Salaire d’un marin-pêcheur en 2026 : part, minimum garanti et Enim

Un marin-pêcheur ne reçoit pas de fiche de paie fixe : sa rémunération dépend de la vente de la pêche, partagée avec l’armement après les frais communs. Un minimum garanti le protège des mauvais mois, et l’Enim fixe des salaires forfaitaires servant de base aux cotisations. Voici comment lire ces trois niveaux, avec les montants en vigueur en 2026.

2 027 €brut mensuel du salaire forfaitaire de 4e catégorie, base Enim au 1er avril 2026 (24 318,23 € par an divisé par 12)
108 €minimum garanti par jour de mer, notre calcul sur la base de la 4e catégorie
10,85 %cotisation vieillesse du marin à l’Enim, sur le salaire forfaitaire

Ces trois repères ne sont pas un salaire moyen : aucune statistique publique du revenu d’un marin-pêcheur n’a été trouvée pour cette page. Le salaire forfaitaire et le minimum garanti sont des planchers de calcul, et la paie réelle varie avec la part. Les montants sont bruts, pour un temps plein, hors primes.

Le cadre : une rémunération à la part, non un salaire fixe

La plupart des marins sont payés à la part. La fiche d’information de la DREETS Bretagne et Pays de la Loire (janvier 2023) donne la formule : le produit net, ou masse partageable, est égal au produit brut des ventes moins les frais communs admis. Il est ensuite réparti entre l’armement et l’équipage selon la clé prévue au contrat d’engagement maritime.

Chaque marin reçoit un nombre de parts. La même fiche indique « en général » une part pour le matelot, une part et demie pour le mécanicien et deux parts pour le patron. Le contrat doit préciser la répartition, les frais déduits, et la façon dont le marin est informé au moins une fois par semestre des ventes et des frais communs.

Tous les frais ne peuvent pas être déduits. Peuvent l’être les frais de nourriture, les taxes au profit de FranceAgriMer, les congés payés et le transport de l’équipage ou du poisson sur facture. Sont interdits, à peine de nullité, les cotisations dues sur les salaires, les primes d’assurance sur ces salaires, les engins de pêche et les appareils achetés ou loués.

Une seule source pour la répartition

Le partage entre armement et équipage varie d’un navire à l’autre : c’est la clé écrite dans votre contrat qui compte. Nous n’avons trouvé aucune statistique nationale du pourcentage moyen, et les fourchettes de sites d’emploi ne sont pas reprises.

La convention collective de la pêche professionnelle maritime

Le texte applicable est la convention collective nationale de la pêche professionnelle maritime du 21 décembre 2015, étendue par un arrêté du 4 septembre 2017, d’après la DREETS. Les répertoires de conventions, source secondaire, lui donnent l’IDCC 5619. Notre outil pour trouver sa convention collective confirme le numéro à partir du nom de l’armement.

Cette convention ne fixe pas une grille de salaires horaires comme celle d’un mareyeur ou d’un poissonnier. Elle fixe des règles de calcul : frais communs, parts, congés, minimum garanti. Ce minimum se vérifie au plus tard avant la fin du mois suivant chaque semestre, puis chaque année avant le 31 janvier.

La rémunération minimale garantie est due si la part est inférieure au plancher. Selon la DREETS, elle vaut le salaire forfaitaire annuel de la 4e catégorie divisé par 225 jours travaillés : 21 476,08 € par an, soit 95,44 € par jour depuis le 1er avril 2022. Appliquée au barème de 2026, cette règle donne 24 318,23 divisé par 225, soit environ 108,08 € par jour et 24 318,23 € par an. Ce dernier calcul est le nôtre, à confirmer sur votre bulletin.

Les sources divergent. L’Observatoire des droits des marins cite 93,76 € par jour de mer depuis avril 2021, soit 21 096,35 € sur 225 jours, et une formule de 105 % du SMIC horaire multiplié par 1 820. L’écart vient de dates de mise à jour différentes : la fiche DREETS est la plus récente. Le minimum ne s’applique pas aux armements qui garantissent un minimum par marée ou par campagne.

Le salaire forfaitaire de l’Enim, par catégorie

Le salaire forfaitaire n’est pas une paie. C’est un barème de vingt catégories qui sert de base au calcul des cotisations, des contributions des armateurs et de certaines prestations. Il a été relevé par l’arrêté du 19 mars 2026, applicable au 1er avril 2026, repris par L’Officiel des métiers ; Légifrance bloque les robots et le texte officiel n’a pas été lu directement.

CatégorieSalaire forfaitaire annuelPar jourBrut mensuel (annuel divisé par 12)
322 044,98 €61,24 €1 837,08 €
424 318,23 €67,55 €2 026,52 €
525 954,14 €72,09 €2 162,84 €
626 854,93 €74,60 €2 237,91 €
728 522,44 €79,23 €2 376,87 €
830 020,35 €83,39 €2 501,70 €
Source : arrêté du 19 mars 2026, salaires forfaitaires au 1er avril 2026 (relayé par L’Officiel des métiers). Les catégories 1 à 20 vont de 14 820,80 € à 76 867,05 € par an ; la colonne mensuelle est un calcul du site.

Le classement suit la fonction. Selon la page de l’Enim consacrée aux classements particuliers, telle que la résument nos recherches (la page bloque les robots), un matelot est classé par défaut en 3e catégorie en petite pêche, en 4e catégorie en pêche côtière, au large ou grande pêche, et en 5e catégorie s’il a plus de 21 ans, un brevet de commandement et 36 mois de navigation. Le patron dont le titre de commandement est au moins le capitaine 200, et qui n’est pas seul à bord, est classé en 6e catégorie. Le classement du mécanicien n’a pas pu être établi.

Le patron-armateur : un revenu de chef d’entreprise

Le patron propriétaire de son navire n’est pas salarié. Son revenu est le résultat de l’entreprise, après ses frais et la part de l’équipage. Nous n’avons trouvé aucune statistique publique sur ce revenu, et les fourchettes de 3 000 à 6 000 € nets de l’ancienne page ne s’appuient sur aucune source : elles sont retirées. Retenez plutôt que l’Onisep évoque un achat de bateau pouvant coûter plusieurs millions d’euros.

Primes, indemnités et variables

L’indemnité de nourriture est due par jour de mer quand l’armateur ne fournit pas les repas à bord. La DREETS précise que la convention n’en fixe aucun montant et que certaines dépassent 15 €. Les congés payés peuvent être inclus dans les frais communs ; sinon, les indemnités annuelles ne peuvent pas être inférieures à 36 jours de salaire forfaitaire de la 4e catégorie pour 225 jours de navigation.

La rupture du contrat ouvre des droits. Le préavis est de 7 jours avant six mois d’embarquement, d’un mois de six mois à moins de deux ans d’ancienneté, de deux mois au-delà. L’indemnité de licenciement, à partir d’un an d’ancienneté, est d’un cinquième de mois par année sur dix ans, puis de deux quinzièmes de mois par année au-delà, sans passer sous le salaire forfaitaire de la catégorie.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

FonctionParts habituellesCatégorie Enim indiquéeBrevet en général
Matelot en petite pêche1 part3e par défautCertificat de matelot pont
Matelot en pêche côtière ou au large1 part4e par défautCertificat de matelot pont
Matelot qualifié1 part5e, après 36 mois de navigationCapitaine 200 ou équivalent
Mécanicien1,5 partNon établieBrevet de mécanicien 250 kW ou 750 kW
Patron2 parts6e, avec titre de commandementCapitaine 200 pêche ou patron
Sources : DREETS (janvier 2023) pour les parts, page Enim des classements particuliers (relayée) pour les catégories, comité des pêches du Finistère pour les brevets.

L’expérience joue par deux leviers. Les brevets ouvrent une catégorie supérieure et un nombre de parts plus élevé. Et selon la même source relayée, un marin qui a cotisé dix ans dans une catégorie passe à la catégorie immédiatement supérieure, ce qui se répercute sur les cotisations et la pension.

La région pèse indirectement, par les espèces pêchées, la taille du navire et les prix de la criée. Aucune statistique de revenu par région n’a été lue : la comparaison serait un chiffre inventé. Le nombre de jours de mer, plafonné à 225 pour le minimum garanti mais pouvant aller jusqu’à 250, fait aussi varier la paie annuelle.

Du brut au net

Le marin cotise à l’Enim, non au régime général. Selon La retraite en clair, la cotisation vieillesse est de 10,85 % pour le marin, contre 0 à 19,30 % pour l’employeur selon la taille du navire et le type d’activité. La page date de plusieurs années : le taux 2026 doit être confirmé sur enim.eu, que les robots ne lisent pas.

Sur le salaire forfaitaire de 4e catégorie, 10,85 % donnent environ 219,88 € par mois de cotisation vieillesse, calcul du site (24 318,23 € divisé par 12, multiplié par 0,1085). Le total des cotisations salariales de l’Enim n’a pas été établi : nous ne donnons donc pas de net exact.

Pour un ordre d’idée d’un non-cadre au régime général, comparez avec notre calculateur brut en net, à ne pas appliquer tel quel à un marin : les taux de l’Enim diffèrent. Le minimum garanti, versé quand la pêche est mauvaise, reste du brut.

La retraite mérite un mot, car elle diffère beaucoup du droit commun. D’après la même source, la pension proportionnelle est ouverte dès 55 ans avec quinze ans de services, et la pension d’ancienneté dès 50 ans avec 25 ans de services. Elle se calcule sur le salaire forfaitaire des 36 derniers mois, avec 2 % par année de service. Ces règles se vérifient auprès de l’Enim avant tout projet de départ.

Comparaison avec les métiers proches

MétierRepère de rémunérationNature du repère
Marin-pêcheur (matelot)24 318,23 € brut annuelSalaire forfaitaire de 4e catégorie, base de calcul et non paie moyenne
Fusilier marin, matelot1 550 à 2 300 €Fourchette de la Marine nationale, brut ou net non précisé
MareyeurGrille de départ au niveau du SMICConvention IDCC 1589, voir la fiche salaire mareyeur
Tout salarié, SMIC1 867,02 € brut mensuelSMIC depuis le 1er juin 2026
Sources : arrêté du 19 mars 2026 (relayé), Marine nationale via nos fiches, code.travail.gouv.fr. Les repères ne sont pas de même nature et ne se comparent pas ligne à ligne.

Le rapprochement le plus honnête est celui-ci : un marin-pêcheur au minimum garanti dépasse le SMIC sur l’année d’après notre calcul, mais avec des jours de mer, un danger et une absence à terre sans équivalent au mareyage ou à la poissonnerie. Pour le détail de ces voisins, consultez la fiche salaire poissonnier.

Marin-pêcheur : le métierMissions, formations, brevets, emploi et sécurité en mer.Voir la fiche

Ce qui fait varier la paie, et comment la négocier

Quatre leviers pèsent sur la rémunération : les prises et leur prix, la clé de répartition écrite au contrat, les frais communs déduits, et la catégorie dans laquelle vous êtes classé. Le premier échappe à toute négociation, les trois autres se lisent et se discutent avant la signature.

Demandez le contrat d’engagement maritime écrit et vérifiez la liste des frais communs : rien d’autre que ce qui est stipulé ne peut être déduit. Contrôlez la fiche semestrielle des ventes, et comparez votre catégorie à votre fonction et à votre brevet. Un marin classé trop bas cotise et se prépare une retraite sur une base plus faible.

Pour vérifier vos droits, la DREETS et l’inspection du travail maritime répondent aux marins, l’Observatoire des droits des marins publie des fiches pratiques, et l’Enim tient le barème des salaires forfaitaires. En cas de doute sur un chiffre de cette page, ces sources font foi.

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