Salaire cascadeur en 2026 : cachets, conventions et net

Le cascadeur n’est pas salarié au mois : il est payé au cachet, journée par journée de tournage, selon la convention collective du cinéma, de la télévision ou du spectacle vivant. Aucune statistique publique ne donne de salaire moyen propre à ce métier trop restreint, mais les minimums conventionnels, eux, sont publics et sourcés. Voici ce qu’ils disent vraiment, cachet par cachet.

418,25 €brut minimum, journée de tournage cinéma, long métrage, depuis le 1er septembre 2023
301,97 €brut minimum, journée unique d’émission dramatique à la télévision, depuis le 1er février 2024
+3,00 %revalorisation des minima télévision au 1er février 2024

Cinéma : la convention de la production cinématographique (IDCC 3097)

Les cascadeurs engagés sur un tournage de cinéma relèvent, comme les autres artistes-interprètes, de la convention collective nationale de la production cinématographique et de films publicitaires (IDCC 3097). L’avenant signé le 1er août 2023 revalorise de 1,50 % les salaires minima garantis des artistes-interprètes sur les films de long métrage, en vigueur depuis le 1er septembre 2023 pour les entreprises adhérentes aux organisations patronales signataires, et à la date de son extension pour les autres.

Pour un engagement à la journée sur un tournage, la rémunération minimum comprend 8 heures au salaire horaire de base, majorées de 75 %, plus une indemnité d’habillage, de maquillage et de coiffure d’une heure. Le total s’établit à 418,25 € brut par journée de tournage, dont 67 % au titre de la prestation elle-même et 33 % au titre de l’autorisation de reproduction et de diffusion de cette prestation.

Ce minimum s’applique à tout artiste-interprète, cascadeur compris, sans ligne tarifaire propre à la cascade : le cachet réellement versé dépend ensuite de la négociation entre le coordinateur de cascades et la production, selon le risque, la durée de préparation et le nombre de prises.

Télévision : la convention des artistes-interprètes (IDCC 1734)

Pour les tournages de fiction ou d’émissions télévisées, c’est la convention collective nationale des artistes-interprètes engagés pour des émissions de télévision (IDCC 1734, brochure 3278) qui s’applique. Elle couvre explicitement les cascadeurs, au même titre que les artistes dramatiques, lyriques, chorégraphiques, de variétés et les marionnettistes.

Type d’émissionPrestationBrut minimum
Émission dramatiqueJournée de répétition ou d’enregistrement286,37 €
Émission dramatiqueJournée unique301,97 €
Émission de variétésEnregistrement415,16 €
Émission de variétésRépétition de plus de 4 heures286,37 €
Source : avenant signé le 18 janvier 2024 à l’IDCC 1734, barème en vigueur depuis le 1er février 2024, revalorisation de 3,00 % des minima et des indemnités de costume.

Ce barème est le seul identifié qui désigne nommément les cascadeurs parmi les catégories couvertes. Il ne fixe cependant pas de cachet spécifique à la cascade elle-même : un cascadeur engagé sur une émission dramatique est payé au même tarif qu’un artiste dramatique pour une prestation équivalente.

Spectacle vivant, publicité et prestations hors tournage

En dehors du cinéma et de la télévision, les cascadeurs interviennent dans des spectacles vivants (parcs à thème, spectacles équestres ou automobiles, cirque), qui relèvent le plus souvent de la convention collective des entreprises du secteur privé du spectacle vivant (IDCC 3090). Aucune ligne de cachet propre au cascadeur n’a été identifiée dans les annexes consultées de cette convention. À défaut de ligne spécifique, le SMIC, 1 867,02 € brut mensuel depuis le 1er juin 2026, constitue le plancher légal.

Pour la publicité et les prestations événementielles, aucune convention ni aucun barème public propre à la cascade n’a été trouvé : la rémunération se négocie librement entre le cascadeur ou son équipe et le client, le plus souvent sous le statut de l’intermittence ou en micro-entreprise pour les démonstrations hors spectacle vivant.

Primes, indemnités et variables

Aucune prime de risque chiffrée n’a pu être confirmée par une source conventionnelle pour la cascade : certains résumés en ligne évoquent une majoration pour les scènes dangereuses, sans qu’aucun texte consulté directement ne la précise. En pratique, le risque se négocie dans le montant du cachet avant la signature du contrat, et non comme une ligne séparée sur le bulletin.

Au cinéma, la convention IDCC 3097 prévoit une indemnité d’habillage, de maquillage et de coiffure systématique de 16,73 € par journée, déjà intégrée au minimum de 418,25 € calculé plus haut. Un engagement à la semaine donne lieu à un calcul distinct, avec des heures supplémentaires majorées au-delà de 40 heures de travail effectif.

Les cascadeurs qui apportent un matériel ou un véhicule spécifique (voiture préparée pour un tonneau, harnais de câblage, cheval dressé) négocient en général une indemnité de matériel en plus du cachet de prestation. Aucun montant plancher n’encadre cette indemnité, qui reste de gré à gré.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Aucune grille publique ne détaille l’évolution du cachet selon l’ancienneté : les minimums conventionnels présentés plus haut s’appliquent dès le premier jour de carrière, sans palier d’expérience prévu par les textes. L’évolution réelle vient de la négociation directe, qui tient compte du book, de la réputation et de la rareté de la spécialité.

SituationRémunérationSource
Débutant, journée de tournage cinéma418,25 € brut minimumIDCC 3097, avenant du 1er août 2023
Débutant, émission dramatique télévision301,97 € brut minimumIDCC 1734, avenant du 18 janvier 2024
Expérimenté, cachet négociéNon établi publiquementNégociation directe, aucune statistique
Coordinateur de cascadesNon établi publiquementAucune ligne conventionnelle propre
Seuls les minimums conventionnels des débutants sont publiés ; les cachets négociés au-delà ne font l’objet d’aucune statistique publique connue.

Aucune variation régionale n’est prévue par ces conventions nationales : le minimum est identique sur tout le territoire. Les plus grosses productions, souvent tournées en Île-de-France ou dans le Sud, concentrent cependant davantage d’offres que les tournages plus modestes.

Du brut au net

Le cascadeur est un salarié non cadre, le plus souvent en contrat à durée déterminée d’usage : les cotisations suivent le régime général des salariés, avec une cotisation salariale d’environ 21,00 % du brut sous le plafond mensuel de 4 005 € en 2026.

Ligne de paieMontant
Cachet brut, journée de tournage cinéma418,25 €
Cotisations salariales, environ 21,00 %– 87,83 €
Net avant impôt330,42 €
Calcul Voilà le travail : cachet minimum cinéma, taux de cotisation salarié non cadre en 2026, hors mutuelle et impôt.

Ce calcul donne un ordre de grandeur pour une seule journée : le revenu mensuel réel dépend entièrement du nombre de jours de tournage obtenus, très variable d’un cascadeur à l’autre et d’un mois à l’autre. Pour simuler votre propre situation à partir d’un cachet ou d’un salaire mensuel, utilisez le calculateur de salaire brut en net.

Comparaison avec les métiers proches

Les minimums conventionnels des métiers proches, lorsqu’ils existent, permettent de situer le cachet d’un cascadeur débutant.

MétierRémunération minimumSource
Cascadeur, cinéma418,25 € brut la journéeIDCC 3097, 2023
Acteur, cinéma418,25 € brut la journéeIDCC 3097, 2023
Doubleur, cinéma, 1 à 6 lignes128,14 € la séanceSFA-CGT, barème doublage, 2023
Danseur, émission chorégraphique286,37 € à 428,57 € brutIDCC 1734, 2024
Montants minimums conventionnels. Durée de prestation et nature du contrat diffèrent selon le métier : les chiffres ne sont pas strictement comparables terme à terme.

Au cinéma, le cascadeur et l’acteur partagent exactement le même plancher de rémunération, parce que les deux relèvent de la même catégorie d’artiste-interprète dans la convention collective. C’est la négociation individuelle, et non le texte conventionnel, qui écarte ensuite les cachets des stars de ceux des cascadeurs débutants.

Fiche métier cascadeurMissions, formation, conditions de travail et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier le cachet d’un cascadeur

À minimum conventionnel égal, l’écart entre deux cascadeurs tient d’abord à la spécialité recherchée. Un pilote de précision ou un cavalier de haut niveau, rares sur le marché, négocient au-dessus du plancher légal, quand un cascadeur généraliste reste proche du minimum sur ses premiers contrats.

Le deuxième levier est le matériel apporté sur le tournage : une voiture préparée pour un tonneau, un harnais de câblage ou un cheval dressé s’ajoutent au cachet de prestation sous forme d’indemnité négociée, sans grille officielle. Faites toujours figurer cette indemnité séparément sur le contrat, plutôt que noyée dans un cachet global.

Avant de signer, faites confirmer par écrit le nombre de prises prévu, la présence d’un coordinateur de cascades sur le plateau et l’assurance couvrant l’accident de tournage. Ces trois points pèsent souvent plus lourd sur la sécurité, et donc sur la rémunération finale, qu’un cachet affiché quelques euros plus haut.

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