Salaire d’un chargé de production en 2026 : minima et CDD d’usage

Un chargé de production audiovisuel touche au minimum 2 892 € brut par mois en CDI dans la production audiovisuelle en 2026, ou 219 € brut par jour en CDD d’usage sur une fiction. Ces minima varient selon la convention : cinéma, spectacle vivant et publicité ont leur propre grille. Voici les barèmes lus, ce que les sources ne disent pas, et le net.

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2 892 €brut mensuel minimum en CDI, 35 h, production audiovisuelle (IDCC 2642)
219 €brut par jour minimum en CDD d’usage sur une fiction, base 7 h
2 099 à 2 391 €brut mensuel minimum d’un chargé de production agent de maîtrise, spectacle vivant privé

Ce sont des minima conventionnels, pas des salaires moyens. Aucune enquête publique lue ne donne la paie réelle des chargés de production audiovisuels : l’Apec et l’Onisep bloquent les robots, et l’étude Michael Page 2026 ne contient aucune ligne pour ce métier. Les sections ci-dessous reprennent donc les grilles, avec leurs limites.

Production audiovisuelle : la grille de l’USPA (IDCC 2642)

Les sociétés qui fabriquent des programmes de télévision, des séries ou des films pour la télévision appliquent en général la convention de la production audiovisuelle, IDCC 2642. Le numéro figure sur la fiche de paie, et notre outil pour trouver sa convention collective le retrouve à partir du nom de l’employeur.

La grille de l’Union syndicale de la production audiovisuelle applicable au 1er juin 2026 place le chargé de production en filière production, niveau II. Une note précise que cette ligne exclut la responsabilité globale de la production, réservée au directeur de production. Voici l’échelle des postes de production, en CDI et CDD de droit commun, sur une base de 35 heures.

PosteNiveauBrut mensuel minimumSoit sur 12 mois
Secrétaire de productionV1 867,02 €22 404 €
Assistant de productionIV1 988,58 €23 863 €
Comptable de productionIV2 169,36 €26 032 €
Administrateur de productionIII A2 591,18 €31 094 €
Chargé de post-productionIII A2 651,44 €31 817 €
Chargé de productionII2 892,47 €34 710 €
Directeur de productionI3 314,29 €39 771 €
Source : USPA, minima conventionnels au 1er juin 2026, onglet CDI et CDD de droit commun, base 35 h ; la ligne « chargé de production » exclut la responsabilité globale de la production. Total sur 12 mois calculé sans treizième mois, dont la grille ne parle pas.

Le secrétaire de production est à 1 867,02 €, soit le SMIC du 1er juin 2026 : ce niveau est aligné dessus. Le chargé de production démarre 45 % au-dessus de l’assistant de production, ce qui reflète la responsabilité budgétaire.

Le CDD d’usage, au jour ou à la semaine

Beaucoup de projets embauchent en CDD d’usage pour la durée du tournage. La même grille donne des barèmes par semaine et par jour, plus élevés à durée égale que ceux du CDI. Un chargé de production sur une fiction a pour minimum 983,67 € brut par semaine de 35 heures, ou 218,59 € par jour de 7 heures. Le fichier n’explique pas l’écart avec le CDI, qui ramené à la semaine donne 667 € (calcul VLT).

Type de programmeSemaine de 35 hJour de 7 h
Fiction983,67 €218,59 €
Flux (magazines, divertissement)957,89 €212,86 €
Hors fiction et flux948,41 €210,76 €
Source : USPA, minima au 1er juin 2026, onglets CDD d’usage catégorie B, chargé de production, bruts. Les mêmes onglets donnent aussi des bases de 39 h et de 8 h.

Cinéma : la convention de la production cinématographique (IDCC 3097)

Un long métrage de cinéma relève de la convention de la production cinématographique, IDCC 3097. Sa grille des CDD d’usage de tournage, applicable au 1er mars 2024 aux entreprises adhérentes de SPI, UPC et API, ne contient pas de ligne « chargé de production ». On y trouve l’administrateur de production, à 1 535,13 € brut par semaine de 43 heures effectives, et le directeur de production, à 2 976,79 €.

Ces montants datent de 2024 : un avenant de 2025 existerait selon un résumé de recherche, non lu, et aucune grille 2026 n’a été trouvée. Ils s’appliquent aux heures de tournage avec une équivalence de 46 heures ; les heures supplémentaires suivent les majorations de la convention. Le montant du chargé de production, s’il en existe un dans une entreprise de cinéma, n’est donc pas établi.

Spectacle vivant privé : la grille de l’IDCC 3090

Les théâtres privés, producteurs de tournées et salles de spectacle relèvent de la convention du spectacle vivant privé, IDCC 3090. L’avenant salaires applicable au 1er septembre 2025, sur 151,67 heures par mois, cite le « chargé de production » dans la filière création-production, au niveau des agents de maîtrise. L’attaché de production est employé qualifié, l’administrateur de production cadre du groupe 2.

NiveauPoste citéMoins de 5 ansPlus de 10 ansPlus de 20 ans
Employé qualifiéAttaché de production1 906,82 €2 010,45 €2 119,90 €
Agent de maîtriseChargé de production2 099,10 €2 256,89 €2 391,32 €
Cadre groupe 2Administrateur de production2 833,28 €3 067,04 €3 300,81 €
Source : IDCC 3090, avenant salaires, minima applicables au 1er septembre 2025, bruts mensuels ; échelons 1, 3 et 5 = ancienneté dans l’entreprise et dans la fonction de moins de 5 ans, plus de 10 ans, plus de 20 ans.

Ici l’ancienneté compte : cinq échelons, du premier (moins de 5 ans) au cinquième (plus de 20 ans). Le niveau d’un attaché de production débutant, 1 906,82 €, est à peine au-dessus du SMIC.

Publicité et agences : la convention de la publicité (IDCC 86)

Le chargé de production d’une agence de publicité peut relever de la convention de la publicité, IDCC 86, mais la ligne « chargé de production » de cette grille n’a pas été lue. On sait que l’avenant du 19 mars 2025, applicable au 1er juin 2026, fixe pour les techniciens 1 999, 2 058, 2 124 et 2 252 € brut mensuel, et pour les cadres 2 448, 2 684, 3 164 et 4 142 €. Les niveaux employés (1 842 à 1 957 €) sont sous le SMIC pour les deux premiers. Une prime d’ancienneté de 3 % à 3 ans jusqu’à 15 % à 15 ans est prévue, cadres exclus.

Le classement du chargé de production dans l’une de ces catégories dépend de l’agence et du poste : le montant n’est pas établi. Si l’agence relève de la convention Syntec (IDCC 1486), les minima sont ceux de cette autre convention, à vérifier sur la fiche de paie.

Primes, indemnités et variables

Les grilles ci-dessus donnent le minimum de base. Aucune source lue ne chiffre les primes propres aux chargés de production, ni les bonus sur budget. Trois éléments sont documentés :

  • La prime d’ancienneté de la publicité, de 3 % à 3 ans jusqu’à 15 % à 15 ans, hors cadres.
  • L’ancienneté par échelon du spectacle vivant privé, déjà incluse dans le tableau plus haut.
  • Les heures supplémentaires : en cinéma, elles suivent les majorations de la convention ; le calculateur d’heures supplémentaires chiffre le cas général.

Évolution selon l’expérience, le secteur et la région

La progression se mesure d’abord par le niveau de la grille : de l’assistant de production (1 988,58 €) au chargé (2 892,47 €), puis au directeur (3 314,29 €), dans l’audiovisuel. Le passage d’un niveau à l’autre repose sur la fonction exercée, pas sur l’âge : un chargé de production ne devient directeur que s’il en assume la responsabilité globale.

SecteurConventionMinimum du poste de chargé de production
Production audiovisuelle, CDIIDCC 26422 892,47 €
Production audiovisuelle, CDD d’usage, fictionIDCC 2642983,67 € par semaine
Spectacle vivant privé, agent de maîtriseIDCC 30902 099,10 à 2 391,32 €
Cinéma, tournageIDCC 3097Non établi (aucune ligne lue)
Publicité, agenceIDCC 86Non établi (ligne non lue)
Sources : USPA au 1er juin 2026 ; IDCC 3090 au 1er septembre 2025 ; IDCC 3097 au 1er mars 2024 ; IDCC 86 au 1er juin 2026.

Les minima conventionnels sont nationaux et n’ont pas de coefficient régional. Les grilles de Michael Page appliquent au contraire des décotes hors de Paris (Auvergne-Rhône-Alpes moins 5 à 10 %, Grand Est moins 5 à 15 %, Nouvelle-Aquitaine moins 10 à 20 %), mais sur ses propres métiers, pas pour ce poste. Rien n’indique que ces décotes s’appliquent au chargé de production audiovisuel.

Du brut au net

Avec les taux du barème 2026 du site, 21,00 % sous le plafond mensuel de 4 005 € et 19,81 % au-delà, un chargé de production payé au minimum de la grille USPA, 2 892,47 € brut, supporte environ 607,42 € de cotisations salariales. Il reste 2 285,05 € net avant impôt sur le revenu, hors mutuelle, avec un statut non cadre.

Un CDD d’usage de 20 jours à 218,59 € donne 4 371,80 € brut sur le mois. Les cotisations montent à 913,71 € (841,05 € sous le plafond, puis 72,66 € sur le dépassement) : 3 458,09 € net avant impôt. Les taux exacts varient selon le statut cadre ou non cadre, la mutuelle et la prévoyance : pour votre cas, utilisez le calculateur brut-net, ou celui pour les cadres si vous l’êtes.

Le mois à 20 jours ne veut pas dire un revenu régulier. Pour toucher l’assurance chômage des intermittents, il faut justifier de 507 heures selon les annexes 8 et 10 de l’assurance chômage. À sept heures par jour, cela fait environ 73 jours de travail (calcul VLT) sur la période de référence.

Comparaison avec les métiers proches

Les fiches voisines sont sourcées différemment : la production audiovisuelle est chiffrée par une grille, la communication et l’événementiel par un baromètre privé daté, l’étude de rémunérations 2026 de Michael Page. Les deux ne se comparent pas directement : un minimum conventionnel n’est pas une paie de marché.

MétierRepèreBrut mensuel
Chargé de production (audiovisuel)Minimum USPA, CDI, 20262 892 €
Directeur de production (audiovisuel)Minimum USPA, CDI, 20263 314 €
Chargé de communicationMichael Page 2026, 30 à 35 k€ par an, 0 à 2 ans2 500 à 2 917 €
Chargé d’événementielMichael Page 2026, 28 à 34 k€ par an, 0 à 2 ans2 333 à 2 833 €
Directeur artistiqueMichael Page 2026, 38 à 45 k€ par an, 0 à 2 ans3 167 à 3 750 €
Sources : USPA au 1er juin 2026 ; Michael Page, étude de rémunérations 2026 (bruts annuels en milliers d’euros, unité déduite, divisés par 12 ici). Le poste « chargé de production – forfaitiste » de Michael Page concerne le tourisme.

Chargé de production : le métierMissions, formations, emploi, débouchés et métiers proches.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier la paie, et comment négocier

Trois éléments jouent : la convention (l’écart de départ entre 2 892 € en production audiovisuelle et 2 099 € en spectacle vivant privé), le type de contrat (CDI ou CDD d’usage) et la responsabilité réelle. Si vous portez seul le budget et les contrats, la fonction ressemble à celle du directeur de production, dont le minimum est 3 314,29 € : la question du niveau se pose avant celle de la prime.

Pour négocier, appuyez-vous sur la grille de votre convention et demandez le niveau exact inscrit sur le contrat, ainsi que le coefficient ou l’échelon. Pour vous renseigner, les sources officielles sont la grille de l’USPA, le répertoire des métiers de la branche et les avenants publiés au Journal officiel. Une enquête publique sur les salaires réels des chargés de production reste à faire : aucune n’a été trouvée.

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