Assistant familial (famille d’accueil) : missions, agrément et salaire

Il est dix-neuf heures : une famille met la table pour son repas et pour celui des deux enfants que le département lui a confiés. Le nom officiel de ce métier est assistant familial, encadré par la loi depuis 2005 : accueillir chez soi, en continu, des enfants protégés par l’Aide sociale à l’enfance. Diplôme, agrément et rémunération suivent des règles précises.

AccèsAgrément départementalaucun diplôme préalable exigé
Formation420 heuresvers le DEAF, en 2 ans, après un stage de 100 heures
Salaire débutant1 867 € brutminimum légal pour le premier enfant accueilli
Où travaillerÀ votre domicileemployé par un département ou une association

Ce que fait un assistant familial

Le nom « famille d’accueil » désigne dans le langage courant le métier dont le titre exact est assistant familial, fixé par la loi n° 2005-706 du 27 juin 2005. Selon la fiche K1309 de France Travail, il accueille à son domicile, de manière permanente, des enfants et des adolescents que les services de l’Aide sociale à l’enfance (ASE) ne peuvent pas laisser dans leur famille d’origine. L’enfant vit dans le foyer de l’assistant familial, partage ses repas et ses vacances, et y reste parfois plusieurs années.

Trois métiers à ne pas confondre

L’éducateur spécialisé accompagne des enfants en établissement ou à leur propre domicile, sans les héberger chez lui : diplôme et rémunération sont différents, voir notre fiche éducateur spécialisé. L’assistant maternel garde des enfants la journée, chez lui, sans les héberger la nuit : voir notre fiche assistant maternel. Enfin, la « famille d’accueil » qui héberge une personne âgée ou un adulte handicapé relève d’un statut différent, accueillant familial, régi par d’autres articles du code de l’action sociale et des familles : ce métier fait l’objet d’une fiche séparée.

Une journée mêle les gestes ordinaires d’un parent (lever, repas, devoirs, coucher) et un accompagnement plus exigeant : gérer les rendez-vous médicaux ou scolaires, accueillir les visites de la famille d’origine ou de l’éducateur référent, et retranscrire les observations sur l’enfant dans les rapports demandés par le service de l’ASE. L’assistant familial fait partie de l’équipe pluridisciplinaire qui suit chaque enfant, aux côtés du travailleur social référent, du psychologue et, souvent, du juge des enfants.

Certains accueils sont prévus pour durer, d’autres sont d’urgence ou de courte durée, par exemple le temps d’une évaluation. Un même assistant familial peut accueillir plusieurs enfants ou adolescents à la fois, dans la limite fixée par son agrément.

Les compétences attendues

La stabilité compte d’abord : un enfant confié a souvent connu des ruptures, et le foyer d’accueil doit lui offrir un cadre prévisible, avec des règles claires et une présence continue. L’assistant familial doit aussi savoir garder la bonne distance, sans se substituer aux parents de l’enfant ni couper le lien avec eux quand le maintien du lien est décidé par le juge.

Le travail en équipe est constant : transmettre par écrit les évolutions de l’enfant, se rendre aux réunions de synthèse organisées par l’ASE, appliquer le projet pour l’enfant défini avec le référent. C’est une différence forte avec une garde d’enfant classique : l’assistant familial rend compte de son accueil à une institution.

S’y ajoutent des compétences pratiques attendues de toute vie de famille élargie : organiser le quotidien de plusieurs enfants d’âges différents, gérer un budget d’entretien, et accepter que son propre logement et sa vie de famille soient, pour partie, mis à disposition d’un enfant qui n’est pas le sien.

Devenir assistant familial

Contrairement à la plupart des métiers du social, aucun diplôme n’est exigé à l’entrée. L’accès passe par un agrément, puis par une formation obligatoire, à suivre après l’embauche.

  1. Obtenir l’agrémentDélivré par le président du conseil départemental, après une évaluation du logement et de la situation familiale. Valable 5 ans, renouvelable, il fixe le nombre d’enfants que vous pouvez accueillir en même temps, limité à 3 sauf dérogation.
  2. Être recruté par un département ou une associationL’agrément ne suffit pas : il faut ensuite un employeur, conseil départemental ou association habilitée, qui signe un contrat de travail et confie un premier enfant.
  3. Suivre le stage préalable100 heures de formation, dans les deux mois qui précèdent l’arrivée du premier enfant confié.
  4. Obtenir le diplôme d’État d’assistant familial (DEAF)420 heures de formation sur 2 ans, menant à un diplôme de niveau 4. Depuis la loi du 7 février 2022, dite loi Taquet, réussir les épreuves de certification est obligatoire pour continuer à exercer, dans un délai de 3 ans après le premier contrat de travail.

Le décret n° 2025-305 du 1er avril 2025 et son arrêté ont porté cette formation de 240 à 420 heures, et fait passer le diplôme du niveau 3 au niveau 4 (équivalent bac), avec une nouvelle certification enregistrée sous le code RNCP41758. La formation est financée par l’employeur, sans frais pour l’assistant familial. Si vous obtenez le DEAF, le renouvellement de votre agrément devient ensuite automatique et sans limitation de durée.

En reconversion, ce métier attire des personnes venues d’un parcours antérieur dans l’aide aux enfants ou aux familles : l’entrée s’y fait souvent en deuxième partie de carrière. La validation des acquis de l’expérience (VAE) permet d’obtenir le DEAF pour qui exerce déjà comme assistant familial depuis assez longtemps, mais n’exonère pas de la formation obligatoire prévue par le code de l’action sociale et des familles.

Où travailler et dans quelles conditions

Deux statuts d’employeur coexistent, avec des règles proches mais un cadre juridique distinct. Employé par un conseil départemental, l’assistant familial est un agent non titulaire de la fonction publique territoriale, dont le contrat et la rémunération suivent des dispositions propres du code de l’action sociale et des familles plutôt que le statut général des fonctionnaires. Employé par une association habilitée par le département (service de placement familial spécialisé, maison d’enfants à caractère social), il est salarié de droit privé, le plus souvent sous la convention collective de 1966 (IDCC 413), dont l’annexe 11 fixe le statut des assistants familiaux depuis l’avenant du 12 avril 2019.

Le travail se fait à domicile, sans horaires fixes : nuits, week-ends et jours fériés font partie de l’accueil, puisque l’enfant vit dans le foyer en continu. La loi du 7 février 2022 a instauré un droit à un week-end de repos par mois, à organiser avec l’employeur, qui doit alors prévoir un accueil relais pour l’enfant.

Ce qui plaît

  • Un emploi qui connaît peu le chômage, une fois l’agrément obtenu.
  • Une rémunération garantie au moins égale au Smic dès le premier enfant confié.
  • Une activité exercée chez soi, dans le cadre familial.
  • Un rôle reconnu dans l’équipe qui suit l’enfant.

Ce qui pèse

  • La disponibilité continue, jour et nuit, congés à organiser avec un relais.
  • La vie de famille partagée avec un enfant qui n’est pas le sien.
  • La charge émotionnelle des séparations et des ruptures d’accueil.
  • Le risque sur le revenu si un accueil s’arrête et n’est pas remplacé.

Combien gagne un assistant familial

La rémunération se compose d’une part fixe liée à l’accueil, garantie par la loi, et d’une indemnité d’entretien distincte, destinée à couvrir les frais de l’enfant (nourriture, habillement, loisirs). Ne confondez pas les deux : la première est un salaire, imposable, qui ouvre des droits à la retraite ; la seconde est un remboursement de frais, exonéré de cotisations et d’impôt dans la limite légale.

1 867,02 €brut mensuel minimum pour le premier enfant accueilli, en 2026
861,70 €brut mensuel minimum par enfant supplémentaire
15,23 €par jour et par enfant, indemnité d’entretien minimale

Salaire assistant familial en 2026Détail de la rémunération garantie, des indemnités et du passage au net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

En 2021, la France métropolitaine comptait près de 38 000 assistants familiaux, selon la DREES. Neuf sur dix sont des femmes, et 88 % sont employées par un conseil départemental, les autres par des associations habilitées. La profession est âgée : la moitié des assistants familiaux en exercice avait 55 ans ou plus en 2021, ce qui annonce de nombreux départs à la retraite.

Le recours à l’accueil familial recule pourtant depuis vingt ans. Selon les Dossiers de la DREES, 72 700 enfants confiés à l’ASE vivaient principalement chez un assistant familial au 31 décembre 2023, soit 36 % des enfants placés, contre 56 % en 2006. La part de l’accueil en établissement progresse dans le même temps, ce qui rend le renouvellement des assistants familiaux d’autant plus attendu par les départements.

L’entrée dans ce métier ne dépend pas d’un concours ou d’un diplôme préalable, mais de l’obtention de l’agrément puis d’un premier contrat. Une fois agréé, l’emploi se trouve rapidement : la DREES relève que le chômage y est rare, la demande des départements restant supérieure au nombre de candidats.

Évolutions de carrière

La progression tient d’abord au nombre d’enfants accueillis simultanément, dans la limite fixée par l’agrément, et à l’ancienneté, valorisée dans la convention collective de 1966 pour les salariés du secteur associatif. L’obtention du DEAF ouvre le renouvellement automatique de l’agrément et facilite l’accès aux services spécialisés, comme l’accueil familial thérapeutique ou l’accueil d’urgence.

Le diplôme sert aussi de tremplin vers d’autres métiers du travail social, en particulier par la validation des acquis de l’expérience : certains assistants familiaux évoluent vers les fonctions d’aide à domicile ou de coordination au sein d’un service de placement familial. D’autres se spécialisent dans l’accueil de très jeunes enfants ou de fratries, où les besoins des départements restent élevés.

Métiers proches

Ces métiers partagent l’accompagnement d’enfants ou d’adultes fragiles à domicile, avec des cadres d’emploi différents.

Ce que le retrait d’agrément change concrètement

À la différence d’un licenciement ordinaire, la fin de l’accueil d’un enfant ne met pas automatiquement fin au contrat de travail : l’employeur doit chercher à confier un autre enfant avant d’envisager une rupture. Mais un retrait d’agrément par le département, décidé notamment en cas de manquement grave, empêche de continuer à exercer, et débouche sur un licenciement dans une procédure spécifique au métier.

Cette sécurité relative explique pourquoi la rémunération garantie par la loi du 7 février 2022 compte autant pour l’attractivité du métier : avant 2022, un assistant familial qui n’accueillait plus qu’un seul enfant, ou qui restait sans enfant confié plusieurs semaines, pouvait voir son revenu chuter fortement. Le plancher au Smic et l’indemnité de disponibilité limitent aujourd’hui ce risque, sans le supprimer complètement.

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