Salaire chauffeur VTC en 2026 : revenus, minimum garanti et net
Trente-huit euros de chiffre d’affaires par heure en moyenne, mais combien reste-t-il le soir, une fois la commission, l’essence et les cotisations payées ? Le revenu d’un chauffeur VTC ne se lit pas comme une fiche de paie : il dépend du statut, de la plateforme et des heures d’attente. Voici les chiffres publics de 2026, le minimum garanti par l’accord de branche et un calcul du net.

Ces trois repères ne se comparent pas : le premier est un chiffre d’affaires avant frais, le deuxième une garantie versée par la plateforme, le troisième un salaire brut. Le revenu net d’un chauffeur indépendant se calcule en soustrayant ses charges, et aucune source publique récente n’en donne une moyenne établie.
Chauffeur indépendant sur les plateformes
Le service statistique du ministère des Transports (SDES) mesure un chiffre d’affaires horaire moyen de 38 € en septembre et octobre 2024, avant bonus et incitations versés par les plateformes. Pour 24 % des chauffeurs, il est inférieur à 30 €. Le SDES dénombre alors environ 71 300 chauffeurs actifs.
L’Autorité des relations sociales des plateformes d’emploi (ARPE) publie en avril 2026 les revenus par plateforme pour 2025. Ce sont des revenus bruts tels que transmis par les plateformes, calculés hors temps d’attente et hors pourboires : l’ARPE prévient qu’ils surestiment le revenu horaire réel, puisqu’un chauffeur n’est jamais en course en continu.
| Plateforme | Revenu moyen par course | Revenu horaire brut en course |
|---|---|---|
| Heetch | 15,60 € | 40,70 € |
| Bolt | 15,90 € | 44,30 € |
| Uber | environ 17 € | 47,60 € |
| FreeNow | 23 € | 55,60 € |
| Sixt Ride (premium) | 70,80 € | non repris ici |
Les plateformes ne publient pas de taux de commission unique. L’ancienne fiche du site citait 20 à 30 % sans source, ce qui est retiré. Un dossier de formation-vtc.pro évoque environ 25 % chez Uber et 20 % chez Bolt et FreeNow ; ce relais n’est pas recoupé par une source officielle.
Le minimum garanti de l’accord ARPE
Un accord de branche signé le 19 décembre 2023 par les organisations de chauffeurs et les plateformes garantit un revenu minimum par course et par heure, selon l’ARPE : 9 € par course, contre 7,65 € auparavant, 30 € par heure d’activité et 1 € par kilomètre parcouru. Le temps d’approche est désormais compté dans l’heure d’activité, et les garanties sont réexaminées tous les deux ans.
Les dates d’application diffèrent selon les sources. L’ARPE fait courir le minimum de 9 € par course du 1er février 2024, tandis que le SDES indique que le minimum de 30 € par heure est en vigueur depuis le 1er mai 2024 et inclut bonus et incitations. L’ARPE a homologué l’accord, ce qui l’étend à toute la branche, d’après une dépêche de l’AEF relayant le Journal officiel. Ces montants sont des revenus d’activité versés par la plateforme, avant commission et charges, non un salaire net.
Le net d’un chauffeur en micro-entreprise ou en société
La micro-entreprise applique un taux de cotisations sociales sur le chiffre d’affaires : 21,2 % pour les prestations de services commerciales en 2026, selon Service-public, catégorie que les guides de création attribuent au transport de personnes ; la confirmation par l’Urssaf n’a pas été lue. Le plafond de chiffre d’affaires est de 83 600 €. La TVA à 10 % s’applique au transport de personnes, mais un micro-entrepreneur n’en facture pas sous la franchise en base de 37 500 € (41 250 € au seuil majoré) selon les guides de gestion consultés.
En société (SASU, EURL), le chauffeur déduit ses frais réels, récupère la TVA sur ses achats et se rémunère librement, avec plus de comptabilité et de charges sociales. Aucune source publique n’établit le revenu net moyen d’un chauffeur VTC en 2026. L’étude de l’Insee sur 2016 donnait 570 € par mois pour les VTC, mais avant l’essor des plateformes. Un baromètre privé, celui d’INCOM (1 500 chauffeurs, 2026), avance 2 800 € net pour 50 heures par semaine : un ordre de grandeur non recoupé par une source publique, à manier avec précaution.
Chauffeur salarié d’une société de VTC
Un chauffeur employé par une société de VTC est un salarié comme un autre : contrat, fiche de paie, heures supplémentaires, protection sociale du régime général. Le salaire minimum ne peut pas descendre sous le SMIC de 1 867,02 € brut par mois (12,31 € de l’heure) depuis le 1er juin 2026.
La convention collective dépend de l’activité de l’employeur : la branche transport de voyageurs de la convention IDCC 16 est la plus souvent citée. Après l’avenant n° 120 du 27 novembre 2025, son minimum d’embauche serait de 1 884,80 € brut pour 151,67 heures, selon plusieurs relais dont Salerya, sans lecture du texte d’accord. Ce niveau est proche du plancher marchandises de 1 885,25 €, une autre grille de la même convention qui ne concerne pas ce métier. Pour identifier la convention de votre employeur, utilisez le moteur de recherche des conventions collectives.
Primes, pourboires et frais à déduire
Les revenus des plateformes ne comprennent pas les pourboires, que l’ARPE exclut de ses calculs. Les bonus et incitations des plateformes existent, et le SDES les prend en compte dans la garantie de 30 € par heure, mais leur montant moyen n’est pas publié.
Côté dépenses, le chauffeur indépendant supporte le carburant, l’assurance professionnelle, l’entretien, l’amortissement du véhicule et les cotisations. L’ancienne fiche indiquait une assurance de 1 500 à 3 000 € par an : ce chiffre n’a pas de source publique lue et n’est pas repris. Aucune moyenne publique de ces frais n’a été trouvée : elle dépend du véhicule, de la ville et du kilométrage.
Évolution selon la plateforme, la ville et la clientèle
Le revenu varie d’abord avec la plateforme et le positionnement : le tableau ARPE montre de 40,70 € à 55,60 € de l’heure en course chez les acteurs du grand public, et de 70,80 € par course chez Sixt Ride. La ville et le créneau comptent aussi : 69 % des courses partent d’Île-de-France selon le dossier de formation-vtc.pro relayant l’observatoire T3P.
| Situation | Repère chiffré | Nature |
|---|---|---|
| Salarié débutant | 1 867,02 € par mois | brut, SMIC 2026 |
| Indépendant, moyenne des plateformes | 38 € par heure | chiffre d’affaires, avant primes, 2024 |
| Indépendant, plateforme du grand public | 40,70 à 55,60 € par heure en course | brut, hors attente, 2025 |
| Indépendant, minimum garanti | 30 € par heure d’activité | revenu d’activité, accord ARPE |
Du brut au net
Pour un salarié, on retire environ 21 % de cotisations salariales sous le plafond mensuel de 4 005 € : 1 867,02 € brut donnent environ 1 475 € net avant impôt, et 1 884,80 € brut environ 1 489 €. Le calculateur brut en net affine ce résultat avec votre situation.
Pour un micro-entrepreneur, un exemple purement illustratif de la rédaction : 4 000 € de chiffre d’affaires par mois, soit environ 105 heures de course à 38 € de l’heure, donnent 848 € de cotisations à 21,2 %, donc 3 152 € avant frais de véhicule, carburant, assurance et impôt sur le revenu. Le calculateur de charges de l’auto-entrepreneur chiffre votre cas. Le plafond de 83 600 € par an équivaut à environ 6 970 € par mois.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier | Repère salarié | Nature |
|---|---|---|
| Chauffeur VTC | 1 867 € (SMIC) | brut mensuel, 2026 |
| Chauffeur de taxi | 1 865 à 1 897 € | brut mensuel, IDCC 2219, 2026 |
| Chauffeur de bus | 1 869 à 1 903 € | brut mensuel, IDCC 1424, 2026 |
Ces trois métiers se rejoignent au bas de l’échelle : le SMIC gomme la plupart des écarts de grille. La différence se joue ailleurs, dans le statut : le taxi et le VTC en indépendant portent leurs frais, le bus est salarié avec des primes d’ancienneté.
Ce qui fait vraiment varier la paie
Trois leviers dominent : le taux de commission et le prix des courses que la plateforme fixe, le nombre d’heures passées en course plutôt qu’en attente, et le poids des frais du véhicule. Un chauffeur qui compare ses courses net de commission et de carburant repère vite les créneaux et les plateformes rentables.
La négociation existe peu en solo, mais l’accord de branche fixe un plancher, et l’ARPE publie chaque année les revenus par plateforme : c’est la référence pour comparer. Pour vous renseigner, consultez le site de l’ARPE et les publications du SDES. Enfin, faites un vrai calcul de rentabilité horaire avant de vous lancer : c’est la seule façon de savoir combien vous gagnez vraiment.
Sommaire
- Chauffeur indépendant sur les plateformes
- Le minimum garanti de l’accord ARPE
- Le net d’un chauffeur en micro-entreprise ou en société
- Chauffeur salarié d’une société de VTC
- Primes, pourboires et frais à déduire
- Évolution selon la plateforme, la ville et la clientèle
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait vraiment varier la paie
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