Salaire pompier en 2026

Le sapeur-pompier volontaire ne touche pas un salaire mais une indemnité horaire, exonérée d’impôt, qui grimpe avec le grade et double presque la nuit. Le professionnel, lui, est un fonctionnaire rémunéré à l’indice, indemnité de feu comprise. Cette page détaille les deux régimes : grille horaire du volontaire, primes, fiscalité et repères de comparaison, en 2026.

8,71 €indemnité horaire nette du sapeur volontaire, depuis le 1er décembre 2025
13,11 €indemnité horaire nette d’un officier volontaire
0 €d’impôt sur le revenu dû sur ces indemnités, exonérées par la loi

L’indemnité horaire du sapeur-pompier volontaire

Le sapeur-pompier volontaire n’est pas salarié : il perçoit une vacation horaire, une indemnité fixée nationalement par grade et revalorisée par arrêté. Depuis le 1er décembre 2025, l’arrêté du 17 novembre 2025 fixe les montants suivants, identiques dans tous les départements.

GradeIndemnité horaire
Sapeur8,71 €
Caporal9,35 €
Sous-officier (sergent, adjudant)10,55 €
Officier13,11 €
Source : arrêté du 17 novembre 2025, en vigueur depuis le 1er décembre 2025.

Ces montants sont majorés de 100 % entre 22 heures et 7 heures et de 50 % les dimanches et jours fériés, sans cumul possible des deux majorations, selon l’article 3 du décret n° 2012-492 du 16 avril 2012. Un sapeur qui intervient une heure un dimanche soir à minuit touche ainsi 17,42 €, et non 8,71 € majorés deux fois.

Ces indemnités sont nettes et exonérées d’impôt sur le revenu, en application du 29° de l’article 81 du Code général des impôts, qui exonère les vacations horaires ainsi que l’allocation de vétérance et la prestation de fidélisation et de reconnaissance des sapeurs-pompiers volontaires. Elles ne sont pas non plus soumises aux cotisations sociales d’un salaire classique.

Le SDIS verse ces vacations chaque mois, au prorata des heures effectivement réalisées le mois précédent : intervention, garde postée, astreinte ou manœuvre. Les heures de formation continue donnent aussi lieu à une indemnisation, selon des règles fixées SDIS par SDIS, ce qui explique que deux volontaires du même grade, dans deux départements différents, puissent toucher des montants annuels très différents à activité comparable.

Un exemple de calcul sur une intervention

Un caporal volontaire qui effectue trois heures d’intervention un mardi après-midi touche 3 x 9,35 €, soit 28,05 €. La même durée d’intervention un samedi entre 23 heures et 2 heures du matin, où seule la majoration de nuit s’applique puisque le samedi n’est ni un dimanche ni un jour férié, porte le montant à 3 x 9,35 € x 2, soit 56,10 €. C’est la combinaison du grade, de l’heure et du jour qui détermine chaque ligne de la fiche de paie du volontaire, sans salaire de base fixe à côté.

Le sapeur-pompier professionnel, un régime de fonctionnaire

Le sapeur-pompier professionnel suit un régime entièrement différent, celui de la grille indiciaire de la fonction publique territoriale, avec une indemnité de feu qui représente un quart du traitement. Notre page salaire pompier professionnel détaille les grilles du sapeur au lieutenant, l’indemnité de feu et son effet sur la retraite, sans les reprendre ici.

La différence de nature compte plus que la différence de montant : le professionnel touche un revenu principal, calculé sur un temps plein, quand le volontaire perçoit un complément dont l’ampleur dépend entièrement du nombre d’heures qu’il choisit ou peut consacrer au SDIS. Comparer les deux montants heure pour heure a donc peu de sens : ce sont deux façons différentes de rémunérer un engagement.

Les militaires de la BSPP et du BMPM relèvent quant à eux d’une solde militaire, avec ses propres grilles, non traitées sur ce site.

Primes, indemnités et variables

Au-delà de l’indemnité horaire, le volontaire fidèle bénéficie de deux dispositifs spécifiques. La nouvelle prestation de fidélisation et de reconnaissance (NPFR), versée chaque année à partir de 55 ans après au moins 15 ans de service (10 ans en cas d’inaptitude opérationnelle reconnue médicalement), constitue un complément de revenu distinct de toute pension de retraite, cumulable avec d’autres ressources. L’allocation de vétérance, réservée aux engagements antérieurs à 2004, continue de bénéficier de la même exonération fiscale.

En cas d’accident ou de maladie contractée en service, le SDIS prend en charge les frais médicaux et verse, selon la gravité, une indemnisation pour incapacité temporaire ou une rente d’invalidité, dans un régime spécifique au volontariat, distinct du régime général de la sécurité sociale.

Ce régime protège aussi les proches : en cas de décès en service, une allocation de réversion revient au conjoint ou aux enfants. Le volontaire n’a pas non plus à choisir entre les deux systèmes : son emploi principal, salarié ou indépendant, continue de le couvrir pour tout ce qui ne relève pas d’une intervention ou d’une formation de sapeur-pompier.

Évolution selon le grade et les horaires

Pour un même volume d’heures, l’écart entre un sapeur et un officier volontaire dépasse 50 %. Les horaires d’intervention, imprévisibles par nature, font aussi varier la paie d’un mois à l’autre : une astreinte de nuit ou de dimanche rapporte le double du tarif de jour en semaine.

SituationIndemnité par heure
Sapeur, intervention de jour en semaine8,71 €
Sapeur, intervention de nuit ou un dimanche17,42 €
Officier, intervention de jour en semaine13,11 €
Officier, intervention de nuit ou un dimanche26,22 €
Calcul Voilà le travail : indemnité de base doublée la nuit ou le dimanche, majorations non cumulables, arrêté du 17 novembre 2025.

Aucune donnée nationale ne recense le volume horaire moyen effectué par un volontaire dans l’année : il dépend entièrement de sa disponibilité et des besoins du SDIS. Un volontaire très disponible peut cumuler plusieurs centaines d’heures par an, quand d’autres se limitent à quelques gardes ponctuelles.

Du brut au net

Pour le volontaire, la question ne se pose pas au sens classique : l’indemnité versée est déjà nette, sans retenue pour la retraite ni CSG-CRDS, et n’entre pas dans le revenu imposable. Elle diffère en cela de toute rémunération salariale ou de la fonction publique.

ÉlémentSapeur-pompier volontaireSapeur-pompier professionnel
Nature du versementIndemnité horaire (vacation)Traitement de fonctionnaire
Cotisations retraiteAucune sur l’indemnitéPension civile et retraite additionnelle
Impôt sur le revenuExonéré (art. 81, 29° du CGI)Imposable comme tout traitement
Comparaison des deux statuts, hors NPFR et indemnité de feu.

Le professionnel, fonctionnaire à part entière, cotise pour sa pension et paie l’impôt sur son traitement comme n’importe quel agent public. Notre calculateur brut net de la fonction publique donne un ordre de grandeur pour ce statut ; il ne s’applique pas à l’indemnité du volontaire.

Comparaison avec les métiers proches

Peu de statuts se comparent directement à celui du sapeur-pompier volontaire, rémunéré à la vacation plutôt qu’au salaire ou à l’indice. Le tableau ci-dessous situe les statuts professionnels voisins, débutants et hors primes spécifiques ; il ne reprend pas les montants détaillés dans les pages salaire de chaque métier, à consulter pour la grille complète.

MétierRémunération débutanteStatut
Sapeur-pompier volontaire8,71 € net de l’heure, hors majorationsEngagement citoyen, non salarié
Sapeur-pompier professionnelVoir la page dédiéeFonctionnaire territorial
Surveillant pénitentiaireVoir la page dédiéeFonctionnaire d’État
Rémunérations et statuts détaillés dans les pages salaire de chaque métier.

Fiche métier pompierStatuts, missions, formation et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qu’il faut retenir avant de s’engager

Le volontariat n’est pas pensé comme un revenu principal : son indemnité, même cumulée sur de nombreuses heures, ne remplace pas un salaire à temps plein. Sa vraie valeur tient à la NPFR pour les engagements longs et à l’expérience qu’il ouvre vers le statut professionnel sans concours après trois ans.

Un salarié qui envisage de devenir volontaire a intérêt à négocier une convention de disponibilité avec son employeur avant de signer son engagement, plutôt qu’après : elle fixe noir sur blanc le nombre d’absences tolérées et les conditions de maintien de salaire pendant les formations.

Pour estimer un revenu annuel, mieux vaut partir du nombre d’heures réalistement disponibles chaque mois, garde comprise, plutôt que du seul tarif horaire affiché : c’est ce volume, très variable d’un volontaire à l’autre, qui fait toute la différence sur l’année.

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