Salaire d’un développeur en 2026 : Syntec, études et freelance

Parmi les développeurs cadres, un sur dix gagne moins de 38 000 € brut par an et un sur dix plus de 74 000 €. L’écart ne tient pas qu’au talent : la convention collective, le statut cadre ou non, la région, l’emploi public ou le freelance pèsent autant que le langage maîtrisé. Voici les grilles, les études et les tarifs qui permettent de situer une offre en 2026.

45 000 €brut annuel médian des développeurs cadres de moins de 35 ans
50 000 €brut annuel médian, tous âges, part variable comprise
74 000 €seuil d’entrée des 10 % de développeurs cadres les mieux payés

Ces repères viennent de l’étude APEC « Les rémunérations des cadres dans 111 familles de métiers », édition 2025, fondée sur ses enquêtes de 2021 à 2025 auprès de cadres du privé. La famille du développement informatique réunit développeurs, ingénieurs études et développement et architectes. Montants bruts annuels, primes sur objectifs comprises, hors intéressement et participation.

Salarié du privé : les minima de la convention Syntec

Les ESN et éditeurs de logiciels appliquent en général la convention des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseils, dite Syntec, IDCC 1486. Une banque ou un industriel applique la sienne : le numéro figure sur la fiche de paie, et notre outil pour trouver sa convention collective le retrouve à partir du nom de l’employeur.

Les minima viennent de l’accord du 26 juin 2024, étendu le 8 novembre 2024 et appliqué depuis le 1er janvier 2025, sans accord plus récent étendu en septembre 2026. Les positions ETAM 1.1 et 1.2, à 1 815 € et 1 845 €, sont passées sous le SMIC de 1 867,02 € brut du 1er juin 2026 : le SMIC s’applique alors.

CatégoriePositionCoefficientMinimum brut mensuelSoit sur 12 mois
ETAM2.33552 045 €24 540 €
ETAM3.14002 185 €26 220 €
ETAM3.24502 340 €28 080 €
ETAM3.35002 490 €29 880 €
Cadre1.1952 135 €25 620 €
Cadre1.21002 240 €26 880 €
Cadre2.11052 315 €27 780 €
Cadre2.11152 530 €30 360 €
Cadre2.21302 850 €34 200 €
Cadre2.31503 275 €39 300 €
Cadre3.11703 650 €43 800 €
Cadre3.22104 495 €53 940 €
Cadre3.32705 755 €69 060 €
Source : accord du 26 juin 2024 relatif aux salaires minimaux, IDCC 1486, étendu par arrêté du 8 novembre 2024, applicable au 1er janvier 2025. Brut, temps plein, hors prime de vacances.

Cadre ou non ? La position dépend des fonctions exercées, pas du seul diplôme : un développeur titulaire d’un BTS peut être ETAM ou cadre selon son autonomie. La position cadre 2.1 suppose deux ans de pratique, au coefficient 105 avant 26 ans et 115 ensuite.

Le vrai plancher d’un cadre est souvent plus haut. Au forfait de 38 h 30 par semaine, la « modalité 2 », un cadre doit percevoir au moins le plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 € en 2026, et 115 % du minimum de sa position. Le forfait de 218 jours s’ouvre à partir de la position 2.3, avec au moins 122 % du minimum, soit 3 995,50 € brut mensuels, puis 120 % dès la position 3.1.

Ce que mesurent les études : APEC et DARES

Selon l’APEC, 80 % des cadres du développement gagnent entre 38 000 € et 74 000 € brut par an. Son baromètre 2025 place la fonction informatique entière à 55 000 €, comme l’ensemble des cadres. L’écart avec les 50 000 € des développeurs tient aux métiers mieux payés de la fonction : 77 000 € de médiane en direction informatique, 60 000 € en sécurité.

La DARES publie, dans les données de son étude sur les tensions en 2024, un salaire net médian de 3 000 € par mois pour les ingénieurs et cadres d’étude en informatique et télécoms, et de 2 121 € pour les techniciens du développement. Les deux sources divergent parce qu’elles ne mesurent pas la même chose : la DARES raisonne en net et inclut les ingénieurs télécoms, l’APEC en brut avec la part variable. Converti au taux cadre, 3 000 € net font environ 3 800 € brut mensuels, soit 45 600 € par an.

Dans la fonction publique : la grille des contractuels du numérique

L’État recrute aussi des développeurs contractuels, payés selon le référentiel de la circulaire n° 6434-SG du 3 janvier 2024, qui couvre 55 métiers du numérique et s’impose aux ministères. Pour un développeur, la fourchette va de 44 200 € à 57 200 € brut par an avant cinq ans d’expérience, et de 62 900 € à 94 600 € au-delà de vingt ans. Ces montants incluent l’indemnité de résidence et une part variable recommandée entre 0 et 20 % du fixe.

En freelance : du tarif journalier au revenu

La grille des tarifs 2026 de Malt donne pour les développeurs expérimentés un tarif journalier moyen de 578 € en full-stack, 563 € en back-end, 552 € en mobile et 537 € en front-end. Ce sont les tarifs affichés par les freelances actifs sur la plateforme ces trois derniers mois, pas des sommes encaissées.

Un tarif ne se multiplie pas par 218 jours : prospection, gestion, congés et intercontrats en retirent une part. Nous retenons 180 jours facturés par an, soit quinze par mois. À 435 €, tarif moyen chez Malt entre trois et sept ans d’expérience, le chiffre d’affaires atteint 78 300 € hors taxes.

En micro-entreprise, activité libérale non réglementée, le développeur paie 25,6 % de cotisations sociales et 0,2 % de contribution à la formation. Il lui reste 58 099 €, environ 4 840 € par mois avant impôt, matériel, assurance et comptabilité, sans congés payés ni chômage de salarié, sous le plafond de 83 600 € du régime. Testez vos chiffres avec notre simulateur de charges d’auto-entrepreneur.

En portage salarial, le même tarif sur quinze jours mensuels, avec 7 % de frais de gestion, laisse environ 3 090 € net par mois selon notre simulateur de portage salarial, plus 390 € de réserve financière. C’est moins qu’en micro-entreprise, en échange de l’assurance chômage, de la retraite complémentaire et des congés payés d’un salarié.

Primes, indemnités et part variable

La part variable reste minoritaire : selon l’APEC, 34 % des cadres du développement en perçoivent une, d’un montant médian de 3 000 € par an. La convention Syntec impose une prime de vacances dont le total doit atteindre au moins 10 % de la masse des indemnités de congés payés ; d’autres primes de l’année peuvent en tenir lieu si elles atteignent ce montant.

Dès 50 salariés, la participation aux résultats est obligatoire. Le télétravail peut ouvrir droit à une allocation exonérée jusqu’à 2,70 € par jour et 59,40 € par mois en 2026, sans accord collectif. Un développeur aux 35 heures qui dépasse son horaire est payé en heures supplémentaires, et une astreinte ouvre droit à une contrepartie financière ou en repos.

Évolution selon l’expérience, la spécialité et la région

CritèreTrancheMontant
Âge, cadres du privé (APEC, brut annuel médian)Moins de 35 ans45 000 €
Âge, cadres du privé35 à 45 ans52 000 €
Âge, cadres du privéPlus de 45 ans57 000 €
Expérience, freelances (Malt, tarif jour moyen)0 à 2 ans310 €
Expérience, freelances3 à 7 ans435 €
Expérience, freelances8 à 15 ans576 €
Expérience, freelances15 ans et plus676 €
Région, cadres du privé (APEC)Île-de-France55 000 €
Région, cadres du privéAutres régions46 000 €
Ville, full-stack expérimenté (Malt)Paris626 €
Ville, full-stack expérimentéLyon563 €
Ville, full-stack expérimentéMarseille510 €
Sources : APEC, rémunérations des cadres dans 111 familles de métiers, édition 2025 ; Malt, grille des tarifs 2026, consultée en septembre 2026.

Chez les salariés, l’Île-de-France paie 9 000 € de plus par an, soit près de 20 % au-dessus des autres régions. Entre les moins de 35 ans et les plus de 45 ans, l’écart médian atteint 12 000 €, soit 27 %. Chez les freelances, 116 € par jour séparent un full-stack parisien d’un marseillais.

La spécialité pèse autant que l’ancienneté chez les indépendants : sur la même grille Malt, un développeur Scala expérimenté affiche 695 € par jour, un développeur Python 614 € et un développeur WordPress 441 €. Côté salariés, la taille de l’entreprise compte peu : 49 000 € de médiane sous 250 salariés, 51 000 € au-delà.

Du brut au net

Un développeur cadre à 50 000 € brut par an, soit 4 166,67 € par mois, cotise 21 % jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 €, puis 19,81 % au-delà. Son net avant impôt atteint environ 3 294 € par mois, avant mutuelle et prévoyance. Faites le calcul avec votre salaire dans le calculateur brut net cadre.

Un développeur non cadre au minimum ETAM 3.3, 2 490 € brut, cotise 20,98 % et touche environ 1 968 € net. Le calculateur de salaire brut en net applique le même barème 2026. L’impôt sur le revenu est ensuite prélevé à la source.

Comparaison avec les métiers proches

MétierMédiane APEC, cadres du privé80 % des cadres entreÉtat, moins de 5 ans
Développeur50 000 €38 000 et 74 000 €44 200 à 57 200 €
Chef de projet informatique57 000 €41 000 et 79 000 €47 600 à 61 600 €
Data engineer54 000 €40 000 et 98 000 €41 700 à 53 900 €
Administrateur réseau51 000 €38 000 et 76 000 €41 700 à 53 900 €
Testeur logiciel50 000 €38 000 et 66 000 €35 700 à 46 200 €
DevOpsNon isoléNon publié46 800 à 60 500 €
Sources : APEC, édition 2025, familles développement, gestion de projets, Big Data, réseaux, tests et recettes ; circulaire n° 6434-SG, fourchettes brutes annuelles des métiers correspondants.

La famille du Big Data, qui inclut les data engineers, a le 9e décile le plus élevé, à 98 000 €. À l’État, un testeur débutant démarre bien plus bas qu’un développeur, alors que l’APEC mesure la même médiane pour les deux dans le privé.

Fiche métier développeurMissions, spécialités, formations, emploi et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un développeur

Avant de négocier, demandez par écrit votre position, votre coefficient et votre modalité de temps de travail : ils fixent un plancher opposable. Dans un arrêt du 4 novembre 2015, la Cour de cassation a jugé que seuls les cadres payés au moins le plafond de la Sécurité sociale relèvent du forfait de 38 h 30. En dessous, les heures au-delà de 35 heures peuvent être réclamées en heures supplémentaires.

Comparez ensuite ce qui se compare. Une offre parisienne se lit face à la médiane francilienne de 55 000 €, pas face à la médiane nationale. Une mission freelance se juge sur les jours réellement facturés, après cotisations. Pour un contrat dans un ministère, la fourchette de la circulaire de 2024 sert d’argument direct.

Ces repères datent vite. L’APEC renouvelle ses études chaque fin d’année, l’accord Syntec prévoit un examen des minima au plus tard le 30 juin, et Malt actualise sa grille avec les tarifs de ses membres. Avant un entretien, vérifiez la date de l’accord cité par l’employeur et l’édition de l’étude que vous invoquez.

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