Aide médico-psychologique (AMP) : le métier aujourd’hui

Il est 7 h dans un foyer d’accueil médicalisé. Une accompagnante aide Karim à se lever, l’installe pour le petit déjeuner, puis prépare avec lui l’atelier cuisine de la matinée. Autrefois, on l’aurait appelée aide médico-psychologique. Le diplôme d’AMP n’existe plus depuis 2016, mais le métier demeure sous un autre nom : voici ce qu’il recouvre, ce qu’il rapporte et où il mène.

Accompagnante éducative et sociale aidant un adulte en situation de handicap lors d'un atelier cuisine dans un foyer
AccèsNiveau 3DEAES, sans diplôme préalable
Formation10 à 24 mois1 407 h dont 840 h de stage
Salaire débutant2 108 € brutà l’hôpital public, SMIC et CTI compris
Où travaillerFoyer, MAS, IMEEhpad, domicile, hôpital

L’AMP existe-t-elle encore ?

Le diplôme d’État d’aide médico-psychologique (DEAMP) n’est plus délivré. Le décret n° 2016-74 du 29 janvier 2016 a créé le diplôme d’État d’accompagnant éducatif et social (DEAES), qui remplace à la fois le DEAMP et le diplôme d’auxiliaire de vie sociale (DEAVS) à compter de la rentrée 2016.

Les titulaires de l’ancien diplôme ne perdent rien. La fiche ROME K1306 de France Travail précise que le métier s’exerce avec le DEAES, le DEAVS ou le DEAMP, et range « aide médico-psychologique » parmi les appellations de l’accompagnant éducatif et social. À l’hôpital public, les AMP en poste ont été reclassés d’office dans le corps des accompagnants éducatifs et sociaux au 1er janvier 2022.

Le sigle survit dans les offres d’emploi, où l’on lit encore « AMP/AES » ou « moniteur-éducateur, AMP, AES » : les établissements l’emploient pour désigner le même poste. Cette fiche traite donc ce que le mot recouvre aujourd’hui, un accompagnant qui vit le quotidien de personnes handicapées ou dépendantes. Si vous cherchez uniquement la formation actuelle, c’est celle du DEAES, détaillée plus bas.

Ce que fait un aide médico-psychologique

La fiche ROME résume la mission : réaliser au quotidien des interventions sociales pour accompagner des personnes en perte d’autonomie ou en situation de handicap, quelle qu’en soit l’origine. Concrètement, la journée suit le rythme de la personne, pas celui du planning.

Le matin, il faut aider au lever, à la toilette, à l’habillage et au petit déjeuner. Certains résidents mangent seuls avec un couvert adapté, d’autres ont besoin qu’on leur laisse le temps ou qu’on les guide. L’objectif n’est pas de faire à leur place, mais de maintenir et développer leur autonomie, comme le prévoit le référentiel du métier.

Le reste de la journée mêle animation et soutien à la vie sociale : atelier cuisine, sortie au marché, jeux, activité physique adaptée, aide aux démarches administratives, lien avec la famille. L’accompagnant participe aussi au projet personnalisé de chaque personne, rédigé avec l’équipe pluridisciplinaire, et transmet ce qu’il observe : un repas refusé, une nuit agitée, un comportement inhabituel.

Le public varie selon la structure. Dans une maison d’accueil spécialisée (MAS) ou un foyer d’accueil médicalisé (FAM), ce sont des adultes polyhandicapés ou avec un handicap psychique. En institut médico-éducatif (IME), des enfants et adolescents. En Ehpad, des personnes âgées dépendantes. Le contexte change, la relation reste le cœur du métier.

Les compétences attendues

La fiche ROME liste des savoir-faire précis : aider à la toilette et à l’alimentation, surveiller l’état de santé, prévenir les risques, savoir alerter en cas d’urgence, utiliser les aides techniques (lève-personne, fauteuil, couverts adaptés) et respecter les règles d’hygiène. Le savoir-être pèse autant : écoute, empathie, rigueur.

Le métier demande aussi de la communication en équipe. L’accompagnant travaille avec des éducateurs, des infirmiers, des psychologues et des aides-soignants, et rend compte de son activité par écrit. Il doit connaître les principes de bientraitance et de confidentialité, et repérer les situations à risque pour la personne comme pour lui.

Enfin, la patience se travaille. Face à une crise d’angoisse ou à un refus de soin, l’accompagnant apprend à désamorcer sans forcer. La formation le prépare à ces situations, mais l’expérience de terrain fait le reste.

Devenir accompagnant éducatif et social

La voie d’accès est le DEAES, diplôme de niveau 3 selon la DREETS Nouvelle-Aquitaine. Jusqu’en août 2021, il comportait trois spécialités : accompagnement à domicile, en structure collective, et à l’éducation inclusive et à la vie ordinaire. Depuis le 31 août 2021, l’arrêté du 30 août 2021 a remplacé ces spécialités par un diplôme généraliste.

  1. Choisir sa voieFormation initiale, apprentissage, contrat de professionnalisation, formation continue ou VAE.
  2. Passer la sélectionAucun diplôme n’est exigé pour candidater, l’admission se joue sur dossier et entretien selon les centres.
  3. Suivre 10 à 24 mois de formationEnviron 546 h de théorie, 840 h de stage et 21 h de secourisme, soit 1 407 h.
  4. Obtenir le DEAESLe diplôme ouvre les postes en établissement, en service à domicile et à l’hôpital.

Le volume de 1 407 heures, dont 840 de stage, et la durée de 10 à 24 mois viennent de la fiche de l’UFCV, qui dispense des allègements selon le parcours antérieur. Le coût varie selon l’organisme et le financeur : aucun tarif national n’existe, demandez un devis à l’institut et à votre financeur.

En reconversion, trois financements reviennent : le CPF, le projet de transition professionnelle et la prise en charge par France Travail pour un demandeur d’emploi. Le DEAES est aussi accessible par la validation des acquis de l’expérience, utile si vous accompagnez déjà des personnes fragiles, y compris comme aidant familial ou salarié sans diplôme. Le contrat d’apprentissage permet enfin d’être rémunéré pendant la formation.

Où travailler et dans quelles conditions

Les employeurs se répartissent en trois familles. Le secteur associatif gère l’essentiel des établissements pour personnes handicapées (foyers de vie, MAS, FAM, IME). Les Ehpad, publics, associatifs ou privés, emploient des accompagnants aux côtés des aides-soignants. La fonction publique hospitalière les recrute dans le corps des accompagnants éducatifs et sociaux. Une partie exerce aussi au domicile, comme l’auxiliaire de vie ou l’aide à domicile.

Les contrats vont du CDI à temps plein au CDD de remplacement, avec beaucoup de temps partiels dans les services à domicile. Les remplacements permettent d’entrer vite dans le secteur et de tester plusieurs structures.

La fiche ROME signale les horaires en journée, décalés, de nuit, les week-ends et jours fériés, ainsi que le port de charges lourdes. Ces contraintes se lisent dans les statistiques : selon la page « chiffres clés » de l’Assurance maladie pour l’aide et les soins à la personne, on compte 51,9 accidents du travail pour 1 000 salariés, contre 33,5 dans les autres secteurs.

Ce qui plaît

  • Une relation durable avec des personnes que l’on voit progresser.
  • Des postes partout en France, dans des structures très variées.
  • Des passerelles vers l’éducation spécialisée et le soin.

Ce qui pèse

  • Les horaires décalés : nuits, week-ends, jours fériés.
  • La charge physique des transferts et des toilettes.
  • Des salaires proches du SMIC pendant les premières années.

Combien gagne un aide médico-psychologique

La paie dépend de l’employeur. À l’hôpital public, le corps des accompagnants éducatifs et sociaux est en catégorie C : ses premiers échelons sont sous le SMIC, relevé à 1 867,02 € brut le 1er juin 2026, et le complément de traitement indiciaire de 241,22 € s’y ajoute. Dans une association appliquant la convention collective 66, le minimum conventionnel est lui aussi sous le SMIC, ce qui fait converger les premières années. Tout est détaillé sur la page salaire.

2 108 €brut mensuel à l’entrée à l’hôpital public : SMIC 2026 plus CTI
2 333 €brut mensuel au dernier échelon du premier grade, CTI compris
2 105 €brut mensuel en association CCN 66 : SMIC plus 238 € de Ségur, selon les relais

Salaire aide médico-psychologique en 2026Grille de l’hôpital public, convention 66, primes, brut et net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

Le secteur peine à recruter. Selon la DREES, qui exploite l’enquête Besoins en main-d’œuvre, 82 % des employeurs d’aides médico-psychologiques prévoyaient des difficultés de recrutement en 2022 (publication du 16 octobre 2025).

La DREES confirme ce diagnostic dans les établissements pour personnes handicapées : fin 2022, 74 % des structures pour adultes et 68 % de celles pour enfants déclaraient des difficultés de recrutement, les personnels socio-éducatifs, dont les AMP, étant les plus touchés.

Les besoins restent élevés. L’enquête BMO 2026 de France Travail recense 322 000 projets de recrutement dans la santé, le social et les services à la personne. Ce chiffre porte sur le secteur entier : aucune ligne propre à l’AMP ou à l’AES n’a pu être établie.

Évolutions de carrière

Le DEAES est un niveau 3 : beaucoup d’accompagnants visent un diplôme plus qualifiant. Le moniteur-éducateur (niveau 4) et l’éducateur spécialisé conçoivent et animent des projets éducatifs. Des dispenses de formation peuvent exister selon l’expérience, à demander à l’école visée.

Le soin est l’autre direction. Le passage par le diplôme d’aide-soignant ouvre l’hôpital et les Ehpad avec des actes de soin, puis éventuellement l’infirmier. À l’hôpital public, le grade d’accompagnant principal, en échelle C3, offre une progression sans nouveau diplôme.

Avec l’expérience, on peut aussi devenir référent d’une équipe, coordinateur de parcours ou responsable de service, souvent après une formation de cadre. Enfin, une spécialisation par public (autisme, troubles psychiques, maladies neurodégénératives) rend plus employable dans les structures dédiées : les diplômes universitaires et certifications existent, leur choix dépend de l’employeur.

Métiers proches

Ces métiers partagent l’accompagnement des personnes fragiles, avec des formations et des responsabilités différentes.

Comment choisir une structure quand on débute

Avant de signer, posez trois questions à l’employeur : quelle convention s’applique, quel est le coefficient proposé, et quelle part du temps se passe en nuit ou en week-end. Les réponses changent la paie et la vie quotidienne autant que le nom de l’établissement.

Demandez aussi à passer une demi-journée dans l’équipe. Un foyer d’adultes polyhandicapés, un IME et un Ehpad n’exigent ni le même rythme ni les mêmes gestes. Ce temps d’immersion évite les mauvaises surprises, et un stage de la formation peut servir à comparer avant de choisir un poste.

Si vous détenez un ancien diplôme d’AMP, mentionnez-le tel quel dans votre CV : les recruteurs le connaissent. La fiche ROME K1306 le reconnaît d’ailleurs comme l’un des titres d’accès au métier, au même titre que le DEAES.

Envie de changer de métier ?

Reprenez en main votre projet professionnel avec un bilan de compétences 100% en ligne