Salaire d’un informaticien en 2026 : Syntec, APEC et grille de l’État

Un technicien de support qui débute à l’État peut espérer 32 300 € brut par an, un directeur des systèmes d’information plus de 92 000 € : le mot informaticien cache des salaires très éloignés. Cette page donne les repères par famille de métiers, dans le privé et dans la fonction publique, puis renvoie vers les pages salaire détaillées de chaque spécialité.

4 057 €brut mensuel moyen des salariés du numérique en 2024, temps plein en CDI
32 300 à 57 200 €brut annuel d’entrée à l’État, du technicien support au développeur
77 000 €brut annuel médian de la direction informatique en Île-de-France, APEC 2025

Le premier repère vient de l’étude Emploi et rémunérations 2024 de Numeum, publiée le 12 septembre 2025 : elle porte sur 70 000 salariés d’entreprises adhérentes, soit un brut moyen de 4 057 € par mois, 56 672 € sur l’année, à temps plein en CDI. Le deuxième, sur le référentiel du numérique de l’État de 2024. Le troisième, sur l’étude 2025 de l’APEC, relayée par Le Monde Informatique : le site de l’APEC bloque les robots.

Salarié du privé : les minima de la convention Syntec

Les entreprises de services du numérique et les éditeurs appliquent en général la convention des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseils, dite Syntec, IDCC 1486. Une banque ou un industriel applique la sienne : le numéro figure sur la fiche de paie, et notre outil pour trouver sa convention collective le retrouve.

Les minima viennent de l’accord du 26 juin 2024, étendu le 8 novembre 2024, appliqué depuis le 1er janvier 2025 et toujours en vigueur en septembre 2026. Les positions ETAM 1.1 et 1.2, à 1 815 € et 1 845 €, sont passées sous le SMIC de 1 867,02 € brut du 1er juin 2026 : le SMIC s’applique alors. Un technicien de support débute souvent en ETAM, un diplômé de bac + 5 en cadre.

CatégoriePositionCoefficientMinimum brut mensuelSoit sur 12 mois
ETAM2.33552 045 €24 540 €
ETAM3.14002 185 €26 220 €
ETAM3.35002 490 €29 880 €
Cadre1.1952 135 €25 620 €
Cadre2.31503 275 €39 300 €
Cadre3.11703 650 €43 800 €
Source : accord du 26 juin 2024 relatif aux salaires minimaux, IDCC 1486, étendu par arrêté du 8 novembre 2024, applicable au 1er janvier 2025. Brut, temps plein, hors prime de vacances. Grille complète sur la page salaire du développeur.

Ces minima sont des planchers, rarement des salaires réels : la moyenne de Numeum, 4 057 € brut par mois, en représente près du double. Pour la grille complète et les règles de forfait des cadres, consultez la page salaire du développeur.

Ce que mesure l’APEC, famille par famille

L’APEC publie pour les cadres du privé une médiane par famille de métiers. Montants bruts annuels en 2025, part variable non comprise.

Famille de métiersMédiane brut annuelPart variable médiane
Direction informatique (Île-de-France)77 000 €7 000 €
Cybersécurité60 000 €4 000 €
Données (big data)54 000 €4 000 €
Réseaux et télécoms51 000 €4 000 €
Business intelligence50 000 €4 000 €
Source : APEC, étude sur les rémunérations des cadres, édition 2025, telle que relayée par Le Monde Informatique le 22 décembre 2025. Cadres du privé uniquement.

Par intitulé, l’APEC donne une fourchette et une moyenne : 34 000 à 53 000 € pour un développeur (moyenne 43 000 €), 33 000 à 56 000 € pour un administrateur réseaux (moyenne 42 000 €), 40 000 à 68 000 € pour un architecte réseaux (moyenne 54 000 €) et 42 000 à 105 000 € pour un architecte big data (moyenne 62 000 €). Une médiane de famille et une moyenne d’intitulé ne se comparent pas directement : ne concluez pas qu’un développeur gagne 43 000 € ou 50 000 € selon la page que vous lisez.

Dans la fonction publique : la grille des contractuels du numérique

L’État recrute ses informaticiens contractuels selon la circulaire n° 6434-SG du 3 janvier 2024, qui fixe une fourchette pour 55 métiers et s’impose aux ministères. Ces montants sont bruts annuels, part variable et indemnité de résidence comprises. La part variable recommandée va de 0 à 20 % du fixe.

MétierMoins de 5 ansMoins de 10 ansPlus de 10 ans
Technicien support utilisateurs32 300 à 41 800 €36 600 à 47 300 €46 800 à 60 500 €
Administrateur d’outils, de systèmes, de réseaux41 700 à 53 900 €52 700 à 68 200 €57 800 à 74 800 €
Développeur44 200 à 57 200 €52 700 à 68 200 €62 900 à 81 400 €
Data analyst45 100 à 58 300 €54 400 à 70 400 €61 200 à 79 200 €
Chef de projet, maîtrise d’œuvre SI47 600 à 61 600 €57 800 à 74 800 €67 200 à 86 900 €
Auditeur en sécurité des SI54 400 à 70 400 €58 700 à 75 900 €63 800 à 82 500 €
Responsable de la sécurité des SI (RSSI)55 300 à 71 500 €75 700 à 97 900 €97 800 à 126 500 €
Directeur des systèmes d’informationNon prévu92 700 à 119 900 €124 100 à 160 600 €
Source : circulaire n° 6434-SG du 3 janvier 2024, annexe, fourchettes brutes annuelles selon l’expérience. Un salaire supérieur au haut de la fourchette exige le visa du contrôleur budgétaire.

Deux enseignements ressortent. À l’entrée, le bas de fourchette d’un technicien support est inférieur de 11 900 € à celui d’un développeur et de 9 400 € à celui d’un administrateur. Dans la sécurité, en revanche, l’État paie d’emblée cher : un auditeur débute plus haut qu’un développeur.

Primes, indemnités et part variable

Selon Numeum, 90 % des salariés du numérique ont perçu au moins une prime en 2024, et 64 % une augmentation, contre 72 % en 2023. La convention Syntec impose une prime de vacances dont le total doit atteindre au moins 10 % de la masse des indemnités de congés payés.

Dès 50 salariés, la participation aux résultats est obligatoire. Le télétravail peut ouvrir droit à une allocation exonérée jusqu’à 2,70 € par jour et 59,40 € par mois en 2026, sans accord collectif. Les astreintes des administrateurs et des techniciens d’exploitation ouvrent droit à une contrepartie financière ou en repos, et les heures supplémentaires s’appliquent aux salariés aux 35 heures.

Évolution selon l’expérience et la spécialité

CritèreRepèreMontant brut annuel
Expérience, technicien support (État)Moins de 5 ans, puis plus de 10 ans32 300 à 41 800 €, puis 46 800 à 60 500 €
Expérience, administrateur (État)Moins de 5 ans, puis plus de 10 ans41 700 à 53 900 €, puis 57 800 à 74 800 €
Expérience, développeur (État)Moins de 5 ans, puis plus de 10 ans44 200 à 57 200 €, puis 62 900 à 81 400 €
Spécialité, cadres du privé (APEC)Réseaux, puis cybersécurité51 000 €, puis 60 000 €
Région, direction informatique (APEC)Île-de-France77 000 €
Sources : circulaire n° 6434-SG du 3 janvier 2024 ; APEC, édition 2025, via Le Monde Informatique. Nous n’avons pas trouvé d’écart régional publié pour l’ensemble des métiers de l’informatique.

L’expérience pèse plus que le diplôme dans le secteur public : un développeur qui passe de moins de cinq à plus de dix ans d’ancienneté voit le haut de sa fourchette progresser de 24 200 €, soit 42 %. La spécialité joue autant. La fourchette d’un technicien de support de plus de dix ans (46 800 à 60 500 €) ne rattrape que le bas de celle d’un auditeur en sécurité débutant (54 400 à 70 400 €) : c’est une raison de viser l’administration ou la cybersécurité.

Du brut au net

Un informaticien cadre à 45 000 € brut par an, soit 3 750 € par mois, cotise 21 % sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 €. Son net avant impôt atteint environ 2 963 € par mois, avant mutuelle et prévoyance. Le calculateur brut net cadre refait le calcul avec votre salaire.

Un technicien non cadre au minimum ETAM 2.3, 2 045 € brut, cotise environ 21 % et touche environ 1 616 € net. Le calculateur de salaire brut en net applique le même barème 2026. L’impôt sur le revenu est ensuite prélevé à la source.

Comparaison avec les métiers proches

Chaque spécialité a sa page salaire, avec ses primes, sa région et le freelance. Voici les repères pour comparer, avec un lien vers la page détaillée quand elle existe.

MétierEntrée à l’État (moins de 5 ans)Plus de 10 ans
Développeur44 200 à 57 200 €62 900 à 81 400 €
Data analyst45 100 à 58 300 €61 200 à 79 200 €
Data scientist51 000 à 66 000 €86 700 à 112 200 €
Ingénieur informatiquePas de ligne propre, voir sa pageVoir sa page
Source : circulaire n° 6434-SG du 3 janvier 2024, fourchettes brutes annuelles. L’ingénieur informatique recouvre plusieurs postes du référentiel : sa page détaille la grille des ingénieurs territoriaux et la métallurgie.

Fiche métier informaticienFamilles de métiers, filières d’études, employeurs, IA et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un informaticien

Avant de négocier, identifiez la famille de votre poste : à expérience égale, elle pèse plus que l’employeur. Demandez ensuite par écrit votre position et votre coefficient Syntec, qui fixent un plancher, puis comparez avec la médiane APEC de votre spécialité plutôt qu’avec la moyenne du secteur.

Les repères vieillissent vite. L’APEC renouvelle ses études chaque année, l’accord Syntec prévoit un réexamen des minima, et le référentiel de l’État date de janvier 2024. Avant un entretien, vérifiez l’édition de l’étude que vous citez, et servez-vous de la fourchette de l’État comme argument si vous visez un contrat dans un ministère.

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