Simulation portage salarial 2026 : du TJM au net
Calculez votre salaire net en portage salarial
Vous facturez 500 € la journée, dix-huit jours dans le mois, et la société de portage vous annonce un salaire net autour de 4 200 €. Entre les 9 000 € que règle votre client et ce montant, cinq prélèvements se sont succédé, dont deux que les simulateurs commerciaux affichent rarement en clair.
Le calculateur ci-dessus déroule cette cascade ligne à ligne : frais de gestion, frais professionnels, réserve financière, charges patronales, charges salariales. Vous pouvez partir d'un taux journalier et d'un nombre de jours travaillés, ou saisir directement votre chiffre d'affaires mensuel si vous facturez au forfait.
Le résultat est un net avant impôt sur le revenu, celui qui figure sur votre bulletin de paie mensuel, au-dessus de la ligne du prélèvement à la source.
Comment le chiffre d'affaires devient un salaire
La société de portage encaisse la facture que vous avez négociée vous-même avec le client. Elle prélève d'abord ses frais de gestion, un pourcentage du montant hors taxes qui rémunère la facturation, le recouvrement, l'établissement du bulletin de paie et l'assurance responsabilité civile professionnelle. Les taux constatés vont de 3 % à 10 %, et se négocient à la baisse quand le volume confié augmente. Notre comparatif des sociétés de portage salarial détaille les grilles pratiquées.
Ce qui reste finance trois postes : les cotisations patronales, la réserve financière et votre salaire brut. Le calculateur retient 45 % de charges patronales, ordre de grandeur constaté pour un salarié porté cadre, puis applique les cotisations salariales sur le brut ainsi reconstitué, 22 % jusqu'au plafond mensuel de la Sécurité sociale et 25 % sur la fraction au-dessus.
Sur 9 000 € facturés avec 6 % de frais de gestion, il reste 8 460 € à répartir. Le salaire brut ressort à 5 458 €, la réserve à 546 €, les charges patronales à 2 456 €. Après 1 244 € de cotisations salariales, le net s'établit à 4 214 €, soit 46,8 % du chiffre d'affaires de départ.
| Taux journalier | Facturé sur 18 jours | Salaire brut | Salaire net | Taux de restitution |
|---|---|---|---|---|
| 300 € | 5 400 € | 3 275 € | 2 554 € | 47,3 % |
| 400 € | 7 200 € | 4 366 € | 3 395 € | 47,2 % |
| 500 € | 9 000 € | 5 458 € | 4 214 € | 46,8 % |
| 600 € | 10 800 € | 6 550 € | 5 032 € | 46,6 % |
| 800 € | 14 400 € | 8 733 € | 6 670 € | 46,3 % |
| 1 000 € | 18 000 € | 10 916 € | 8 307 € | 46,2 % |
Ces montants supposent 6 % de frais de gestion, une classification cadre et aucun frais professionnel. Le taux de restitution baisse légèrement quand le taux journalier monte, parce que la part du salaire située au-dessus du plafond de la Sécurité sociale supporte des cotisations plus lourdes.
Le salaire minimum d'un salarié porté
Le portage n'accepte pas n'importe quelle rémunération. La convention collective de la branche fixe un plancher mensuel exprimé en part du plafond de la Sécurité sociale : 70 % pour un porté qui a moins de trois ans d'ancienneté en portage, 75 % au-delà, 85 % s'il travaille sous convention de forfait en jours. À défaut d'accord de branche étendu, l'article L. 1254-2 du code du travail retient 75 %.
Ce plafond mensuel s'élève à 4 005 € en 2026, d'après l'arrêté publié fin 2025. Le plancher d'un porté junior s'établit donc à 2 803,50 €, celui d'un senior à 3 003,75 €, celui d'un forfait jours à 3 404,25 €. Le minimum s'apprécie sur le brut total du mois travaillé, indemnités de congés payés et prime d'apport d'affaires de 5 % comprises.
Une mission qui ne reconstitue pas au moins 2 803,50 € de brut sera refusée par la société de portage. Il faut facturer un peu plus de 4 600 € dans le mois, avec 6 % de frais de gestion, pour rester au-dessus de ce plancher. Les sociétés de portage recommandent pour cette raison un taux journalier d'au moins 300 €.
La réserve financière, une épargne obligatoire
C'est le poste le plus mal compris de la cascade. La convention collective impose de mettre de côté 10 % du salaire de base de la dernière mission, portés au crédit de votre compte d'activité. Cette réserve finance les périodes d'intermission, pendant lesquelles la société de portage n'a aucune obligation de vous verser quoi que ce soit.
Cet argent ne disparaît pas. Il vous revient, soit sous forme de salaire pendant une période creuse, soit au solde de votre contrat. Le taux de restitution affiché par le calculateur le laisse pourtant de côté, puisqu'il mesure ce que vous touchez le mois où vous facturez.
Les salariés portés en contrat à durée déterminée ne constituent pas cette réserve. Ils perçoivent à la place une indemnité de fin de contrat, versée au terme de la mission, sur le modèle de la prime de précarité.
Les frais professionnels changent le résultat
Les remboursements de frais justifiés échappent aux cotisations sociales, une règle générale que rappelle l'Urssaf. Déplacements, repas en mission, matériel informatique, abonnements professionnels : chaque euro déclaré sort de l'assiette des cotisations et vous est reversé intégralement.
L'effet sur la fiche de paie impressionne, mais il ne crée aucun revenu. Vous récupérez une dépense que vous avez réellement engagée. Le calculateur le montre bien : avec 500 € de frais sur 9 000 € facturés, le salaire net descend à 3 972 € tandis que le total perçu monte à 4 472 €.
Les sociétés de portage plafonnent en pratique ces remboursements à 30 % du salaire brut du mois. Au-delà, le surplus est réintégré dans la rémunération et supporte les cotisations comme n'importe quel élément de salaire.
Qui peut travailler en portage salarial
Le portage suppose une qualification professionnelle de niveau bac+2, ou trois ans d'expérience significative dans le secteur concerné. Vous démarchez vos clients vous-même, vous négociez le contenu de la prestation et vous en fixez le prix : la société de portage n'a pas le droit de vous fournir du travail.
Les services à la personne sont exclus du dispositif, tout comme le remplacement de salariés grévistes et les travaux particulièrement dangereux. La prestation chez un même client ne peut pas dépasser trente-six mois, et un contrat de portage à durée déterminée est limité à dix-huit mois, renouvellements compris. Ces règles figurent sur la fiche officielle du portage salarial.
Le dispositif reste ouvert aux demandeurs d'emploi indemnisés, avec un cumul possible entre l'allocation et les revenus de l'activité portée. Nous détaillons ce calcul dans notre article sur le salaire en portage salarial.
Ce que le taux de restitution ne dit pas
Autour de 47 %, le taux de restitution paraît sévère face aux 100 % qu'encaisse apparemment un indépendant en entreprise individuelle. La comparaison est faussée. Le salarié porté cotise à l'assurance chômage, à la retraite complémentaire des cadres, à une mutuelle et à une prévoyance, quand le micro-entrepreneur ne cotise à aucun des trois premiers.
Le bon calcul consiste à chiffrer ce que vous coûteraient, en assurance privée ou en cotisation volontaire, les garanties que le portage vous donne d'office. Six mois de chômage indemnisé après une fin de mission représentent plusieurs milliers d'euros, et un trimestre de retraite validé ne s'achète pas.
Si l'arbitrage reste ouvert, mettez plutôt en regard le net obtenu ici et celui d'un poste salarié classique au même niveau de responsabilité, avec notre convertisseur de salaire brut en net. À 500 € de taux journalier, le portage vous situe au niveau d'un cadre embauché à 5 458 € brut par mois. Ce repère parle davantage à un recruteur, et à vous, qu'un pourcentage de restitution.
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