Calcul trimestre retraite 2026 : durée et âge de départ

Calculez vos trimestres de retraite

Vous ouvrez votre relevé de carrière, vous lisez 120 trimestres validés, et la question tombe : combien en faut-il, et jusqu'à quand faudra-t-il travailler ? La réponse a changé deux fois en trois ans, une première fois avec la réforme de 2023, une seconde fois en 2026 avec sa suspension.

Le simulateur ci-dessus part de votre année de naissance, du nombre de trimestres déjà inscrits sur votre relevé et de votre salaire brut annuel. Il affiche la durée exigée pour votre génération, ce qu'il vous reste à valider, votre âge légal de départ et l'année à laquelle vous atteindriez le taux plein au rythme actuel.

Le calendrier retenu est celui applicable aux retraites prenant effet à partir du 1er septembre 2026, après la suspension votée fin 2025.

Ce que la suspension de la réforme a changé

La réforme du 14 avril 2023 relevait l'âge légal de 62 à 64 ans par paliers de trois mois et portait la durée d'assurance à 172 trimestres dès la génération 1965. La loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 en suspend la montée en charge jusqu'en 2028.

Cinq générations y gagnent. Les personnes nées en 1964 partent à 62 ans et 9 mois avec 170 trimestres, au lieu de 63 ans et 171 trimestres. Celles nées entre le 1er janvier et le 31 mars 1965 gagnent deux trimestres d'un coup. Les générations 1966, 1967 et 1968 avancent chacune d'un trimestre, et l'âge de 64 ans ne s'applique plus aux personnes nées en 1968, mais seulement à partir de 1969.

Le mot suspension mérite d'être pris au sérieux. Rien n'est abrogé : le calendrier initial peut reprendre son cours, et les générations concernées vivent avec un paramètre qui a déjà bougé deux fois. Si vous êtes né entre 1964 et 1968, refaites le calcul chaque année plutôt que de vous fier à une date annoncée en 2023.

Combien de trimestres pour votre génération

La durée exigée dépend uniquement de votre année de naissance, jamais de votre métier ni de votre salaire. Elle plafonne à 172 trimestres, soit 43 années de cotisation, pour tous ceux nés à partir de 1966.

Année de naissanceÂge légal de départTrimestres requis
1958 à 196062 ans167
1961, à partir du 1er septembre62 ans et 3 mois169
196262 ans et 6 mois169
196362 ans et 9 mois170
196462 ans et 9 mois170
1965, à partir du 1er avril63 ans171
196663 ans et 3 mois172
196763 ans et 6 mois172
196863 ans et 9 mois172
1969 et après64 ans172

Deux générations sont coupées en deux par une date de naissance, 1961 au 1er septembre et 1965 au 1er avril. Si vous êtes concerné, votre mois de naissance vaut un trimestre de cotisation, parfois deux. Le détail du calendrier par génération permet de lever le doute.

Un trimestre ne se gagne pas en travaillant trois mois

Un trimestre de retraite ne correspond ni à trois mois de travail, ni à un nombre d'heures travaillées. Il se valide au salaire, et c'est le point qui surprend le plus souvent.

Il faut avoir cotisé sur 150 fois le SMIC horaire brut en vigueur au 1er janvier de l'année. Le SMIC horaire du 1er janvier 2026 s'établissant à 12,02 €, le seuil est de 1 803 € de salaire brut soumis à cotisations pour un trimestre, et de 7 212 € pour les quatre trimestres de l'année. La revalorisation du SMIC à 12,31 € au 1er juin 2026 ne change rien à ces seuils, fixés une fois pour toute l'année civile.

Un salarié qui touche 7 212 € bruts sur l'année valide donc quatre trimestres, qu'il les ait gagnés en douze mois à mi-temps ou en deux mois de mission. À l'inverse, un temps très partiel étalé sur l'année entière peut n'en valider que deux ou trois. Le plafond de quatre trimestres par année civile ne se dépasse jamais, quel que soit le salaire.

Le chômage indemnisé, la maladie, la maternité et le service national ouvrent des trimestres dits assimilés, comptés dans la durée d'assurance sans avoir donné lieu à cotisation. Une période d'indemnisation par France Travail n'est donc pas un trou dans votre carrière, contrairement à une idée répandue, comme le rappelle notre simulateur d'allocation chômage.

Décote, surcote et taux plein automatique

Atteindre l'âge légal ne suffit pas. Partir sans la durée requise déclenche une décote : le taux de liquidation de 50 % perd 0,625 point par trimestre manquant, soit 1,25 % du taux, dans la limite de 20 trimestres. Le taux ne descend jamais sous 37,5 %, mais la minoration vaut pour toute la durée de la retraite, et la retraite complémentaire Agirc-Arrco applique de son côté son propre coefficient.

À 67 ans, le taux plein est acquis d'office, quel que soit le nombre de trimestres validés. Cet âge n'a pas bougé, ni en 2023 ni en 2026. Il constitue la porte de sortie de ceux qui ont commencé tard, connu de longues interruptions ou travaillé à l'étranger.

Dans l'autre sens, chaque trimestre cotisé après l'âge légal, une fois la durée requise atteinte, majore la pension de 1,25 %, soit 5 % par année complète, sans plafond. Un an de travail supplémentaire ajoute donc deux fois : une année de salaire de plus dans le calcul du salaire annuel moyen, et 5 % de majoration sur le résultat. Le calcul du montant de la retraite détaille l'enchaînement de ces coefficients.

Ce que le simulateur ne calcule pas

L'outil raisonne sur une carrière ordinaire de salarié du privé. Il ne connaît ni les départs anticipés pour carrière longue, ouverts à ceux qui ont commencé avant 21 ans, ni ceux liés au handicap, à l'incapacité permanente ou à une catégorie active de la fonction publique. Ces dispositifs déplacent l'âge de départ de deux à quatre ans.

Il ignore aussi les majorations de durée d'assurance pour enfant, jusqu'à huit trimestres par enfant pour les mères salariées, les trimestres rachetés au titre des études supérieures et les périodes validées dans un autre régime. Un relevé de carrière complet réunit tous les régimes ; le calcul ci-dessus part du chiffre que vous saisissez.

Le nombre de trimestres décide du taux, jamais du montant. Une carrière complète payée au SMIC donne droit au taux plein et à une pension modeste, quand une carrière incomplète bien rémunérée peut rapporter davantage avec décote. Les deux paramètres se combinent, ils ne se remplacent pas.

Le vrai réflexe : lire votre relevé avant 55 ans

Les trimestres manquants viennent rarement d'une carrière trouée. Ils viennent d'un employeur qui n'a pas déclaré un contrat court, d'un stage rémunéré jamais remonté, d'un job étudiant oublié, d'une période à l'étranger mal transférée. Ces oublis se corrigent, mais seulement si vous produisez les bulletins de paie ou les attestations correspondantes.

Plus vous attendez, plus les preuves deviennent difficiles à retrouver. Un employeur disparu, une agence d'intérim rachetée, des bulletins jetés lors d'un déménagement : à 62 ans, la reconstitution tourne parfois à l'enquête. À 45 ou 50 ans, un courrier suffit le plus souvent.

Regardez votre relevé maintenant, ligne par ligne, et signalez les écarts sur votre espace personnel. C'est la seule démarche de ce dossier qui rapporte des trimestres sans exiger une année de travail de plus. Et lorsque la date approchera vraiment, notre calculateur d'indemnité de départ à la retraite vous dira ce que votre employeur vous doit le jour où vous partirez.

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