Salaire menuisier en 2026 : grilles bâtiment et industrie, artisan, net

Un menuisier de vingt-huit ans compare deux offres : un poste de poseur chez un artisan du bâtiment, et un poste d’atelier chez un fabricant de fenêtres. Les deux affichent « selon convention », mais ni la grille ni les indemnités ne sont les mêmes. Voici les minima, les primes, les revenus d’artisan et le passage du brut au net en 2026.

1 867 €brut mensuel, SMIC de juin 2026, plancher des premiers coefficients
2 038 €brut mensuel au coefficient 210, ouvriers du bâtiment en Île-de-France, 2026
53 144 €résultat courant annuel moyen d’une menuiserie artisanale, exercice 2023

Menuisier du bâtiment : la convention des ouvriers

Le menuisier employé par une entreprise de bâtiment, poseur ou d’atelier, relève de la convention collective des ouvriers du bâtiment : IDCC 1596 pour les entreprises de dix salariés au plus, IDCC 1597 au-delà. Le texte classe les ouvriers en quatre niveaux, du coefficient 150 au coefficient 270, sans grille propre à chaque métier. Nous n’avons trouvé aucune source officielle qui attribue un coefficient précis au menuisier : c’est l’employeur qui le retient selon le diplôme, l’autonomie et l’expérience. Un titulaire d’un brevet professionnel ou d’un Bac pro est classé au niveau III, position 1, coefficient 210, selon la classification de la convention relayée par les guides de branche. Pour retrouver votre convention, utilisez notre moteur de recherche.

Les minima se négocient région par région, et c’est l’accord du lieu du chantier qui s’applique. En Île-de-France, l’accord du 5 novembre 2025 est appliqué depuis février 2026. Aux coefficients 150 et 170, le minimum est inférieur au SMIC : c’est le SMIC qui s’applique depuis le 1er juin 2026.

NiveauCoefficientBrut mensuel (35 h)Brut horaire
N1 position 11501 867,02 € (SMIC)12,31 €
N1 position 21701 867,02 € (SMIC)12,31 €
N21851 899 €12,52 €
N3 position 12102 038 €13,44 €
N3 position 22302 164 €14,27 €
N4 position 12502 292 €15,11 €
N4 position 22702 510 €16,55 €
Source : Salerya, grille BTP 2026 Île-de-France (IDCC 1596 et 1597), coefficient 270 et SMIC recoupés par Batup ; accord régional du 5 novembre 2025. Brut, 35 heures, hors primes et indemnités.

L’Île-de-France est la région la moins bien rémunérée de la grille selon Salerya : au coefficient 210, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche 2 170,80 €, soit 132,80 € de plus par mois. Comparez toujours l’accord de votre région. La même grille sert au charpentier et au cordiste : nous ne la détaillons pas plus ici.

Menuisier en atelier ou en industrie : la convention IDCC 3222

Le menuisier salarié d’un fabricant de fenêtres, de portes, d’escaliers ou d’agencements intérieurs en bois relève, selon l’activité de l’entreprise, de la convention nationale des menuiseries, charpentes et constructions industrialisées et portes planes du 19 janvier 2017 (IDCC 3222). Elle classe les salariés en huit niveaux, avec trois échelons dans la plupart d’entre eux, et fixe des minima nationaux, sans variation régionale.

L’accord du 8 avril 2026, applicable au 1er mai 2026, revalorise la grille de 0,99 % en moyenne, selon Juristique. Les niveaux 1 à 3 sont inférieurs au SMIC de 1 867,02 € : ce dernier s’applique, comme dans le bâtiment. Le premier échelon supérieur au SMIC apparaît au niveau 4.

Niveau et échelonCoefficientMinimum conventionnelSalaire réel
N1, échelon unique1001 824 €1 867,02 € (SMIC)
N3, échelon 31501 862 €1 867,02 € (SMIC)
N4, échelon 11601 876 €1 876 €
N4, échelon 31801 925 €1 925 €
N5, échelon unique1902 096 €2 096 €
Source : Juristique, accord du 8 avril 2026, effet 1er mai 2026 (IDCC 3222), ouvriers et employés. Brut mensuel, 35 heures, hors primes. Le classement des menuisiers par niveau n’est pas publié dans les sources consultées.

Le classement d’un menuisier dans cette grille se lit sur le contrat et sur la fiche de poste : nous n’avons pas trouvé de source qui associe un niveau à l’intitulé « menuisier ». L’année précédente, l’accord du 29 janvier 2025 fixait le niveau 1 à 1 802 € et le niveau 5 à 2 077 €, selon la CFTC Batimat-TP, ce qui donne des hausses d’environ 1 % sur un an. Les niveaux de technicien et de cadre montent jusqu’à 4 644 € au niveau 8 échelon 4.

Certains menuisiers relèvent d’autres conventions, par exemple celles de l’ameublement pour la fabrication de mobilier. Nous n’avons pas pu vérifier leurs grilles : aucun chiffre n’est cité pour elles, et la convention applicable figure sur le bulletin de paie.

Menuisier artisan : ce que l’on peut vraiment gagner

Aucune statistique publique nationale ne donne le revenu net moyen d’un menuisier installé, et les fourchettes des sites de formation ou d’intérim ne sont pas reprises. Les comptes des entreprises donnent un ordre de grandeur. Selon Cerfrance, une menuiserie artisanale a réalisé en 2023 un chiffre d’affaires moyen de 429 578 €, avec un résultat courant de 53 144 €, soit 12,4 % du chiffre d’affaires, pour 3,47 équivalents temps plein. Le chiffre d’affaires progressait de 5,7 % et le résultat de 14 % sur un an.

Ce résultat n’est ni un salaire ni un net : il finance les cotisations sociales du dirigeant, les investissements et la trésorerie. Il concerne l’exercice 2023 : Cerfrance indique que l’activité a ensuite reculé de 5,5 % en 2024 sous l’effet de la crise du logement, et nous n’avons pas trouvé le résultat 2024 dans la page consultée. C’est aussi la moyenne de clients du réseau, pas de tous les artisans.

Pour un démarrage en micro-entreprise, une prestation de services artisanale supporte 21,2 % de cotisations sociales sur le chiffre d’affaires encaissé, avec un plafond annuel de 83 600 € en 2026, d’après les tableaux de l’administration. Pour 4 000 € encaissés dans le mois, les cotisations s’élèvent à 848 €, avant charges propres : matériel, assurance décennale, véhicule, bois. Simulez votre cas avec le calculateur de charges de micro-entrepreneur.

Primes, indemnités et variables

Dans le bâtiment, les petits déplacements se composent d’une indemnité de repas (panier), de trajet et de transport, fixées par zone. L’indemnité de repas s’élevait à 10,80 € par jour en Île-de-France en 2025 selon Salerya : le relevé 2026 n’a pas pu être confirmé. Ces indemnités s’ajoutent au brut de base et suivent leur propre régime social. Un poseur qui ne peut pas rentrer le soir est en grand déplacement : la convention du 8 octobre 1990 prévoit une indemnité, dont les montants sont publiés par la Fédération française du bâtiment. Aucun montant n’a pu être vérifié, il n’est donc pas cité.

Le menuisier poseur est aussi concerné par les intempéries, surtout en pose de menuiseries extérieures. Lorsqu’un chantier s’arrête à cause de la pluie, du gel ou du vent, le salarié touche 75 % de son salaire horaire brut pour chaque heure perdue, dans la limite de 9 heures par jour et de 45 heures par semaine, avec un délai de carence d’une heure par semaine d’arrêt, selon la caisse de congés intempéries du BTP. Le menuisier d’atelier, à l’abri, n’est pas touché.

Nous n’avons pas trouvé de prime d’ancienneté chiffrée dans les sources consultées pour la convention IDCC 3222 : ne comptez sur aucun montant sans l’avoir lu sur votre contrat. Les heures supplémentaires sont majorées : le calculateur d’heures supplémentaires permet de les estimer.

Évolution selon l’expérience, la formation et le cadre d’emploi

Le bâtiment classe selon la qualification et la responsabilité, non l’ancienneté. Le tableau montre comment la grille d’Île-de-France se lit pour un menuisier, à titre indicatif : la classification finale relève de l’employeur.

SituationCoefficient possibleBrut mensuel, bâtiment Île-de-France 2026
Aide-menuisier débutantN1, 150 à 1701 867,02 € (SMIC)
Titulaire du CAP, ouvrier qualifiéN2, 1851 899 €
Compagnon autonome, BP ou Bac proN3, 210 à 2302 038 € à 2 164 €
Chef d’équipe ou maître ouvrierN4, 250 à 2702 292 € à 2 510 €
Source : Salerya et Batup, grille BTP 2026 Île-de-France. Répartition indicative, non fixée par la convention pour le métier de menuisier.

Entre le coefficient 185 et le coefficient 230, l’écart atteint 265 € brut par mois (2 164 moins 1 899). Le passage à l’encadrement ou à la conduite de travaux change de grille : c’est celle des ETAM, plus haute. En industrie, le même écart se lit entre le niveau 4 échelon 3 (1 925 €) et le niveau 5 (2 096 €), soit 171 € brut par mois.

Du brut au net

Un salarié non cadre cotise environ 21 % de son brut sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026. Pour un menuisier d’atelier à 1 925 € brut (niveau 4 échelon 3 de l’IDCC 3222), le net avant impôt sur le revenu est de l’ordre de 1 521 € (1 925 × 0,79 = 1 520,75), hors indemnités de déplacement qui suivent leur propre régime.

Ce calcul est simplifié : les cotisations exactes dépendent de la situation du salarié. Pour votre cas, utilisez le calculateur de salaire brut en net.

Comparaison avec les métiers proches

MétierCadre de la donnéeBrut mensuel
Menuisier du bâtimentOuvriers du bâtiment, Île-de-France, coefficients 185 à 270, 20261 899 € à 2 510 €
Menuisier en industrieIDCC 3222, niveaux 4 et 5, mai 20261 876 € à 2 096 €
CharpentierOuvriers du bâtiment, Île-de-France, coefficients 185 à 270, 20261 899 € à 2 510 €
Conducteur de travauxETAM du bâtiment, Île-de-France, niveaux E à G, 20262 407 € à 3 119 €
Sources : Salerya et Batup (bâtiment), Juristique (IDCC 3222 et ETAM, accords de 2025 et 2026). Minima conventionnels, hors primes, non comparables poste à poste.

Le menuisier du bâtiment et le charpentier partagent la même grille : la différence se fait sur la qualification, l’encadrement et l’installation. L’industrie affiche des minima nationaux plus resserrés, sans la variation régionale du bâtiment.

Menuisier : missions et formationLe CAP, le Bac pro agenceur, le BP, les débouchés et les évolutions.Voir la fiche métier

Négocier sa paie : ce qui fait vraiment varier le bulletin

Trois leviers pèsent plus que le taux horaire affiché. Le premier est la classification : elle se demande par écrit, en mettant en avant le diplôme (CAP, BP, Bac pro) et l’autonomie en pose. Le deuxième est le régime des déplacements et des paniers, qui ajoute des sommes hors salaire de base pour le poseur. Le troisième est le cadre d’emploi : bâtiment régional ou industrie nationale, avec des minima et des indemnités différents.

Avant de signer, comparez sur quatre points : la convention applicable, la grille en vigueur (région du chantier ou accord national), les indemnités de déplacement prévues au contrat et le traitement des intempéries. Gardez vos bulletins pour les recalculs, et demandez à l’employeur quel coefficient vous est attribué.

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