Salaire chauffeur de taxi en 2026 : convention, artisan et net
Deux chauffeurs au volant du même modèle de berline peuvent gagner très différemment : l’un est salarié d’une société de taxi, l’autre est artisan et paie sa licence, son carburant et ses cotisations. Voici les minima 2026 de la convention des taxis, les tarifs de course plafonnés, ce que change le transport de patients et le calcul du net.

Salarié d’une société de taxi : la convention IDCC 2219
Les chauffeurs salariés relèvent de la convention collective nationale des taxis du 11 septembre 2001 (IDCC 2219), et non de celle des transports routiers (IDCC 16) qui couvre le fret et une partie du transport de voyageurs. Un accord de rémunérations du 28 avril 2026 a revalorisé la grille de 1,50 % en moyenne. Il s’impose à tous les employeurs du secteur depuis l’arrêté d’extension publié le 4 septembre 2026, selon le cabinet Dairia Avocats, et jusque-là aux seules entreprises adhérentes des organisations signataires.
La grille 2026 relevée par Juristique fixe trois niveaux pour un conducteur titulaire de la carte professionnelle. Les montants sont bruts mensuels, pour 35 heures hebdomadaires soit 151,67 heures par mois, sans primes.
| Niveau | Condition | Taux horaire brut | Brut mensuel |
|---|---|---|---|
| 1 | Débutant | 12,30 € | 1 865,43 € |
| 2 | 3 ans d’expérience | 12,40 € | 1 881,14 € |
| 3 | 5 ans d’expérience | 12,51 € | 1 897,00 € |
Le niveau 1 (1 865,43 €) est inférieur au SMIC de 1 867,02 € brut en vigueur depuis le 1er juin 2026. Le SMIC s’applique donc, et l’écart entre débutant et chauffeur confirmé est de l’ordre de 30 € par mois. La grille sert surtout de référence pour l’ancienneté.
Une source concurrente, convention.fr, affiche des taux plus bas : 12,11 €, 12,21 € et 12,32 € de l’heure. L’écart, d’environ 1,5 %, correspond à la revalorisation de 2026 : il s’agit probablement de la grille antérieure. Nous retenons la première, cohérente avec l’accord d’avril, en l’attente du texte de l’accord lui-même, que Légifrance ne permet pas de consulter par robot.
La convention prévoit deux modes de rémunération : un salaire horaire fixe ou un pourcentage des recettes, avec un minimum garanti au SMIC. Les synthèses de la convention indiquent une fourchette de 30 à 45 % des recettes, sans que nous ayons pu ouvrir le texte de référence : à traiter comme un ordre de grandeur, à confirmer sur le contrat de travail. La durée est de 35 heures sur cinq ou six jours, avec une amplitude quotidienne maximale de 12 heures, selon convention.fr. Pour vérifier la convention de votre employeur, utilisez le moteur de recherche de convention collective.
Artisan taxi : un chiffre d’affaires, pas un salaire
Un artisan taxi facture ses courses et supporte toutes les charges. Le tarif est plafonné chaque année par arrêté : celui du 24 décembre 2025, publié au Journal officiel le 31 décembre, autorise une hausse maximale de 1,38 % de la course type. Il fixe, selon Service-public.fr, une prise en charge d’au plus 4,48 €, un kilomètre à 1,30 €, une heure d’attente ou de marche lente à 42,15 € et un minimum de course de 8 €. Les préfets fixent les tarifs locaux dans ces plafonds, à appliquer au plus tard le 1er février 2026, avec une marge de deux mois pour régler les taximètres.
Un exemple de calcul : sur 15 km au tarif maximal de base, sans supplément, une course représente 4,48 + 15 × 1,30 = 23,98 € de chiffre d’affaires. C’est un plafond de calcul, pas un revenu : les majorations de nuit et de week-end et les forfaits d’aéroport, propres à chaque département, ne sont pas inclus.
Aucune statistique publique récente du revenu net des artisans taxis n’a été trouvée au moment de la rédaction. Les fourchettes de revenus qui circulent (de 2 000 à 4 500 € net par mois) viennent de sites de formation et de blogs, sans échantillon ni année précisés : nous ne les reprenons pas. L’Insee publie des revenus d’activité des non-salariés par secteur, à consulter pour un repère indépendant plutôt que de se fier à une promesse.
Les charges à déduire sont connues, sans montant commun à tous : carburant, assurance professionnelle, entretien et contrôle technique, abonnement à une centrale de réservation, taximètre et terminal de paiement, et cotisations sociales des indépendants. Pour évaluer un projet, le plus sûr est de demander à un artisan de la même ville ses charges réelles et le nombre d’heures d’activité.
Taxi conventionné : ce que change la réforme de 2025
Le taxi conventionné transporte des patients assis pour l’Assurance maladie. Les transports sanitaires ont coûté près de 6,74 milliards d’euros en 2024, dont 3,07 milliards pour les taxis conventionnés, selon la question n° 10036 à l’Assemblée nationale, qui rapporte aussi une progression de 45 % de la dépense en taxi depuis 2019 et jusqu’à 85 % du chiffre d’affaires de certains taxis ruraux issu de ces courses.
La convention-cadre nationale signée le 16 mai 2025 remplace les conventions départementales pour les règles communes. Elle s’applique depuis le 1er octobre 2025 avec une prise en charge de 13 €, puis un tarif kilométrique fixé par département. La même question parlementaire cite l’exemple d’un aller-retour rémunéré environ 240 € qui tomberait sous 120 €, et une perte de chiffre d’affaires de 25 à 30 % annoncée par la fédération nationale. Ce sont des estimations de l’organisation professionnelle : l’Assurance maladie défend au contraire un objectif d’économies, et d’autres sites évoquent des pertes de 15 à 20 %.
Retenez que le revenu d’un taxi conventionné dépend d’abord de la part de courses remboursées dans son activité et du tarif kilométrique de son département. Cette part dépasse la moitié du chiffre d’affaires pour beaucoup de taxis conventionnés, selon les organisations professionnelles.
Primes, indemnités et variables
Le salarié touche ce que son contrat prévoit : prime d’ancienneté, majorations pour le travail de nuit ou du dimanche, remboursement de frais. Nous n’avons pas trouvé de montants uniformes et fiables pour ces éléments dans la convention IDCC 2219, et nous n’en citons donc aucun : demandez la grille de votre employeur.
Le pourboire est libre et déclaré selon les règles fiscales du statut. L’artisan ajoute des recettes annexes : forfaits d’aéroport (par exemple 56 € et 65 € entre Roissy et Paris rive droite ou rive gauche selon le tarif 2026 de Service-public.fr), suppléments de réservation à Paris (4 € à la demande, 7 € à l’avance) et supplément de cinquième passager (5,50 €).
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
La progression du salarié est celle de la grille : trois niveaux liés à la carte professionnelle et à l’ancienneté. L’artisan progresse par son volume d’activité, sa clientèle et son territoire, pas par un échelon.
| Facteur | Effet sur les revenus | Donnée sourcée |
|---|---|---|
| Ancienneté du salarié | Trois niveaux de grille | 1 865 € à 1 897 € brut (IDCC 2219) |
| Transport conventionné | Plus de la moitié du chiffre d’affaires de beaucoup de taxis | Prise en charge 13 € depuis le 1er octobre 2025 |
| Zone rurale ou Île-de-France | Forte densité de taxis dans les deux cas | SDES, rapport 2026 |
| Aéroports et gares | Courses longues, forfaits à Paris | 56 € à 65 € Paris-Roissy, 36 € à 45 € Paris-Orly |
Du brut au net
Un salarié au SMIC de 1 867,02 € brut mensuel garde environ 1 475 € net avant impôt, en appliquant le taux moyen de cotisations salariales de 21,00 % sous le plafond mensuel de sécurité sociale de 4 005 €. Au minimum du niveau 3, 1 897,00 € brut donnent environ 1 499 € net avant impôt. Ces calculs sont approchés : le taux exact dépend de la complémentaire santé et de la prévoyance de l’employeur.
Pour un montant précis, utilisez le calculateur brut en net. L’artisan raisonne autrement : chiffre d’affaires, charges puis cotisations d’indépendant. Le calculateur de charges de micro-entrepreneur ne convient que s’il relève de ce régime, dont le plafond de chiffre d’affaires annuel est de 83 600 € pour les prestations de services en 2026.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier | Rémunération brute | Cadre |
|---|---|---|
| Chauffeur de taxi salarié | 1 867 à 1 897 € par mois | IDCC 2219, SMIC en 2026 |
| Chauffeur de bus | 1 869 à 1 903 € par mois | IDCC 1424, accord du 18 février 2026 |
| Chauffeur routier | 1 867 à 2 424 € par mois | IDCC 16, selon coefficient |
| Chauffeur-livreur | 12,09 à 12,43 € de l’heure | IDCC 16, accord du 11 octobre 2023, SMIC en pratique |
Le taxi salarié se situe au niveau du SMIC, comme beaucoup de métiers de la conduite. Ce qui le distingue est la possibilité de devenir artisan, pour le meilleur et pour le pire.
Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner
Trois éléments dominent : le statut, la part de transport de patients et le territoire. Avant de signer un contrat de salarié, demandez le mode de rémunération (horaire ou pourcentage), le nombre d’heures et la convention appliquée. Avant de racheter une autorisation, faites établir un compte de résultat par un expert-comptable et regardez le prix d’une ADS de l’année.
Pour vérifier les chiffres, consultez l’arrêté tarifaire annuel sur Service-public.fr, le rapport de l’Observatoire du SDES, la chambre de métiers de votre département et l’Insee. La fiche chauffeur VTC complète la comparaison pour ceux qui hésitent entre les deux statuts.
Sommaire
- Salarié d’une société de taxi : la convention IDCC 2219
- Artisan taxi : un chiffre d’affaires, pas un salaire
- Taxi conventionné : ce que change la réforme de 2025
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait varier la paie, et où se renseigner
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