Calcul taux de prélèvement à la source
Calculez votre prélèvement à la source
Sur votre bulletin de paie, deux lignes se suivent en bas de page : « impôt sur le revenu prélevé à la source », avec un taux et un montant, puis « net à payer ». Le montant change d'un mois à l'autre, le taux change chaque septembre, et le lien entre les deux reste opaque. Le calculateur ci-dessus refait l'opération de l'employeur : votre net imposable multiplié par votre taux.
Vous pouvez y saisir le taux personnalisé transmis par l'administration, ou laisser le calculateur appliquer la grille du taux neutre, celle qui s'impose quand l'employeur n'a reçu aucun taux. Dans les deux cas, vous obtenez le prélèvement du mois et ce qui reste après impôt.
D'où vient le taux inscrit sur votre bulletin
Trois taux peuvent figurer sur un bulletin de paie, et ils ne racontent pas la même chose. Le taux personnalisé, aussi appelé taux du foyer, est calculé par l'administration fiscale à partir de votre dernière déclaration : il tient compte de tous les revenus du foyer, du nombre de parts et des réductions déjà connues. C'est le même taux pour les deux membres d'un couple.
Le taux individualisé répartit l'impôt du foyer entre les conjoints en fonction de leurs revenus respectifs. Le montant total payé ne change pas, seule la répartition varie. Depuis le 1er septembre 2025, ce taux s'applique automatiquement aux couples mariés ou pacsés qui déclarent ensemble, comme le détaille la fiche d'impots.gouv.fr sur les différents taux. Le taux du foyer reste accessible sur option.
Le taux neutre, ou non personnalisé, est le taux par défaut. L'employeur l'applique quand il n'a pas encore reçu de taux, par exemple lors d'une embauche, ou quand le salarié a demandé à ne pas lui transmettre son taux réel. Il est calculé sur le seul salaire du mois, sans votre situation familiale ni vos autres revenus. Si ce taux neutre retient moins que votre taux personnalisé, vous devez verser chaque mois la différence à l'administration.
La grille du taux neutre, et pourquoi elle coûte souvent trop cher
En vigueur depuis le 1er mai 2026 pour la métropole, la grille est publiée au Bulletin officiel des finances publiques. Elle ne fonctionne pas comme le barème de l'impôt sur le revenu : le taux de votre tranche s'applique à la totalité du net imposable, pas seulement à la part qui dépasse le seuil. Pour un net imposable de 3 000 €, la tranche « 2 738 à 3 135 € » donne 7,5 %, soit 225 € retenus et 2 775 € restants.
| Net imposable mensuel | Taux neutre | Prélèvement |
|---|---|---|
| 1 600 € | 0 % | 0 € |
| 2 000 € | 2,9 % | 58,00 € |
| 2 500 € | 5,3 % | 132,50 € |
| 3 000 € | 7,5 % | 225,00 € |
| 3 135 € | 9,9 % | 310,37 € |
| 4 000 € | 11,9 % | 476,00 € |
| 5 000 € | 15,8 % | 790,00 € |
| 6 000 € | 17,9 % | 1 074,00 € |
Ce mécanisme crée des effets de seuil. À 3 134 €, le prélèvement est de 235 €. Un euro de plus, et la tranche à 9,9 % s'applique à l'ensemble : 310 €. Une prime qui fait franchir un seuil est donc surtaxée ce mois-là ; l'impôt réel se régularise l'année suivante sur la déclaration.
Le vrai défaut de la grille est ailleurs. Elle correspond, à peu de chose près, au taux d'un célibataire sans enfant qui n'aurait que ce salaire. Un parent qui élève seul ses enfants, un salarié dont le conjoint gagne peu, une personne qui déclare des frais réels ou des dons : tous ont un taux personnalisé inférieur, parfois nul. Sous le taux neutre, ils avancent chaque mois de l'argent que l'administration ne leur rendra qu'à l'été suivant.
Modifier son taux sur impots.gouv.fr
Tout se passe dans votre espace particulier, rubrique « Gérer mon prélèvement à la source ». Un changement de situation, mariage, naissance, séparation, décès, doit être signalé dans les 60 jours : l'administration recalcule le taux immédiatement. Une baisse ou une hausse de revenus se traite par une modulation. À la hausse, elle est libre. À la baisse, elle n'est acceptée que si l'écart entre le prélèvement que vous estimez et celui que vous subiriez sans modulation dépasse 5 %, selon la doctrine fiscale sur le droit à modulation.
Le nouveau taux est transmis à l'employeur par la déclaration sociale nominative et s'applique au plus tard le troisième mois suivant votre demande. Une modulation vaut jusqu'au 31 décembre de l'année en cours ; en septembre, le taux calculé sur votre dernière déclaration reprend la main, et il faut renouveler la demande si votre situation n'a pas changé. Le même espace permet d'opter pour le taux du foyer ou pour le taux neutre.
Net imposable, net avant impôt, net à payer
Le calculateur demande le net imposable, pas le net avant impôt, et l'écart entre les deux surprend souvent. Le net imposable réintègre ce qui a été retenu sur votre brut mais que le fisc considère comme un revenu : la CSG non déductible et la CRDS, soit 2,9 % de 98,25 % du brut, ainsi que la part payée par l'employeur pour votre mutuelle. Pour un brut de 3 000 €, la seule CSG-CRDS non déductible ajoute environ 85 € au net imposable.
Le prélèvement se calcule sur ce net imposable mais se retranche du net avant impôt : le net à payer réel est donc un peu inférieur à celui qu'affiche le calculateur, qui part du net imposable. Pour reconstituer toute la chaîne depuis le brut, le simulateur brut en net donne le net avant impôt, puis le net à payer si vous y saisissez votre taux.
Les heures supplémentaires suivent une logique à part. Exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € par an, elles n'entrent pas dans la base du prélèvement : un mois chargé en heures sup fait monter le net à payer sans faire monter l'impôt du mois dans les mêmes proportions. Le calculateur d'heures supplémentaires détaille leur rémunération et leur régime.
Le cas des couples depuis septembre 2025
Jusqu'en août 2025, un couple imposé en commun recevait par défaut un taux unique, identique sur les deux bulletins. Celui des deux qui gagnait le moins payait proportionnellement le même impôt que l'autre, alors qu'à revenus séparés il aurait été bien moins imposé. La réforme inverse la règle : le taux individualisé devient la norme, le taux commun devient l'option.
Concrètement, le conjoint aux revenus modestes voit son taux baisser, l'autre voit le sien monter, et la somme des deux prélèvements reste égale à l'impôt du foyer. Rien ne change pour le budget commun, mais tout change pour celui qui gère ses dépenses sur son propre salaire. Un taux différent de celui de votre conjoint, apparu sur votre bulletin de septembre sans demande de votre part, vient de cette bascule.
Quand demander une modulation, et quand la refuser
Une modulation à la baisse se justifie dès qu'un événement durable réduit vos revenus : passage à temps partiel, fin d'une prime récurrente, départ à la retraite d'un conjoint, année de chômage partiel. Dans ces cas, l'écart de 5 % est vite atteint, et attendre la régularisation de l'été suivant revient à prêter de l'argent à l'État sans intérêt. À l'inverse, une hausse de revenus ne vous oblige à rien : la régularisation viendra, mais un solde à payer en septembre peut peser sur la trésorerie d'un ménage.
Le taux neutre mérite un mot pour les contribuables non imposables. Un salarié à 2 500 € de net imposable qui n'a pas d'impôt à payer, parce qu'il a des enfants ou un conjoint sans revenu, a un taux personnalisé de 0 %. S'il opte pour le taux neutre, ou s'il oublie de vérifier que son employeur a bien reçu son taux, la grille lui retire 132,50 € chaque mois, 1 590 € sur l'année, remboursés seulement après la déclaration suivante. Le taux neutre protège la confidentialité de vos autres revenus, il ne protège jamais votre trésorerie.
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