Auxiliaire parental : formation, convention et salaire en 2026

Il est 7 h 30, la porte s’ouvre sur un enfant en pyjama et un cartable à préparer. L’auxiliaire parental, qu’on appelle aussi garde d’enfants à domicile, nounou ou assistante parentale, travaille chez les parents, souvent seul, du réveil au retour de la famille. Aucun agrément ni diplôme obligatoire, mais une convention collective, un contrat et une paie à déclarer.

Garde d'enfants assise sur un tapis dans un salon avec un enfant de trois ans qui empile des cubes en bois
AccèsAucun diplôme exigéni agrément de la PMI
FormationFacultativetitre de 343 h, CAP AEPE
Salaire minimum12,89 € brut/hchez des parents, depuis le 1er juin 2026
Où travaillerChez les parentsgarde partagée, entreprise agréée

Ce que fait un auxiliaire parental

L’auxiliaire parental s’occupe d’un ou de plusieurs enfants au domicile de leurs parents. Depuis le 1er janvier 2026, la convention collective parle d’assistant parental à la place de « garde d’enfant », sans changer le poste ni la grille (avenant n° 9, étendu le 11 décembre 2025, selon le Syndicat des particuliers employeurs).

L’annexe 7 de la convention décrit les activités : accompagner l’enfant pour les repas et les goûters, la toilette, l’habillage et les déplacements, préparer un biberon dans le respect des règles prévues, proposer des activités d’éveil (peinture, pâte à modeler, lecture, parc), veiller à l’hygiène et à la sécurité, changer la couche, aider à l’apprentissage de la propreté, alerter les parents quand quelque chose semble anormal. Le texte inclut le nettoyage des espaces de vie de l’enfant.

La journée suit le rythme de la famille : lever, école, éveil avec un plus jeune, repas, sieste, sortie de classe, goûter, bain. Un poste peut être un nourrisson à plein temps, deux enfants avant et après l’école, ou une garde partagée entre deux foyers.

Les compétences attendues

Le métier repose sur la fiabilité autant que sur la technique : une famille confie son enfant à une personne seule, et la ponctualité, le sang-froid et la discrétion comptent avant le diplôme. Les gestes de sécurité s’apprennent en situation : ne jamais laisser un bébé seul sur le plan de change, vérifier la température d’un biberon.

La grille distingue une garde d’enfants de niveau III, centrée sur l’accompagnement, et une garde de niveau IV, qui ajoute l’aide aux devoirs à partir de l’école élémentaire, l’entretien du linge de l’enfant et la préparation de repas équilibrés.

Devenir auxiliaire parental

Aucun diplôme n’est obligatoire, ce que confirment le ministère des Solidarités et France Travail, qui conseillent toutefois de se former. Le parcours tient en quatre temps.

  1. Tester son projetQuelques heures de baby-sitting montrent si le travail seul chez des particuliers vous convient.
  2. Choisir une certificationCAP AEPE, titre Iperia, titre d’assistant de vie aux familles ou DEAES : aucune n’est imposée.
  3. Chercher des famillesAnnonces, bouche-à-oreille, agences, offres de France Travail.
  4. Signer un contratIl fixe le niveau de la grille, les horaires et les tâches, puis la famille déclare votre salaire.

Le CAP Accompagnant éducatif petite enfance (AEPE), niveau 3 (RNCP38565), se prépare par la voie scolaire, l’apprentissage, la formation continue ou la VAE. Le titre Iperia « Assistant maternel/Garde d’enfants », niveau 3, compte sept blocs et 343 heures selon Iperia, plus un jury final (code RNCP37795 relevé dans un catalogue de formation). Le titre d’assistant de vie aux familles couvre aussi la garde d’enfants. Le DEAES, diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social, compte 1 407 heures dont 840 de stage (arrêté du 30 août 2021).

Un CQP est cité par un relais pour la majoration de salaire de 4 %, mais nous n’avons pas trouvé de CQP « garde d’enfants à domicile » distinct du titre Iperia. Pour une reconversion, la VAE permet de faire reconnaître des années de garde informelle ou de baby-sitting, et Iperia annonce un financement possible par le CPF, l’employeur ou France Travail. Voir aussi la reconversion dans la petite enfance.

Où travailler et dans quelles conditions

La plupart des auxiliaires parentaux sont salariés directs de parents, ce qu’on appelle des particuliers employeurs. Ils servent une famille ou plusieurs en garde partagée (ministère des Solidarités). Une partie travaille pour une entreprise ou une association de services à la personne agréée, avec une convention de ce secteur et non celle des particuliers.

Les horaires s’écrivent contrat par contrat. La Fepem relève un temps de travail déclaré moyen de 166 heures par trimestre pour les gardes d’enfants à domicile fin 2023, soit environ 55 heures par mois : la moyenne cache beaucoup de temps partiels. Les nuits sont traitées dans la section sur la paie.

Ce qui plaît

  • Un lien durable avec un ou deux enfants, sur plusieurs années.
  • Aucune barrière à l’entrée : ni agrément ni concours.

Ce qui pèse

  • Un employeur qui est aussi un parent : la frontière entre travail et relation personnelle demande de la vigilance.
  • L’isolement : pas d’équipe.
  • Un emploi qui dépend d’une famille : l’entrée à l’école ou un déménagement peut mettre fin au poste.

Auxiliaire parental, assistante maternelle, baby-sitter : ne pas confondre

L’assistante maternelle accueille les enfants chez elle, avec un agrément du département et une formation obligatoire ; l’auxiliaire parental se rend chez les parents, sans agrément. Voir la fiche assistant maternel. Les deux relèvent pourtant de la même convention, IDCC 3239.

La baby-sitter assure une présence occasionnelle et de courte durée auprès d’enfants de plus de trois ans. La grille de la convention la classe à l’échelle I, la plus basse, et précise que si un enfant a moins de trois ans, l’emploi devient obligatoirement celui de garde d’enfants.

L’auxiliaire de puériculture est titulaire d’un diplôme d’État et exerce en structure : voir la fiche auxiliaire de puériculture. L’agent de crèche travaille en équipe dans un établissement d’accueil du jeune enfant (fiche agent de crèche). L’assistant familial accueille chez lui, sur agrément, des enfants placés par les services sociaux.

Côté adultes, l’auxiliaire de vie accompagne des personnes âgées ou handicapées : voir la fiche auxiliaire de vie. À l’école, l’accompagnement d’un enfant en situation de handicap relève de l’accompagnant d’élèves en situation de handicap (AESH).

Combien gagne un auxiliaire parental

Les auxiliaires parentaux employés par des parents relèvent de la convention collective des particuliers employeurs et de l’emploi à domicile, IDCC 3239. Vous pouvez vérifier la convention d’un employeur avec notre outil de recherche. L’avenant n° 10 du 5 février 2026, étendu par l’arrêté du 4 mai 2026, fixe les minima bruts horaires : 12,61 € pour une baby-sitter (échelle I), 12,89 € pour une garde d’enfants de niveau III, 13,08 € pour le niveau IV, puis 13,28 € et 13,80 € pour les niveaux V et VI, réservés aux enfants en situation de handicap (Juristique ; classement des emplois relu dans l’avenant n° 7). Les titulaires du titre Iperia bénéficient d’une majoration de 4 % aux niveaux I à IV.

12,89 €brut par heure, minimum du niveau III depuis le 1er juin 2026
10,93 €net moyen par heure en 2025, selon la Fepem (+ 1,1 %)
424 €net mensuel moyen constaté en 2023, faute de moyenne plus récente

Un relais spécialisé chiffre le minimum du niveau III à 10,07 € net de l’heure et celui du niveau IV à 10,22 € (calcul non recoupé). À 40 heures par semaine, durée de base de la convention, soit environ 173 heures par mois, le brut minimal atteint 2 234 € au niveau III (12,89 € × 173,33 h), pour un net proche de 1 745 €. Notre calculateur de salaire brut en net donne un ordre de grandeur, mais le bulletin de la famille fait foi.

Le salaire moyen reste très inférieur à ce plein temps, car beaucoup de gardes travaillent quelques heures. La Fepem mesure 10,49 € net de l’heure fin 2023, puis 10,81 € en 2024 (+ 3,1 %) et 10,93 € en 2025. Le mensuel moyen de 424 € net en 2023 ne se lit pas comme un temps plein.

Trois règles de la convention changent la paie. Au-delà de 40 heures, les heures supplémentaires sont majorées de 25 % puis de 50 % (deux relais, texte non relu). Une présence de nuit, où le salarié dort sur place sans travail effectif, se paie par une indemnité forfaitaire au moins égale à 1/6 du salaire de la même durée travaillée : environ 2,15 € par heure au niveau III (12,89 ÷ 6, calcul). Les congés s’acquièrent à raison de 2,5 jours ouvrables par mois, soit 30 par an. Aucune prime d’ancienneté automatique n’a été confirmée : les relais divergent, faute de texte lu.

Emploi et débouchés

Le secteur recule, dans le sillage de la natalité. Le rapport de branche 2025 de la Fepem, qui reprend des données Urssaf et Ircem de 2023, compte 101 620 gardes d’enfants à domicile employées par 112 640 parents, soit 4 % de moins qu’en 2022 pour les deux. Les heures déclarées baissent de 2,5 %. La Fepem avance le télétravail, les micro-crèches et le recul des naissances.

Ce mode de garde reste minoritaire : 47 500 places théoriques en 2022, soit 4 % des places des modes d’accueil formels (Onape). France Travail cite plus de 127 000 familles, d’année et de périmètre non précisés, qui ne concordent pas avec les 112 640 parents de la Fepem.

Les besoins existent malgré cette baisse, à cause des départs. L’Observatoire de la Fepem évalue à environ 8 120 les emplois de garde d’enfants à domicile à pourvoir d’ici 2035, sur 581 090 pour l’ensemble du secteur, dont 114 420 pour les assistants maternels (chiffres lus dans un résumé de la page). L’activité se concentre en partie à Paris et dans les Hauts-de-Seine.

Évolutions de carrière

La progression passe d’abord par le niveau de la grille : un poste de niveau IV, avec devoirs et repas, se paie plus qu’un niveau III, et la garde d’un enfant en situation de handicap atteint les échelles IV à VI. Un titre reconnu appelle la majoration de 4 %.

Les passerelles ouvrent vers l’accueil collectif. Le CAP AEPE mène à la crèche comme agent de crèche, et le diplôme d’auxiliaire de puériculture ou celui d’éducateur de jeunes enfants ouvre les postes de catégorie 1 des établissements, d’après la réglementation de l’accueil du jeune enfant. D’autres demandent l’agrément d’assistant maternel ou passent à l’accompagnement d’adultes.

Métiers proches

Ces métiers partagent l’accompagnement de jeunes enfants ou l’emploi à domicile.

Le contrat, la déclaration et les aides : ce que les parents doivent savoir

Le contrat doit préciser l’emploi selon la grille de l’annexe 7 et les tâches réellement confiées. Faites-y inscrire les horaires, les congés, les nuits éventuelles et les tâches : le linge et les repas de l’enfant relèvent du niveau IV.

La déclaration de salaire passe par Pajemploi quand la famille perçoit le complément de libre choix du mode de garde (CMG), et par le Cesu dans les autres cas, selon des relais du site Pajemploi. Le site officiel n’a pas pu être ouvert : la déclaration mensuelle, citée par un relais entre le 25 du mois travaillé et le 5 du suivant, reste à confirmer.

Depuis la réforme du 1er septembre 2025, il se calcule à l’heure réelle selon les ressources, le nombre d’enfants et le coût réel. La CAF retient un plafond de rémunération de 15 € de l’heure pour une garde à domicile, et prend en charge 50 % des cotisations sociales dans la limite d’un plafond mensuel. Le crédit d’impôt pour l’emploi d’un salarié à domicile est de 50 % des dépenses, dans la limite de 12 000 € par an, majorée de 1 500 € par enfant à charge, jusqu’à 15 000 € (impots.gouv.fr).

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