Salaire metteur en scène en 2026 : répétitions et droits d’auteur

Le salaire d’un metteur en scène combine un salaire de répétition, dont le plancher légal reste le SMIC faute de grille conventionnelle, et des droits d’auteur SACD sur les recettes des représentations. En dehors des institutions publiques, la quasi-totalité des metteurs en scène perçoivent aussi un revenu d’artiste-auteur, très variable et souvent modeste selon les statistiques du ministère de la Culture.

1 867,02 €SMIC brut mensuel, salaire minimum de répétition en 2026
2 %minimum de droits d’auteur sur les recettes hors taxes, IDCC 3090
11 300 €revenu artistique moyen en 2023 des metteurs en scène et auteurs de cirque, artistes-auteurs

Compagnies subventionnées : la convention des entreprises artistiques et culturelles (IDCC 1285)

Les compagnies et centres dramatiques subventionnés appliquent la convention collective nationale des entreprises artistiques et culturelles, IDCC 1285. Sa grille, qui fixe des minima pour les artistes dramatiques et chorégraphiques, les musiciens et les emplois non artistiques, ne comporte aucune ligne « metteur en scène ». Le plancher applicable reste donc le SMIC, actuellement 1 867,02 € brut par mois, soit l’équivalent horaire de 12,31 €.

Pour trouver la convention qui s’applique à votre employeur, utilisez le moteur de recherche des conventions collectives.

Spectacle vivant privé : le régime des répétitions de l’IDCC 3090

La convention collective nationale des entreprises du secteur privé du spectacle vivant, IDCC 3090, ne fixe pas non plus de grille de salaire pour le metteur en scène. Un avenant du 10 novembre 2016 encadre en revanche le nombre de répétitions rémunérées : si le montage compte moins de 30 répétitions, l’employeur doit garantir au metteur en scène un salaire équivalent à 30 répétitions de 4 heures, soit 120 heures payées au SMIC horaire.

SituationBaseMontant brut
Répétition, taux horaireSMIC horaire 202612,31 €
Garantie minimale de répétition120 heures, soit 30 répétitions de 4 h1 477,20 €
Collaborateur artistique du metteur en scène (assistant)Employé qualifié, IDCC 3090, 151,67 h1 906,82 à 2 119,90 €
Source : avenant du 10 novembre 2016 à l’IDCC 3090 pour la garantie de répétition, avenant de salaires du 1er septembre 2025 pour l’assistant, SMIC au 1er juin 2026.

Le metteur en scène qui joue également dans son propre spectacle doit choisir entre un cachet d’acteur et un cachet de metteur en scène pour chaque représentation, jamais les deux à la fois, selon le Syndicat national des metteurs en scène (SNMS).

Une association ou une collectivité qui organise un spectacle de façon occasionnelle, sans que ce soit son activité principale, déclare le metteur en scène par le Guichet unique du spectacle occasionnel (Guso). Ce dispositif simplifie les démarches sociales de l’employeur, mais il ne dispense pas d’appliquer le salaire minimum de répétition ni, le cas échéant, les droits d’auteur dus au metteur en scène.

Droits d’auteur SACD : la part variable de la rémunération

Le même avenant de 2016 garantit au metteur en scène un droit d’auteur sur sa mise en scène, calculé sur la part de recette qui sert de base aux droits d’auteur de l’œuvre représentée, et fixé à 2 % minimum. En pratique, ce taux se négocie de gré à gré entre 2 et 4 %, parfois davantage pour un metteur en scène reconnu, selon des ressources professionnelles du secteur qui recoupent ce chiffre sans donner de barème officiel plus précis. Ce droit d’auteur suit le régime des droits des auteurs dramatiques et se cumule avec le salaire de répétition.

Dans le secteur public, la convention IDCC 1285 ne prévoit pas de disposition équivalente, mais le SNMS indique qu’il est fréquent, dans les CDN et les scènes nationales, que le salaire de répétition dépasse le SMIC alors que le droit d’auteur y reste sous-utilisé. Le contrat de mise en scène, déposé à la SACD dans les 30 jours suivant la première représentation, fixe la répartition exacte entre le producteur et le metteur en scène.

Dans une comédie musicale ou un spectacle pluridisciplinaire, plusieurs créateurs se partagent parfois la même enveloppe de droits d’auteur de mise en scène : metteur en scène, chorégraphe et directeur musical répartissent alors la part « mise en scène » selon une clé propre à chaque contrat, aucun barème officiel ne fixant cette répartition entre co-auteurs. Les artistes-auteurs qui souhaitent se former peuvent aussi solliciter l’Afdas, qui finance jusqu’à 4 200 € hors taxes par an au-delà d’un seuil de recettes artistiques, selon les règles générales du fonds.

Artiste-auteur : les revenus déclarés en 2023

Comme les écrivains ou les plasticiens, les metteurs en scène relèvent aussi du régime social des artistes-auteurs pour leurs droits de conception. La DEPS du ministère de la Culture publie des chiffres pour la catégorie « metteurs en scène et auteurs de cirque, de pantomimes, de sketches ou de monologues », qui regroupe plusieurs professions voisines et se lit donc comme un ordre de grandeur, non comme une statistique isolée du métier.

IndicateurValeur en 2023
Revenu artistique annuel moyen11 300 €
Revenu artistique annuel médian1 700 €
Part de revenus artistiques nuls7 %
Part de revenus supérieurs à 600 fois le SMIC horaire26 %
Cumulent un autre revenu d’activité90 %
Source : DEPS, ministère de la Culture, « Les artistes-auteurs en 2023 », Culture études 2025-6. Catégorie incluant les auteurs de cirque, de pantomimes, de sketches ou de monologues.

Ces artistes-auteurs cumulent très majoritairement un autre revenu : 85 % perçoivent un salaire du secteur privé, en moyenne 21 300 € brut par an, contre 13 200 € pour ceux qui travaillent aussi dans le secteur public. Ce cumul confirme un revenu de mise en scène qui, seul, suffit rarement à vivre.

Du brut au net

Un metteur en scène rémunéré en salaire relève du régime général et subit les mêmes cotisations que n’importe quel salarié. Sur la garantie minimale de 120 heures de répétition, 1 477,20 € brut donnent environ 1 167 € net, en appliquant le taux de cotisations salariales de 21,00 % sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale. Les droits d’auteur SACD, eux, suivent un régime fiscal et social distinct de celui du salaire, souvent déclarés en traitements et salaires ou en bénéfices non commerciaux selon le statut choisi. Pour simuler votre propre situation salariée, utilisez le calculateur de salaire brut en net.

Comparaison avec les métiers proches

Le metteur en scène est le seul des métiers du plateau à ne disposer d’aucune grille de salaire dédiée, ce qui le place structurellement en dessous de comédiens ou de danseurs qu’il dirige parfois lui-même.

MétierRepère de rémunération
Metteur en scèneSMIC pour la répétition, 1 477,20 € minimum pour 120 heures
Acteur2 143,56 € brut mensuel en CDI, IDCC 1285
Danseur2 143,56 € brut mensuel en CDI, même grille IDCC 1285
Chargé de production2 892,47 € brut mensuel, IDCC 2642 (Uspa)
Directeur artistique38 000 à 45 000 € brut par an en début de carrière (communication)
Régisseur général2 651,44 € brut mensuel, IDCC 2642, secteur audiovisuel
Sources : IDCC 1285 (accord du 1er juillet 2026), IDCC 2642, grille Uspa au 1er juin 2026, Michael Page 2026 pour le directeur artistique. Repères hors droits d’auteur et cachets de représentation.

Metteur en scène : missions, formation et salaireCe que fait un metteur en scène, comment le devenir, où travailler.Voir la fiche métier

Négocier son salaire et ses droits d’auteur

Le SNMS recommande à tout metteur en scène de négocier un salaire de répétition supérieur au SMIC, en particulier dans le secteur public où aucune convention ne l’impose. Le rapport de force dépend surtout de la notoriété : un projet porté par un nom déjà identifié obtient plus facilement un taux de droits d’auteur proche de 4 % qu’un premier spectacle.

Avant de signer un contrat de mise en scène, mieux vaut faire vérifier la clause de droits d’auteur par le syndicat professionnel ou par la SACD elle-même, et vérifier que la garantie de 120 heures de répétition figure noir sur blanc si le nombre de répétitions prévu reste incertain. C’est souvent sur ce point, plus que sur le salaire affiché, que se joue la rémunération réelle d’un projet.

Pour se renseigner avant de négocier, le SNMS offre à ses adhérents une assistance juridique et des modèles de contrats, tandis que la SACD accompagne le dépôt du dossier de mise en scène et le calcul des droits dus à chaque représentation. Ces deux organisations restent les interlocuteurs les mieux informés des usages du secteur, faute de grille conventionnelle publiée pour ce métier.

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