Salaire fleuriste en 2026 : grille, primes et net

Un fleuriste qui débute avec un CAP touche 1 913,55 € brut par mois au minimum de la convention collective depuis le 1er août 2026, soit à peine plus que le SMIC. Le revenu d’un fleuriste installé, lui, ne figure dans aucune statistique publique. Voici la grille, les cadres d’emploi, les primes, le net et les comparaisons.

1 882 €brut mensuel minimum, niveau I, convention IDCC 1978 au 1er août 2026, 35 h, hors primes
1 914 €brut mensuel minimum d’un titulaire du CAP (niveau II, échelon 1), même grille
66 000 €de chiffre d’affaires hors taxes annuel moyen d’un fleuriste sans salarié en 2023, avant toute charge

Boutique de fleurs : la convention collective IDCC 1978

La plupart des fleuristes salariés relèvent de la convention collective nationale des fleuristes, de la vente et des services des animaux familiers, IDCC 1978, du 21 janvier 1997. Son accord de salaires du 10 mars 2026, étendu par arrêté publié au Journal officiel du 22 juillet 2026, revalorise toute la grille de 1,50 % à compter du 1er août 2026. Vous ne connaissez pas votre convention ? Trouvez-la en quelques clics.

La grille compte sept niveaux de trois échelons. Le niveau II correspond à un titulaire du CAP fleuriste, le niveau III à un CAP avec deux ans d’expérience et le niveau IV à un titulaire du BP, selon le relais convention.fr : le classement réel dépend du poste tenu, à vérifier dans votre contrat. Les montants sont ceux de Juristique, recoupés par Salerya. La grille de mai 2025 publiée par Payfit confirme l’écart : 1 854,36 € au niveau I échelon 1, multiplié par 1,015, donne 1 882,18 €.

NiveauÉchelon 1Échelon 2Échelon 3
I (exécution)1 882,18 €1 892,63 €1 903,08 €
II (CAP)1 913,55 €1 924,00 €1 934,46 €
III1 944,91 €1 955,37 €1 965,83 €
IV (BP)1 976,29 €2 018,11 €2 059,93 €
V2 159,27 €2 274,30 €2 394,55 €
VI2 514,79 €2 692,56 €2 953,97 €
VII3 701,61 €3 910,74 €4 078,05 €
Source : accord du 10 mars 2026 (IDCC 1978), grille applicable au 1er août 2026, brut mensuel pour 35 h (151,67 h), hors primes, d’après Juristique et Salerya.

Ces montants sont des planchers. Depuis le 1er août 2026, tous les niveaux dépassent le SMIC de 1 867,02 € brut par mois (12,31 € de l’heure) en vigueur depuis le 1er juin 2026, mais le niveau I n’est que 15 € au-dessus. Entre le 1er juin et le 31 juillet 2026, la grille précédente (1 854,36 € au niveau I) était sous le SMIC : c’est le SMIC qui s’appliquait.

Grande distribution et jardinerie

Le fleuriste d’un rayon de supermarché peut relever de la convention du commerce de détail et de gros à prédominance alimentaire, IDCC 2216. Son avenant n° 99 du 17 avril 2026, applicable au 1er août 2026, porte la grille de 1 823,07 € à 3 806,25 € brut mensuel, selon Juristique. Le bas de cette grille étant inférieur au SMIC, c’est le SMIC qui s’applique aux premiers niveaux. Le niveau attribué au fleuriste de rayon dépend de l’enseigne : je n’ai pas pu le vérifier poste par poste.

Dans une jardinerie, la convention est celle des jardineries et graineteries, IDCC 1760. Son accord du 2 avril 2026, applicable au 1er mai 2026, fixe des minima de 1 823 € à 3 900 € brut mensuel, d’après Juristique, avec le SMIC comme plancher si le minimum est inférieur. Le fleuriste d’une jardinerie n’y est pas forcément classé au bas de la grille.

Artisan fleuriste installé : pas de salaire, et pas de chiffre public

Un fleuriste qui possède sa boutique n’a pas de bulletin de paie. Contrairement à la boulangerie, dont Cerfrance publie les comptes moyens, je n’ai trouvé aucune statistique publique et récente du résultat d’un fleuriste installé, ni chez Cerfrance, ni chez VALHOR, ni chez FranceAgriMer. Les études existantes donnent le chiffre d’affaires, pas ce qui reste au dirigeant.

Ce qui est établi, selon VALHOR (étude Xerfi Specific, 2023-2024) : le chiffre d’affaires annuel moyen est de 66 000 € hors taxes par fleuriste sans salarié et de 68 000 € par actif dans les boutiques de six salariés ou plus, pour un secteur de 1,52 milliard d’euros. Ces montants sont bruts de tous les achats de fleurs, du loyer et des charges sociales. Calculer un « salaire » à partir d’un pourcentage de marge relevé sur un site de conseil serait de l’invention : demandez plutôt les bilans de la boutique à reprendre.

Le régime de la micro-entreprise plafonne le chiffre d’affaires de la vente de marchandises à 203 100 € en 2026 selon Service-public.fr, ce qui laisse de la place à un fleuriste seul, dont le chiffre d’affaires moyen est de 66 000 €. Les cotisations dépendent alors du chiffre d’affaires et non du bénéfice : comparez avec le régime réel avant de choisir.

Primes, indemnités et variables

La convention prévoit une prime d’ancienneté (article 9.2, modifiée par l’accord du 30 juin 2017), mais les relais consultés donnent des barèmes différents : l’un indique 3 % après trois ans jusqu’à 15 % après quinze ans, un autre 2 % à trois ans puis 4 %, 6 % et 8 %. Je ne retiens aucun taux : lisez l’article 9.2 et votre bulletin.

  • Dimanche : les relais consultés (Payfit) décrivent des garanties de repos, dont deux jours consécutifs comprenant un dimanche toutes les huit semaines, et non une majoration fixe. Un autre relais cite une majoration de 100 %, non recoupée : ne la comptez pas sans la trouver dans votre contrat.
  • Jours fériés : la convention prévoit sept jours fériés chômés payés, fixés par l’employeur, selon le texte de la convention consulté sur LégiSocial.
  • Heures supplémentaires : elles se calculent avec le calculateur d’heures supplémentaires ; les semaines de Toussaint et de Saint-Valentin en génèrent souvent.
  • Treizième mois : la convention n’en prévoit pas de manière générale, d’après LégiSocial ; certaines boutiques versent une prime exceptionnelle.

Évolution selon l’expérience, la formation et le lieu

La grille progresse surtout par niveau, donc par diplôme et responsabilité. Le passage du niveau II au niveau IV rapporte 63 € brut par mois au premier échelon, et le premier échelon du niveau V (2 159,27 €) est 183 € au-dessus du premier échelon du niveau IV. Le vrai saut arrive avec la gestion d’équipe, aux niveaux V et VI.

ProfilNiveau et échelonBrut mensuel minimum
Employé sans diplôme, entrée dans le métierI, échelon 11 882,18 €
Titulaire du CAPII, échelon 11 913,55 €
CAP et deux ans d’expérienceIII, échelon 11 944,91 €
Titulaire du BP, responsable d’équipeIV, échelon 11 976,29 €
Technicien ou responsable confirméV, échelon 12 159,27 €
Source : accord du 10 mars 2026 (IDCC 1978), grille au 1er août 2026 ; correspondance diplôme-niveau d’après convention.fr. Hors primes et hors ancienneté.

La grille de la convention est nationale, sans barème régional dans les relais consultés. L’écart de paie selon la ville vient de la négociation individuelle, et je n’ai trouvé aucune statistique régionale fiable pour les fleuristes salariés.

Du brut au net

Prenons une fleuriste titulaire du CAP au niveau II, échelon 1, à 35 heures : 1 913,55 € brut par mois. Au taux de cotisations salariales de 21 % retenu par notre calculateur sous le plafond mensuel de 4 005 €, les cotisations sont de 401,85 € et le net avant impôt est d’environ 1 512 € par mois, soit 22 963 € brut par an sur douze mois. Au niveau IV, échelon 1 (BP), le brut est de 1 976,29 € et le net avant impôt d’environ 1 561 €.

Utilisez le calculateur brut en net avec vos propres chiffres. Un net avant impôt n’est pas votre virement : le prélèvement à la source se déduit ensuite, selon votre taux personnalisé.

Comparaison avec les métiers proches

EmploiRepèreSource
Fleuriste, boutique, niveau II (CAP)1 913,55 € brut par moisIDCC 1978, août 2026
Fleuriste ou employé de jardinerieÀ partir du SMIC de 1 867,02 € brut par moisIDCC 1760, mai 2026
Fleuriste en grande surfaceSMIC de 1 867,02 € brut par mois sur les premiers niveauxIDCC 2216, août 2026
Boulanger, artisanat, CAP1 900 € brut par mois (coefficient 160)IDCC 843, 2026
Fleuriste sans salarié, installé66 000 € de chiffre d’affaires hors taxes par an, résultat inconnuVALHOR, 2023
Sources : conventions collectives citées, relais Juristique ; VALHOR. Minima conventionnels bruts et chiffre d’affaires : non comparables à un salaire net.

Le salaire du boulanger est un métier artisanal voisin, avec des primes de nuit en plus. Le vendeur en animalerie est classé sous la même convention IDCC 1978 que le fleuriste, et donc sur la même grille.

Métier de fleuristeMissions, formations, débouchés et évolutions de carrière.Voir la fiche

Ce qui fait varier la paie, et comment négocier

Trois leviers pèsent : le niveau de classification, l’ancienneté et la nature de la boutique. Une petite boutique paie souvent au plancher ; un poste avec responsabilité d’équipe ou d’atelier justifie le niveau IV ou V. Demandez le niveau écrit dans votre contrat, et non seulement le montant, car c’est lui qui vous fait monter dans la grille.

Pour négocier, appuyez-vous sur votre diplôme : le CAP place au niveau II, le BP au niveau IV. Parlez aussi des semaines de pointe : Toussaint, Saint-Valentin, fête des mères. Demandez comment les heures supplémentaires sont payées ou récupérées.

Contrôlez enfin votre bulletin. Le niveau, l’échelon, le taux d’ancienneté et l’IDCC doivent y figurer, et le brut de base ne peut pas être inférieur au SMIC ni à la grille. En cas de doute, la recherche de convention vous indique le texte applicable à votre entreprise.

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