Calcul heures supplémentaires
Calculez la rémunération de vos heures supplémentaires
Vous avez travaillé 43 heures la semaine dernière et la ligne « heures supplémentaires 125 % » de votre bulletin affiche un montant que vous ne savez pas vérifier. Ou votre contrat prévoit 39 heures, vous en avez fait 45, et l'employeur compte six heures majorées de 25 %. Dans les deux cas la question est la même : combien ces heures doivent-elles rapporter, et combien en restera-t-il en net.
Le calculateur ci-dessus applique les majorations légales, ou le taux fixé par votre convention collective, aux heures travaillées au-delà de la durée de votre contrat. Il reconstitue votre taux horaire à partir du salaire mensuel si vous ne le connaissez pas, calcule le brut de la semaine, puis le net estimé en intégrant la réduction de cotisations propre aux heures supplémentaires. Il traite aussi les heures complémentaires du temps partiel.
Comment se comptent les heures supplémentaires
La durée légale du travail est de 35 heures par semaine. Toute heure effectuée au-delà, à la demande de l'employeur ou avec son accord, est une heure supplémentaire. Le décompte se fait semaine par semaine, du lundi 0 h au dimanche 24 h sauf accord contraire, jamais sur le mois : deux semaines à 32 heures ne compensent pas une semaine à 41 heures.
Le piège classique concerne les contrats à 39 heures. Les quatre heures hebdomadaires au-delà de 35 sont déjà des heures supplémentaires, dites structurelles, majorées de 25 % et intégrées au salaire mensuel. Elles occupent les rangs 36 à 39. Si vous travaillez 45 heures une semaine, les six heures en plus prennent les rangs 40 à 45 : quatre sont majorées de 25 %, les deux dernières de 50 %. Un employeur qui applique 25 % aux six heures se trompe.
La même logique vaut pour le taux horaire. Un salaire de 2 500 € pour 39 heures ne se divise pas par 169 heures mensuelles : les quatre heures structurelles étant payées 1,25 fois, le diviseur correct est 173,34, soit un taux de base de 14,42 €. Le calculateur fait cette conversion quand vous saisissez un salaire mensuel plutôt qu'un taux horaire.
Les majorations légales et conventionnelles
À défaut d'accord collectif, la majoration est de 25 % pour les huit premières heures supplémentaires, de la 36e à la 43e, puis de 50 % à partir de la 44e, comme le rappelle la fiche de service-public.fr sur les heures supplémentaires. Une convention collective ou un accord d'entreprise peut fixer un autre taux, sans jamais descendre sous 10 %. Sur ce point, l'accord d'entreprise prime sur la convention de branche depuis 2016 : vérifiez les deux textes avant de contester une ligne de paie.
Avec un taux horaire de 12 € et une semaine de 43 heures dans un contrat de 35 heures, les huit heures supplémentaires sont payées 15 € chacune, soit 120 € bruts. À 46 heures, trois heures passent à 50 % : 18 € l'heure, 54 € de plus, 174 € au total. Un accord fixant un taux unique de 10 % ramènerait la semaine de 43 heures à 105,60 €.
| Rang de l'heure dans la semaine | Majoration légale | Heure payée, base 12 € |
|---|---|---|
| Jusqu'à la 35e | aucune | 12,00 € |
| De la 36e à la 43e | 25 % | 15,00 € |
| À partir de la 44e | 50 % | 18,00 € |
La majoration s'applique au taux horaire brut, primes liées aux conditions de travail comprises (nuit, insalubrité), primes d'ancienneté ou d'assiduité exclues. Notre calculateur de salaire brut en net donne le net d'une heure ordinaire ; une heure supplémentaire suit un régime plus favorable.
Le cas du temps partiel : des heures complémentaires
Un salarié à temps partiel ne fait pas d'heures supplémentaires mais des heures complémentaires, au-delà de la durée prévue à son contrat. Elles sont majorées de 10 % jusqu'au dixième de cette durée, puis de 25 % au-delà, selon les règles du travail à temps partiel. Deux plafonds s'ajoutent. Sans accord collectif, les heures complémentaires ne peuvent pas dépasser le dixième de la durée contractuelle, un accord pouvant porter cette limite au tiers. Et elles ne peuvent jamais amener la durée travaillée à 35 heures, sous peine de requalification du contrat en temps plein.
Pour un contrat de 24 heures payé 12 € de l'heure, une semaine de 27 heures donne 2,4 heures à 10 %, soit 31,68 €, et 0,6 heure à 25 %, soit 9 €. Total : 40,68 € bruts. Le calculateur signale le dépassement du tiers, qui survient à partir de 33 heures dans cet exemple.
Pourquoi une heure supplémentaire rapporte plus en net
Depuis 2019, les heures supplémentaires et complémentaires ouvrent droit à une réduction des cotisations salariales, calculée sur la rémunération majorée, au taux des cotisations vieillesse et de retraite complémentaire, dans la limite de 11,31 %, comme l'explique l'Urssaf. La CSG et la CRDS restent dues. Pour un non-cadre dont les cotisations pèsent 21 %, le prélèvement sur ces heures tombe autour de 9,7 %.
Sur les 120 € bruts de l'exemple, les cotisations ordinaires représenteraient 25,20 €. La réduction en rend 13,57 €. Il reste 108,37 € nets avant impôt, soit 90 % du brut au lieu de 79 % pour un salaire classique. Rapporté à l'heure, une heure normale à 12 € laisse 9,48 € nets ; une heure majorée de 25 % en laisse 13,55 €. Le gain en net atteint 43 % pour une majoration de 25 % en brut.
L'avantage fiscal s'y ajoute. Ces heures sont exonérées d'impôt sur le revenu dans la limite de 7 500 € nets imposables par an, plafond indiqué par impots.gouv.fr, ce qui correspond à environ 8 037 € bruts. Elles figurent en case 1GH de la déclaration préremplie et échappent au prélèvement à la source, dont notre page sur le calcul du taux de prélèvement à la source détaille le fonctionnement. Au-delà du plafond, la fraction excédentaire redevient imposable, ce que le calculateur signale à partir de 155 € par semaine.
Le contingent annuel et le repos compensateur
Le nombre d'heures supplémentaires n'est pas libre. Un contingent annuel, fixé à 220 heures par salarié en l'absence d'accord collectif, borne celles que l'employeur peut imposer. Les heures structurelles d'un contrat à 39 heures y entrent : à elles seules, elles consomment 208 heures, et la marge restante n'est que de 12 heures dans l'année.
Au-delà du contingent, chaque heure ouvre droit à une contrepartie obligatoire en repos, en plus de sa majoration : 50 % de l'heure dans les entreprises de 20 salariés au plus, 100 % au-delà. Une semaine régulière à 43 heures représente 416 heures supplémentaires par an, bien au-dessus des 220 heures. Le nombre d'heures de repos acquises doit vous être communiqué sur le bulletin de paie ou sur un document annexé.
Heures non payées, forfait jours : ce que vous pouvez faire
Un accord collectif peut remplacer le paiement des heures supplémentaires, majoration comprise, par un repos compensateur de remplacement : une heure à 25 % devient alors 1 h 15 de repos. Si votre entreprise vous laisse le choix, comparez ce que valent pour vous 108 € nets d'impôt et dix heures de repos.
Les cadres au forfait jours échappent à tout ce calcul. Leur temps de travail se compte en jours, 218 par an au maximum, et aucune majoration horaire ne leur est due. Un forfait mal appliqué, sans suivi de la charge de travail, peut toutefois être privé d'effet par le conseil de prud'hommes, ce qui rouvre le droit aux heures supplémentaires.
Si vos heures ne sont pas payées, commencez par les prouver. Le salarié apporte des éléments suffisamment précis, un relevé hebdomadaire tenu à la main suffit, et c'est ensuite à l'employeur de justifier des horaires réellement effectués. La demande peut remonter sur les trois dernières années ; passé ce délai de prescription, les heures sont perdues. Quand les heures supplémentaires deviennent la norme, le sujet relève d'ailleurs moins du contentieux que de la négociation de salaire : un passage à 39 heures contractuelles garantit quatre heures majorées par semaine, payées même les semaines creuses.
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