Gendarme adjoint volontaire
Dix-sept ans, le baccalauréat en poche ou pas, et l’envie de porter l’uniforme sans attendre : le gendarme adjoint volontaire signe un contrat militaire de deux ans, renouvelable jusqu’à cinq, pour épauler les gendarmes de sa brigade. Il patrouille, contrôle, recueille une plainte ou répare un véhicule selon sa spécialité, logé et nourri, avant de repartir vers un autre métier ou de tenter le concours de sous-officier.
Ce que fait un gendarme adjoint volontaire
Le gendarme adjoint volontaire (GAV) n’est ni un gendarme de carrière ni un fonctionnaire : il sert sous un contrat militaire court, régi par le code de la défense, aux côtés des sous-officiers qui l’encadrent dans une brigade de gendarmerie. Deux filières se distinguent : l’agent de police judiciaire adjoint (GAV APJA), qui participe directement aux missions de sécurité, et l’emploi particulier (GAV EP), qui exerce un métier de soutien au profit de l’unité.
En tenue, armé et habilité à constater certaines infractions sous le contrôle d’un gendarme qualifié officier de police judiciaire, le GAV APJA patrouille, tient un contrôle routier, accueille le public à la brigade, recueille une plainte simple ou participe à une garde statique. Il peut aussi renforcer un escadron de gendarmerie mobile lors d’une manifestation ou d’un grand rassemblement.
Le GAV emploi particulier ne porte pas toujours l’uniforme d’intervention : il répare un véhicule de service, tient la comptabilité d’une compagnie, entretient les espaces verts d’une caserne ou assure le secrétariat d’un commandant d’unité. Une trentaine de spécialités existent, du plombier à l’informaticien, recensées par les centres d’information et de recrutement de la gendarmerie (CIRFA).
Dans les deux filières, la mission dure le temps d’un contrat court : deux ans en général, renouvelable jusqu’à un total de cinq ans. Ce n’est pas une carrière mais une étape, que beaucoup utilisent pour découvrir le métier avant de se présenter au concours de sous-officier.
Les compétences attendues
La discipline vient en premier : dès son incorporation, le GAV intègre une chaîne de commandement militaire, avec l’obligation de disponibilité et le devoir de réserve qui s’appliquent à tout militaire. Les épreuves de sélection écartent les candidats peu endurants ou instables : tests sportifs, entretien de motivation, questionnaire de personnalité et visite médicale d’aptitude.
Pour un GAV APJA, le sang-froid compte autant que la forme physique. Contrôler un conducteur agressif, intervenir sur un accident ou encadrer une manifestation suppose de garder son calme sous tension, en respectant une procédure stricte : la moindre pièce rédigée de travers peut faire tomber un dossier devant un tribunal.
Pour un GAV emploi particulier, la compétence technique du métier choisi prime : un CAP ou une expérience équivalente est demandé pour la plupart des spécialités manuelles, un niveau bac pour le secrétariat et l’informatique. S’y ajoute la capacité à s’adapter à un cadre militaire, avec ses contraintes d’uniforme et de hiérarchie, même loin du terrain.
Devenir gendarme adjoint volontaire
Le recrutement reste le plus ouvert de la gendarmerie : être de nationalité française, en règle avec les obligations du service national, avoir entre 17 ans révolus et 26 ans à la date de candidature, présenter une bonne moralité et une aptitude physique validée par un médecin, selon les fiches de recrutement de la gendarmerie relayées par le CIDJ. Aucun diplôme n’est exigé pour la majorité des postes ; un CAP ou un baccalauréat est demandé pour certaines spécialités techniques, administratives ou informatiques.
- Candidater en ligne ou en CIRFALe centre d’information et de recrutement de la gendarmerie de votre département renseigne sur les postes ouverts et reçoit le dossier.
- Passer la sélectionTests sportifs, entretiens individuel et collectif, questionnaire de personnalité, puis visite médicale d’aptitude.
- Signer le contratEngagement initial de deux ans, comme GAV APJA ou GAV emploi particulier selon le poste retenu.
- Suivre la formation13 semaines en école pour un APJA, 6 semaines pour un emploi particulier, puis une mise en situation en unité.
Pour un GAV APJA, la formation initiale dure jusqu’à 25 semaines au total, école et pratique en unité comprises, et débouche sur un diplôme de GAV homologué au niveau 3, équivalent au CAP, selon Vocation Service Public. Pour un emploi particulier, elle se limite à 6 semaines d’école suivies d’une adaptation au poste en unité.
Il n’existe pas de validation des acquis de l’expérience pour devenir GAV : le contrat se signe directement, sans concours obligatoire ni diplôme dans la plupart des spécialités. C’est justement ce qui en fait une porte d’entrée rapide vers un univers professionnel différent, ou un galop d’essai avant de vous présenter, jusqu’à trois fois pendant le contrat, au concours de sous-officier de gendarmerie.
Où travailler et dans quelles conditions
Le GAV sert dans une brigade territoriale, un escadron de gendarmerie mobile, une unité spécialisée ou un service de soutien, en métropole comme en outre-mer. Comme tout militaire, il est logé en caserne, le plus souvent gratuitement, avec les repas pris en charge ou compensés par une prime alimentaire.
Les horaires suivent ceux de l’unité d’affectation : services de nuit, week-ends et jours fériés pour un GAV APJA en brigade, horaires plus réguliers pour un emploi particulier administratif ou technique. Le statut militaire impose la même disponibilité qu’à un gendarme de carrière, sans ouvrir les mêmes droits à la retraite ni la même progression salariale.
Ce qui plaît
- Un contrat accessible, sans concours ni diplôme pour la plupart des postes.
- Logé et nourri, sans frais de scolarité ni d’hébergement.
- Un premier contact concret avec le métier avant de choisir une carrière.
- Jusqu’à trois tentatives au concours de sous-officier pendant le contrat.
Ce qui pèse
- Une solde nettement inférieure à celle d’un sous-officier de carrière.
- Un contrat court, cinq ans au maximum, sans garantie de suite.
- Les mêmes contraintes de disponibilité qu’un militaire de carrière.
- Un devoir de réserve, qui limite l’expression publique et politique.
Combien gagne un gendarme adjoint volontaire
La solde de base d’un gendarme adjoint volontaire va de 791,92 € à 937,30 € brut par mois selon son grade, depuis l’arrêté du 29 mars 2024. S’y ajoute l’indemnité spéciale des volontaires, une majoration de la solde non soumise à retenue pour pension, ainsi que le logement en caserne et une prime ou une prise en charge des repas. Au total, plusieurs sites spécialisés situent le net mensuel autour de 1 000 à 1 200 €, logement et repas compris, avec des écarts selon la source : notre page salaire détaille ces montants et leurs divergences.
Emploi et débouchés
La gendarmerie nationale comptait 9 545 gendarmes adjoints volontaires au 31 juillet 2025, pour 96 414 militaires d’active, selon les chiffres de la direction générale de la gendarmerie nationale relayés par gendarme.fr. C’est le deuxième statut le plus nombreux après celui de sous-officier.
Parce que le contrat plafonne à cinq ans, la gendarmerie recrute en continu pour remplacer les volontaires qui partent, via les CIRFA et le site officiel de recrutement. Une question écrite publiée le 26 mai 2026 sur le site de l’Assemblée nationale relevait une préoccupation sur la fidélisation des GAV, citant la faible rémunération, les conditions d’hébergement et les plages de travail comme freins à la poursuite du contrat.
Évolutions de carrière
Le GAV progresse par l’ancienneté et la notation à travers cinq grades, du plus simple au plus élevé ouvert à ce statut, selon l’arrêté du 29 mars 2024 qui fixe leur solde.
| Grade | Solde de base brute mensuelle |
|---|---|
| Gendarme adjoint volontaire | 791,92 € |
| Gendarme adjoint brigadier volontaire | 822,03 € |
| Gendarme adjoint brigadier chef volontaire | 867,07 € |
| Gendarme adjoint maréchal des logis volontaire | 912,26 € |
| Gendarme adjoint aspirant volontaire | 937,30 € |
La vraie évolution reste externe au statut : jusqu’à trois tentatives au concours de sous-officier de gendarmerie sont autorisées pendant le contrat de GAV. Devenir sous-officier change tout : solde indiciaire, carrière longue, droits à pension après dix-sept ans de service, détaillés dans notre fiche gendarme.
En dehors de la gendarmerie, un contrat de GAV compte aussi pour Défense mobilité, le service de reconversion du ministère des Armées, ouvert à tout militaire dès six mois d’ancienneté : bilan de compétences, formations financées et mise en relation avec des employeurs civils, gratuitement et jusqu’à trois ans après le départ.
Métiers proches
Ces métiers partagent la sécurité publique ou le statut militaire, avec des voies d’accès et des contrats très différents de celui du GAV.
GAV ou gendarme de carrière : ne pas confondre les deux statuts
Le mot « gendarme » entretient la confusion : le GAV n’est pas un gendarme de carrière, et son contrat ne mène pas automatiquement à ce statut. Le tableau suivant résume les différences qui comptent avant de signer.
| Ce qui change | Gendarme adjoint volontaire | Sous-officier de gendarmerie |
|---|---|---|
| Contrat | 2 ans, renouvelable jusqu’à 5 ans | 6 ans, renouvelable toute la carrière |
| Diplôme requis | Aucun pour la plupart des postes | Baccalauréat |
| Formation initiale | 6 à 25 semaines | 12 mois à l’école de sous-officiers |
| Solde de base en 2026 | 791,92 à 937,30 € brut selon le grade | 1 846,04 € brut au 1er échelon, hors ISS |
| Retraite militaire | Aucune, contrat trop court | Possible après 17 ans de service |
Avant de vous engager, posez clairement la question au CIRFA : si votre objectif est une carrière longue dans la gendarmerie, le concours de sous-officier reste la voie directe. Le contrat de GAV convient surtout à qui veut tester le métier, financer une formation ou patienter avant un autre projet, sans s’engager sur plusieurs décennies.

Sommaire
- Ce que fait un gendarme adjoint volontaire
- Les compétences attendues
- Devenir gendarme adjoint volontaire
- Où travailler et dans quelles conditions
- Combien gagne un gendarme adjoint volontaire
- Emploi et débouchés
- Évolutions de carrière
- Métiers proches
- GAV ou gendarme de carrière : ne pas confondre les deux statuts
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