Salaire d’un infographiste en 2026 : agence, imprimerie, freelance

Deux infographistes du même âge peuvent être payés très différemment : l’un en agence de publicité sous convention, l’autre en imprimerie sous une grille industrielle, un troisième à son compte. Aucune source publique ne donne un salaire médian de l’infographiste. Cette page rassemble les minima conventionnels, une étude de marché et les limites de chaque chiffre.

28 à 35 k€brut annuel, infographiste de 2 à 5 ans d’expérience, Michael Page 2026
35 à 45 k€brut annuel, infographiste de 5 à 15 ans, Michael Page 2026
1 999 €brut mensuel minimum d’un technicien, convention de la publicité, 2026

Ces trois repères ne mesurent pas la même chose. Le premier et le deuxième viennent d’une étude de recrutement, le troisième est un plancher légal. Aucun ne dit ce que gagne un infographiste médian : l’APEC, qui publie des données sur les cadres, et Légifrance sont fermés aux robots, et nous n’avons pu lire ni Hays, ni Robert Half, ni Welcome to the Jungle sur ce métier. Aucun montant issu de ces sources n’est repris.

Ce que dit l’étude Michael Page 2026

L’étude de rémunérations 2026 du cabinet de recrutement Michael Page classe l’infographiste dans la rubrique « Design et création » de son chapitre Digital, marketing et communication (page 34). Les montants sont donnés en milliers d’euros, par tranche d’expérience ; l’unité ne figure pas dans le texte extrait, mais ces valeurs ne sont compatibles qu’avec un brut annuel. Le PDF que nous avons lu est une copie hébergée hors du site du cabinet.

ExpérienceBrut annuelBrut mensuel sur 12 mois
0 à 2 ans« 36 – 30 » (valeur incohérente)non retenu
2 à 5 ans28 à 35 k€2 333 à 2 917 €
5 à 15 ans35 à 45 k€2 917 à 3 750 €
Source : Michael Page, Étude de rémunérations 2026, page 34, ligne « Infographiste ». Division par 12 : calcul de la rédaction, l’étude ne dit pas si un treizième mois est inclus.

La valeur des moins de deux ans, « 36 – 30 », est probablement une faute de saisie dans le document : nous ne la corrigeons pas nous-mêmes et ne la citons pas. La page ne précise pas non plus si un variable est inclus. Certaines autres sections du même document écrivent « hors variable », pas celle-ci.

L’étude publie des coefficients régionaux, sans préciser leur base de calcul : Auvergne-Rhône-Alpes et Hauts-de-France, de -5 à -10 % ; Grand Est, de -5 à -15 % ; Centre-Val de Loire, Normandie et PACA, de -10 à -15 % ; Nouvelle-Aquitaine et Occitanie, de -10 à -20 % ; aucune valeur pour la Bretagne et les Pays de la Loire.

Salarié en agence : convention de la publicité et Syntec

Une agence de communication ou de publicité applique en général la convention de la publicité, IDCC 86. Ses minima, issus de l’avenant du 19 mars 2025 et applicables depuis le 1er juin 2026, sont de 1 999 à 2 252 € brut mensuel pour les quatre niveaux de techniciens, et de 2 448 à 4 142 € pour les cadres. Le détail figure sur la page salaire du graphiste. Le niveau de classement de l’infographiste n’est pas établi : la page du graphiste rapporte un classement en technicien d’après un résultat de recherche, non lu sur le texte de la convention.

Une agence web relève souvent de la convention Syntec (IDCC 1486) : l’accord du 26 juin 2024 fixe le minimum à 2 045 € pour la position ETAM 2.3 et à 2 135 € pour un cadre débutant. Ces chiffres sont ceux de la page salaire du développeur web. Retrouvez votre convention avec notre outil pour trouver sa convention collective.

Prépresse et imprimerie : la grille de la convention IDCC 184

Un infographiste PAO ou prépresse travaillant dans une imprimerie de labeur relève de la convention des imprimeries de labeur et industries graphiques, IDCC 184. L’accord du 6 janvier 2026 fixe des minima par niveau, applicables depuis le 1er avril 2026, pour 152 h 25 par mois. Nous n’avons pas trouvé dans quel niveau se classe un opérateur prépresse : cette annexe n’est lisible que sur Légifrance, bloqué. Le tableau donne donc la grille entière, sans affectation.

NiveauMinimum brut mensuelNiveauMinimum brut mensuel
VI A1 843 €IV A2 120 €
VI B1 859 €IV B2 232 €
V A1 873 €III A2 369 €
V B1 887 €III B3 010 €
V C1 949 €II3 613 €
I A4 401 €I B4 515 €
Source : accord du 6 janvier 2026 (extension au Journal officiel du 19 mars 2026 selon L’Officiel des métiers), Juristique et L’Officiel des métiers concordants. Brut, 152 h 25 par mois. VI A et VI B sont sous le SMIC de 1 867,02 € brut du 1er juin 2026 (VI B : 1 859 €).

Cette convention exclut les imprimeries spécialisées de journaux quotidiens : pour la presse quotidienne, le classement d’un infographiste n’est pas établi ici. La page salaire de l’imprimeur détaille la branche.

Secteur public

Dans une collectivité, un infographiste est souvent recruté comme technicien territorial de catégorie B, ou par contrat : la page salaire du graphiste donne la grille indiciaire complète et les fourchettes de contractuels. Ces éléments décrivent le graphiste territorial : nous n’avons pas de source propre à l’infographiste.

Freelance : artiste-auteur, micro-entreprise ou portage

Un infographiste indépendant doit d’abord déterminer si son activité relève du régime des artistes-auteurs. La Sécurité sociale des artistes-auteurs écrit que les créations graphiques sont éligibles, à l’inverse de la « composition mécanique non originale », du « calibrage de textes » et de « l’exécution de mises en page ». La réalisation technique n’est incluse que lorsqu’elle fait partie d’une conception créative complète. La même source exclut la direction artistique, comme l’a établi la fiche directeur artistique.

Ce que cela donne en revenus n’est mesuré que pour les graphistes. Le ministère de la Culture (DEPS, 2023) compte 20 270 graphistes affiliés, avec un revenu artistique moyen de 18 300 € et médian de 8 300 € par an, revenus nuls compris. Ces chiffres décrivent les seuls affiliés, dont 45 % ont un autre revenu d’activité : ils ne sont pas un revenu d’infographiste à temps plein.

Hors du régime, l’activité se déclare en micro-entreprise. Les cotisations sont de 25,6 % du chiffre d’affaires pour les prestations relevant des BNC non réglementées en 2026. La catégorie de l’infographie (BNC ou BIC) n’est pas tranchée par les sources lues : l’Urssaf répond au cas par cas. Aucun tarif journalier propre à l’infographiste n’a pu être vérifié : le baromètre Malt est fermé aux robots, et ses valeurs pour le graphiste (402 € en moyenne) ne sont pas transposables.

Primes, indemnités et variables

La prime d’ancienneté de la convention de la publicité va de 3 % à trois ans à 15 % à partir de quinze ans, pour les employés et techniciens, et les cadres en sont exclus (Salerya, recoupé par convention.fr). Pour l’IDCC 184, nous n’avons pas vérifié l’existence d’une prime équivalente : ne la supposez pas. Treizième mois et primes sur objectifs dépendent de l’employeur.

Un technicien aux 35 heures qui dépasse son horaire est payé en heures supplémentaires, utile aux périodes de bouclage. La participation aux résultats est obligatoire dès 50 salariés. L’allocation de télétravail est exonérée jusqu’à 2,70 € par jour et 59,40 € par mois en 2026 (service-public).

Évolution selon l’expérience, la spécialité et la région

Ligne Michael Page 20260 à 2 ans2 à 5 ans5 à 15 ans
Infographistevaleur incohérente28 à 35 k€35 à 45 k€
Coordinateur packaging26 à 32 k€30 à 40 k€40 à 50 k€
Chef de projet print30 à 35 k€35 à 40 k€40 à 50 k€
Source : Michael Page, Étude de rémunérations 2026, page 34, brut annuel en k€.

Entre la tranche 2 à 5 ans et celle de 5 à 15 ans, l’infographiste gagne 7 k€ sur le bas de fourchette et 10 k€ sur le haut. Les postes voisins qui coordonnent, chef de projet print ou coordinateur packaging, atteignent 50 k€ en haut de fourchette après cinq ans, soit 5 k€ de plus.

La région compte aussi : en Occitanie, le coefficient de -10 à -20 % ramènerait 28 à 35 k€ à environ 22 à 31 k€ (calcul de la rédaction, base de l’étude non précisée).

Du brut au net

Prenons un infographiste payé 35 k€ brut par an, soit 2 917 € brut par mois sur 12 mois, tranche haute des 2 à 5 ans. Les cotisations salariales sont de 21,00 % sous le plafond mensuel de 4 005 €, cadre ou non-cadre à 0,024 % près. Le net avant impôt est d’environ 2 300 € par mois (2 917 × 0,79 = 2 304 €), hors prélèvement à la source et mutuelle.

Notre calculateur brut en net refait le calcul avec vos chiffres. En micro-entreprise, le calculateur de charges applique le taux du chiffre d’affaires.

Comparaison avec les métiers proches

Métier0 à 2 ans2 à 5 ans5 à 15 ans
Infographistevaleur incohérente28 à 35 k€35 à 45 k€
Webdesigner, motion designer28 à 34 k€32 à 40 k€40 à 50 k€
UX designer38 à 45 k€45 à 60 k€55 à 80 k€
UI designer32 à 38 k€35 à 45 k€45 à 60 k€
Directeur artistique38 à 45 k€45 à 55 k€55 à 70 k€
Source : Michael Page, Étude de rémunérations 2026, page 34, brut annuel en k€.

À expérience égale, l’infographiste se situe sous le webdesigner dès deux ans, et loin sous l’UX designer et le directeur artistique. Passer par le webdesign, l’UX ou la direction artistique est donc le levier le plus net. Pour la 3D et l’illustration, voir les pages animateur 3D et illustrateur.

Infographiste : le métierMissions, formations, débouchés et évolutions.Voir la fiche

Ce qui fait varier la paie et comment négocier

Trois éléments pèsent plus que le titre : la convention de l’employeur, la région et la spécialité. Un même profil vaut plus dans une agence web parisienne que dans une imprimerie de province. Avant d’accepter une offre, demandez le niveau ou le coefficient de classement, l’ancienneté reprise et la part de variable.

Pour négocier, appuyez-vous sur des références lues : le minimum de la convention, la fourchette de l’étude Michael Page pour votre tranche d’expérience et une compétence rare, comme le motion design ou l’intégration web. Pour aller plus loin, consultez la page salaire du graphiste, qui détaille la grille territoriale et les revenus d’artiste-auteur.

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