Salaire et revenu d’un vigneron en 2026 : exploitant et salarié de cave

Un vigneron installé n’a pas de fiche de paie : son revenu est le résultat de son domaine, qui varie de plus de dix fois selon les domaines. En 2022, l’Insee comptait 2 970 € par mois en moyenne chez les indépendants de la viticulture. Le salarié d’une cave démarre, lui, au SMIC de 1 867,02 € brut en 2026. Voici les chiffres publiés, sans estimation.

2 970 €revenu d’activité mensuel moyen des indépendants de la viticulture en 2022, micro-BA compris (Insee)
3 340 €revenu médian mensuel hors micro-BA en viticulture en 2022, avec un dixième des exploitants sous 720 € (Insee)
1 867,02 €brut mensuel du premier niveau de la grille salariale agricole, égal au SMIC de juin 2026

Vigneron indépendant : un revenu qui dépend du domaine

Un vigneron qui cultive, vinifie et vend son vin n’est pas payé : il dégage un résultat, après avoir couvert la vigne, la cave, le matériel, les emballages et ses cotisations. Deux sources publiques donnent des repères, avec des périmètres différents. Aucune ne distingue les vignerons qui mettent en bouteille de ceux qui livrent leur raisin.

La première est l’Insee, qui suit les non-salariés agricoles. Pour 2022, le revenu d’activité mensuel des indépendants classés en viticulture est de 3 970 € hors micro-BA et de 1 000 € en micro-BA, soit 2 970 € en moyenne. Les revenus nuls concernent 15,1 % d’entre eux. Hors micro-BA, la médiane est de 3 340 €, le premier décile de 720 € et le neuvième de 9 860 € : le dixième le mieux payé gagne plus de treize fois le dixième le moins bien loti.

Mesure Insee, viticulture, 2022Revenu mensuel
Moyenne hors micro-BA3 970 €
Moyenne en micro-BA1 000 €
Moyenne, ensemble2 970 €
Médiane hors micro-BA3 340 €
1er décile hors micro-BA720 €
9e décile hors micro-BA9 860 €
Source : Insee Références, Emploi et revenus des indépendants, édition 2025, base Non-salariés 2022. Revenus d’activité avant impôt sur le revenu, sans distinction entre vinification et livraison à une coopérative.

La seconde est le réseau d’information comptable agricole d’Agreste (RICA). En 2024, le résultat courant avant impôts de la viticulture s’établit à 37,96 k€ par exploitation et à 29,68 k€ par actif non salarié, soit environ 2 473 € par mois par actif, avant cotisations et impôt, selon le RICA 2024 publié en janvier 2026. L’écart avec l’Insee tient au périmètre et à l’année, et ne signifie pas qu’une des deux mesures est fausse.

Le RICA ne donne aucun résultat par appellation, et aucun chiffre lu ne sépare un vigneron indépendant d’un coopérateur : les repères ci-dessus sont des moyennes de la viticulture entière. Pour le prix du vrac, la rémunération au raisin en coopérative ou la marge sur bouteille, aucune source publique n’a été trouvée : ne retenez pas de chiffre qui n’en cite pas.

Statut, cotisations MSA et micro-BA

Le vigneron exploitant est chef d’exploitation à la MSA. Depuis le 1er janvier 2026, ses cotisations reposent sur une assiette sociale unique avec un abattement de 26 % (Web-agri). Le barème 2026 de la MSA retient une retraite de base de 17,15 % jusqu’au plafond de la sécurité sociale, une CSG de 9,2 % et une CRDS de 0,5 %.

Le régime fiscal dépend des recettes. Le micro-BA s’applique quand les recettes hors taxes ne dépassent pas, en moyenne sur trois ans, 129 200 € pour 2026 à 2028, avec un abattement forfaitaire de 87 % (MSA). Exemple de calcul : 100 000 € de recettes donnent un bénéfice imposable de 13 000 €, quelles que soient les charges réelles. Au-delà du seuil, on passe au régime réel. Un vigneron qui achète du raisin ou du vin pour le revendre doit vérifier avec son centre de gestion comment classer cette activité : ce point n’a pas été vérifié à la source.

Attention au micro-BA et au vin en bouteille

Un abattement de 87 % ne se justifie que si vos charges réelles sont inférieures : cuverie, bouchons, bouteilles, cartons et étiquettes pèsent lourd dans une vente directe. Comparez le micro-BA et le réel avec un centre de gestion avant de choisir.

Salarié de domaine ou de cave : les grilles

La convention collective de la production agricole et des CUMA (IDCC 7024) fixe les minima des salariés des exploitations. Son avenant n° 11 du 2 juillet 2026 porte 12 niveaux, de 12,31 € à 24,45 € de l’heure, d’après la FDSEA 80. Multipliés par 151,67 heures, ils donnent des bruts mensuels dont le premier est le SMIC. L’extension de cet avenant n’a pas été vérifiée, et le niveau de chaque poste (ouvrier, chef de culture, maître de chai) n’a pas été établi.

Niveau IDCC 7024Taux horaireBrut mensuel
112,31 €1 867,02 €
312,57 €1 906,49 €
613,99 €2 121,86 €
917,07 €2 589,01 €
1224,45 €3 708,33 €
Source : avenant n° 11 du 2 juillet 2026 (FDSEA 80), brut = taux horaire x 151,67 h. Trouvez votre convention avec l’outil du site, car les caves coopératives et le négoce ont la leur.

Dans le négoce des vins, cidres et spiritueux (IDCC 493), utile pour un salarié d’une maison de négoce ou d’un vigneron-négociant, l’avenant n° 31 du 13 février 2026, étendu par arrêté du 4 mai 2026, fixe des minima de 1 844 € (niveau 1A) à 5 023 € (niveau 10A) brut par mois. Le niveau 1A est sous le SMIC : c’est le SMIC qui s’applique. Vérifiez votre convention avec le moteur de recherche du site. Le cas des caves coopératives, qui relèvent d’un autre texte, n’a pas été établi ici.

Primes, vendanges et heures supplémentaires

Les vendanges se font en majorité avec des contrats de saison. Un guide de paie privé, non recoupé, indique un contrat vendanges d’un mois maximum, dans la limite de deux mois sur douze, avec 10 % d’indemnité de congés payés et sans indemnité de fin de contrat (compara-paie.fr). L’employeur peut déclarer ces embauches par le titre emploi simplifié agricole de la MSA.

Les heures supplémentaires sont majorées de 25 % puis de 50 % (service-public.gouv.fr), soit 15,39 € puis 18,47 € l’heure au niveau 1 en 2026. Aucune source lue ne donne de prime de vendanges ou de forfait logement usuel : demandez ces éléments par écrit avant de signer.

Évolution selon l’expérience, le modèle et la région

La paie du salarié progresse par le niveau de classification, qui dépend du poste et de l’autonomie, et non par des échelons automatiques. Celle de l’exploitant dépend de la production et de la commercialisation. Aucune source publique lue ne fournit de salaire par région ou par appellation.

SituationRepèreAnnée
Salarié de domaine, niveau 11 867,02 € brut mensuel2026
Salarié de négoce, niveau 10A5 023 € brut mensuel2026
Exploitant en micro-BA1 000 € par mois en moyenne, avant impôt2022
Exploitant hors micro-BA, médiane3 340 € par mois, avant impôt2022
Sources : IDCC 7024 et IDCC 493, Insee. Un brut salarié et un revenu d’exploitant ne se comparent pas terme à terme.

Du brut au net

Pour un salarié, le net s’obtient en retirant environ 21 % de cotisations sous le plafond mensuel de 4 005 €. Le niveau 3 (1 906,49 € brut) donne ainsi environ 1 506,13 € net, et le SMIC (1 867,02 €) environ 1 474,94 €. Le niveau 12 (3 708,33 €) donne environ 2 929,58 €. Ce sont des calculs à taux forfaitaire : le calculateur de salaire brut en net affine selon votre situation.

Pour l’exploitant, il n’existe ni brut ni net : partez du résultat de l’exercice, retirez les cotisations MSA, puis l’impôt sur le revenu du foyer.

Comparaison avec les métiers proches

MétierRepèreSource
Viticulteur29,68 k€ par an et par actif, soit 2 473 € par mois avant cotisationsRICA 2024
Ouvrier agricole, niveau 31 906,49 € brut par moisIDCC 7024, 2026
Caviste, employé niveau 51 935,51 € brut par moisIDCC 3237, 2026
Agriculteur29 410 € par an et par actif, soit 2 451 € par mois avant cotisationsRICA 2024
Sources : Agreste RICA 2024 ; avenants de 2026 aux IDCC 7024 et 3237. Résultat d’exploitant avant cotisations et impôt, salaire en brut : ne les comparez pas comme deux salaires.

Vigneron : métier et formationVinification, appellations, bio, vente directe, œnotourisme et installation.Voir la fiche

Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner

Chez le vigneron, quatre leviers pèsent : l’appellation et son prix, la part vendue en bouteille plutôt qu’en vrac, la surface travaillée et l’année climatique. Chez le salarié, le niveau de classification et la convention comptent davantage que la région.

Pour négocier un poste, demandez le niveau de classification, la convention appliquée et le sort des heures supplémentaires de vendange. Pour un projet d’installation, faites établir un compte de résultat prévisionnel avec un centre de gestion et la chambre d’agriculture. Enfin, l’Agreste et l’Insee publient chaque année les revenus agricoles, et la MSA met son barème à jour en janvier.

Vous souhaitez vous reconvertir ou évoluer dans ce métier ?

Découvrez les formations disponibles près de chez vous et financez votre projet grâce au CPF.