Salaire et revenu d’un pépiniériste en 2026 : salarié et exploitant
Deux pépiniéristes qui produisent les mêmes charmes n’ont pas la même paie : l’un est salarié et touche au minimum le SMIC agricole, l’autre est exploitant et vit du résultat de sa pépinière, qui varie du simple au double selon la taille. Voici les minima, les résultats des exploitations en 2023, les cotisations et le passage du brut au net.
Le pépiniériste salarié reçoit un salaire, avec un minimum fixé par la convention collective. Le pépiniériste exploitant est un non-salarié agricole : il tire son revenu du résultat de son entreprise et cotise à la MSA. Les deux situations n’ont presque rien de commun et font l’objet de sections distinctes. Le métier lui-même est décrit dans notre fiche pépiniériste.
Salarié : la convention de la production agricole (IDCC 7024)
Les ouvriers et employés des pépinières relèvent en général de la convention collective nationale de la production agricole et des Cuma, IDCC 7024, sauf texte local applicable à leur entreprise. Selon les relais que nous avons consultés, comme LégiSocial, son champ couvre l’horticulture et les pépinières, et des accords de 2021 et 2022 ont adapté les anciennes conventions départementales, dont celle de l’horticulture et des pépinières du Maine-et-Loire. Pour retrouver la vôtre, utilisez notre moteur de recherche de convention collective.
Le niveau 1 de la grille est aligné sur le SMIC, soit 1 867,02 € brut par mois pour 151,67 heures depuis le 1er juin 2026. Les niveaux suivants montent progressivement jusqu’à plusieurs milliers d’euros : nous ne recopions pas ici la grille de douze niveaux, publiée dans notre page salaire horticulteur, avec la réserve que cette source est unique et que l’extension de l’avenant n’a pas pu être vérifiée.
Le niveau dépend des tâches confiées et de l’autonomie, pas de l’intitulé. Un ouvrier qui repique et arrose se situe plus bas qu’un chef de culture qui pilote un planning d’arrachage et encadre. Nous n’avons trouvé aucune source qui associe chaque poste de pépinière à un niveau précis, et n’en donnons donc pas : demandez le niveau inscrit sur votre bulletin.
Exploitant : le résultat selon la taille de la pépinière
Le réseau d’information comptable agricole (RICA) d’Agreste, édition 2023, publie la catégorie « fleurs et horticulture diverses ». Elle représente 5 573 exploitations dont la production potentielle dépasse 25 000 €, pour un échantillon de 200 exploitations. Il n’existe pas de ligne propre aux pépinières : ces chiffres sont un repère pour l’horticulture ornementale au sens large.
| Moyenne par exploitation, 2023 | 25 à 100 k€ de production | 100 à 250 k€ | 250 k€ ou plus | Ensemble |
|---|---|---|---|---|
| Exploitations représentées | 2 412 | 1 648 | 1 513 | 5 573 |
| Actifs non salariés (UTA) | 1,31 | 1,32 | 1,54 | 1,37 |
| Résultat courant avant impôts | 32 310 € | 36 550 € | 69 820 € | 43 740 € |
| Par actif non salarié | 24 730 € | 27 660 € | 45 310 € | 31 830 € |
| Cotisations sociales de l’exploitant | 9 080 € | 10 880 € | 19 860 € | 12 540 € |
Le résultat courant du RICA est un résultat d’entreprise, avant impôt et avant cotisations sociales de l’exploitant, non un salaire. Par actif non salarié, il atteint 31 830 € par an en moyenne. En retirant les cotisations moyennes rapportées à chaque actif, soit 12 540 € divisés par 1,37, on obtient environ 22 680 € par an, ou 1 890 € par mois : calcul propre, approximatif, qui ne remplace pas un bilan comptable.
La taille change tout. Les exploitations de moins de 100 000 € de production dégagent en moyenne 24 730 € par actif non salarié, celles de plus de 250 000 € en dégagent 45 310 €. Ces moyennes reposent sur un petit échantillon de 200 exploitations : elles ne disent rien de la situation d’une pépinière donnée, et les très petites structures sont hors champ.
Cotisations MSA et micro-BA
Le chef d’exploitation cotise à la MSA sur un revenu professionnel, non sur un salaire. Le barème 2026, l’assiette unique et le régime du micro-bénéfice agricole sont détaillés dans notre page salaire agriculteur, dont les règles valent pour une pépinière. Vérifiez auprès de la MSA et d’un comptable si votre activité relève du régime réel ou du micro-BA.
Primes, indemnités et variables
Nous n’avons trouvé aucune prime nationale propre au métier de pépiniériste, et n’en inventons pas. Les heures supplémentaires des semaines d’arrachage et de livraison, les majorations et les indemnités dépendent de la convention et du contrat : lisez le vôtre et estimez leur effet avec notre calculateur d’heures supplémentaires.
Pour un exploitant, le variable est la vente elle-même : les commandes des paysagistes et des collectivités, les pertes de lots liées au gel ou à la sécheresse, le coût de l’irrigation. Dans le RICA 2023, l’excédent brut par exploitation de la catégorie s’établit à 63 710 € en moyenne, avant amortissements, charges financières et cotisations : l’écart avec le résultat courant montre le poids des investissements.
Évolution selon l’expérience, la taille et la région
| Situation | Repère chiffré | Source |
|---|---|---|
| Salarié, niveau 1 | 1 867 € brut mensuel (SMIC) | IDCC 7024, SMIC au 1er juin 2026 |
| Salarié, niveaux supérieurs | Grille de douze niveaux, voir salaire horticulteur | IDCC 7024, avenant n° 11 (source unique) |
| Exploitant, moins de 100 k€ | 24 730 € par an et par actif non salarié | Agreste, RICA 2023 |
| Exploitant, 100 à 250 k€ | 27 660 € par an et par actif non salarié | Agreste, RICA 2023 |
| Exploitant, plus de 250 k€ | 45 310 € par an et par actif non salarié | Agreste, RICA 2023 |
Aucune source ouverte ne donne de salaire de pépiniériste par région ou par ancienneté : les minima sont nationaux, et les écarts tiennent aux accords d’entreprise, aux primes et à l’ancienneté prévues par le contrat. La production se concentre pourtant dans les Pays de la Loire, avec 38 % des plants de pépinière selon Valhor : c’est là que l’offre d’emploi est la plus dense.
Du brut au net
Un salarié au SMIC gagne 1 867,02 € brut par mois. Avec le taux salarial de 21 % retenu par notre barème 2026 sous le plafond de la sécurité sociale, les cotisations s’élèvent à 392,07 € et le net avant impôt atteint 1 474,95 € par mois. Ce calcul est indicatif : l’impôt à la source, une mutuelle ou des primes le modifient.
Pour votre bulletin, utilisez le calculateur de salaire brut en net. Pour un exploitant, le passage du résultat au revenu net passe par les cotisations MSA et l’impôt, non par ce taux.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier ou catégorie | Repère | Année | Source |
|---|---|---|---|
| Fleurs et horticulture diverses (dont pépinière), exploitant | 31 830 € par actif non salarié | 2023 | Agreste, RICA |
| Fruits et cultures permanentes, exploitant (arboriculteur) | 24 920 € par actif non salarié | 2023 | Agreste, RICA |
| Maraîchage, exploitant | 43 380 € par actif non salarié | 2023 | Agreste, RICA |
| Viticulture, exploitant | 57 140 € par actif non salarié | 2023 | Agreste, RICA |
| Toutes orientations, exploitant | 36 200 € par actif non salarié | 2023 | Agreste, RICA |
| Jardinier salarié (salaire jardinier) | 1 838,24 € brut mensuel, niveau O.1, sous le SMIC qui s’applique | 2026 | Paysage, IDCC 7018 |
| Fleuriste salarié (salaire fleuriste) | 1 882,18 € brut mensuel, niveau I échelon 1 | 1er août 2026 | Fleuristes, IDCC 1978 |
Comparer un plancher de convention à un résultat d’exploitant est trompeur : le premier est un brut mensuel garanti, le second un résultat annuel d’entreprise, avant cotisations et avant impôt. Dans le même RICA, les exploitants de fruits et de cultures permanentes dégagent moins que ceux de l’horticulture ornementale, les maraîchers et les viticulteurs davantage.
Ce qui fait varier la paie, et comment la négocier
Pour un salarié, trois leviers comptent : le niveau de classification inscrit au contrat, l’ancienneté et la spécialité. Un pépiniériste qui sait greffer, conduire les engins et tenir la traçabilité sanitaire d’un lot justifie un niveau plus élevé qu’un simple manutentionnaire. Appuyez votre demande sur des tâches précises, pas sur un intitulé.
Pour un exploitant, la taille de la pépinière, la part de vente directe aux professionnels et la maîtrise des pertes pèsent plus que le prix unitaire d’un arbre. Avant de vous installer, demandez un prévisionnel à un centre de gestion agricole et testez vos hypothèses contre les chiffres du RICA.
Pour vous renseigner, croisez trois sources : la convention applicable à votre entreprise, le RICA d’Agreste pour les résultats d’exploitation, et la MSA pour les cotisations.
Sommaire
- Salarié : la convention de la production agricole (IDCC 7024)
- Exploitant : le résultat selon la taille de la pépinière
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, la taille et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait varier la paie, et comment la négocier
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