Marin-pêcheur
Le marin-pêcheur embarque sur des navires de pêche côtière ou hauturière pour capturer des poissons, crustacés et mollusques destinés à la vente en criée. Métier physiquement exigeant, avec des horaires décalés et une forte dépendance aux conditions météorologiques et aux quotas, il offre cependant la liberté de la mer et des perspectives de revenus attractifs pour les patrons-armateurs.
Missions principales
Le marin-pêcheur embarque sur des navires de pêche côtière ou hauturière pour capturer des poissons, des crustacés et des mollusques en mer. Selon le type de navire et la méthode de pêche (chalut, filet maillant, casiers, palangre, pêche à la senne), ses missions varient, mais le cœur du travail reste commun : mettre en place les engins de pêche, surveiller leur immersion et assurer leur relève dans les meilleures conditions de sécurité et d’efficacité.
Le traitement des captures à bord est une étape essentielle pour préserver la qualité des produits : déchargement des filets, tri par espèces et calibres, vidage et lavage des poissons, stockage en caisse avec de la glace pilée dans les cales réfrigérées. La rapidité et le soin apportés à cette étape conditionnent directement la valeur des captures à la vente en criée.
L’entretien du navire et des équipements est une responsabilité permanente à bord : réparation des filets endommagés, vérification des engins de pêche, maintenance de base des équipements de propulsion et de navigation, nettoyage du pont et des locaux. Dans les petites équipes de pêche côtière artisanale, chaque membre d’équipage est polyvalent et contribue à l’entretien général du bateau.
La navigation et la sécurité en mer sont des domaines de compétence incontournables : participation aux quarts de veille, assistance à la conduite du navire par le patron, gestion des situations d’urgence (homme à la mer, avarie, incendie). Les réglementations STCW (normes internationales de formation des gens de mer) imposent des certifications de sécurité régulièrement renouvelées pour tous les membres d’équipage.
Compétences requises
La connaissance pratique des techniques de pêche (montage et maniement des engins, lecture des conditions météo et des fonds marins, utilisation du sonar et du GPS), de la navigation maritime et des règles de sécurité en mer est fondamentale. L’aptitude physique est une condition sine qua non : le travail à bord demande résistance à l’effort, équilibre dans les conditions de mer agitée et capacité à travailler dans le froid et l’humidité.
La connaissance des réglementations de la pêche (quotas, tailles minimales, zones protégées), l’honnêteté dans les déclarations de captures et le respect des bonnes pratiques de pêche durable sont des impératifs éthiques et légaux. L’esprit d’équipe et la solidarité à bord sont des qualités essentielles dans un environnement confiné et parfois dangereux, où la cohésion du groupe peut être une question de survie.
Formation et accès au métier
Le CAP maritime matelot est la porte d’entrée dans le métier. Accessible après la troisième en 2 ans dans un lycée professionnel maritime ou aquacole, il prépare aux opérations de pêche, de navigation et d’entretien du navire. Le bac pro CGEM (conduite et gestion d’une entreprise maritime) option pêche, préparé en 3 ans, offre une formation plus complète et permet d’accéder à terme aux brevets de capitaine ou de patron de pêche.
Des certifications obligatoires complètent ces formations : brevets STCW de base (sécurité de base, incendie, survie, premiers secours), brevet de patron de pêche côtière pour diriger un navire de moins de 25 mètres, brevet de capitaine 200 pour les navires plus grands. Ces brevets s’obtiennent dans les centres de formation professionnelle maritime (CFPM) et sont renouvelés périodiquement. Une visite médicale d’aptitude maritime est obligatoire avant l’embarquement.
Salaire
Un matelot débutant perçoit environ 1 800 € brut par mois (soit environ 1 500 € nets) selon la grille indicative 2026 établie par fiche-paie.fr. Les données INSEE indiquent une moyenne de 1 700 € nets mensuels pour les matelots de pêche. La rémunération évolue avec l’expérience : un matelot confirmé atteint 2 500 € brut mensuels (environ 2 100 € nets), un second ou mécanicien 3 500 € brut (environ 2 900 € nets).
De nombreux marins-pêcheurs sont rémunérés à la part : une portion du produit net de la vente des captures leur est reversée après déduction des frais communs (carburant, port, glaces). Ce système aligne les intérêts de l’équipage sur la productivité du navire, avec des revenus qui peuvent être très intéressants lors des bonnes saisons, mais aussi très variables selon les quotas, la météo et les prix du marché. Un patron de pêche salarié expérimenté peut dégager 4 100 € nets mensuels ; un patron-armateur propriétaire de son navire peut atteindre 3 000 à 6 000 € nets selon les années.
Évolutions de carrière
La progression naturelle dans la pêche va de mousse à matelot, puis à second, à mécanicien et enfin à patron de pêche. Chaque étape requiert des brevets supplémentaires et une accumulation de temps de navigation réglementaire. Le patron-armateur, qui est à la fois capitaine et propriétaire de son navire, représente l’aboutissement naturel d’une carrière réussie dans la pêche artisanale.
Certains marins-pêcheurs se reconvertissent dans les métiers connexes de la filière : mareyage, aquaculture, contrôle des pêches, formation maritime ou gestion d’une coopérative de pêcheurs. Des reconversions vers d’autres métiers maritimes (transport de marchandises, offshore, marine marchande) sont possibles avec des formations complémentaires. La pêche de loisir guidée (sorties en mer) représente une diversification possible pour les patrons côtiers propriétaires de leur navire.
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