Réserviste de la gendarmerie : missions, engagement et solde

Le réserviste de la gendarmerie n’est ni un gendarme de carrière ni un gendarme adjoint volontaire : il signe un engagement à servir dans la réserve (ESR), à temps partiel, pour quelques jours par mois ou par an, tout en gardant son emploi ou ses études. Il patrouille, sécurise un événement ou appuie les enquêteurs, moyennant une solde journalière et non un salaire mensuel.

Accès17 à 45 anssans diplôme, nationalité française
Formation3 semainespréparation militaire gendarmerie (PMG)
Indemnitéà partir de 60 €par jour d’activité, selon le niveau
Où servirBrigade prochede son domicile, en plus d’un emploi civil

Ce que fait un réserviste de la gendarmerie

La gendarmerie compte trois statuts souvent confondus sous le même mot. Le gendarme est un sous-officier de carrière, recruté par concours pour plusieurs décennies. Le gendarme adjoint volontaire (GAV) signe un contrat militaire à temps plein de deux à cinq ans. Le réserviste, lui, s’engage à temps partiel : il garde son métier civil ou ses études, et sert la gendarmerie quelques jours par mois ou par an dans le cadre d’un engagement à servir dans la réserve (ESR).

En mission, il exerce les mêmes missions qu’un gendarme d’active, à l’exception du maintien de l’ordre : sécurisation des personnes et des biens, secours et sécurité des grands événements, patrouilles de lutte anti-terroriste aux côtés des militaires déployés sur le territoire, et appui aux enquêteurs en police judiciaire, selon le site officiel de la gendarmerie nationale.

Une fois formé, un réserviste venu de la société civile devient agent de police judiciaire adjoint : il peut constater certaines infractions et participer à une procédure sous le contrôle d’un gendarme habilité officier de police judiciaire. Un ancien militaire conserve ou retrouve, lui, la qualité d’agent de police judiciaire, aux prérogatives plus larges, selon un reportage de Corse Net Infos relayant la communication de la gendarmerie.

La gendarmerie distingue aussi deux niveaux de réserve. La réserve opérationnelle de 1er niveau, celle que décrit cette fiche, regroupe les volontaires civils et les anciens militaires sous contrat ESR. La réserve opérationnelle de 2e niveau rassemble environ 29 000 anciens militaires qui restent, sans ESR, soumis à une obligation de disponibilité de cinq ans après leur départ, mobilisables pour des évaluations limitées à cinq jours par an, selon le site officiel de la gendarmerie nationale.

Les compétences attendues

Le réserviste jongle avec deux vies professionnelles. Entre une mission de sécurisation un week-end et son emploi civil le lundi matin, il doit s’organiser à l’avance et prévenir son employeur dans les délais prévus par la loi. La disponibilité annoncée au moment de la signature du contrat doit rester tenable sur plusieurs années, sans peser trop lourd sur son activité principale.

Sur le terrain, les qualités recherchées rejoignent celles d’un gendarme d’active : sang-froid devant une situation tendue, respect strict de la procédure, et une bonne condition physique pour porter un gilet pare-balles et une arme pendant plusieurs heures. La sélection écarte les profils trop instables par des tests sportifs, un entretien de motivation et une visite médicale d’aptitude.

Un rapport mal rédigé ou une intervention menée sans retenue peut faire tomber une procédure devant un tribunal, comme pour tout acteur de la police judiciaire. Le réserviste doit aussi savoir s’adresser calmement à des publics très différents, du témoin choqué au conducteur contrôlé qui s’énerve, alors qu’il n’a pas l’expérience accumulée d’un gendarme à temps plein.

Devenir réserviste de la gendarmerie

L’accès à la réserve reste l’un des plus ouverts de la gendarmerie : il faut avoir la nationalité française, être âgé de 17 ans au moins et de moins de 45 ans au premier jour de la préparation militaire, avoir satisfait aux obligations du service national et réussir une visite médicale d’aptitude, selon le site officiel de la gendarmerie nationale. Aucun diplôme n’est exigé.

  1. Candidater en ligne ou en CIRFAInscription sur le site de la réserve, puis convocation pour des tests psychotechniques et une évaluation par un médecin militaire.
  2. Suivre l’enseignement à distance14 heures de cours en ligne avant la formation en école, pour préparer la préparation militaire.
  3. Réussir la préparation militaire gendarmerie15 jours de formation initiale, qui peuvent être regroupés avec l’étape suivante en 3 semaines selon l’unité d’affectation.
  4. Signer l’engagement et compléter sa formationContrat ESR de 1 à 5 ans renouvelable, puis 5 jours de formation complémentaire à effectuer dans les 18 mois.

La réserve ne se finance pas comme une formation professionnelle : le compte personnel de formation ne couvre pas cet engagement, qui reste un contrat militaire et non un parcours diplômant. Elle sert plutôt de test grandeur réelle pour qui envisage une reconversion vers le métier de gendarme ou de gendarme adjoint volontaire : plusieurs réservistes se présentent ensuite au concours de sous-officier une fois leur projet confirmé par ces premières missions.

Où travailler et dans quelles conditions

Le réserviste est affecté à l’unité la plus proche de son domicile ou de son lieu d’études : brigade territoriale, escadron de gendarmerie mobile en renfort, ou unité spécialisée selon son profil. Ses missions se concentrent souvent sur les week-ends, les jours fériés et les vacances scolaires, des périodes où la disponibilité des gendarmes d’active est la plus sollicitée.

Contrairement à un gendarme de carrière ou à un gendarme adjoint volontaire, il n’est pas logé en caserne à titre permanent : il continue de vivre à son domicile et rejoint son unité pour la durée de chaque mission. Lors d’un déplacement, ses frais sont remboursés sur la base des tarifs SNCF de 2de classe, un mode de calcul jugé insuffisant pour les trajets en voiture personnelle par une question écrite déposée à l’Assemblée nationale en mai 2026.

Ce qui plaît

  • Un engagement compatible avec un emploi ou des études à côté.
  • Aucun diplôme exigé pour s’engager.
  • Une solde exonérée d’impôt sur le revenu.
  • Un premier contact concret avec la gendarmerie avant un concours.

Ce qui pèse

  • Des missions qui tombent souvent le week-end et les jours fériés.
  • Des remboursements de trajet jugés modestes par les élus.
  • Une disponibilité à négocier avec l’employeur au-delà de 5 jours.
  • Aucune carrière ni retraite militaire attachées à ce seul statut.

Combien touche un réserviste de la gendarmerie

Le réserviste n’a pas de salaire mensuel : il touche une solde à la journée d’activité, versée en plus de son revenu civil. Le site officiel de la gendarmerie nationale annonce une rémunération « à partir de 60 € par jour, selon le niveau ». France Travail, de son côté, situe la rémunération nette entre 40 et 200 € par jour selon le grade et la situation familiale, un supplément familial de solde s’ajoutant à partir de deux enfants à charge. Cette solde est exonérée d’impôt sur le revenu, un régime fixé par une instruction administrative ancienne et non par la loi, selon un rapport de la Cour des comptes d’avril 2019.

60 €solde minimale par jour d’activité, selon le niveau
5 à 60 joursd’activité par an, dans la limite légale ordinaire, extensible à 210 jours à titre exceptionnel
38 622réservistes opérationnels de la gendarmerie au 31 juillet 2025

Solde du réserviste de la gendarmerie en 2026Barème journalier, primes, régime fiscal et comparaison avec le gendarme et le GAV.Voir le détail

Emploi et débouchés

La gendarmerie revendique plus de 40 000 réservistes opérationnels sur son site de recrutement, un chiffre arrondi proche des 38 622 comptabilisés au 31 juillet 2025 dans les chiffres clés de la direction générale de la gendarmerie nationale. S’y ajoutent environ 29 000 anciens militaires relevant de la réserve de 2e niveau, sans engagement ESR.

Le recrutement est continu toute l’année, sans session ni quota fixe comme pour un concours. La gendarmerie met en avant plusieurs profils recherchés : les civils sans expérience militaire, les anciens militaires qui souhaitent rester en lien avec une unité, et des réservistes spécialisés dans le numérique ou la cybersécurité, un domaine pour lequel elle a créé une réserve dédiée.

Évolutions de carrière

Le réserviste progresse en grade par l’ancienneté et la notation, selon les mêmes principes qu’un militaire d’active, mais sans garantie de délai. Un sous-officier ou un officier de réserve peut accéder à des responsabilités de commandement d’une unité de réservistes, sans jamais devenir gendarme de carrière par ce seul statut.

La vraie évolution, pour qui vise une carrière longue, reste le concours de sous-officier de gendarme ou le contrat de gendarme adjoint volontaire : l’expérience de réserviste y compte comme un atout à l’entretien, sans dispenser d’aucune épreuve. À l’inverse, un ancien sous-officier ou officier peut rejoindre directement la réserve à un grade proche de celui qu’il détenait en activité.

Au terme d’un engagement non renouvelé, un réserviste civil cesse simplement son activité, sans astreinte particulière. Seuls les anciens militaires de carrière restent soumis, pendant cinq ans, à l’obligation de disponibilité de la réserve de 2e niveau évoquée plus haut.

Métiers proches

Ces métiers partagent la sécurité publique, le statut militaire ou l’engagement volontaire, avec des degrés d’engagement très différents de celui du réserviste.

Ce que l’entreprise gagne à employer un réserviste

Un salarié réserviste peut s’absenter jusqu’à cinq jours par an sur son temps de travail, avec un préavis d’un mois, sans que son employeur puisse s’y opposer, selon l’article L. 4221-4 du code de la défense. Au-delà, l’absence suppose l’accord de l’employeur, qui doit motiver un refus et répondre dans les quinze jours. En cas de crise menaçant la sécurité nationale, ce seuil peut être porté à dix jours par décret.

L’entreprise qui met un salarié à disposition de la réserve pendant ses heures de travail, sans le rémunérer en double, réalise un don en nature éligible au mécénat. L’article 238 bis du Code général des impôts ouvre une réduction d’impôt de 60 % du coût de revient du salarié, salaire et charges comprises, dans la limite de 5 pour mille du chiffre d’affaires hors taxes, une doctrine confirmée par l’administration fiscale en février 2017.

Ce soutien coûte donc moins cher à l’employeur qu’il n’y paraît, et valorise l’image de l’entreprise auprès d’un salarié engagé. Pour le réserviste, c’est un argument à faire valoir auprès de sa hiérarchie avant de signer un contrat ESR, plutôt qu’une contrainte à subir en silence.

Vous souhaitez vous reconvertir ou évoluer dans ce métier ?

Découvrez les formations disponibles près de chez vous et financez votre projet grâce au CPF.