Calcul charges auto-entrepreneur 2026 : cotisations et net
Calculez vos cotisations d'auto-entrepreneur
Vous facturez 3 000 € dans le mois. L'Urssaf en prélèvera 639 € et il vous restera 2 361 € avant impôt sur le revenu. Le calcul tient en une multiplication, à condition de savoir quel taux s'applique à votre activité, et il change du tout au tout entre une vente de marchandises et une prestation libérale.
Le simulateur ci-dessus applique les taux 2026 à votre chiffre d'affaires, mensuel ou trimestriel, avec ou sans Acre, avec ou sans versement libératoire. Il affiche aussi les deux plafonds annuels que tout micro-entrepreneur devrait avoir en tête, celui du régime micro et celui de la franchise de TVA, qui ne sont pas les mêmes et ne se déclenchent pas de la même façon.
Un taux unique, appliqué au chiffre d'affaires et non au bénéfice
Le régime micro-social remplace les vingt lignes de cotisations d'un travailleur indépendant classique par un pourcentage prélevé sur ce que vous encaissez. Vous ne déduisez rien : ni vos achats, ni votre matériel, ni vos déplacements. Un chiffre d'affaires nul ne génère aucune cotisation, mais la déclaration reste obligatoire, sous peine d'une pénalité de 60,10 € par échéance manquée.
Les taux figurent dans la fiche officielle sur le régime social du micro-entrepreneur et se répartissent selon la nature de l'activité. La contribution à la formation professionnelle s'y ajoute, prélevée une fois par an en novembre, à un taux qui dépend de votre inscription comme commerçant, artisan ou libéral.
| Activité | Cotisations | Formation | Total | Net sur 3 000 € |
|---|---|---|---|---|
| Vente de marchandises, hébergement | 12,3 % | 0,1 % | 12,4 % | 2 628 € |
| Prestations de services commerciales, BIC | 21,2 % | 0,1 % | 21,3 % | 2 361 € |
| Prestations de services artisanales, BIC | 21,2 % | 0,3 % | 21,5 % | 2 355 € |
| Profession libérale relevant de la Cipav | 23,2 % | 0,2 % | 23,4 % | 2 298 € |
| Activité libérale non réglementée, BNC | 25,6 % | 0,2 % | 25,8 % | 2 226 € |
Le taux des activités libérales non réglementées est celui qui a le plus bougé ces dernières années. Il monte par paliers depuis 2024 pour aligner la protection sociale des micro-entrepreneurs en BNC sur celle des autres indépendants, en particulier leurs droits à la retraite complémentaire. Un consultant, un graphiste ou un traducteur cède aujourd'hui plus d'un quart de ce qu'il facture.
L'Acre, un quart de cotisations en moins la première année
L'aide à la création ou à la reprise d'entreprise ramène le taux de cotisations à 75 % de sa valeur normale. Une prestation de services BIC passe ainsi de 21,2 % à 15,9 %, ce qui représente 159 € de plus par mois sur un chiffre d'affaires de 3 000 €. La formation professionnelle et le versement libératoire, eux, restent dus au taux plein.
Deux détails changent souvent le calcul de ceux qui s'installent. L'Acre n'est pas automatique : elle se demande à l'Urssaf juste après l'immatriculation, et elle suppose de remplir l'une des conditions listées dans la fiche consacrée au dispositif, comme percevoir l'ARE, le RSA, ou avoir moins de 26 ans. Elle s'arrête ensuite à la fin du troisième trimestre civil suivant le démarrage, quelle que soit la date de création.
Ce décompte a une conséquence pratique. Une activité lancée le 2 janvier profite de l'Acre pendant douze mois pleins ; la même activité lancée le 3 septembre s'arrête au 30 juin suivant, soit dix mois. Immatriculer en début de trimestre plutôt qu'à la fin vous rapporte deux mois d'exonération.
Deux plafonds à ne pas confondre
Le premier est celui du régime micro lui-même. Pour la période 2026 à 2028, il s'établit à 203 100 € pour la vente de marchandises et l'hébergement, et à 83 600 € pour les prestations de services et les activités libérales. Ces montants ont été revalorisés au 1er janvier 2026, comme le détaille la fiche sur les seuils de la micro-entreprise. Un dépassement isolé ne change rien : le régime ne cesse qu'après deux années civiles consécutives au-dessus.
Le second est celui de la franchise en base de TVA, bien plus bas et bien plus rapide à mordre : 85 000 € pour la vente, 37 500 € pour les services et le libéral, avec des seuils majorés de 93 500 € et 41 250 €. Le seuil unique de 25 000 € annoncé par la loi de finances pour 2025 a été abandonné, et les seuils restent inchangés en 2026. Au-dessus du seuil de base, vous devenez redevable au 1er janvier suivant ; au-dessus du seuil majoré, dès le premier jour du dépassement.
Un prestataire de services qui facture 3 500 € par mois est donc parfaitement dans les clous du régime micro, à 42 000 € par an, tout en ayant franchi le seuil de TVA depuis longtemps. Notre calculateur de TVA vous aide alors à reprendre vos tarifs, puisque la taxe se prélève sur votre marge si vous laissez vos prix affichés inchangés.
Versement libératoire ou barème progressif
Sans option particulière, votre bénéfice imposable est votre chiffre d'affaires diminué d'un abattement forfaitaire de 71 %, 50 % ou 34 % selon l'activité, avec un minimum de 305 €. Ce montant s'ajoute aux autres revenus du foyer et suit le barème progressif de l'impôt sur le revenu.
Le versement libératoire remplace ce mécanisme par un prélèvement à taux fixe, encaissé par l'Urssaf en même temps que les cotisations : 1 % pour la vente, 1,7 % pour les services BIC, 2,2 % pour les BNC. L'option n'est ouverte que si le revenu fiscal de référence de votre foyer, deux ans plus tôt, reste sous 29 579 € par part.
Le calcul est vite fait. Un célibataire non imposable a tout intérêt à refuser le versement libératoire : il paierait 2,2 % là où le barème lui coûterait zéro. À l'inverse, un micro-entrepreneur dont le foyer atteint la tranche à 30 % y gagne presque toujours. Entre les deux, comparez sur une année pleine avant de choisir, l'option se demande avant le 30 septembre pour l'année suivante.
Ce que le simulateur ne compte pas
La cotisation foncière des entreprises n'apparaît pas ici. Vous en êtes exonéré l'année de création, puis elle vous est réclamée chaque décembre, pour un montant qui dépend de votre commune et de votre chiffre d'affaires. La taxe pour frais de chambre consulaire, due par les commerçants et les artisans, est également absente, tout comme les cotisations facultatives de retraite ou de prévoyance.
Deux activités relèvent de taux particuliers non traités : la location d'habitation meublée, à 21,2 %, et la location de logements meublés de tourisme, à 6 %. Si votre chiffre d'affaires est nul ou très faible, sachez enfin que vous pouvez demander à cotiser au minimum plutôt qu'au réel, pour continuer à valider des trimestres de retraite et à ouvrir des droits aux indemnités journalières.
Quand le taux facial cesse d'être une bonne nouvelle
Un taux de 21,3 % paraît doux comparé aux 40 % que supporte un salaire. La comparaison est trompeuse, parce que le micro-entrepreneur cotise sur son chiffre d'affaires et non sur ce qu'il gagne réellement. Avec 800 € d'achats mensuels pour 3 000 € facturés, votre revenu réel tombe à 1 561 €, et le prélèvement représente en vérité 29 % de ce que vous gagnez.
C'est le seuil à surveiller, bien avant les plafonds annuels : dès que vos charges dépassent l'abattement forfaitaire, le régime réel devient plus favorable, même s'il vous impose une comptabilité. Avant de trancher, mesurez ce que votre revenu net permet réellement, avec notre calculateur de capacité d'emprunt si vous avez un projet immobilier, et vérifiez votre éligibilité à la prime d'activité, que beaucoup d'indépendants modestes oublient de demander.
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