Salaire économiste de la construction en 2026 : grilles et primes

Combien gagne un économiste de la construction en 2026 ? La réponse dépend beaucoup du statut : technicien débutant dans un bureau d’études, cadre confirmé qui pilote les études de prix d’une entreprise générale, ou économiste indépendant qui facture ses missions à ses propres clients. Cette page détaille les grilles, les primes et le passage du brut au net selon chaque situation.

2 185 €brut mensuel minimum, débutant ETAM en bureau d’études technique, Syntec 2024
45 000 €brut annuel, milieu de fourchette pour un cadre après deux à cinq ans, Michael Page 2026
65 000 €brut annuel, haut de fourchette pour un cadre confirmé, Michael Page 2026

Fonction publique : la grille des ingénieurs territoriaux

Un économiste de la construction qui travaille pour une collectivité ou un service technique de l’État relève le plus souvent du cadre d’emplois des ingénieurs territoriaux, catégorie A, pour les postes à responsabilité, ou de celui des techniciens territoriaux pour les postes d’exécution. Le grade d’ingénieur comporte 10 échelons, fixés par le décret n° 2016-203 du 26 février 2016. Le brut mensuel s’obtient en multipliant l’indice majoré par la valeur du point.

Le point vaut 4,922783 € par mois depuis le 1er juillet 2023, sans revalorisation générale annoncée pour 2026 : c’est la valeur retenue au 1er septembre 2026.

ÉchelonDuréeIndice majoréBrut mensuel
118 mois3951 944,50 €
224 mois4242 087,26 €
324 mois4502 215,25 €
430 mois4832 377,70 €
536 mois5182 550,00 €
648 mois5452 682,92 €
748 mois5832 869,98 €
848 mois6153 027,51 €
948 mois6423 160,43 €
10Terminal6783 337,65 €
Durées du décret n° 2016-203 du 26 février 2016, relayées par rdvemploipublic.fr (Légifrance bloqué en lecture directe). Brut recalculé au point de 4,922783 €, en vigueur au 1er septembre 2026, hors primes et indemnité de résidence.

Pour un poste de technicien, sans encadrement, la grille territoriale va de l’indice majoré 373 à 592 selon les trois grades du cadre d’emplois, soit environ 1 836 à 2 915 € brut par mois au même point, hors primes. Les durées détaillées par échelon n’ont pas été retrouvées sur une source vérifiable, contrairement à celles du grade d’ingénieur.

Privé : les minima de la convention Syntec

En bureau d’études techniques indépendant, la convention la plus fréquente est celle des bureaux d’études techniques, cabinets d’ingénieurs-conseils et sociétés de conseils, dite Syntec, IDCC 1486. Un économiste salarié d’une entreprise de BTP relève en revanche de la convention du bâtiment, ETAM (IDCC 2609) ou cadres (IDCC 2420) selon son niveau : le numéro figure sur la fiche de paie, et notre outil pour trouver sa convention collective le retrouve à partir du nom de l’employeur.

Les minima Syntec viennent de l’accord du 26 juin 2024, étendu le 8 novembre 2024 et applicable depuis le 1er janvier 2025, sans accord plus récent étendu en septembre 2026.

CatégoriePositionCoefficientMinimum brut mensuel
ETAM2.33552 045 €
ETAM3.14002 185 €
ETAM3.24502 340 €
ETAM3.35002 490 €
Cadre1.1952 135 €
Cadre1.21002 240 €
Cadre2.11052 315 €
Cadre2.31503 275 €
Source : accord du 26 juin 2024 relatif aux salaires minimaux, IDCC 1486, étendu par arrêté du 8 novembre 2024, applicable au 1er janvier 2025. Brut, temps plein, hors prime de vacances.

Un technicien d’études de prix débute le plus souvent en position ETAM 2.3 ou 3.1. Le passage au statut de cadre dépend des fonctions réellement exercées, pas du seul diplôme : la position 2.1 suppose au moins deux ans de pratique, et la position 2.3 au moins six ans.

Indépendant et libéral

La fiche officielle du BTS le confirme : un économiste de la construction peut exercer à titre libéral, seul ou en cabinet. L’Onisep recense environ 2 500 cabinets spécialisés en France, le plus souvent de moins de dix salariés, et l’UNTEC se présente comme leur organisation professionnelle.

Une donnée qui manque

Ni l’Insee ni un organisme de gestion agréé ne publient de revenu moyen propre aux économistes de la construction indépendants, à la différence des professions réglementées comme les géomètres-experts. Les seuls repères chiffrés fiables restent ceux du salariat, ci-dessus et ci-dessous.

Primes, indemnités et variables

Dans les bureaux d’études sous convention Syntec, la prime de vacances doit atteindre au moins 10 % de la masse des indemnités de congés payés versées dans l’année ; d’autres primes peuvent en tenir lieu si leur montant suffit. Rien n’impose en revanche un treizième mois, qui reste affaire d’accord d’entreprise.

Un cadre au forfait de 38 h 30 par semaine, dit « modalité 2 », doit toucher au moins le plafond annuel de la Sécurité sociale, 48 060 € en 2026, et 115 % du minimum de sa position. Le forfait de 218 jours, ouvert à partir de la position 2.3, impose au moins 122 % du minimum, soit 3 995,50 € brut mensuels à ce niveau.

Les visites de chantier sont remboursées aux frais réels ou au barème kilométrique, sans montant fixé par la convention. Dans la fonction publique, l’économiste territorial perçoit l’indemnité de résidence de son lieu d’affectation, de 0 %, 1 % ou 3 % du traitement selon la commune.

Évolution selon l’expérience et la spécialisation

L’étude de rémunérations 2026 de Michael Page distingue deux profils voisins, en brut annuel fixe.

Profil0 à 2 ans2 à 5 ans5 à 15 ans
Économiste de la construction38 à 40 k€40 à 50 k€50 à 65 k€
Économiste maîtrise d’œuvre bâtiment et TP33 à 40 k€40 à 45 k€46 à 65 k€
Source : Michael Page, étude de rémunérations 2026, page 29. Brut annuel fixe, hors variable.

Pourquoi deux lignes

La première ligne couvre le chiffrage classique en cabinet ou en bureau d’études. La seconde vise un profil plus orienté vers la maîtrise d’œuvre, aux côtés d’un architecte ou d’un ingénieur, avec un démarrage un peu plus bas mais une fourchette haute presque identique.

Aucune ventilation régionale propre à ce métier n’a été trouvée. Le seul repère officiel sur la dispersion des salaires vient de France Travail : sur les douze derniers mois jusqu’au deuxième trimestre 2026, 80 % des offres proposent entre 1 802 € et 3 231 € brut par mois, tous statuts et toutes régions confondus.

Du brut au net

Un débutant non cadre au minimum ETAM 3.1 de la convention Syntec, à 2 185 € brut, cotise environ 21 % jusqu’au plafond mensuel de la Sécurité sociale. Son net avant impôt atteint environ 1 726 € par mois. Faites le calcul avec votre salaire dans le calculateur de salaire brut en net.

Un cadre à 45 000 € brut par an, soit 3 750 € par mois, reste sous le même plafond de 4 005 € et cotise à un taux proche, autour de 21 %. Son net avant impôt tourne autour de 2 960 € par mois. Le calculateur brut net cadre affine ce résultat selon votre propre situation.

Comparaison avec les métiers proches

La même étude Michael Page situe l’économiste de la construction parmi les métiers techniques du BTP.

Métier0 à 2 ans2 à 5 ans5 à 15 ans
Économiste de la construction38 à 40 k€40 à 50 k€50 à 65 k€
Économiste maîtrise d’œuvre bâtiment et TP33 à 40 k€40 à 45 k€46 à 65 k€
Conducteur de travaux, entreprise générale35 à 40 k€41 à 45 k€45 à 55 k€
Ingénieur travaux42 à 46 k€47 à 50 k€50 à 65 k€
Expert technique de bureau de contrôle35 à 40 k€40 à 48 k€48 à 60 k€
Source : Michael Page, étude de rémunérations 2026, pages 29 et 30. Brut annuel fixe, hors variable.

Sur toute la carrière, l’économiste de la construction se situe au niveau de l’ingénieur travaux en fin de parcours, mais démarre un peu moins haut. Il dépasse nettement le conducteur de travaux après cinq ans d’expérience, pour une responsabilité différente : le chiffrage plutôt que le pilotage du chantier.

Fiche métier économiste de la constructionMissions, formation, conditions de travail et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un économiste de la construction

Le premier levier reste le statut : un même niveau d’expérience pèse différemment selon qu’il est reconnu en position ETAM ou en position cadre. Avant de signer, demandez par écrit votre position et votre coefficient Syntec, ou votre grade si vous rejoignez une collectivité : c’est ce chiffre, pas votre diplôme seul, qui fixe le plancher opposable.

Le second levier est la taille des projets suivis. Un cabinet qui chiffre des maisons individuelles et un bureau d’études qui répond à des appels d’offres d’hôpitaux ou de tours de bureaux ne rémunèrent pas la même prise de responsabilité, même à expérience égale.

Avant un entretien, comparez toujours des montants comparables : un brut annuel de cadre avec variable face à un minimum conventionnel sans prime donne une fausse impression d’écart. Les fourchettes de Michael Page citées plus haut se renouvellent chaque année : vérifiez l’édition en cours avant de les opposer à un employeur.

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