Salaire metteur en scène en 2026 : répétitions et droits d’auteur
Le salaire d’un metteur en scène combine un salaire de répétition, dont le plancher légal reste le SMIC faute de grille conventionnelle, et des droits d’auteur SACD sur les recettes des représentations. En dehors des institutions publiques, la quasi-totalité des metteurs en scène perçoivent aussi un revenu d’artiste-auteur, très variable et souvent modeste selon les statistiques du ministère de la Culture.
Compagnies subventionnées : la convention des entreprises artistiques et culturelles (IDCC 1285)
Les compagnies et centres dramatiques subventionnés appliquent la convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles, IDCC 1285. Sa grille, qui fixe des minima pour les artistes dramatiques et chorégraphiques, les musiciens et les emplois non artistiques, ne comporte aucune ligne « metteur en scène ». Le plancher applicable reste donc le SMIC, actuellement 1 867,02 € brut par mois, soit l’équivalent horaire de 12,31 €.
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Spectacle vivant privé : le régime des répétitions de l’IDCC 3090
La convention collective nationale des entreprises du secteur privé du spectacle vivant, IDCC 3090, ne fixe pas non plus de grille de salaire pour le metteur en scène. Un avenant du 10 novembre 2016 encadre en revanche le nombre de répétitions rémunérées : si le montage compte moins de 30 répétitions, l’employeur doit garantir au metteur en scène un salaire équivalent à 30 répétitions de 4 heures, soit 120 heures payées au SMIC horaire.
| Situation | Base | Montant brut |
|---|---|---|
| Répétition, taux horaire | SMIC horaire 2026 | 12,31 € |
| Garantie minimale de répétition | 120 heures, soit 30 répétitions de 4 h | 1 477,20 € |
| Collaborateur artistique du metteur en scène (assistant) | Employé qualifié, IDCC 3090, 151,67 h | 1 906,82 à 2 119,90 € |
Le metteur en scène qui joue également dans son propre spectacle doit choisir entre un cachet d’acteur et un cachet de metteur en scène pour chaque représentation, jamais les deux à la fois, selon le Syndicat national des metteurs en scène (SNMS).
Une association ou une collectivité qui organise un spectacle de façon occasionnelle, sans que ce soit son activité principale, déclare le metteur en scène par le Guichet unique du spectacle occasionnel (Guso). Ce dispositif simplifie les démarches sociales de l’employeur, mais il ne dispense pas d’appliquer le salaire minimum de répétition ni, le cas échéant, les droits d’auteur dus au metteur en scène.
Droits d’auteur SACD : la part variable de la rémunération
Le même avenant de 2016 garantit au metteur en scène un droit d’auteur sur sa mise en scène, calculé sur la part de recette qui sert de base aux droits d’auteur de l’œuvre représentée, et fixé à 2 % minimum. En pratique, ce taux se négocie de gré à gré entre 2 et 4 %, parfois davantage pour un metteur en scène reconnu, selon des ressources professionnelles du secteur qui recoupent ce chiffre sans donner de barème officiel plus précis. Ce droit d’auteur suit le régime des droits des auteurs dramatiques et se cumule avec le salaire de répétition.
Dans le secteur public, la convention IDCC 1285 ne prévoit pas de disposition équivalente, mais le SNMS indique qu’il est fréquent, dans les CDN et les scènes nationales, que le salaire de répétition dépasse le SMIC alors que le droit d’auteur y reste sous-utilisé. Le contrat de mise en scène, déposé à la SACD dans les 30 jours suivant la première représentation, fixe la répartition exacte entre le producteur et le metteur en scène.
Dans une comédie musicale ou un spectacle pluridisciplinaire, plusieurs créateurs se partagent parfois la même enveloppe de droits d’auteur de mise en scène : metteur en scène, chorégraphe et directeur musical répartissent alors la part « mise en scène » selon une clé propre à chaque contrat, aucun barème officiel ne fixant cette répartition entre co-auteurs. Les artistes-auteurs qui souhaitent se former peuvent aussi solliciter l’Afdas, qui finance jusqu’à 4 200 € hors taxes par an au-delà d’un seuil de recettes artistiques, selon les règles générales du fonds.
Artiste-auteur : les revenus déclarés en 2023
Comme les écrivains ou les plasticiens, les metteurs en scène relèvent aussi du régime social des artistes-auteurs pour leurs droits de conception. La DEPS du ministère de la Culture publie des chiffres pour la catégorie « metteurs en scène et auteurs de cirque, de pantomimes, de sketches ou de monologues », qui regroupe plusieurs professions voisines et se lit donc comme un ordre de grandeur, non comme une statistique isolée du métier.
| Indicateur | Valeur en 2023 |
|---|---|
| Revenu artistique annuel moyen | 11 300 € |
| Revenu artistique annuel médian | 1 700 € |
| Part de revenus artistiques nuls | 7 % |
| Part de revenus supérieurs à 600 fois le SMIC horaire | 26 % |
| Cumulent un autre revenu d’activité | 90 % |
Ces artistes-auteurs cumulent très majoritairement un autre revenu : 85 % perçoivent un salaire du secteur privé, en moyenne 21 300 € brut par an, contre 13 200 € pour ceux qui travaillent aussi dans le secteur public. Ce cumul confirme un revenu de mise en scène qui, seul, suffit rarement à vivre.
Du brut au net
Un metteur en scène rémunéré en salaire relève du régime général et subit les mêmes cotisations que n’importe quel salarié. Sur la garantie minimale de 120 heures de répétition, 1 477,20 € brut donnent environ 1 167 € net, en appliquant le taux de cotisations salariales de 21,00 % sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale. Les droits d’auteur SACD, eux, suivent un régime fiscal et social distinct de celui du salaire, souvent déclarés en traitements et salaires ou en bénéfices non commerciaux selon le statut choisi. Pour simuler votre propre situation salariée, utilisez le calculateur de salaire brut en net.
Comparaison avec les métiers proches
Le metteur en scène est le seul des métiers du plateau à ne disposer d’aucune grille de salaire dédiée, ce qui le place structurellement en dessous de comédiens ou de danseurs qu’il dirige parfois lui-même.
| Métier | Repère de rémunération |
|---|---|
| Metteur en scène | SMIC pour la répétition, 1 477,20 € minimum pour 120 heures |
| Acteur | 2 143,56 € brut mensuel en CDI, IDCC 1285 |
| Danseur | 2 143,56 € brut mensuel en CDI, même grille IDCC 1285 |
| Chargé de production | 2 892,47 € brut mensuel, IDCC 2642 (Uspa) |
| Directeur artistique | 38 000 à 45 000 € brut par an en début de carrière (communication) |
| Régisseur général | 2 651,44 € brut mensuel, IDCC 2642, secteur audiovisuel |
Négocier son salaire et ses droits d’auteur
Le SNMS recommande à tout metteur en scène de négocier un salaire de répétition supérieur au SMIC, en particulier dans le secteur public où aucune convention ne l’impose. Le rapport de force dépend surtout de la notoriété : un projet porté par un nom déjà identifié obtient plus facilement un taux de droits d’auteur proche de 4 % qu’un premier spectacle.
Avant de signer un contrat de mise en scène, mieux vaut faire vérifier la clause de droits d’auteur par le syndicat professionnel ou par la SACD elle-même, et vérifier que la garantie de 120 heures de répétition figure noir sur blanc si le nombre de répétitions prévu reste incertain. C’est souvent sur ce point, plus que sur le salaire affiché, que se joue la rémunération réelle d’un projet.
Pour se renseigner avant de négocier, le SNMS offre à ses adhérents une assistance juridique et des modèles de contrats, tandis que la SACD accompagne le dépôt du dossier de mise en scène et le calcul des droits dus à chaque représentation. Ces deux organisations restent les interlocuteurs les mieux informés des usages du secteur, faute de grille conventionnelle publiée pour ce métier.
Sommaire
- Compagnies subventionnées : la convention des entreprises artistiques et culturelles (IDCC 1285)
- Spectacle vivant privé : le régime des répétitions de l’IDCC 3090
- Droits d’auteur SACD : la part variable de la rémunération
- Artiste-auteur : les revenus déclarés en 2023
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Négocier son salaire et ses droits d’auteur
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