Salaire et revenu d’un horticulteur en 2026 : salarié et exploitant

Le salaire d’un horticulteur dépend d’abord de son statut. Le salarié agricole est payé au moins au SMIC, 1 867,02 € brut par mois depuis le 1er juin 2026. Le chef d’exploitation, lui, vit du résultat de son entreprise : l’Insee mesure en 2022 un revenu moyen de 1 940 € par mois dans les fleurs, plantes et légumes, avec de très fortes différences.

1 867 €brut mensuel : SMIC au 1er juin 2026, plancher du salarié agricole
2 370 €revenu mensuel médian des non-salariés légumes, fleurs, plantes en 2022, hors micro-BA
490 € à 8 630 €revenu mensuel du 1er au 9e décile dans cette orientation en 2022, hors micro-BA

Deux situations n’ont presque rien de commun. Le salarié horticole reçoit un salaire, avec un minimum fixé par une convention collective. Le chef d’exploitation est un non-salarié agricole : il tire son revenu du résultat de son entreprise et cotise à la MSA. Elles font l’objet de sections distinctes ci-dessous. Le métier lui-même est décrit dans notre fiche horticulteur.

Salarié horticole : la convention de la production agricole (IDCC 7024)

Les ouvriers et employés des exploitations relèvent en général de la convention collective nationale de la production agricole et des Cuma, IDCC 7024, sauf texte local applicable à votre entreprise. Pour retrouver la vôtre, utilisez notre moteur de recherche de convention collective.

L’avenant n° 11, signé le 2 juillet 2026, a établi une grille de douze niveaux, selon la FDSEA de la Somme. Le taux horaire du niveau 1 est aligné sur le SMIC de 12,31 €. Cette source est la seule que nous ayons trouvée et nous n’avons pas pu vérifier l’extension de l’avenant au Journal officiel : la grille ne devient obligatoire pour toutes les entreprises de la branche qu’avec elle. Le brut mensuel est calculé sur 151,67 heures, comme le SMIC.

NiveauBrut horaireBrut mensuel, 151,67 h
112,31 €1 867,02 € (SMIC)
212,40 €1 880,71 €
312,57 €1 906,49 €
412,84 €1 947,44 €
513,37 €2 027,83 €
613,99 €2 121,86 €
714,79 €2 243,20 €
815,79 €2 394,87 €
917,07 €2 589,01 €
1018,87 €2 862,01 €
1121,44 €3 251,80 €
1224,45 €3 708,33 €
Source : FDSEA de la Somme, avenant n° 11 du 2 juillet 2026 à la convention IDCC 7024, extension non vérifiée. Brut mensuel pour 35 heures, taux horaire multiplié par 151,67, calcul propre.

Le niveau dépend des tâches confiées et de l’autonomie, pas du seul intitulé. Un ouvrier qui repique et arrose se situe plus bas qu’un chef de culture qui pilote le climat et encadre : demandez le niveau inscrit sur votre bulletin. Nous n’avons pas trouvé de source qui associe chaque poste horticole à un niveau précis, et n’en donnons donc pas.

Chef d’exploitation : le revenu réel

La statistique la plus précise pour les non-salariés de l’horticulture vient de l’Insee, sur l’année 2022, dans la catégorie « légumes, fleurs, plantes ». Elle mesure le revenu d’activité de l’exploitant, sans le séparer de sa part de production maraîchère.

Indicateur, 2022Légumes, fleurs, plantesEnsemble des non-salariés agricoles
Revenu mensuel moyen, micro-BA compris1 940 €2 510 €
Revenu mensuel moyen, hors micro-BA3 080 €3 050 €
Revenu mensuel moyen des micro-BA580 €750 €
Médiane, hors micro-BA2 370 €2 540 €
1er décile, hors micro-BA490 €620 €
9e décile, hors micro-BA8 630 €7 160 €
Part de revenus nuls, hors micro-BA20,6 %12,1 %
Source : Insee Références, Emploi et revenus des indépendants, édition 2025, base Non-salariés 2022. Revenus d’activité mensuels, en euros, France hors Mayotte.

Deux enseignements. La moyenne hors micro-BA (3 080 €) est proche de celle de l’agriculture, mais un exploitant sur cinq déclare un revenu nul dans cette orientation, contre un sur huit dans l’ensemble. Et l’écart entre le 1er et le 9e décile est d’environ 1 à 18 : la moyenne ne dit rien de la situation d’un exploitant donné.

Le réseau d’information comptable agricole (RICA) d’Agreste isole la catégorie « fleurs et horticulture diverses » : elle représentait 5 573 exploitations en 2023, hors très petites fermes de moins de 25 000 € de production potentielle. Nous n’avons pas pu ouvrir la ligne de résultat de cette catégorie et ne citons donc aucun RCAI horticole, plutôt que d’en deviner un.

Le RICA 2024 général, publié en janvier 2026, place le RCAI moyen de l’agriculture à 40 210 € par exploitation et le maraîchage à 57 280 €, selon Agreste. Les cotisations sociales de l’exploitant, en moyenne 14 150 € par exploitation en 2024, s’y ajoutent.

Cotisations MSA et micro-BA

Depuis le 1er janvier 2026, les cotisations reposent sur une assiette sociale unique avec un abattement de 26 %, selon Web-agri. Le barème 2026 de la MSA prévoit une retraite de base de 17,15 % jusqu’au plafond, une CSG de 9,2 % et une CRDS de 0,5 %.

Le micro-BA est ouvert jusqu’à 129 200 € HT de recettes en moyenne sur 2026 à 2028, avec un abattement de 87 % selon la MSA. Il ne faut pas le confondre avec le seuil de 83 600 € du micro-entrepreneur en prestations de services. Le détail figure dans la page salaire agriculteur.

Primes, indemnités et variables

Nous n’avons trouvé aucune prime nationale propre à l’horticulture dans les sources ouvertes, et n’en inventons pas. Les compléments courants (heures supplémentaires lors des pics de Saint-Valentin, de fête des mères ou de Toussaint, majorations, indemnités de repas) dépendent de la convention applicable et du contrat : lisez le vôtre et calculez l’effet des heures supplémentaires avec notre calculateur.

Pour un exploitant, le variable est la vente elle-même : les prix, le coût du gaz et les aléas climatiques. Selon Valhor, l’interprofession, la crise énergétique de 2022 laissait attendre une baisse de production de 20 à 25 % en serres chauffées.

Évolution selon le niveau, le statut et la région

SituationRepère chiffréSource
Salarié, niveau 11 867 € brut mensuel (SMIC)IDCC 7024, avenant n° 11
Salarié, niveau 31 906 € brut mensuelIDCC 7024, avenant n° 11
Salarié, niveau 52 028 € brut mensuelIDCC 7024, avenant n° 11
Salarié, niveau 72 243 € brut mensuelIDCC 7024, avenant n° 11
Salarié, niveau 123 708 € brut mensuelIDCC 7024, avenant n° 11
Exploitant, médiane2 370 € par mois, hors micro-BA, 2022Insee Références 2025
Exploitant, micro-BA580 € par mois en moyenne, 2022Insee Références 2025
Grille du salarié : brut mensuel pour 35 heures. Revenu de l’exploitant : revenu d’activité, avant impôt.

Aucune source ouverte ne donne de salaire horticole par région ou par ancienneté : les minima de la grille sont nationaux, et les écarts tiennent à l’accord d’entreprise, aux primes et à l’ancienneté prévues par le contrat. Pour un ingénieur diplômé de l’Institut Agro Rennes-Angers, l’école annonce un salaire de départ moyen de 30 000 € brut par an, soit une déclaration de l’établissement, non une statistique publique.

Du brut au net

Un salarié au niveau 3 gagne 1 906,49 € brut par mois. Avec le taux salarial de 21 % retenu par notre barème 2026 sous le plafond de la sécurité sociale, les cotisations s’élèvent à 400,36 € et le net avant impôt atteint 1 506,13 € par mois. Ce calcul est indicatif : l’impôt à la source, une éventuelle mutuelle ou les primes le modifient.

Pour votre bulletin, utilisez le calculateur de salaire brut en net. Pour un cadre, par exemple sur un poste de responsable de serres classé cadre, utilisez celui du salaire cadre.

Comparaison avec les métiers proches

Métier ou statutRepèreAnnéeSource
Horticulteur salarié1 867 € brut mensuel, niveau 12026IDCC 7024
Jardinier salarié (salaire jardinier)1 838,24 € brut mensuel, niveau O.1, sous le SMIC qui s’applique2026Paysage, IDCC 7018
Fleuriste salarié (salaire fleuriste)1 882,18 € brut mensuel, niveau I échelon 11er août 2026Fleuristes, IDCC 1978
Ouvrier agricole (salaire ouvrier agricole)même grille que ci-dessus2026IDCC 7024
Exploitant en légumes, fleurs, plantes1 940 € par mois en moyenne2022Insee
Exploitant en arboriculture1 950 € par mois en moyenne2022Insee
Exploitant en vignes (salaire viticulteur)2 970 € par mois en moyenne2022Insee
Sources : conventions collectives citées (minima bruts mensuels, 35 heures) ; Insee Références, Emploi et revenus des indépendants, édition 2025 (revenu d’activité mensuel moyen, micro-BA compris, avant impôt).

Comparer un minimum de convention à un revenu moyen d’exploitant est trompeur : le premier est un plancher brut, le second un résultat après charges, très dispersé. Le salarié a un revenu régulier mais bas en début de carrière, l’exploitant peut gagner davantage ou rien.

Horticulteur : missions, formation et débouchésCe que fait l’horticulteur, les diplômes, le marché des fleurs et des plantes.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier la paie, et comment la négocier

Chez un salarié, tout se joue sur le niveau de classification et sur ce qui s’ajoute au minimum : ancienneté, heures supplémentaires, primes d’entreprise. Vérifiez que le niveau inscrit sur votre bulletin correspond à vos tâches réelles, notamment si vous encadrez ou pilotez le climat des serres. Un chef de culture qui reste classé comme ouvrier est un cas classique de négociation.

Chez un exploitant, la paie dépend de la production, du circuit de vente et du chauffage. Selon Valhor, la production française ne couvre qu’environ 15 % des fleurs coupées vendues en France et 61 % des végétaux d’extérieur : ce choix pèse plus lourd que la taille de la serre.

Pour vous renseigner, croisez trois sources : la grille de votre convention sur notre moteur de recherche, la MSA pour les cotisations, et le conseiller de la chambre d’agriculture avant toute installation. Vérifiez enfin que l’avenant n° 11 de la convention IDCC 7024 est bien étendu avant de vous appuyer sur ses chiffres dans une négociation.

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