Travailler au pair

Travailler au pair

Être au pair n’est pas un métier au sens classique : c’est un statut particulier, réservé aux jeunes de 18 à 30 ans, qui échangent la garde d’enfants et quelques tâches ménagères légères contre le logement, la nourriture et une indemnité appelée argent de poche, au sein d’une famille d’accueil en France ou à l’étranger. Le séjour vise d’abord un apprentissage linguistique et une immersion culturelle, pas un emploi au sens classique. Voici le cadre qui l’encadre en France, ce qui change pour un départ à l’étranger, et ce qu’il faut savoir avant de se lancer.

18 à 30 anstranche d’âge requise pour bénéficier du statut de jeune au pair en France, selon service-public.gouv.fr
320 €argent de poche mensuel minimum que doit verser la famille d’accueil en France, en plus du logement et de la nourriture (service-public.gouv.fr)
25 heuresdurée hebdomadaire maximale des tâches confiées par la famille d’accueil, selon le même texte

Un statut encadré, pas un contrat de travail classique

Le placement au pair repose sur l’accord européen sur le placement au pair, signé à Strasbourg le 24 novembre 1969 sous l’égide du Conseil de l’Europe, complété pour les jeunes hors Union européenne par la directive (UE) 2016/801 du 11 mai 2016. Le texte est explicite sur ce point : le jeune accueilli n’est « ni un travailleur domestique traditionnel ni un étudiant traditionnel ». Il ne signe donc pas de contrat de travail au sens du Code du travail, mais un simple document décrivant les conditions du séjour, validé par les deux parties.

Ce statut se distingue nettement de celui d’une assistante maternelle ou d’une auxiliaire parentale en France, qui sont de vraies salariées du particulier employeur, payées au moins au smic horaire et couvertes par une convention collective. Le jeune au pair, lui, perçoit une indemnité forfaitaire fixée par la réglementation, pas un salaire négocié.

Le séjour dure de 3 mois à 1 an, renouvelable dans la limite de 2 ans au total. La famille d’accueil doit assurer le logement et la nourriture, verser l’argent de poche minimum, accorder un jour complet de repos par semaine et laisser le temps nécessaire pour suivre des cours de langue ou de culture générale. Côté protection sociale, le jeune au pair est rattaché au régime général de la Sécurité sociale (maladie, maternité, accidents du travail, retraite de base) et à la caisse de retraite complémentaire des salariés du particulier employeur (Ircem). Seule la famille cotise, sur une base forfaitaire calculée à partir du Smic horaire, soit 13 fois ce montant par semaine ou 56 fois par mois.

Partir au pair à l’étranger : le cas des États-Unis

Un Français qui part au pair à l’étranger passe le plus souvent par une agence agréée et un visa dédié, propre à chaque pays d’accueil. Aux États-Unis, le programme s’appuie sur le visa J-1 de l’Exchange Visitor Program, géré par le Département d’État américain : seules les organisations sponsors accréditées par ce dernier peuvent placer un jeune au pair dans une famille, selon j1visa.state.gov. Le programme standard plafonne la garde d’enfants à 45 heures par semaine et 10 heures par jour, avec un jour et demi de repos chaque semaine, un week-end complet libre par mois et deux semaines de congés payés sur l’année. Le jeune doit par ailleurs suivre l’équivalent d’au moins six crédits semestriels de cours, condition propre au visa d’échange culturel qui le distingue d’un simple emploi de garde d’enfants.

Chaque pays d’accueil fixe ses propres règles de visa, d’âge et d’heures : avant de partir, il faut vérifier la réglementation locale auprès de l’ambassade du pays visé ou d’une agence de placement reconnue, plutôt que de se fier aux usages observés en France.

Avantages et inconvénients du statut d’au pair

Ce qui plaît

  • Une immersion linguistique et culturelle complète, au quotidien, dans une famille du pays visé.
  • Le logement et les repas pris en charge, sans loyer ni budget alimentaire à prévoir pendant tout le séjour.
  • Une relation de proximité avec les enfants et la famille, bien différente d’un emploi salarié classique.

Ce qui pèse

  • Une protection sociale et un revenu réduits face à un vrai contrat de travail : pas d’assurance chômage, et une indemnité qui, rapportée aux heures réellement passées auprès des enfants, tombe souvent sous le smic horaire.
  • Une dépendance totale à la famille d’accueil, qui fournit à la fois le logement, l’argent de poche et le cadre de vie quotidien.
  • Une charge de travail parfois mal définie en pratique, malgré le plafond légal : tâches ménagères qui débordent sur la garde d’enfants, horaires qui s’étirent en soirée ou le week-end.

Un autre mode de garde d’enfants, en France

Le statut d’au pair ne doit pas être confondu avec les métiers français de la garde d’enfants, qui relèvent d’un vrai contrat de travail et d’un agrément ou d’une formation. Notre page dédiée détaille ces métiers et leur cadre.

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