Gynécologue : métier, études et salaire en 2026

Il est 8 h 30 dans un cabinet : une patiente de 34 ans vient pour une contraception, la suivante pour un frottis, la troisième pour une grossesse à surveiller. Ailleurs, un confrère opère en urgence ou fait naître un enfant. Le mot « gynécologue » recouvre deux spécialités, deux diplômes et deux quotidiens : les voici, avec les études, les revenus et les débouchés.

AccèsBac + 10 à 12doctorat en médecine et DES de gynécologie
Formation4 ou 6 ansde DES, après six ans d’études de médecine
Salaire débutant4 634 € brut1er échelon de praticien hospitalier, hors gardes
Où travaillerHôpital, cliniquecabinet libéral, exercice mixte

Ce que fait un gynécologue

La fiche ROME J1111 de France Travail décrit un médecin qui assure le suivi gynécologique et la prise en charge obstétricale des patientes : consultations de prévention, contraception, échographies, dépistages, suivi de grossesse et, selon la spécialité, accouchements et chirurgie. Mais cette fiche parle d’un gynécologue-obstétricien : en France, deux diplômes distincts mènent au titre de gynécologue, et leurs métiers ne se ressemblent pas.

Le gynécologue médical ne pratique ni accouchement ni chirurgie. Il suit les femmes tout au long de la vie : frottis de dépistage du cancer du col, contraception, troubles des règles, endométriose, infertilité, ménopause. C’est le médecin des consultations, qui prescrit, examine, réalise des échographies pelviennes et adresse à un confrère chirurgien quand une opération s’impose.

Le gynécologue-obstétricien cumule la médecine et la chirurgie. Il surveille les grossesses à risque, réalise les échographies obstétricales, accouche les patientes, pratique les césariennes et opère : hystérectomie, cœlioscopie pour un kyste ou un fibrome, chirurgie du cancer gynécologique. Il assure aussi les urgences de la maternité, de jour comme de nuit.

Une journée d’obstétricien hospitalier alterne le staff du matin avec la sage-femme de garde, le bloc opératoire, les consultations et, quand la salle de naissance l’appelle, une décision à prendre en quelques minutes : forceps, césarienne, transfert. Le gynécologue médical, lui, enchaîne les plages de consultation et coordonne le suivi avec le médecin généraliste et la sage-femme.

Les compétences attendues

Le raisonnement clinique vient en premier : distinguer une douleur pelvienne banale d’une grossesse extra-utérine, interpréter une échographie, décider si un col raccourci justifie l’hospitalisation. Les gestes suivent : examen au spéculum, frottis, pose d’un implant ou d’un dispositif intra-utérin, échographie, et pour l’obstétricien les gestes opératoires.

Le métier demande aussi de l’écoute. On y parle de sexualité, de violences, de deuil périnatal, d’interruption de grossesse. La consultation gynécologique exige de mettre à l’aise une patiente qui vient parfois avec une appréhension forte, et d’expliquer sans jargon.

Pour l’obstétricien s’ajoutent le sang-froid et la résistance physique : une hémorragie de la délivrance ou une souffrance fœtale ne se programment pas, et les gardes en maternité s’enchaînent avec le bloc du lendemain. Le travail en équipe avec les sages-femmes, les anesthésistes et les pédiatres est quotidien.

Devenir gynécologue

Le seul chemin passe par le diplôme d’État de docteur en médecine, complété par le diplôme d’études spécialisées (DES) de gynécologie médicale ou de gynécologie-obstétrique. Le parcours commence par une première année d’accès santé, PASS ou licence avec option accès santé (L.AS), dont le remplacement par une licence unique a été annoncé pour la rentrée 2027.

  1. Réussir le PASS ou une L.ASUne seule tentative supplémentaire est possible en cas d’échec.
  2. Valider le premier puis le deuxième cycleSix ans d’études médicales générales au total, avec des stages à l’hôpital.
  3. Passer les épreuves dématérialisées nationalesLes EDN comptent pour 60 % du classement, les examens cliniques ECOS pour 30 % et le parcours de l’étudiant pour 10 %, selon le Centre national de gestion.
  4. Choisir sa gynécologie selon son rangLe classement conditionne la spécialité et la ville d’internat.
  5. Suivre le DESQuatre ou six ans selon la spécialité, puis thèse et inscription à l’Ordre des médecins.

La réforme du deuxième cycle, dite R2C, a remplacé les épreuves classantes nationales à partir de 2023. L’ancienne fiche du site parlait encore d’une spécialisation en cinq ans : la MACSF donne en 2025 quatre ans d’internat pour la gynécologie médicale et six ans pour la gynécologie-obstétrique, classée parmi les spécialités chirurgicales. Après six ans d’études générales, comptez donc dix ans après le bac pour le gynécologue médical et douze pour l’obstétricien, comme un chirurgien.

Le nombre de places dépend de l’arrêté annuel. Pour l’internat 2026-2027, un arrêté du 4 août 2026, publié au Journal officiel le 5 août et relayé par le site Santé Orientation, ouvre 100 postes en gynécologie médicale et 275 en gynécologie-obstétrique, cette dernière en hausse de 20,1 %. Dans une réponse ministérielle du 4 septembre 2025, le ministère indique que les postes de gynécologie médicale ont presque triplé depuis 2012.

Le coût de la formation initiale se limite aux frais universitaires : 178 € de droits d’inscription en 2026-2027, plus 105 € de contribution de vie étudiante et de campus, dont les boursiers sont exonérés, selon Service-public.fr.

En reconversion, aucune VAE ne mène au doctorat en médecine. Le décret n° 2019-1125 du 4 novembre 2019 ouvre une admission directe en deuxième ou troisième année, sur dossier et entretien, à certains titulaires de diplômes scientifiques ou paramédicaux. Une fois admis, l’accès à la gynécologie dépend du rang aux EDN, comme pour tout étudiant. Le CPF ne finance pas un cursus aussi long.

Où travailler et dans quelles conditions

Le gynécologue exerce à l’hôpital public comme praticien hospitalier, en clinique privée, en cabinet libéral, en centre de santé, en protection maternelle et infantile ou en centre de planification. Beaucoup mêlent des vacations à l’hôpital et un cabinet en ville. L’obstétricien travaille presque toujours dans une maternité, public ou privé, puisque l’accouchement suppose un plateau technique.

Le statut détermine le rythme. Le gynécologue médical de ville tient des horaires de cabinet, sans garde. L’obstétricien hospitalier, lui, assure gardes et astreintes de nuit et de week-end pour la maternité, ce qui pèse sur la vie personnelle. En libéral, l’obstétrique impose aussi une assurance de responsabilité civile professionnelle obligatoire, dont la prime est individualisée pour les spécialités à risque.

Ce qui plaît

  • Un suivi au long cours des patientes, de l’adolescence à la ménopause.
  • Deux visages du métier : consultation ou bloc et salle de naissance.
  • Une forte demande, avec des territoires sans gynécologue médical.
  • Le choix du statut : hôpital, libéral, exercice mixte.

Ce qui pèse

  • Dix à douze ans d’études, avec une sélection dès la première année.
  • Les gardes de maternité et les urgences obstétricales.
  • La responsabilité médico-légale d’un accouchement difficile.
  • Un revenu libéral qui varie beaucoup entre gynécologie médicale et obstétrique.

Combien gagne un gynécologue

Le statut et la spécialité décident. À l’hôpital public, un praticien hospitalier débute à 4 634 € brut par mois et atteint 9 368 € au treizième échelon, hors gardes, selon l’arrêté du 29 juin 2023, la même grille que pour le cardiologue. En libéral, la CARMF chiffre le bénéfice non commercial 2022 à 57 050 € par an en moyenne pour les gynécologues médicaux, soit environ 4 750 € par mois, et à 98 390 € pour les gynécologues-obstétriciens, soit environ 8 200 € par mois. Ces montants sont nets de charges professionnelles, avant impôt sur le revenu.

4 634 €brut mensuel au 1er échelon de praticien hospitalier, hors gardes, en 2026
57 050 €bénéfice annuel moyen des gynécologues médicaux libéraux, avant impôt, en 2022
98 390 €bénéfice annuel moyen des gynécologues-obstétriciens libéraux, avant impôt, en 2022

Salaire gynécologue en 2026Grille de l’hôpital public, revenus libéraux CARMF par spécialité, dépassements, primes et net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

La pénurie de gynécologues médicaux est documentée. Selon Profil Médecin, à partir des données de la DREES et de l’Ordre, 2 113 gynécologues médicaux exerçaient en France en 2022, soit 3,1 pour 100 000 femmes, avec une baisse de 22 % de la profession anticipée d’ici 2030. Une question sénatoriale de juillet 2025 cite 1 807 praticiens et neuf départements, dont la Meuse, sans aucun gynécologue médical en exercice régulier : les deux chiffres ne viennent pas de la même source et ne se comparent pas.

Pour les gynécologues-obstétriciens, le recrutement passe surtout par les maternités. Sur environ 10 000 postes de praticien hospitalier ouverts lors d’un tour de recrutement, un peu plus de 3 000 candidatures ont été déposées, toutes spécialités confondues, selon le CNG cité par Le Quotidien du médecin. Aucun chiffre public fiable des obstétriciens en activité n’a pu être établi ici, et l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail ne détaille pas le métier.

Le suivi gynécologique n’est pas réservé aux gynécologues. Selon le Code de la santé publique, les sages-femmes assurent le suivi gynécologique de prévention et la contraception des femmes en bonne santé, et les médecins généralistes le pratiquent aussi. Le ministère met d’ailleurs cette répartition en avant pour répondre à la pénurie.

Évolutions de carrière

Après le DES, plusieurs voies s’ouvrent, avec des statuts et des rémunérations différents.

ÉvolutionVoie d’accèsCe que cela change
Chirurgie de l’endométrioseClinicat, fellowship ou formation spécialiséeChirurgie complexe du pelvis, centres de référence
Médecine de la reproductionFormation spécialisée transversaleAssistance médicale à la procréation, infertilité
Oncologie gynécologiqueClinicat puis centre de lutte contre le cancerChirurgie des cancers du sein, de l’utérus et de l’ovaire
Praticien hospitalierInscription sur la liste d’aptitude du CNG puis poste vacantStatut protégé, grille nationale à 13 échelons
Professeur des universités-praticien hospitalierChef de clinique puis concours universitaireCarrière hospitalo-universitaire, enseignement et recherche
Installation en libéralCabinet ou clinique, secteur 1 ou 2Revenu lié à l’activité, patientèle propre
Voies d’évolution après le DES de gynécologie. Spécialisations citées d’après l’ancienne fiche du site et la fiche ROME J1111, non détaillées par arrêté ici.

L’encadrement passe par la responsabilité d’une unité, d’un service de gynécologie-obstétrique puis d’un pôle femme-mère-enfant. L’expertise judiciaire, la santé publique et l’enseignement sont d’autres débouchés.

Métiers proches

Ces métiers partagent la santé des femmes, le bloc ou le suivi médical avec le gynécologue, avec des formations et des responsabilités différentes.

Gynécologie médicale ou obstétrique : le vrai choix

Le choix se joue pendant l’internat, et il engage toute la carrière. La gynécologie médicale est plus courte de deux ans, ne comporte ni garde de maternité ni bloc, mais elle est moins rémunérée en libéral : 57 050 € contre 98 390 € de bénéfice moyen en 2022, selon la CARMF.

L’obstétrique demande six ans de DES et une vie rythmée par les naissances et les urgences. Elle offre un revenu libéral plus élevé, surtout en secteur 2, mais celui-ci est indissociable d’une assurance de responsabilité civile professionnelle coûteuse, dont aucun tarif public n’existe. Les stages de l’internat servent à tester ce que l’on supporte : la nuit de garde, l’annonce d’une mauvaise nouvelle, le bloc.

Le choix n’est pas irréversible dans la pratique : un obstétricien peut resserrer son activité sur la consultation avec l’âge, alors que le gynécologue médical ne pratique jamais le bloc. Le titre de gynécologue-obstétricien ouvre donc plus de portes, au prix de deux ans d’internat de plus.

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