Vous cherchez « formation adulte rémunérée » et vous tombez sur des listes de dix dispositifs, dont trois n’existent plus. Le paysage a beaucoup bougé entre 2024 et 2026 : un dispositif a été arrêté, un autre supprimé et remplacé, et le compte personnel de formation n’est plus gratuit pour tout le monde.
Voici l’état réel des dispositifs qui permettent de percevoir un revenu pendant une formation en 2026, et ceux qu’on vous propose encore alors qu’ils ont fermé.
Ce qui n’existe plus, et qu’on vous propose encore
Le FNE-Formation arrive en tête des dispositifs fantômes. Créé pour soutenir les entreprises en difficulté, il a été arrêté en 2025 et n’a pas été rétabli en 2026. Des articles et des organismes continuent de le mentionner comme une voie de financement pour les salariés : ce n’en est plus une.
Pro-A, la reconversion ou promotion par alternance, a pris fin le 31 décembre 2025. Seuls les parcours dont l’avenant au contrat de travail a été signé au plus tard à cette date peuvent aller à leur terme. Le dispositif Transitions collectives disparaît en même temps.
Le congé individuel de formation, le CIF, avait déjà été supprimé au 1er janvier 2019. Il revient pourtant dans beaucoup de contenus. Son successeur porte un autre nom et obéit à d’autres règles, nous y venons.
Le CPF finance, il ne rémunère pas
Cette distinction règle à elle seule la moitié des malentendus. Le compte personnel de formation paie le coût pédagogique d’une formation ; il ne verse aucun revenu de remplacement pendant que vous la suivez.
Le compte s’alimente de 500 € par an pour un salarié à mi-temps au moins, dans la limite de 5 000 €, un plafond porté à 800 € par an et 8 000 € au total pour certains salariés peu qualifiés et pour les bénéficiaires de l’obligation d’emploi des travailleurs handicapés.
Depuis le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026, entré en application le 2 avril, la participation obligatoire du titulaire est passée à 150 € par dossier. Les demandeurs d’emploi en sont exemptés, et l’employeur peut prendre cette somme à sa charge. Notre page sur le reste à charge CPF précise les cas d’exonération.
Si votre formation a lieu sur votre temps de travail, l’accord de l’employeur est requis et votre salaire est maintenu. Hors temps de travail, vous n’avez d’accord à demander à personne, mais vous n’êtes pas payé pour ces heures.
Le projet de transition professionnelle, le seul qui maintient le salaire
Le PTP est ce qui reste du CIF, en plus encadré. Il permet de vous absenter pour suivre une formation certifiante en vue de changer de métier, avec un maintien de rémunération versé par l’association Transitions Pro de votre région.
Pour un salarié en CDI, la condition d’ancienneté est de 24 mois d’activité salariée, dont 12 dans l’entreprise actuelle. Pour un CDD, 24 mois sur les cinq dernières années dont 4 mois en CDD sur les douze derniers. Des dispenses existent, notamment après un licenciement économique ou pour inaptitude, et pour certains travailleurs handicapés.
Le barème de rémunération figure à l’article D. 6323-18-4 du code du travail :
- salaire moyen inférieur ou égal à deux fois le SMIC : 100 % maintenu ;
- au-delà de deux SMIC : 90 % la première année ou pour les 1 200 premières heures, puis 60 % ensuite, sans jamais descendre sous le montant de deux SMIC.
Le SMIC mensuel brut étant fixé à 1 823,03 € au 1er janvier 2026, la bascule se joue autour de 3 646 € bruts par mois. La demande d’autorisation d’absence s’adresse à l’employeur 120 jours avant le début de la formation si elle interrompt le travail au moins six mois, 60 jours dans les autres cas.
Un détail qui compte pour la suite : la période de formation rémunérée par Transitions Pro peut être assimilée à une période d’emploi pour ouvrir de nouveaux droits à l’assurance chômage, à condition qu’elle n’ait pas été indemnisée au titre de l’ARE.
La période de reconversion, nouvelle depuis février 2026
C’est le dispositif qui remplace Pro-A et Transitions collectives. Il est issu de la loi n° 2025-989 du 24 octobre 2025 et de deux décrets du 28 janvier 2026, et il s’applique depuis le 1er février 2026.
Le ministère du Travail le présente comme ouvert à tous les salariés, en CDI comme en CDD, sans condition d’âge, de niveau ni de parcours. L’objectif est d’obtenir une certification enregistrée au RNCP, un certificat de qualification professionnelle ou un ou plusieurs blocs de compétences.
La formation dure entre 150 et 450 heures, réparties sur douze mois au maximum. Un accord de branche ou d’entreprise peut porter ces plafonds à 2 100 heures sur 36 mois. Le financement relève des opérateurs de compétences, sur une dotation de France compétences, avec un montant moyen de prise en charge fixé à 5 000 € par parcours. Notre page sur le financement de formation par un OPCO explique comment ces circuits fonctionnent.
La reconversion peut se faire dans l’entreprise ou à l’extérieur. Dans le second cas, le salarié signe un CDD de reconversion de six à douze mois avec une entreprise d’accueil, et son contrat initial est seulement suspendu : il retrouve son poste ou un poste équivalent si l’essai n’est pas concluant. C’est ce filet qui différencie le dispositif d’une démission.
Le contrat de professionnalisation après 26 ans
Rien n’oblige à avoir vingt ans pour signer un contrat de professionnalisation. Il est ouvert aux demandeurs d’emploi de 26 ans et plus, et c’est probablement la voie la plus sous-utilisée par les adultes en reconversion.
La rémunération minimale n’est pas un pourcentage du SMIC comme pour les plus jeunes. L’article D. 6325-18 du code du travail retient le montant le plus favorable entre le SMIC entier et 85 % du salaire minimum conventionnel correspondant à l’emploi. Dans les branches où les minima sont élevés, la seconde option l’emporte.
Vous êtes salarié, avec un contrat de travail, des congés payés et des cotisations retraite. Les frais de formation sont pris en charge par l’OPCO de l’entreprise, pas par vous.
Les dispositifs France Travail avant l’embauche
La préparation opérationnelle à l’emploi comble l’écart entre ce que vous savez faire et ce qu’un poste exige. Dans sa version individuelle, elle suppose qu’un employeur vous ait déjà repéré et s’engage sur une embauche en CDI, en CDD d’au moins six mois ou en contrat en alternance. Dans sa version collective, elle est montée avec un OPCO pour répondre aux besoins d’une branche, sans promesse d’embauche nominative.
À côté, France Travail conserve l’aide individuelle à la formation pour financer un coût pédagogique, l’action de formation conventionnée pour les formations qu’il achète directement, et l’action de formation préalable au recrutement. Ces dispositifs financent la formation ; votre revenu, lui, dépend de votre statut d’allocataire, et l’AFPA reste un opérateur de référence pour les titres professionnels du ministère du Travail.
La VAE, quand vous n’avez pas besoin de vous former
Faire reconnaître une expérience coûte moins cher et prend moins de temps que la refaire en salle de cours. La loi du 21 décembre 2022 a supprimé l’exigence d’une année d’expérience : il suffit désormais de justifier d’activités en rapport direct avec la certification visée, salariées, non salariées, bénévoles ou issues d’un mandat.
Un salarié peut demander à son employeur un congé de 48 heures pour préparer son dossier et passer devant le jury, durée doublée par rapport à l’ancien régime. Le service public France VAE centralise les démarches, sans être encore ouvert aux agents publics. Notre guide sur la validation des acquis de l’expérience détaille le parcours.
Regardez d’abord qui vous paie, pas ce que vous apprenez
La bonne question n’est pas « quelle formation choisir » mais « qui verse mon revenu pendant ces mois-là ». Un salarié en poste passe par Transitions Pro ou par la période de reconversion. Un demandeur d’emploi indemnisé passe par son contrat d’engagement. Un demandeur d’emploi sans droits ouverts dépend de la rémunération de formation de France Travail. Ces trois portes ne mènent pas au même catalogue.
Si votre projet ne rentre dans aucune, il reste une option que peu de conseillers évoquent spontanément : négocier avec votre employeur actuel une inscription au plan de développement des compétences. Le salaire est maintenu, l’employeur paie, et vous restez dans l’entreprise. Cela suppose que la formation serve aussi son intérêt, ce qui est plus souvent le cas qu’on ne le suppose.







Je suis à la recherche d’un emploi, je suis intéressée pour faire une formation. , Merci beaucoup