Salaire et revenu d’un céréalier en 2026 : résultat 2024
Un céréalier peut gagner 14 050 € une année et 3 170 € la suivante, sur les mêmes hectares : c’est l’écart mesuré par Agreste entre 2023 et 2024. Son revenu dépend du prix mondial du blé, des rendements et de charges lourdes. Voici le résultat par taille d’exploitation, les cotisations MSA, la grille du salarié agricole et le net.

Chef d’exploitation : le résultat 2024 en détail
Le résultat courant avant impôts (RCAI) mesure ce qui reste à l’exploitation après ses charges, mais avant les cotisations sociales de l’exploitant et l’impôt sur le revenu. Le réseau d’information comptable agricole d’Agreste le calcule pour 48 140 exploitations de céréales et oléoprotéagineux en 2024 : 3 170 € en moyenne par exploitation, avec 1,17 actif non salarié, soit 2 700 € par actif et 225 € par mois.
La moyenne masque un gradient de taille. Les petites exploitations perdent de l’argent, les grandes ne dégagent que quelques milliers d’euros par actif.
| Production brute standard | Exploitations | Surface | RCAI par exploitation | RCAI par actif non salarié |
|---|---|---|---|---|
| 25 000 à 100 000 € | 24 110 | 76,94 ha | -1 060 € | -990 € |
| 100 000 à 250 000 € | 19 650 | 172,44 ha | 6 740 € | 5 580 € |
| 250 000 € et plus | 4 380 | 313,61 ha | 10 380 € | 6 540 € |
| Ensemble | 48 140 | 137,45 ha | 3 170 € | 2 700 € |
Les comptes moyens expliquent ce résultat. Le chiffre d’affaires atteint 170 160 € par exploitation, les charges courantes 201 360 €, dont 32 000 € d’engrais, 22 200 € de produits phytosanitaires, 13 980 € de semences, 13 180 € d’énergie et 19 050 € de fermage. Le résultat n’existe que grâce aux subventions d’exploitation de 35 920 € : sans elles, il serait négatif d’environ 33 000 €, à charges égales.
Deux années de contraste : 2023 et 2024
Le RCAI moyen par exploitation est passé de 14 050 € en 2023 à 3 170 € en 2024, selon les deux éditions du RICA. Les dépenses d’engrais ont reculé de 48 140 € à 32 000 €, sans compenser la baisse du reste. Le tableau montre l’écart, avec une réserve : Agreste a revu en 2024 le classement de certaines aides, ce qui rend les subventions non comparables d’une année à l’autre.
| Poste, par exploitation | 2023 | 2024 |
|---|---|---|
| RCAI | 14 050 € | 3 170 € |
| RCAI par actif non salarié | 11 970 € | 2 700 € |
| Engrais et amendements | 48 140 € | 32 000 € |
| Cotisations sociales de l’exploitant | 14 690 € | 11 360 € |
L’Insee mesure autre chose : le revenu d’activité des non-salariés, en 2022, atteignait en moyenne 3 810 € par mois hors micro-BA, 770 € en micro-BA et 3 340 € ensemble, avec une médiane de 3 200 €, un premier décile à 640 € et un dernier à 9 070 €, selon l’Insee. Ce revenu porte sur 76 000 personnes, dont 10,8 % ont un revenu nul ou déficitaire. Les deux séries ne portent pas sur le même champ ni la même année : ne les additionnez pas.
Cotisations MSA, emprunts et micro-BA
Le résultat n’est pas ce que l’exploitant met dans sa poche. En 2024, ses cotisations sociales moyennes (11 360 €) dépassent à elles seules le RCAI, et les remboursements d’emprunts à long et moyen terme atteignent 24 410 €. Ces paiements s’appuient sur les dotations aux amortissements (33 620 €), qui ne sont pas une dépense de trésorerie : la capacité d’autofinancement de 37 520 € finance les prélèvements privés de 31 840 €.
Le solde disponible, après emprunts et cotisations, est de -820 € par exploitation. Un céréalier vit donc de sa capacité d’autofinancement, pas de son résultat, jusqu’à ce que le matériel doive être remplacé. Depuis 2026, la MSA calcule les cotisations sur une assiette sociale unique avec un abattement de 26 %, et des assiettes forfaitaires s’appliquent lorsque le revenu est nul.
Sur le plan fiscal, le régime du micro-BA est réservé aux exploitations dont les recettes hors taxes, en moyenne sur trois ans, ne dépassent pas 129 200 € pour 2026 à 2028, selon les cabinets comptables qui reprennent les seuils légaux. Le chiffre d’affaires moyen d’un céréalier (170 160 €) est au-dessus : la plupart relèvent du régime réel simplifié, jusqu’à 421 000 €, puis du régime normal.
Salarié agricole : IDCC 7024 et coopératives
Les salariés des exploitations relèvent en général de la convention de la production agricole et des Cuma, IDCC 7024. Sa grille de 2026 (avenant n° 11 du 2 juillet 2026, sous réserve d’extension) compte douze niveaux de 12,31 à 24,45 € brut de l’heure, soit 1 867,02 € à 3 708,33 € brut par mois sur 151,67 heures. Vérifiez la vôtre avec notre moteur de recherche de convention collective. Le détail par niveau figure sur la page salaire agriculteur, celui des postes d’exécution sur salaire ouvrier agricole.
Dans les coopératives de céréales, d’approvisionnement, d’aliments du bétail et d’oléagineux, c’est la convention IDCC 7002 qui s’applique. Sa grille de 2024, sur 13 mois, allait de 23 077 à 28 720 € brut par an pour les employés, de 30 275 à 38 108 € pour les techniciens et agents de maîtrise, et de 38 917 à 54 027 € pour les cadres, selon convention.fr. L’avenant n° 139 du 20 février 2026 n’a pas pu être lu : ces montants sont donc antérieurs.
Primes, aides et variables
Pour l’exploitant, le variable est l’aide publique. Selon Agreste, les subventions d’exploitation des céréaliers atteignent 35 920 € en 2024 : 28 700 € d’aides découplées (paiements de base et redistributifs), 1 760 € d’aides couplées et 4 310 € d’aides au développement rural. Les indemnités d’assurance ajoutent 5 290 € au résultat de l’année.
L’assurance récolte réformée en 2023 est subventionnée à 70 % des primes, avec une franchise subventionnable dès 20 %. La dotation jeune agriculteur, versée à l’installation, varie selon la région. Pour le salarié, aucune prime nationale de moisson n’a été trouvée : les majorations d’heures et les astreintes se lisent dans le contrat et l’accord d’entreprise.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
| Situation | Repère | Source |
|---|---|---|
| Salarié agricole, niveau 1 | 1 867 € brut par mois (SMIC) | IDCC 7024, avenant n° 11, 2026 |
| Salarié agricole, niveau 12 | 3 708 € brut par mois | IDCC 7024, avenant n° 11, 2026 |
| Employé de coopérative | 23 077 à 28 720 € brut par an | IDCC 7002, 2024 |
| Technicien de coopérative | 30 275 à 38 108 € brut par an | IDCC 7002, 2024 |
| Exploitant, 25 à 100 k€ de PBS | -990 € par an et par actif | Agreste, RICA 2024 |
| Exploitant, 250 k€ de PBS et plus | 6 540 € par an et par actif | Agreste, RICA 2024 |
Aucune statistique régionale du revenu des céréaliers n’a été trouvée.
Du brut au net
Le chef d’exploitation n’a pas de fiche de paie : ses cotisations sont calculées par la MSA sur son revenu professionnel. Le salarié agricole au niveau 1 gagne 1 867,02 € brut par mois. Avec un taux de cotisations salariales de 21 % sous le plafond, elles représentent 392,07 € et le net avant impôt est de 1 474,95 €, avant prélèvement à la source.
Simulez votre situation avec le calculateur de salaire brut en net, qui s’applique aux salariés non cadres.
Comparaison avec les métiers proches
Le RICA 2024 permet de comparer le RCAI par actif non salarié entre productions, toutes tailles confondues. Parmi les productions ci-dessous, les céréales ferment la marche.
| Production | RCAI par actif non salarié, 2024 |
|---|---|
| Céréales et oléoprotéagineux | 2 700 € |
| Bovins viande (éleveur) | 24 670 € |
| Viticulture (vigneron) | 29 680 € |
| Fruits et cultures permanentes (arboriculteur) | 32 000 € |
| Maraîchage (maraîcher) | 39 650 € |
| Bovins lait | 41 000 € |
| Cultures générales (autres grandes cultures) | 52 650 € |
| Toutes orientations | 29 410 € |
Ce qui fait varier le revenu, et où vous renseigner
Quatre leviers pèsent sur le résultat : le prix de vente, le rendement, le coût des intrants et la part du foncier en fermage. Le premier échappe au céréalier, le deuxième dépend du climat, les deux autres se travaillent : rotation, réduction des apports, choix des dates de vente, mutualisation du matériel.
Avant de s’installer, demandez à la chambre d’agriculture un plan d’entreprise avec plusieurs scénarios de prix. Le centre de gestion ou le comptable calculera votre point mort. Le RICA 2024 de céréales montre que 2 700 € par actif ne suffit pas, alors que 11 970 € l’année précédente laissait de la marge : un projet doit tenir dans les deux cas. Pour un poste de salarié, comparez la grille IDCC 7024 avec celle de la coopérative, et vérifiez le niveau proposé sur votre contrat.
Sommaire
- Chef d’exploitation : le résultat 2024 en détail
- Deux années de contraste : 2023 et 2024
- Cotisations MSA, emprunts et micro-BA
- Salarié agricole : IDCC 7024 et coopératives
- Primes, aides et variables
- Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait varier le revenu, et où vous renseigner
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