Chasseur alpin : missions, formation montagne et salaire 2026
Le chasseur alpin sert dans les troupes de montagne de l’armée de Terre, affecté à l’un des trois bataillons de la 27e brigade d’infanterie de montagne. Il combat, se déplace et survit en haute altitude, l’été comme en plein hiver, après une formation complémentaire à l’École militaire de haute montagne de Chamonix. Voici ce qui distingue ce militaire du rang ou sous-officier de la troupe de l’armée de Terre généraliste.
Ce que fait un chasseur alpin
Le chasseur alpin appartient aux troupes de montagne de l’armée de Terre, la composante de l’infanterie française formée et équipée pour combattre en relief escarpé et en conditions climatiques extrêmes. Il sert dans l’un des trois bataillons de chasseurs alpins, le 7e, le 13e ou le 27e BCA, qui forment avec d’autres unités la 27e brigade d’infanterie de montagne (27e BIM), présentée par le ministère des Armées comme une « brigade d’urgence de montagne » subordonnée à la 1re division, selon le site du ministère des Armées.
L’appellation remonte à la loi du 24 décembre 1888, qui réorganise les bataillons de chasseurs à pied pour créer des unités spécialisées en montagne : douze bataillons sur les trente alors existants sont affectés à la défense des Alpes, sur un projet rédigé par le colonel Paul Arvers, selon un article du site Chemins de mémoire du ministère des Armées. Plus d’un siècle plus tard, la mission reste la même : pouvoir s’engager là où un régiment de plaine ne le peut pas.
Autour des trois bataillons d’infanterie gravitent des unités d’appui propres à la 27e BIM : le 4e régiment de chasseurs, à Gap, pour la composante blindée, le 93e régiment d’artillerie de montagne, à Varces, et le 2e régiment étranger de génie. En février 2025, la brigade a coorganisé à Grenoble le premier sommet international des troupes de montagne, qui a réuni une centaine de représentants de gouvernements étrangers, selon le ministère des Armées.
Les compétences attendues
La condition physique est le socle du métier : porter un sac de plusieurs dizaines de kilos en pente raide, parfois en raquettes ou à ski, encaisser des nuits en bivouac par grand froid. L’École militaire de haute montagne (EMHM), installée à Chamonix depuis 1932, a pour mission de diffuser dans toute l’armée de Terre les savoir-faire propres aux zones froides, selon le ministère des Armées.
Les techniques de montagne s’apprennent et se certifient : encordement, lecture du terrain avalancheux, ski de randonnée militaire, survie par grand froid, jusqu’à -21 degrés selon le seuil retenu par l’armée de Terre pour ses exercices. Un chasseur alpin confirmé peut viser le brevet d’alpiniste militaire (BAM, volet été) puis le brevet de skieur militaire (BSM, volet hiver), qui sanctionnent ensemble une compétence à servir en troupes de montagne à l’issue d’une formation spécifique, selon une réponse du ministère de la Défense à l’Assemblée nationale.
Vient enfin l’esprit de section, commun à toute l’infanterie : discipline collective, confiance dans le camarade de cordée, sang-froid quand une chute de pierres ou un départ de plaque change la situation en quelques secondes.
Devenir chasseur alpin
Le recrutement suit les mêmes voies que pour tout militaire du rang ou sous-officier de l’armée de Terre : engagement dès 17 ans et demi sans diplôme, ou avec le baccalauréat pour viser sous-officier. Notre fiche militaire détaille le passage par le CIRFA, les tests de sélection et les contrats : nous ne les répétons pas ici.
- S’engager comme militaire de l’armée de TerreMêmes sélections et contrats qu’un engagé volontaire classique, au CIRFA de votre département.
- Être affecté à un bataillon de chasseurs alpins7e, 13e ou 27e BCA, selon le classement de sortie de formation initiale et les places disponibles.
- Suivre un stage d’aguerrissement montagneAu Groupement d’aguerrissement montagne (GAM) de Modane, trois semaines de confrontation au terrain et au froid.
- Passer les brevets montagneBAM l’été, BSM l’hiver, délivrés par l’EMHM de Chamonix, avec remise à niveau périodique pour les conserver.
Pour un adulte en reconversion, la porte d’entrée reste celle du militaire du rang, sans diplôme requis jusqu’à 29 ans : la spécialité montagne s’acquiert après l’engagement, pas avant. À l’inverse, l’expérience acquise en troupes de montagne ouvre une passerelle rare vers le civil : le brevet d’État de guide de haute montagne a longtemps figuré parmi les qualifications reconnues par l’armée de Terre, un diplôme que prépare aussi notre fiche guide de montagne.
Où travailler et dans quelles conditions
Les garnisons de la 27e BIM se répartissent sur cinq départements alpins : la Haute-Savoie, avec l’EMHM à Chamonix et le 27e BCA à Annecy, la Savoie, avec le 13e BCA à Barby et le GAM à Modane, l’Isère, où se trouvent l’état-major, le 7e BCA et le 93e RAM à Varces, et les Hautes-Alpes, avec le 4e RCh à Gap. Comme tout militaire, le chasseur alpin peut aussi être projeté en opération extérieure, hors du massif alpin.
Le rythme alterne les semaines de garnison, les stages de qualification et les exercices hivernaux en haute altitude, où le froid descend bien en dessous de -20 degrés. L’isolement et le relief exposent à des risques spécifiques, avalanche, chute, hypothermie, en plus des risques communs à toute l’infanterie.
Ce qui plaît
- La montagne comme terrain de travail, été comme hiver.
- Des brevets rares : ski et alpinisme militaires, reconnus jusque dans la vie civile.
- Un esprit de corps fort, propre aux troupes de montagne depuis 1888.
- Une formation payée, vers un métier civil de guide pour les plus qualifiés.
Ce qui pèse
- Le froid extrême, en exercice comme en opération.
- Les risques propres à la montagne, avalanche et chute en tête.
- L’affectation au bataillon, non choisie à la sortie d’école.
- Le statut militaire : pas de grève, mobilité et absences imposées.
Combien gagne un chasseur alpin
La solde de base d’un chasseur alpin est identique à celle de tout militaire de l’armée de Terre : même grille indiciaire, par grade et échelon, avec le même point d’indice que les fonctionnaires. Ce qui change, c’est une prime propre aux qualifications montagne, versée en plus de la solde à ceux qui détiennent un brevet reconnu et servent dans une unité de montagne.
Cette prime a longtemps porté le nom de prime de technicité de haute montagne (PTHM), créée en 2019 avec trois niveaux selon le brevet détenu. Le texte qui l’a instituée a toutefois été abrogé en 2023 et remplacé par un segment « haute montagne » d’une prime plus large, la prime de compétences spécifiques des militaires. Notre page salaire détaille ce que l’on sait, et ce qui reste introuvable, sur son montant actuel.
Emploi et débouchés
Les unités du ministère des Armées des territoires alpins comptaient un peu plus de 8 000 personnels sur leurs différents sites en 2020, pour l’essentiel rattachés à la 27e BIM, selon un dossier de l’Insee Auvergne-Rhône-Alpes publié le 14 novembre 2024 avec le ministère des Armées. En intégrant les familles et les emplois indirects et induits dans l’économie locale, la présence militaire dans les Alpes concerne 22 070 personnes et génère 10 900 emplois.
Aucune statistique publique ne détaille le recrutement propre aux trois bataillons de chasseurs alpins, à la différence du chiffre global de l’armée de Terre, plus de 10 000 recrutements par an selon France Travail, déjà cité dans notre fiche militaire. La demande de formation en milieu montagnard dépasse en revanche la capacité d’accueil du GAM de Modane depuis plusieurs années : une première extension, livrée en 2021 pour 0,3 million d’euros, a permis d’accueillir jusqu’à 40 stagiaires de plus, selon une réponse du ministère des Armées à l’Assemblée nationale.
Évolutions de carrière
L’avancement suit la même grille que tout militaire de l’armée de Terre : soldat, caporal, caporal-chef, puis sous-officier après un concours interne, une voie empruntée par environ 70 % des sous-officiers selon France Travail. Notre fiche militaire détaille cette progression grade par grade.
La spécialisation ajoute des paliers propres aux troupes de montagne : chef d’équipe, puis chef d’unité ou chef de détachement de haute montagne, des qualifications qui ouvraient droit à l’ancienne prime montagne. Au sommet de la filière se trouve le Groupe militaire de haute montagne (GMHM), une dizaine d’alpinistes de haut niveau basés à Chamonix au sein de l’EMHM, chargés de tester du matériel et des techniques pour l’ensemble des troupes de montagne, selon plusieurs sources concordantes sur son histoire depuis sa création en 1976.
Métiers proches
Ces métiers partagent l’uniforme, la montagne, ou les deux, avec des statuts et des missions différents.
Un métier rare dont la formation ne suit pas toujours la demande
La singularité du métier se lit dans un chiffre resté stable depuis 2010 : le Groupement d’aguerrissement montagne de Modane, seul site capable de délivrer ce stage à l’échelle de toute l’armée de Terre, accueille des groupes de stagiaires douze fois par an, sans que sa capacité d’accueil suive toujours la demande des régiments. Devenir chasseur alpin, c’est aussi intégrer une filière de formation volontairement rare, pas un simple poste parmi d’autres dans l’infanterie.
Le flou récent sur la prime montagne, abrogée en 2023 sans qu’un montant public et à jour soit facile à trouver, rappelle une règle utile pour tout candidat : demandez le détail de la solde et des primes au CIRFA au moment de signer, plutôt qu’à une source généraliste. La solde de base, elle, ne bouge pas d’un bataillon de plaine à un bataillon de chasseurs alpins : c’est l’environnement de travail qui change, pas la grille.
Vous souhaitez vous reconvertir ou évoluer dans ce métier ?
Découvrez les formations disponibles près de chez vous et financez votre projet grâce au CPF.

