Le courrier arrive environ un mois avant l’échéance et il porte une date précise : celle du dernier jour indemnisé. À partir de là, rien ne s’enchaîne tout seul. Aucune allocation ne prend le relais automatiquement, et les dispositifs qui existent obéissent à des logiques différentes, certains fondés sur votre parcours professionnel, d’autres sur les ressources de tout votre foyer.

Deux réflexes déterminent la suite. Vérifier si vous pouvez recharger vos droits, parce que c’est la seule option qui vous ramène au niveau d’une allocation calculée sur votre salaire. Et déposer les demandes de solidarité avant l’échéance, pas après, parce que ni l’ASS ni le RSA ne sont rétroactifs jusqu’au jour de votre fin de droits.

Voici l’état exact des aides en septembre 2026, avec les montants issus de la revalorisation du 1er avril 2026.

Le rechargement des droits, à examiner en premier

Si vous avez travaillé pendant votre période d’indemnisation, le rechargement remet le compteur en marche. Il exige 130 jours travaillés ou 910 heures depuis votre dernière admission, seuil fixé par la convention d’assurance chômage du 15 novembre 2024. Les saisonniers relèvent d’un seuil dérogatoire de 108 jours ou 758 heures.

Ces périodes ne doivent pas avoir déjà servi à ouvrir ou à recharger un droit. France Travail examine le rechargement d’office au moment de l’épuisement, mais un contrat court non déclaré ou une attestation manquante suffit à faire passer le dossier à côté. Reconstituez vos fins de contrat avant l’échéance plutôt qu’après.

Un rechargement rouvre une durée d’indemnisation calculée sur les nouvelles périodes, dans la limite de 456 jours avant 55 ans et de 624 jours à partir de 55 ans. La durée minimale est de 182 jours, ramenée à 152 jours depuis le 1er avril 2026 pour les droits ouverts exclusivement au titre de contrats saisonniers et pour les personnes qui n’ont bénéficié d’aucune ouverture de droit au cours des vingt dernières années. Notre calculateur d’allocation chômage vous donne le montant correspondant.

L’ASS existe toujours, malgré les annonces de suppression

L’allocation de solidarité spécifique a fait l’objet de plusieurs annonces gouvernementales de suppression depuis 2024, dans le cadre des débats sur la loi pour le plein emploi. Aucune de ces annonces ne s’est traduite par une fermeture aux nouveaux entrants. En septembre 2026, l’ASS reste ouverte à toute personne qui en remplit les conditions, et ses montants ont été revalorisés au 1er avril 2026 comme les autres prestations de solidarité.

La condition d’activité est la barrière principale : il faut justifier de cinq années d’activité salariée au cours des dix années précédant la fin du contrat de travail qui a ouvert vos droits à l’ARE. Cette règle écarte de fait les carrières hachées et les premières entrées sur le marché du travail.

Le montant journalier maximal est de 19,48 €, soit 584,40 € pour un mois de trente jours. L’allocation est différentielle : elle complète vos ressources jusqu’au plafond applicable, fixé à 1 363,60 € par mois pour une personne seule et 2 142,80 € pour un couple, selon les montants publiés par France Travail au 1er avril 2026. Les ressources examinées sont la moyenne des douze mois précédant la demande.

Le versement est accordé par périodes de six mois renouvelables, sans durée maximale. Vous restez inscrit comme demandeur d’emploi et soumis aux obligations du contrat d’engagement.

L’AFD, l’aide que presque personne ne réclame

Si vous ne remplissez pas la condition des cinq ans d’activité, une aide forfaitaire existe. L’aide à l’allocataire arrivant en fin de droits est égale à 27 fois la partie fixe de l’ARE, soit 355,86 € depuis le 1er juillet 2025, la partie fixe n’ayant pas été revalorisée au 1er juillet 2026.

Trois conditions cumulatives : vos droits arrivent à terme sans rechargement possible, vos ressources ne dépassent pas le plafond de l’ASS, et vous ne remplissez pas la condition d’activité de l’ASS. Le versement est unique et exonéré de contributions sociales.

Depuis le 1er avril 2025, France Travail verse cette aide automatiquement dès que les conditions sont réunies. Les personnes dont les droits se sont éteints avant cette date doivent encore en faire la demande auprès de leur conseiller.

Le RSA, et ce qui a changé depuis janvier 2025

Le revenu de solidarité active ne dépend ni de votre passé professionnel ni de votre affiliation à l’assurance chômage. Il dépend des ressources de votre foyer. Au 1er avril 2026, le montant forfaitaire mensuel s’élève à 651,69 € pour une personne seule sans enfant et à 977,54 € pour un couple sans enfant.

De ce montant se déduisent les ressources du foyer sur les trois mois précédents et un forfait logement de 78,20 € pour une personne seule si vous percevez une aide au logement ou n’avez pas de charge de logement. Notre calculateur de RSA tient compte de ces déductions.

Depuis le 1er janvier 2025, en application de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi, tous les bénéficiaires du RSA sont inscrits automatiquement sur la liste des demandeurs d’emploi, et selon les cas leur conjoint également. Un contrat d’engagement remplace l’ancien contrat d’engagement réciproque.

Ce contrat prévoit un principe de quinze heures d’activité hebdomadaires. Ce ne sont pas quinze heures de travail rémunéré : formation, immersion en entreprise, ateliers et démarches administratives comptent dans le volume. La durée peut être réduite, et certaines situations en dispensent, notamment un problème de santé, un handicap, ou le fait d’être parent isolé sans solution de garde pour un enfant de moins de douze ans.

La prime d’activité dès que vous reprenez une activité

La prime d’activité complète les revenus professionnels modestes, salariés comme indépendants. Son montant forfaitaire de base est de 638,28 € par mois pour une personne seule sans personne à charge depuis le 1er avril 2026, auquel s’ajoutent une fraction des revenus d’activité et une bonification individuelle.

La bonification a été réformée en 2026 : elle augmente progressivement pour les personnes dont les revenus se situent entre le Smic, soit 1 442,40 €, et 1,15 Smic, soit 1 698,78 €, d’après la Caf. Le plafond de ressources a été relevé, ce qui rend éligibles des foyers qui ne l’étaient pas.

La prime se demande à la Caf ou à la MSA et se déclare tous les trimestres. Elle n’est pas versée si son montant calculé est inférieur à 15 €. Notre calculateur de prime d’activité vous indique si le seuil est franchi dans votre cas.

Entrer en formation change le calcul

Une formation validée par France Travail ouvre une rémunération propre, qui ne dépend pas du fait que vos droits à l’ARE soient épuisés. Un demandeur d’emploi non indemnisé qui entre en formation à temps plein perçoit la rémunération de formation de France Travail, dont le montant de référence 2026 est de 775,65 € par mois. Il varie selon l’âge, l’activité antérieure, la nature et la durée de la formation.

Si vos droits s’épuisent alors que vous êtes déjà en formation et indemnisé, c’est la rémunération de fin de formation qui prend le relais jusqu’au terme du parcours, plafonnée elle aussi à 775,65 € par mois en 2026. Entrer en formation avant l’échéance de vos droits, plutôt qu’après, change donc l’allocation qui vous sera versée pendant les mois suivants.

La participation obligatoire de 150 € instaurée pour le compte personnel de formation par le décret n° 2026-234 du 30 mars 2026 ne s’applique pas aux demandeurs d’emploi, qui en sont exemptés.

ASS ou RSA : l’arbitrage que personne ne vous expliquera

Ces deux allocations ne se valent pas, et le réflexe consistant à demander le RSA parce qu’il est plus connu coûte cher à qui remplit les conditions de l’ASS.

Le premier écart tient au plafond de ressources. Le RSA est un différentiel calculé sur un forfait de 651,69 € pour une personne seule, avec le revenu du conjoint intégré. L’ASS retient un plafond de 1 363,60 € pour une personne seule et de 2 142,80 € pour un couple. Un demandeur d’emploi vivant avec un conjoint qui gagne un salaire ordinaire n’aura droit à aucun RSA, mais peut percevoir l’ASS.

Le second écart est invisible sur le relevé bancaire et se paiera dans vingt ans. Les périodes de chômage indemnisé, ASS comprise, valident un trimestre de retraite par tranche de 50 jours indemnisés, dans la limite de quatre trimestres par année civile. Une année passée au seul RSA n’en valide aucun. À montant mensuel presque équivalent, deux ans d’ASS et deux ans de RSA ne produisent pas la même retraite.