Calcul prime d’activité 2026 : simulateur CAF

Estimez votre prime d'activité

Un salarié au SMIC touche 1 477,93 € net par mois. La CAF lui verse en plus 230,87 € de prime d'activité s'il est locataire sans aide au logement, et 154,28 € seulement s'il perçoit une APL. Même salaire, même situation familiale, 76 € d'écart.

La question « ai-je droit à la prime d'activité, et combien » se règle rarement de tête : six paramètres s'y combinent, de la composition du foyer au logement, en passant par un seuil de versement en dessous duquel rien n'est payé. Le simulateur ci-dessus applique la formule officielle et affiche le détail de chaque ligne, y compris celles que la notification de la CAF ne montre pas.

Une précision avant d'entrer dans le calcul : la prime d'activité n'est pas une allocation de remplacement. Elle complète un revenu tiré du travail, ce qui la sépare nettement du RSA, versé lui à des foyers sans activité.

Qui peut en bénéficier

Trois conditions se cumulent : avoir au moins 18 ans, résider en France de façon stable, exercer une activité professionnelle. Le statut importe peu, salarié du privé, agent public, indépendant ou apprenti ouvrent tous le droit. Les travailleurs détachés par un employeur étranger en sont exclus, comme le rappelle la fiche officielle sur les conditions d'attribution.

Les étudiants et les apprentis relèvent d'une règle particulière : leur revenu d'activité doit dépasser 1 144,21 € par mois pendant chacun des trois mois de référence. En dessous, aucun droit, sauf s'ils sont parent isolé ou ont un enfant à charge. Un apprenti de première année rémunéré autour de 500 € n'y a donc pas accès, un apprenti de dernière année à 1 200 € oui.

Reste la condition de ressources, qui ne s'exprime pas par un plafond unique : le montant décroît à mesure que le revenu monte, puis s'annule. Pour une personne seule locataire sans aide au logement, le droit s'éteint vers 2 190 € net par mois. Le versement cesse plus tôt, la CAF ne payant rien en dessous de 15 €, ce qui ramène la limite utile à 2 150 €.

Comment se calcule le montant

La formule tient en une ligne. Prime = montant forfaitaire + 59,85 % des revenus professionnels + bonifications − ressources du foyer − forfait logement, le tout ramené à zéro s'il devient négatif. Le détail figure dans la fiche service-public consacrée au calcul.

Le montant forfaitaire est le socle. Il vaut 638,28 € pour une personne seule depuis la revalorisation du 1er avril 2026 et augmente avec la taille du foyer. Un parent isolé relève d'un barème distinct et plus favorable qui remplace celui-ci : 1 092,84 € avec un enfant, 1 366,05 € avec deux.

Composition du foyerMontant forfaitaire mensuel
Personne seule638,28 €
Couple sans enfant, ou personne seule avec 1 enfant957,42 €
Couple avec 1 enfant, ou personne seule avec 2 enfants1 148,90 €
Couple avec 2 enfants, ou personne seule avec 3 enfants1 340,38 €
Couple avec 3 enfants1 595,69 €
Par personne à charge supplémentaire+ 255,32 €

Le point qui déroute tient au traitement du salaire : il apparaît deux fois dans la formule. Une première fois dans les revenus professionnels, dont 59,85 % s'ajoutent, une seconde fois dans les ressources, retranchées à 100 %. La pente nette est de −40,15 % : 100 € de salaire en plus font perdre 40,15 € de prime et laissent 59,85 € de gain réel. Travailler plus reste avantageux, mais moins qu'on ne l'imagine.

Voici le calcul complet pour un célibataire au SMIC, locataire sans aide au logement.

Ligne du calculMontant
Montant forfaitaire, personne seule638,28 €
59,85 % de 1 477,93 € de salaire net+ 884,54 €
Bonification individuelle+ 185,98 €
Ressources du foyer− 1 477,93 €
Forfait logement, locataire sans aide− 0,00 €
Prime d'activité mensuelle230,87 €

Le même salarié qui perçoit une APL voit 76,59 € retranchés de ce total et reçoit 154,28 €. Pour retrouver ces montants à partir d'une fiche de paie, la ligne à reprendre est le net social, ni le net à payer ni le brut ; notre convertisseur de salaire brut en net aide à situer les deux.

La bonification individuelle et sa réforme d'avril 2026

La bonification récompense l'activité de chaque membre du foyer, pas le foyer lui-même. Un couple où les deux conjoints travaillent en reçoit deux, calculées séparément sur chaque revenu.

Elle démarre au-dessus de 726,29 € de revenu mensuel, soit 59 fois le SMIC horaire brut de 12,31 €, puis progresse linéairement jusqu'à 1 698,78 €, soit 138 SMIC horaires, où elle plafonne à 240,63 €. Un revenu de 1 200 € donne 117,21 €, un revenu de 1 478 € donne 186,00 €, au-delà de 1 698,78 € c'est le maximum.

La réforme du 1er avril 2026 a déplacé les deux bornes : le plafond est passé de 29,101 % à 37,7 % du montant forfaitaire, et le revenu qui y donne accès de 120 à 138 SMIC horaires. Un actif au plafond gagne jusqu'à 54 € de plus par mois qu'avant, et la progression s'étale sur une plage plus large, ce qui favorise les salariés entre 1,1 et 1,15 SMIC. Le niveau du SMIC commande ces deux seuils, qui bougent à chaque revalorisation.

Ce que la CAF retient comme ressources

Le forfait logement ouvre la liste, et c'est le plus mal compris. Il n'est pas une aide mais une ressource fictive, ajoutée à votre foyer au motif que vous ne payez pas de loyer ou que vous en payez un allégé. Il vaut 76,59 € pour une personne, 153,19 € pour deux, 189,57 € à partir de trois. Un locataire sans aide y échappe ; un bénéficiaire d'APL, d'ALF ou d'ALS le subit à hauteur de son aide, plafonnée au forfait ; un propriétaire sans emprunt ou une personne hébergée gratuitement le subit en entier.

L'effet surprend. Un locataire qui obtient 250 € d'APL perd 76,59 € de prime et reste gagnant de 173 €, alors qu'un jeune actif hébergé chez ses parents subit la retenue sans rien recevoir. C'est la seule ligne du calcul qui pénalise une situation plutôt qu'un revenu.

Viennent ensuite les ressources réelles. Les salaires sont retenus en net social, sans l'abattement de 10 % de la déclaration d'impôts, aux côtés de l'allocation chômage, des pensions de retraite, des pensions alimentaires perçues, des revenus fonciers et de l'AAH. Un indépendant déclare son bénéfice, ou son chiffre d'affaires après abattement de 71 % en vente, 50 % en services commerciaux et 34 % en professions libérales.

La liste des exclusions évite de gonfler sa déclaration : prime de naissance, allocation de rentrée scolaire, complément de libre choix du mode de garde, AEEH, bourses d'études et gratifications de stage n'entrent pas dans le calcul. La fiche officielle sur les ressources prises en compte détaille chaque cas.

La déclaration trimestrielle et le droit figé pour trois mois

Tous les trois mois, vous déclarez à la CAF les ressources des trois mois écoulés. Le calcul porte sur les mois M−2 à M−4, jamais sur le mois en cours, et le montant obtenu est versé à l'identique pendant le trimestre suivant, quoi qu'il arrive entre-temps.

Cette règle joue dans les deux sens : une augmentation de salaire ne réduit pas votre prime tout de suite, une baisse de revenus met un trimestre à produire son effet. C'est la raison principale pour laquelle le montant reçu ne correspond presque jamais à celui qu'affiche un simulateur sur le mois courant, y compris celui de cette page, qui raisonne sur un mois type à revenus stables. L'oubli de déclaration suspend le versement, et une absence prolongée ferme le droit.

Le vrai risque n'est pas de se tromper, c'est d'attendre

La prime d'activité n'est pas rétroactive : votre droit s'ouvre le mois du dépôt de la demande, pas celui où vous avez commencé à remplir les conditions. Qui hésite un trimestre, le temps de vérifier qu'il y a bien droit, perd ce trimestre définitivement. Déposez d'abord, la CAF calculera ensuite.

Pensez aussi à redemander après un changement de situation. Une séparation, une naissance, un passage à temps partiel ou la perte d'emploi du conjoint ouvrent parfois un droit là où il n'y en avait aucun, et la CAF ne recalcule rien d'office pour un foyer qui n'est pas déjà allocataire. Un refus reçu il y a deux ans ne vaut pas pour aujourd'hui.

Reste le sujet dont on parle peu : le non-recours. La DREES estimait fin 2021 qu'environ la moitié des foyers éligibles ne percevaient pas la prime, soit 3,4 millions de foyers, souvent parce qu'ils se croient trop bien payés. Une prime de 60 € par mois représente pourtant 720 € sur l'année, pour dix minutes de démarche et une déclaration par trimestre. Le calcul vaut la peine d'être fait, même quand on est convaincu de la réponse.

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