Calcul allocation chômage
Estimez votre allocation chômage
La lettre de licenciement est signée, le CDD se termine à la fin du mois, ou la convention de rupture vient d'être homologuée. Deux questions s'imposent avant même de mettre à jour votre CV : combien allez-vous toucher chaque mois, et pendant combien de temps.
L'estimateur ci-dessus applique les règles en vigueur depuis le 1er septembre 2026 à trois données, votre salaire brut, vos mois de travail récents et votre âge. Il affiche le détail de chaque étape du calcul.
Il ne remplace pas France Travail, qui seul dispose de votre attestation employeur et de l'historique exact de vos contrats.
Qui peut ouvrir des droits
Vous devez d'abord justifier d'au moins 130 jours travaillés ou 910 heures, soit six mois, au cours des 24 mois qui précèdent la fin de votre contrat, ou des 36 derniers mois si vous avez 55 ans ou plus à cette date, comme le précise la fiche de service-public.fr consacrée à l'ARE. Ces jours peuvent provenir de plusieurs contrats. Depuis le 1er avril 2026, une personne jamais indemnisée peut ouvrir un premier droit dès cinq mois de travail.
La perte d'emploi doit ensuite être involontaire. Licenciement, y compris pour faute grave, fin de CDD ou de mission d'intérim, rupture conventionnelle homologuée ouvrent tous droit à l'allocation. La démission n'y ouvre pas droit, sauf si elle est reconnue légitime, pour suivre un conjoint muté par exemple, ou si elle s'inscrit dans un projet de reconversion validé après cinq ans d'activité continue. Un abandon de poste est désormais présumé valoir démission, comme nous l'expliquons dans notre article sur l'abandon de poste et le chômage. Dans l'outil, une démission donne quand même un calcul, à titre indicatif et avec une alerte.
Comment se calcule l'allocation, avec l'exemple d'un salaire de 2 500 €
Tout part du salaire journalier de référence, le SJR. France Travail additionne vos salaires bruts de la période de référence, primes comprises, et divise ce total par le nombre de jours calendaires couverts par vos contrats. Pour un temps plein payé 2 500 € brut par mois sans interruption, cela donne 30 000 € par an divisés par 365 jours, soit un SJR de 82,19 €.
Deux formules sont ensuite comparées et la plus élevée retenue : 40,4 % du SJR plus une partie fixe de 13,18 € par jour, soit 46,39 € ici, ou 57 % du SJR, soit 46,85 €. La seconde l'emporte. En dessous de 2 415 € brut mensuels, la première devient la plus favorable grâce à sa partie fixe.
Le résultat est encadré par une allocation minimale de 32,13 € par jour et un plafond de 75 % du SJR. Ce plafond touche les petits salaires : à 1 200 € brut, le SJR s'établit à 39,45 € et l'allocation est ramenée à 29,59 € par jour. Ces montants, détaillés dans la fiche de l'Unédic sur l'ARE, n'ont pas été revalorisés au 1er juillet 2026.
Depuis avril 2025, l'allocation est versée sur une base uniforme de 30 jours par mois : 46,85 € par jour donnent 1 405,50 € brut. Deux retenues s'appliquent ensuite, 3 % du SJR pour la retraite complémentaire, soit 2,47 € par jour ici, puis la CSG et la CRDS à 6,7 % sur 98,25 % de l'allocation, uniquement lorsque celle-ci dépasse 61 € par jour, ce qui n'est pas le cas dans notre exemple. Le net avoisine 1 332 €, avant prélèvement à la source de l'impôt sur le revenu.
| Salaire brut mensuel | SJR | Allocation par jour | Brut mensuel, 30 jours | Après six mois, moins de 55 ans |
|---|---|---|---|---|
| 1 500 € | 49,32 € | 33,10 € | 993,00 € | inchangé |
| 2 000 € | 65,75 € | 39,74 € | 1 192,20 € | inchangé |
| 2 500 € | 82,19 € | 46,85 € | 1 405,50 € | inchangé |
| 3 000 € | 98,63 € | 56,22 € | 1 686,60 € | inchangé |
| 4 000 € | 131,51 € | 74,96 € | 2 248,80 € | inchangé |
| 5 000 € | 164,38 € | 93,70 € | 2 811,00 € | 2 777,10 € |
| 6 000 € | 197,26 € | 112,44 € | 3 373,20 € | 2 777,10 € |
Pendant combien de temps : le coefficient 0,75 et la règle du 1er septembre 2026
France Travail compte les jours calendaires couverts par vos contrats dans la période de référence, puis multiplie ce total par 0,75. Vingt-quatre mois de travail continu, soit 730 jours, donnent 548 jours d'allocation, un peu plus de 18 mois ; douze mois donnent 274 jours. La durée ne peut jamais être inférieure à 182 jours, ni dépasser 548 jours avant 55 ans, 685 jours à 55 et 56 ans et 822 jours à partir de 57 ans. Le quart retranché ne serait restitué que si le chômage dépassait 9 %.
La nouveauté concerne la rupture conventionnelle individuelle. Pour les contrats prenant fin à compter du 1er septembre 2026, la durée maximale tombe à 456 jours, soit 15 mois, avant 55 ans, et à 624 jours, soit 20,5 mois, à partir de 55 ans, d'après l'annonce publiée par service-public.fr. Seule compte la date de fin de contrat, pas celle de la signature. Le montant journalier ne change pas. Avant de signer, chiffrez l'indemnité que vous négociez avec notre calculateur d'indemnité de rupture conventionnelle : elle doit compenser jusqu'à trois mois d'allocation en moins, et jusqu'à six mois et demi après 57 ans.
La dégressivité au-delà de 4 940 € brut
Les allocataires de moins de 55 ans dont le SJR dépasse 162,40 €, soit un salaire brut d'environ 4 940 € par mois, voient leur allocation réduite de 30 % à partir du 183e jour indemnisé, au septième mois, sans qu'elle puisse descendre sous 92,57 € par jour, soit 2 777,10 € brut pour un mois de 30 jours.
Ce plancher absorbe une bonne partie de la baisse. Un ancien salaire de 6 000 € brut donne 112,44 € par jour ; 30 % de moins feraient 78,71 €, mais le plancher s'applique et l'allocation s'établit à 92,57 €, une baisse réelle de 18 %. L'outil affiche le montant réduit dès que vous êtes concerné. Une formation suivie pendant l'indemnisation suspend le décompte des 182 jours, un mécanisme que nous détaillons dans notre article sur la formation pendant le chômage.
Ce que l'estimateur ne sait pas calculer
L'outil suppose un emploi continu à temps plein, au même salaire, sur toute la période. Les jours non travaillés entre deux contrats entrent pourtant dans le calcul du SJR, dans la limite de 70 % des jours travaillés, ce qui abaisse l'allocation journalière tout en allongeant la durée. Un temps partiel réduit la partie fixe et l'allocation minimale au prorata. Maladie et activité partielle donnent lieu à une reconstitution de salaire.
Il ne calcule pas non plus la date du premier versement. Un délai d'attente de 7 jours s'applique toujours. S'y ajoutent un différé congés payés, jusqu'à 30 jours, puis un différé spécifique si vos indemnités de rupture dépassent le minimum légal : la part supra-légale est divisée par 111,8 pour obtenir un nombre de jours, plafonné à 150, ou 75 en cas de licenciement économique. Une indemnité négociée 15 000 € au-dessus du légal repousse ainsi votre premier paiement de plus de quatre mois. Notre calculateur d'indemnité de licenciement vous donne le montant légal qui sert de base à ce calcul.
Seule l'estimation de France Travail fait foi : elle repose sur l'attestation employeur transmise par votre entreprise et sur les déclarations sociales. Le simulateur officiel de France Travail reprend l'ensemble de votre parcours et vous donne un résultat personnalisé. Notre outil, lui, vous permet de comprendre la mécanique et de tester des scénarios en quelques secondes.
Trois réflexes dès le lendemain de la fin de contrat
Inscrivez-vous dès le lendemain de votre dernier jour de contrat, sans attendre votre solde de tout compte. L'allocation n'est jamais due pour les jours qui précèdent l'inscription. Vous disposez de douze mois pour le faire, mais rien ne justifie de les utiliser.
Actualisez ensuite votre situation chaque mois, dès le 28 et jusqu'au 15 du mois suivant : un oubli interrompt le paiement. Déclarez toute reprise d'activité, même de quelques heures : le cumul est possible, France Travail déduit 70 % du salaire brut repris de votre allocation mensuelle, et les jours non payés reculent d'autant la fin de vos droits. Une mission de dix jours dans le mois ne vous fait rien perdre, elle prolonge votre couverture.
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