lituanie avec respectivement une hausse de 12,5 % et 10,1 %. Elles sont suivies par la Bulgarie et l’Estonie avec un taux s’élevant à 9,8 % et 7,7 %. En Suisse, le salaire minimal appliqué est relativement disparate. Neuchâtel et Jura sont les seuls à en avoir établi. Par rapport au SMIC français, l’équivalent en Suisse est supérieur entre 74 % et 78 %.

La revalorisation du SMIC

Chaque année s’opère une revalorisation du SMIC, mais la période dépend de plusieurs éléments économiques. L’indexation est établie selon les mesures effectuées sur la base des 20 % des ménages à faibles revenus en France. Cette indexation résulte des données publiées par l’INSEE et permet ensuite de garantir le pouvoir d’achat. La revalorisation est effectuée à certaines périodes de l’année selon les situations. Elle a normalement lieu chaque 1er janvier, mais deux contextes peuvent imposer une révision au cours de l’année. Une augmentation proportionnelle s’applique si une hausse de 2 % est constatée sur l’indice des prix à la consommation. L’État, via ce qu’on appelle un coup de pouce, peut également revaloriser le SMIC pendant l’année. Cette intervention gouvernementale peut s’appliquer à tout moment.

L’objectif d’une revalorisation consiste à maintenir le pouvoir d’achat des familles aux revenus modestes. Le calcul est effectué chaque fin d’année pour entrer en vigueur au début de l’année suivante. Au cours des trois dernières années, la France a enregistré quelques revalorisations exceptionnelles. L’une de ces dernières concerne notamment la prime d’activité et sa bonification. En janvier 2020, le SMIC applicable a affiché une hausse de 1,2 % contre 1,5 % l’année précédente. En 2021, la revalorisation résulte d’un mouvement automatique et n’a nécessité aucune intervention de l’État.