Salaire d’un développeur web en 2026 : Syntec, études et TJM

Un technicien de niveau ETAM en agence sous convention Syntec ne peut pas gagner moins de 2 045 € brut par mois, un freelance front-end facture 536 € par jour en moyenne, et l’APEC situe un développeur entre 34 000 et 53 000 € brut par an. Ces trois repères ne mesurent pas la même chose : voici comment les lire pour situer une offre en 2026.

Développeur web travaillant sur du code
2 135 €brut mensuel minimum d’un cadre débutant, convention Syntec, 2026
43 000 €brut annuel moyen d’un développeur, fourchette de 34 000 à 53 000 €, APEC 2025
536 €tarif journalier moyen d’un développeur front-end freelance, Malt 2026

Le développeur web est une spécialité du développeur, dont la page salaire détaille la grille générale. Les études publiques regroupent rarement le web à part : nous précisons chaque fois si un chiffre couvre tous les développeurs ou seulement une spécialité web.

Agence web ou ESN : les minima de la convention Syntec

La plupart des agences web et des ESN relèvent de la convention des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseils, dite Syntec, IDCC 1486. Une agence peut relever d’une autre convention selon son activité : le numéro figure sur la fiche de paie, et notre outil pour trouver sa convention collective le retrouve à partir du nom de l’employeur.

Les minima viennent de l’accord du 26 juin 2024, étendu le 8 novembre 2024, applicable depuis le 1er janvier 2025 et toujours en vigueur en septembre 2026. Les positions ETAM 1.1 et 1.2, à 1 815 € et 1 845 €, sont passées sous le SMIC de 1 867,02 € brut du 1er juin 2026, qui s’applique alors. Voici les positions que rencontre un développeur web :

CatégoriePositionCoefficientMinimum brut mensuelSoit sur 12 mois
ETAM2.33552 045 €24 540 €
ETAM3.14002 185 €26 220 €
ETAM3.35002 490 €29 880 €
Cadre1.1952 135 €25 620 €
Cadre2.11152 530 €30 360 €
Cadre2.31503 275 €39 300 €
Cadre3.11703 650 €43 800 €
Source : accord du 26 juin 2024 relatif aux salaires minimaux, IDCC 1486, étendu par arrêté du 8 novembre 2024, applicable au 1er janvier 2025. Brut, temps plein, hors prime de vacances.

Le minimum n’est pas le salaire réel. Un titulaire du titre professionnel de niveau 5 ou d’un BTS commence souvent en ETAM, un bac + 3 ou plus en cadre, mais la position dépend des fonctions exercées. Au forfait de 38 h 30 par semaine, un cadre doit toucher au moins le plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 € en 2026, ce qui relève l’embauche d’un cadre bien au-dessus du minimum de sa position.

Éditeur, start-up, entreprise : ce que disent les études

Les études ne mesurent pas la même population, et leurs chiffres divergent pour cette raison. Pour le développeur, l’APEC en 2025, citée par Le Monde Informatique le 22 décembre 2025, donne une fourchette de 34 000 à 53 000 € brut par an et une moyenne de 43 000 €. La CCI Paris présente ces mêmes chiffres comme la fourchette de 80 % des rémunérations proposées : il s’agit donc plutôt de salaires d’embauche que de salaires en poste.

Pour les cadres du développement déjà en poste, la médiane grimpe à 50 000 € brut par an, avec 4 000 € de variable, d’après la même étude. L’écart s’explique probablement par la population : la médiane porte sur des cadres en poste, souvent installés depuis plusieurs années, et sur tous les développeurs, pas seulement le web.

Côté recrutement, Hays France situe en 2024 le junior full-stack autour de 40 000 € brut par an, l’expérimenté de deux à cinq ans entre 45 000 et 60 000 €, et le senior jusqu’à 65 000 € et plus, notamment en Île-de-France. Le baromètre de WeLoveDevs, mis à jour en août 2026, donne 40 000 € de médiane pour un développeur web, mais sur les prétentions de plus de 20 000 candidats inscrits, pas sur des salaires versés.

En freelance : du tarif journalier au revenu

La grille 2026 de Malt donne, pour les développeurs, un tarif journalier moyen de 578 € en full-stack, 563 € en back-end, 552 € en mobile et 537 € en front-end, la page dédiée au front-end affichant 536 €. Le développeur WordPress, plus accessible aux débutants, tombe à 441 €. Ce sont les tarifs affichés par les freelances actifs, pas des sommes encaissées.

Un tarif ne se multiplie pas par 218 jours : prospection, gestion, congés et périodes creuses en retirent une part. Prenons 150 jours facturés par an, soit douze à treize par mois. À 536 €, le chiffre d’affaires atteint 80 400 € hors taxes, sous le plafond de 83 600 € du régime micro. À 441 €, tarif WordPress, il atteint 66 150 €.

En micro-entreprise, activité libérale non réglementée, le freelance paie 25,6 % de cotisations sociales et 0,2 % de contribution à la formation. Il lui reste 59 657 € par an sur 80 400 €, soit environ 4 970 € par mois, et 49 083 € sur 66 150 €, soit environ 4 090 € par mois, avant impôt, matériel, assurance et comptabilité, sans congés payés ni chômage de salarié. Testez vos chiffres avec notre simulateur de charges d’auto-entrepreneur.

En portage salarial, une société de portage vous salarie et prélève des frais de gestion dont le taux varie selon les sociétés : le revenu net est inférieur à celui de la micro-entreprise, en échange de la protection d’un salarié (assurance chômage, retraite complémentaire, congés payés). Notre simulateur de portage salarial chiffre votre cas selon votre tarif et votre nombre de jours.

Primes, indemnités et variables

La part variable reste minoritaire : selon l’APEC, 34 % des cadres du développement en perçoivent une, pour un montant médian de 3 000 € par an. La convention Syntec impose une prime de vacances d’au moins 10 % de la masse des indemnités de congés payés, et d’autres primes de l’année peuvent en tenir lieu.

Dès 50 salariés, la participation aux résultats est obligatoire. Le télétravail peut ouvrir droit à une allocation exonérée jusqu’à 2,70 € par jour et 59,40 € par mois en 2026, sans accord collectif. Au-delà de 35 heures, un développeur non cadre est payé en heures supplémentaires, et une astreinte de production ouvre droit à une contrepartie.

Évolution selon l’expérience et la spécialité

CritèreTrancheMontant
Expérience, full-stack salarié (Hays 2024, brut annuel)0 à 2 ansenviron 40 000 €
Expérience, full-stack salarié2 à 5 ans45 000 à 60 000 €
Expérience, full-stack salariéplus de 5 ansjusqu’à 65 000 € et plus
Expérience, front-end freelance (Malt 2026, tarif jour moyen)Débutant317 €
Expérience, front-end freelanceIntermédiaire435 €
Expérience, front-end freelanceExpérimenté576 €
Expérience, front-end freelanceExpert671 €
Spécialité, freelance (Malt 2026)WordPress441 €
Spécialité, freelanceFront-end537 €
Spécialité, freelanceBack-end563 €
Spécialité, freelanceFull-stack578 €
Sources : Hays France, article Développeur full stack, 2024 ; Malt, grille des tarifs 2026, consultée en septembre 2026. Niveaux d’expérience selon les catégories de Malt.

Un développeur full-stack passe du junior au senior d’environ 25 000 € par an en salariat, et un front-end freelance passe de 317 à 671 € par jour, soit un tarif multiplié par plus de deux. La spécialité pèse presque autant : 137 € par jour séparent un développeur WordPress d’un full-stack. Nous n’avons pas trouvé de source publique fiable donnant l’écart de salaire entre Paris et les régions pour le seul web.

Du brut au net

Un développeur cadre à 43 000 € brut par an, soit 3 583 € par mois, reste sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale de 4 005 € : il cotise 21 % et touche environ 2 831 € net avant impôt, mutuelle et prévoyance. Faites le calcul avec votre salaire dans le calculateur brut net cadre.

Un technicien ETAM en position 3.1, à 2 185 € brut, cotise environ 21 % et touche environ 1 727 € net. Le calculateur de salaire brut en net applique le même barème 2026. L’impôt sur le revenu est ensuite prélevé à la source.

Comparaison avec les métiers proches

MétierÉtat, moins de 5 ans d’expérienceÉtat, moins de 10 ans
Développeur44 200 à 57 200 €52 700 à 68 200 €
Chef de projet informatique (maîtrise d’œuvre SI)47 600 à 61 600 €57 800 à 74 800 €
Data engineer41 700 à 53 900 €51 000 à 66 000 €
DevOps (ingénieur)46 800 à 60 500 €52 700 à 68 200 €
Source : circulaire n° 6434-SG du 3 janvier 2024, référentiel de rémunération des contractuels du numérique de l’État. Brut annuel, indemnité de résidence et part variable comprises. Le référentiel ne distingue pas le développeur web du développeur.

Le développeur web n’a pas de ligne distincte dans ces études : sa rémunération se lit dans la famille du développement. Dans le privé, l’APEC mesure une médiane de 50 000 € pour cette famille. À l’État, le référentiel place le développeur juste sous le chef de projet et au-dessus du data engineer en début de carrière, et un contractuel de moins de cinq ans y touche 44 200 à 57 200 € brut annuels.

Fiche métier développeur webMissions, front-end, back-end et full-stack, formations, emploi et évolutions.Voir la fiche

Ce qui fait varier la paie d’un développeur web

Avant de négocier, demandez par écrit votre position, votre coefficient et votre modalité de temps de travail : ils fixent un plancher opposable. Un cadre payé sous le plafond de la Sécurité sociale ne relève pas du forfait de 38 h 30, selon un arrêt de la Cour de cassation du 4 novembre 2015, et peut réclamer ses heures supplémentaires.

Comparez ce qui se compare. Une offre d’agence se lit face à la fourchette de l’APEC pour le développeur (43 000 € de moyenne), pas face à la médiane de 50 000 € des cadres en poste. Une mission freelance se juge sur les jours réellement facturés, après cotisations. Pour un même profil, le CMS maîtrisé pèse lourd : un développeur WordPress facture nettement moins qu’un full-stack, mais trouve aussi plus de petites missions.

Ces repères datent vite. L’APEC renouvelle ses études chaque fin d’année, l’accord Syntec prévoit un examen des minima au plus tard le 30 juin, et Malt actualise ses tarifs avec ceux de ses membres. Avant un entretien, vérifiez la date de l’accord ou de l’étude que vous citez.

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