Taxi conventionné : convention CPAM, transport de patients et revenus

Le mardi et le jeudi, un taxi conventionné attend une patiente en dialyse devant l’hôpital, l’installe à l’arrière et la ramène chez elle. Le reste de la semaine, il prend n’importe quel client en maraude, comme un taxi classique. Ce double statut, carte de taxi et convention signée avec l’Assurance maladie, pèse pour une bonne part du chiffre d’affaires de milliers d’artisans, parfois appelé à tort « taxi ambulance ».

AccèsCarte de taxi+ convention signée avec la CPAM
FormationAucun diplôme médicalmême examen que le taxi classique
Salaire débutant1 867 € brutSMIC si salarié, chiffre d’affaires si artisan
Où travaillerArtisan ou salariéclientèle de patients et clientèle classique

Ce que fait un taxi conventionné

Un taxi conventionné est un taxi de droit commun qui a signé une convention avec la caisse primaire d’assurance maladie (CPAM) de son département, sur le fondement de l’article L. 322-5 du Code de la sécurité sociale. Cette convention lui permet de transporter des patients assis, autonomes ou semi-autonomes, sur prescription médicale, dans le cadre de ce que l’Assurance maladie nomme le transport assis professionnalisé (TAP). Le terme « taxi ambulance », très recherché, désigne dans le langage courant ce même métier : il n’existe pas de statut officiel distinct sous ce nom.

Le médecin prescrit le transport, mais c’est le patient qui choisit ensuite entre un véhicule sanitaire léger (VSL) et un taxi conventionné, les deux étant réservés aux mêmes niveaux d’autonomie. La différence tient au statut du conducteur et du véhicule : le VSL dépend d’un agrément de l’agence régionale de santé et ne peut exercer qu’une activité sanitaire, sans diplôme médical pour autant, tandis que le taxi conventionné garde sa carte professionnelle, son taximètre et le droit de prendre n’importe quel client entre deux courses prescrites. Le transport allongé ou sous surveillance relève d’un autre métier, l’ambulancier, détaillé dans la fiche ambulancier.

Dans la pratique, une partie des courses se répète toute l’année : dialyse trois fois par semaine, séances de chimiothérapie, rééducation, consultations de spécialistes éloignés. L’autre partie reste celle de n’importe quel taxi : gare, aéroport, maraude, réservation. L’examen, la licence et les statuts (artisan, locataire, salarié) sont ceux du métier de base, présentés dans la fiche chauffeur de taxi, à laquelle cette fiche renvoie pour ne pas répéter l’essentiel.

Les compétences attendues

La conduite adaptée à un patient fragile prime sur la vitesse : un dialysé supporte mal les secousses, une personne âgée a besoin de temps pour s’installer. Le conducteur apprend à lire un bon de transport et une prescription médicale, à respecter les horaires de rendez-vous médicaux, souvent plus stricts qu’une réservation classique.

La relation suivie change la donne par rapport au taxi ordinaire. Un patient en dialyse peut rester le même client pendant des mois, trois fois par semaine : le conducteur retient ses habitudes, son étage, son besoin d’aide pour descendre. Cette régularité suppose aussi de la discrétion sur l’état de santé observé.

La rigueur administrative est spécifique à l’activité conventionnée : constituer un dossier de facturation, conserver les justificatifs de prescription, télétransmettre à la CPAM, suivre les rejets de paiement. Un dossier incomplet retarde l’encaissement, parfois de plusieurs semaines.

Devenir taxi conventionné

  1. Devenir chauffeur de taxiPermis B de plus de trois ans, examen de la chambre de métiers, carte professionnelle et autorisation de stationnement (ADS), comme détaillé dans la fiche chauffeur de taxi.
  2. Constituer le dossier de conventionnementConvention type signée, liste des véhicules et conducteurs, assurance responsabilité civile professionnelle, attestation de régularité Urssaf, copie du contrôle technique et du carnet métrologique du taximètre.
  3. Déposer la demande auprès de la CPAM du départementC’est la caisse qui gère le territoire de l’ADS qui instruit le dossier, pas celle du domicile du chauffeur.
  4. Signer la convention localeDans certains départements très demandés, la signature suit une liste d’attente et une réunion de formation préalable, comme à Paris.

Aucune formation médicale n’est exigée pour devenir taxi conventionné, à la différence du VSL ou de l’ambulance. La voie de la reconversion est donc la même que pour le métier de taxi en général : un profil sans diplôme peut passer l’examen, financé selon les cas par le compte personnel de formation ou par France Travail. Le conventionnement vient après, une fois la carte professionnelle et l’ADS obtenues, et dépend de places disponibles dans le département visé.

Pour comparer les organismes, leurs prix et leurs formats, consultez notre classement des formations VTC.

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Où travailler et dans quelles conditions

Le taxi conventionné ne travaille pas uniquement pour l’Assurance maladie. La part de son activité liée au transport de patients varie fortement selon le territoire : elle représentait environ 40 % du chiffre d’affaires cinq ans avant la réforme de 2025, et atteint jusqu’à 85 % dans certaines zones rurales aujourd’hui, selon une question posée à l’Assemblée nationale. En ville, où la clientèle classique est plus abondante, la part conventionnée reste souvent plus faible.

La convention impose une règle précise : le trajet le moins onéreux compatible avec l’état du patient, seul critère retenu depuis que le Conseil constitutionnel a censuré, dans sa décision n° 2018-757 QPC du 25 janvier 2019, la possibilité d’imposer aussi le mode de transport le moins cher. Le conducteur reste donc libre de son véhicule, mais pas de l’itinéraire facturé.

Ce qui plaît

  • Une clientèle régulière, qui remplit le planning sans dépendre d’une centrale.
  • Aucun diplôme médical à ajouter à la carte de taxi.
  • Le cumul possible avec les courses classiques, contrairement au VSL.

Ce qui pèse

  • La paperasse : prescriptions, télétransmission, rejets de dossiers.
  • La dépendance à des tarifs fixés par convention, revus en 2025.
  • L’attente du conventionnement, parfois de plusieurs années dans les départements denses.

Combien gagne un taxi conventionné

Le salarié d’une société de taxi conventionnée relève de la même convention que le taxi classique, et touche le même plancher. L’essentiel de la variation vient du statut d’artisan, dont le chiffre d’affaires dépend directement de la part de patients transportés et du tarif kilométrique fixé par son département depuis la réforme du 1er octobre 2025.

3,07 Md€dépensés par l’Assurance maladie pour les taxis conventionnés en 2024, soit +45 % depuis 2019
13 €forfait de prise en charge par course depuis le 1er octobre 2025, plus un tarif kilométrique propre à chaque département
85 %part du chiffre d’affaires d’un taxi conventionné rural, cas le plus élevé cité par une question à l’Assemblée nationale

Salaire taxi conventionné en 2026Convention IDCC 2219, chiffre d’affaires d’artisan, réforme 2025 et passage au net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

En 2023, plus de 40 000 taxis étaient conventionnés pour le transport de patients, soit près des trois quarts des taxis de France, selon l’Assurance maladie citée par la presse régionale. La Fédération nationale du taxi avance de son côté une proportion plus large, environ 85 % des taxis, un écart qui tient sans doute à des méthodes de comptage différentes entre les deux sources.

La demande est portée par le vieillissement de la population et la concentration des soins spécialisés (dialyse, chimiothérapie, radiothérapie) dans des établissements parfois éloignés du domicile des patients. Plusieurs questions parlementaires, déposées entre 2024 et 2025, décrivent un risque de désertification du transport sanitaire dans les zones rurales si la rentabilité d’une course chute trop, signe que le débouché reste solide mais fragile économiquement pour les plus dépendants du conventionnement.

Évolutions de carrière

Le chauffeur de taxi salarié qui obtient une autorisation de stationnement peut devenir artisan, puis demander le conventionnement pour diversifier sa clientèle. À l’inverse, un artisan déjà conventionné peut choisir de réduire cette part s’il juge la clientèle classique plus rentable dans sa zone.

Certains vont plus loin et passent la formation d’auxiliaire ambulancier, puis le diplôme d’État d’ambulancier, pour prendre en charge aussi les patients allongés : la fiche ambulancier détaille cette voie, nettement plus encadrée. D’autres se spécialisent au contraire sur les longues distances médicales, utiles dans les départements où l’offre de soins est concentrée en ville.

Métiers proches

Ces métiers transportent des personnes avec des statuts et des niveaux de formation très différents.

Taxi conventionné, VSL ou ambulance : qui transporte quoi

Les trois modes sont souvent confondus parce qu’ils transportent la même clientèle, des patients prescrits par un médecin. Le tableau suivant résume ce qui les sépare réellement, au-delà du type de véhicule.

ModePatientConducteurActivité
Taxi conventionnéAssis, autonome ou semi-autonomeCarte de taxi, sans diplôme médicalMixte, avec la clientèle classique
VSLAssis, besoin d’aide pour se déplacerAgrément ARS, sans diplôme médical non plusExclusivement sanitaire
AmbulanceAllongé, semi-assis, sous surveillanceDiplôme d’État d’ambulancierExclusivement sanitaire, souvent en urgence
Sources : aide-sociale.fr sur les niveaux de dépendance, fiche ambulancier du site pour le diplôme d’État.

Pour un patient, le choix entre VSL et taxi conventionné appartient à lui, dans la limite de ce que prescrit le médecin : rien n’oblige à prendre le moins cher des deux, depuis la décision du Conseil constitutionnel de 2019. Pour un chauffeur de taxi qui hésite à se conventionner, la vraie question n’est pas le niveau de formation, identique à zéro, mais la charge administrative et la dépendance à un tarif qu’il ne négocie pas seul.

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