Salaire sexologue en 2026 : médecin, psychologue et libéral

Aucune fiche de paie ne porte la ligne « sexologue ». Le médecin facture sous sa spécialité d’origine, le psychologue ou l’infirmier sous son propre statut, et seule la qualification s’ajoute au diplôme. Voici ce que touchent réellement ceux qui exercent cette activité, salariés comme indépendants, et pourquoi aucune moyenne nationale ne lui est propre.

83 600 €plafond annuel 2026 du régime micro-BNC, pour un sexologue non médecin en indépendant
160 361 €revenu net moyen de l’ensemble des médecins spécialistes libéraux en 2024
23,2 %de cotisations sociales pour un psychologue en micro-entreprise en 2026

Salarié dans un établissement de santé public

Un médecin sexologue salarié d’un hôpital, d’un CeGIDD ou d’un centre de planification suit la grille des praticiens hospitaliers, commune à toutes les spécialités médicales et non indexée sur le point de la fonction publique.

AnciennetéÉchelonBrut mensuel
0 an14 634 €
4 ans35 179 €
10 ans65 930 €
16 ans97 546 €
24 ans118 318 €
32 ans139 368 €
Source : arrêté du 29 juin 2023 modifiant l’arrêté du 8 juillet 2022 (grille des praticiens hospitaliers), en vigueur depuis le 1er juillet 2023, hors primes.

S’ajoutent une indemnité de 1 010 € par mois pour celui qui renonce à toute activité libérale (IESPE), et 422,03 € par garde complète. Un psychologue salarié dans le même établissement relève d’une autre grille, propre à son corps de catégorie A : elle culmine à l’indice majoré 826, soit 4 066,22 € brut par mois au point en vigueur depuis juillet 2023, avant primes. Ni l’une ni l’autre grille ne dépend de la qualification de sexologue.

Libéral : des honoraires qui suivent la profession de base, pas un tarif de sexologie

Aucune nomenclature ne prévoit de code d’acte pour une consultation de « sexologie ». Un médecin sexologue facture donc sa consultation comme n’importe quel médecin de sa spécialité : 30 € pour un généraliste conventionné en secteur 1 depuis la revalorisation du 22 décembre 2024, selon UFC-Que Choisir, ou un tarif libre s’il est passé en secteur 2.

Sur le revenu annuel, la Caisse autonome de retraite des médecins de France publie un revenu net d’activité indépendante moyen de 97 099 € pour un généraliste en 2024, et de 160 361 € en moyenne pour l’ensemble des spécialistes. La psychiatrie, discipline voisine par les patients reçus, ressort à 94 524 € et la gynécologie médicale et obstétricale à 105 131 €. Aucune de ces moyennes n’isole les praticiens qui ont ajouté le DIU de sexologie à leur exercice.

Le choix du secteur compte davantage que la sexologie elle-même. En secteur 1, les honoraires sont fixés par la convention médicale et intégralement remboursés dans le parcours de soins. En secteur 2, le médecin fixe un dépassement « avec tact et mesure », rarement précisé à l’avance, qui reste à la charge du patient ou de sa mutuelle : deux sexologues d’une même ville peuvent ainsi facturer des montants très différents pour une consultation équivalente, sans que l’un soit mieux formé que l’autre.

Les autres professions de santé habilitées à suivre le DIU, infirmier, sage-femme, kinésithérapeute, pharmacien ou psychomotricien, restent, pour leurs actes courants, dans la nomenclature de leur métier : une sage-femme facture sa consultation de sage-femme, un infirmier son acte infirmier. Dès que la séance porte sur la sexologie proprement dite, elle sort de cette nomenclature et devient un acte hors remboursement, au tarif libre, comme pour un psychologue.

Et pour un sexothérapeute non médecin ?

Un psychologue, un infirmier ou une sage-femme sexologue facture ses séances librement, sans remboursement de l’Assurance maladie ni tarif de référence. En micro-entreprise, un psychologue relève du régime Cipav, à 23,2 % de cotisations sur son chiffre d’affaires (25,4 % avec le versement libératoire), selon le service public de l’entreprise. Le dispositif « Mon soutien psy », qui plafonne une séance à 50 € pour un psychologue conventionné, concerne la souffrance psychique courante et ne vise pas spécifiquement les consultations de sexologie.

Primes, indemnités et variables

Les primes connues concernent le médecin salarié d’un établissement public.

ÉlémentMontantCondition
Indemnité d’engagement de service public exclusif (IESPE)1 010 € par moisRenoncement à toute activité libérale
Garde de 24 heures422,03 €Garde effectuée, en plus du repos compensateur
Source : arrêté du 22 décembre 2023 et grille des praticiens hospitaliers déjà citée, montants 2026.

En libéral, aucune prime n’existe à proprement parler : un médecin en secteur 2 peut fixer des honoraires plus élevés qu’en secteur 1, sans plafond réglementaire, mais sans garantie de remboursement renforcé pour le patient. Il n’y a pas non plus de treizième mois ni de participation : le revenu d’un indépendant correspond strictement à ce qu’il facture, moins ses charges et ses périodes sans patient, par exemple pendant les vacances ou une formation continue.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

À l’hôpital, l’expérience se traduit par l’avancement d’échelon : un praticien hospitalier passe de 4 634 € brut mensuel en début de carrière à 9 368 € après 32 ans, toutes spécialités confondues, qu’il soit ou non sexologue. En libéral, la spécialisation pèse davantage : un médecin qui ajoute l’oncosexologie ou l’andrologie à sa pratique élargit sa patientèle sans que cela change le tarif de la consultation elle-même.

Aucune étude publique ne décompose le revenu d’un sexologue par région, à la différence d’autres professions de santé libérales suivies par leur caisse. Seule la variation déjà connue pour les médecins libéraux en général, plus élevée en Île-de-France et dans le sud qu’en zone rurale, donne un ordre de grandeur transposable.

La spécialisation joue un rôle plus net que la région. Un médecin ou un psychologue qui ajoute l’oncosexologie ou l’andrologie à son exercice se positionne sur une patientèle adressée par des services hospitaliers, souvent fidèle et régulière, ce qui stabilise le revenu dans le temps sans en augmenter le tarif unitaire. À l’inverse, un sexologue isolé, sans réseau de confrères pour l’adresser, dépend davantage du bouche-à-oreille et de sa visibilité sur les annuaires de santé.

Du brut au net

Prenons l’exemple d’un psychologue sexologue installé en micro-entreprise, qui facture 40 000 € de recettes dans l’année.

Ligne de calculMontant annuel
Recettes encaissées40 000,00 €
Cotisations sociales Cipav, 23,2 % des recettes– 9 280,00 €
Revenu net avant impôt30 720,00 €
Base imposable après abattement de 34 %26 400,00 €
Calcul Voilà le travail : taux Cipav 2026 du service public de l’entreprise, hors versement libératoire de l’impôt et hors mutuelle.

Un médecin salarié d’un hôpital public relève d’un calcul différent, proche de celui de tout fonctionnaire ou agent public : notre calculateur brut net de la fonction publique en donne un ordre de grandeur. Pour un indépendant en micro-entreprise, utilisez plutôt notre calculateur de charges d’auto-entrepreneur, qui applique le taux exact de votre activité.

Comparaison avec les métiers proches

Faute de statistique propre au sexologue, la comparaison se fait avec les professions de base les plus représentées.

MétierRevenu ou tarif de référence
Médecin généraliste libéral97 099 € net moyen, 2024
Psychiatre libéral94 524 € net moyen, 2024
Gynécologue médical et obstétrical, libéral105 131 € net moyen, 2024
Psychologue conventionné, par séance50 € plafonné, dispositif Mon soutien psy
Source : CARMF (RNAI 2024, médecins) et Assurance maladie (Mon soutien psy, psychologues). Aucune colonne « sexologue » n’existe dans ces données : la qualification ne change pas le revenu déclaré sous la profession de base.

Fiche métier sexologueMissions, formation, conditions de travail et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un sexologue

La qualification en sexologie ne fixe aucun tarif et ne déclenche aucune prime : elle élargit une patientèle sans changer la grille de la profession de base. Ce qui fait varier le revenu, c’est donc d’abord ce choix de départ, entre médecine et psychologie, puis le statut, salarié ou libéral.

Pour négocier un poste salarié, faites valoir le DU et le DIU comme une compétence rare plutôt que comme un motif de sursalaire automatique, puisqu’aucun texte ne le prévoit. En libéral, affichez des honoraires clairs dès la prise de rendez-vous : le patient qui découvre un tarif élevé une fois sur place, pour une consultation non remboursée, renonce souvent à revenir.

Avant de vous engager dans le coût du DU puis du DIU, calculez le temps qu’il faudra pour l’amortir : à raison d’une consultation par semaine facturée au tarif libre d’un psychologue, les 1 070 à 2 140 € de frais de formation se remboursent en quelques mois, mais seulement si la patientèle suit. Renseignez-vous auprès d’un confrère déjà installé localement avant de fixer votre propre tarif.

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