Devenir anesthésiste-réanimateur

L’anesthésiste-réanimateur est un médecin spécialiste qui assure la sécurité du patient avant, pendant et après une intervention chirurgicale, réalise l’anesthésie, surveille les fonctions vitales et intervient en réanimation. Après 11 ans d’études (médecine + 5 ans d’internat), il figure parmi les spécialistes médicaux les mieux rémunérés : 4 500 à 9 000 € brut/mois à l’hôpital public, 160 000 à 220 000 € brut/an en clinique privée.

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Missions de l’anesthésiste-réanimateur

L’anesthésiste-réanimateur (MAR, code ROME J1124) est un médecin spécialiste à la croisée de quatre domaines : anesthésie, réanimation, urgences et douleur. Il intervient dans tous les blocs opératoires, les unités de réanimation, les urgences et les services de soins intensifs des hôpitaux et cliniques.

Consultation préopératoire

Avant chaque intervention chirurgicale, il consulte le patient pour évaluer son état de santé, recenser ses traitements, identifier les facteurs de risque (allergies, maladies chroniques, antécédents anesthésiques). Il choisit la technique d’anesthésie adaptée (générale, loco-régionale, sédation), explique le déroulement au patient et prescrit les examens préopératoires nécessaires. Il signe le document d’information réglementaire.

Anesthésie et surveillance peropératoire

Au bloc opératoire, il induit et maintient l’anesthésie, surveille l’ensemble des paramètres vitaux (pression artérielle, fréquence cardiaque, SpO2, EtCO2, profondeur d’anesthésie, curarisation), gère les voies aériennes (intubation, ventilation mécanique) et les abords vasculaires. Il adapte en permanence les agents anesthésiques aux besoins chirurgicaux, traite les complications (troubles du rythme, choc, saignement) et coordonne l’équipe avec l’IADE.

Salle de réveil et prise en charge postopératoire

Il assure la surveillance du patient dans la salle de réveil (SSPI), gère la douleur postopératoire, les nausées et vomissements, les complications respiratoires. Il prescrit l’analgésie pour le retour en chambre, rédige les transmissions et assure la continuité des soins avec l’équipe chirurgicale et les services.

Réanimation et prise en charge des urgences vitales

En unité de réanimation, il prend en charge des patients dont les fonctions vitales sont défaillantes (ventilation mécanique, support hémodynamique, dialyse d’urgence, coma). Il coordonne une équipe pluridisciplinaire, participe aux décisions d’éthique médicale. Il peut intervenir pour les urgences vitales dans l’établissement (arrêts cardiaques, détresses respiratoires).

Différences avec l’IADE

L’IADE (infirmier anesthésiste diplômé d’État) est un professionnel infirmier spécialisé qui collabore avec le MAR au bloc opératoire. L’anesthésiste-réanimateur, en tant que médecin, prescrit, décide, réalise la consultation préopératoire et engage sa responsabilité médicale. L’IADE assure le suivi technique sous la responsabilité du MAR. Sur le plan salarial, l’IADE débute autour de 2 200 à 3 000 € brut/mois selon le secteur, nettement moins que le médecin spécialiste.

Formation pour devenir anesthésiste-réanimateur

C’est l’une des formations médicales les plus longues en France :

  • PASS ou L.AS (bac+1) : première année de santé, sélection très compétitive sur concours
  • 2e et 3e cycles de médecine (5 ans) : cours théoriques, stages cliniques, ECN
  • DES d’anesthésie-réanimation (DESAR) : 5 ans d’internat, validation de maquettes de formation en anesthésie, réanimation, urgences et douleur
  • Durée totale : 11 ans minimum après le bac

Source : Onisep, Conseil national de l’Ordre des médecins.

Salaires de l’anesthésiste-réanimateur en 2026

Secteur / ProfilRémunération brute
Hôpital public – début de carrière (PH)4 500 – 5 500 € brut/mois
Hôpital public – expérimenté7 000 – 9 000 € brut/mois
Clinique privée (salariée)160 000 – 220 000 € brut/an
Libéral (BNC)130 000 – 210 000 € net/an

Sources : Hoppi.work, Diploma Santé. Ces montants hors gardes et astreintes ; les gardes en réanimation représentent une part non négligeable de la rémunération totale. La médiane tous statuts confondus est estimée autour de 118 700 € brut/an selon les données de marché agrégées.

Évolutions de carrière

Chef de service et postes hospitalo-universitaires

En hôpital public, la progression se fait par les échelons du statut de praticien hospitalier (PH), avec accès possible à la fonction de chef de service, puis à des postes hospitalo-universitaires (MCU-PH, PU-PH) combinant soins, enseignement et recherche pour les profils intéressés par la carrière académique.

Spécialisations au sein de la spécialité

Le MAR peut se concentrer sur la réanimation polyvalente, la réanimation pédiatrique, l’anesthésie-réanimation obstétricale, la prise en charge de la douleur chronique (consultation douleur, algologie) ou les soins palliatifs. Ces orientations se construisent par l’expérience et des formations complémentaires (DIU, DESC).

Exercice libéral et mixte

L’installation en clinique privée ou l’exercice mixte public-privé est fréquent dans cette spécialité, avec des revenus significativement plus élevés mais aussi une organisation plus autonome et un rapport au travail différent (pas de contrainte de garde hospitalière de la même façon).

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