Salaire d’un directeur de production en 2026 : industrie et audiovisuel

Le salaire d’un directeur de production dépend d’abord du monde où il travaille : une usine, où les cadres se comptent en dizaines de milliers d’euros, ou un tournage, où le minimum mensuel tourne autour de 3 300 €. Cette page pose les minima conventionnels et les repères de marché que l’on peut sourcer, sans moyennes de sites d’annonces.

Directeur de production dans une usine industrielle
80 000 à 90 000 €brut par an, directeur d’usine, 0 à 2 ans dans le poste (Michael Page 2026)
68 450 €brut par an, minimum de la classe I18 de la métallurgie, 35 heures (UIMM, 2026)
3 314,29 €brut mensuel, minimum du directeur de production audiovisuel en CDI (USPA, 1er juin 2026)

Il n’existe pas de grille unique du « directeur de production ». Le ROME décrit un cadre de l’industrie, salarié du secteur privé ; le même intitulé désigne dans l’audiovisuel un métier à part, avec sa convention. Aucune enquête publique lue ne publie de salaire moyen du directeur de production industriel : les repères ci-dessous viennent de la convention de la métallurgie et de la grille de Michael Page pour les postes voisins. Pour les missions et les diplômes, voyez la fiche du métier plus bas.

Métallurgie (IDCC 3248) : les minima des cadres en 2026

La convention collective nationale de la métallurgie, IDCC 3248, classe les emplois en 18 classes réunies en groupes A à I ; les groupes F à I sont ceux des cadres. Le tableau reprend les minima de la note UIMM de février 2026, en base 35 heures et pour un forfait en jours. Le brut mensuel est le montant annuel divisé par douze.

ClasseMinimum annuel, 35 hBrut mensuelForfait en jours, annuel
F1135 200 €2 933,33 €45 760 €
F1237 000 €3 083,33 €48 100 €
G1340 350 €3 362,50 €52 455 €
G1444 250 €3 687,50 €57 525 €
H1547 380 €3 948,33 €61 594 €
H1652 370 €4 364,17 €68 081 €
I1759 720 €4 976,67 €77 636 €
I1868 450 €5 704,17 €88 985 €
Source : note UIMM, février 2026 (avenant du 20 février 2026). Minima conventionnels bruts, hors primes ; mensuel calculé par le site.

La classe se détermine par la cotation du poste selon six critères (complexité, connaissances, autonomie, contribution, encadrement, communication), pas par l’intitulé. Nous n’avons trouvé aucun texte officiel qui classe le directeur de production : votre bulletin de paie indique votre groupe et votre classe. Un cadre en forfait en jours voit les minima majorés de 30 % ; un cadre dirigeant ne peut pas être payé sous le minimum du forfait en jours de sa classe, selon la même note UIMM.

Ces minima sont des planchers. Un directeur d’usine est payé bien au-dessus, comme le montre plus bas la grille de marché. La recherche de convention collective vous dira laquelle s’applique à votre entreprise.

Autres industries : chimie, pharmacie, agroalimentaire

Chaque branche a sa grille. Dans l’industrie pharmaceutique (IDCC 176), l’accord du 13 novembre 2025, applicable au 1er janvier 2026, classe les postes en onze groupes, avec un cadre à partir du groupe 6 ; le minimum du groupe 11 est de 6 911,17 € brut mensuel. Dans les industries alimentaires diverses (IDCC 3109), l’avenant n° 31 du 16 janvier 2026 fixe des minima de 1 841,03 à 5 294,03 € brut mensuel selon le niveau, d’après un relais unique (Juristique). Pour la chimie, l’automobile ou le textile, nous n’avons pas lu de grille 2026 : consultez la convention de votre branche.

Audiovisuel et cinéma : si vous visiez le directeur de production de tournage

Dans la production audiovisuelle (IDCC 2642), la grille de l’USPA au 1er juin 2026 classe le directeur de production en filière F, niveau I : 3 314,29 € brut mensuel en CDI ou en CDD de droit commun. En CDD d’usage sur une fiction, le minimum est de 1 547,54 € par semaine de 35 heures ou 343,90 € par jour de 7 heures ; hors fiction et pour les programmes de flux, 1 524,67 € par semaine et 338,82 € par jour. Le chargé de production, qui n’a pas la responsabilité globale de la production, est classé plus bas (2 892,47 € en CDI).

Dans le cinéma (IDCC 3097), la seule grille lue ici est celle de l’avenant du 23 janvier 2024 applicable au 1er mars 2024 pour les entreprises adhérentes de trois syndicats de producteurs, donne 2 976,79 € brut par semaine au directeur de production sur un tournage de 42 heures effectives (annexe 2 de la convention, relayée par le SPIAC-CGT). Cette grille a été revalorisée depuis : les montants 2026 ne sont pas établis ici. Ce sont des minima, et la rémunération réelle se négocie film par film.

Primes, indemnités et variables

La part variable est fréquente chez les cadres de direction, mais la grille de Michael Page ne la précise pas pour les postes de production : aucune source lue ne chiffre un bonus moyen. Les éléments sourcés sont les suivants : la participation aux résultats est obligatoire dès 50 salariés, l’intéressement reste facultatif, et le forfait en jours majore le minimum de 30 % dans la métallurgie.

Les avantages en nature (véhicule, téléphone) et les primes exceptionnelles se négocient dans le contrat : demandez leur montant écrit, car les moyennes publiques n’existent pas.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Michael Page publie, dans son étude de rémunérations 2026, une grille pour les postes de production et d’exploitation, en milliers d’euros bruts annuels (unité déduite de la grille).

Poste0-2 ans2-5 ans5-10 ans10-15 ans et +
Responsable de production, d’exploitation40-5050-6060-7070-90
Directeur technique, des opérations75-8585-9595-105105-130
Directeur d’usine80-9090-100100-120120-140
Directeur industriel90-100100-110110-125125-150
Directeur excellence opérationnelle80-9090-100100-110110-130
Source : Michael Page, étude de rémunérations 2026, rubrique Ingénieurs et Techniciens. Brut annuel en k€, hors variable. Tranches d’expérience dans le poste ou la fonction.

Ces montants sont ceux du marché privé, avec un écart marqué entre le responsable d’unité et le directeur de site. Ils ne comportent pas de ligne « directeur de production » : l’écart entre le responsable de production (40 à 90 k€) et le directeur d’usine (80 à 140 k€) montre l’étendue possible selon le périmètre.

La région joue nettement. Michael Page indique des décotes par rapport à Paris (Auvergne-Rhône-Alpes 5 %, Bretagne 15 %, Pays de la Loire 15 %, Grand Est de 5 à 15 %, Hauts-de-France de 5 à 10 %, Nouvelle-Aquitaine et Occitanie de 10 à 20 %). Comme la base de la grille est parisienne, un site en région se paie moins, à responsabilité égale.

Du brut au net

Prenons un directeur payé 90 000 € brut par an, soit 7 500 € brut par mois sur douze mois. Avec les taux du site pour 2026 (21,00 % sous le plafond mensuel de 4 005 €, 19,81 % au-delà), les cotisations salariales s’élèvent à 841,05 € sur la première tranche et 692,36 € sur le reste, soit 1 533,41 € : le net avant impôt est d’environ 5 966,59 € par mois. Pour un responsable de production à 60 000 € par an (5 000 € brut par mois), le net avant impôt tombe à 3 961,84 €. Ces calculs sont ceux du site, avant prélèvement à la source, et supposent un temps plein sans prime.

Le taux marginal baisse au-dessus du plafond : un cadre n’est pas pénalisé par le passage du seuil. Pour votre salaire exact, utilisez le calculateur brut net pour un cadre.

Comparaison avec les métiers proches

Voici les postes voisins de la production, tirés de la même grille Michael Page (brut annuel en k€, hors variable).

Poste0-2 ans5-10 ans
Ingénieur de production, d’exploitation35-4048-55
Chef d’atelier, d’équipe30-3438-42
Responsable méthodes, process, amélioration continue45-5560-70
Responsable maintenance, travaux neufs50-5565-75
Responsable qualité50-5560-70
Directeur d’usine80-90100-120
Source : Michael Page, étude de rémunérations 2026. Brut annuel en k€, hors variable.

Le passage à la direction fait donc gagner plusieurs dizaines de milliers d’euros par an par rapport aux fonctions de responsable, mais il s’accompagne d’une responsabilité de site entier. Pour les postes de qualité ou de logistique, consultez les fiches du responsable logistique et du responsable qualité.

Devenir directeur de productionMissions, formations, débouchés et différences avec l’audiovisuel.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier la paie et comment négocier

Quatre paramètres pèsent le plus : la taille et la complexité du site, le secteur, la région et le statut (forfait en jours ou en heures). Un site de plusieurs centaines de salariés et de lignes automatisées ne se paie pas comme un atelier de trente personnes.

Pour négocier, appuyez-vous sur des repères datés : la grille Michael Page de votre tranche d’expérience, le minimum conventionnel de votre classe et votre bilan chiffré (TRS, rebut, sécurité, coûts). Demandez par écrit la part variable, le véhicule et l’éventuelle clause de mobilité. L’Apec, dont les études par fonction dépassent ce que nous avons pu lire ici (son site bloque les robots), reste une référence à consulter.

Envie de changer de métier ?

Reprenez en main votre projet professionnel avec un bilan de compétences 100% en ligne