Salaire terrassier en 2026 : grille TP, indemnités et net

Le salaire d’un terrassier ne se lit pas sur une grille unique : il dépend de la convention de l’employeur, du niveau de classification et de la région. Dans les travaux publics, les minima sont fixés par accord régional, et les indemnités de déplacement pèsent sur la fiche de paie. Voici les chiffres 2026 pour l’Île-de-France, le passage au net, et ce que l’on ne sait pas encore chiffrer.

1 975,75 €brut mensuel au niveau I, coefficient 100, en Île-de-France en 2026
2 880,75 €brut mensuel au niveau IV, maître ouvrier, en Île-de-France en 2026
14 €d’indemnité repas par jour de chantier en Île-de-France en 2026

Travaux publics : la convention des ouvriers (IDCC 1702)

La plupart des terrassiers salariés relèvent de la convention collective nationale des ouvriers des travaux publics du 15 décembre 1992, IDCC 1702 (brochure 3005). Légifrance bloque la lecture automatique : le texte n’a pas été relu ici, et les montants viennent d’un relais juridique cité plus bas. Les minima sont fixés par accord régional, chaque année, et la convention ne donne pas de grille nationale unique.

La classification compte quatre niveaux, de l’exécution au maître ouvrier, découpés en positions. Aucune source publique consultée n’attribue un coefficient unique au terrassier : le niveau I (coefficients 100 et 110) correspond à l’exécution simple, le niveau II au professionnel. Un titulaire de CAP ou de BEP est classé au moins au niveau II position 1, d’après la grille de classification diffusée par la Capeb, dont le texte source n’a pas pu être relu.

NiveauPositionCoefficientBrut annuelBrut mensuel (35 h)
I110023 709 €1 975,75 €
I211023 930 €1 994,17 €
II112524 826 €2 068,83 €
II214027 474 €2 289,50 €
III115028 954 €2 412,83 €
III216531 886 €2 657,17 €
IV118034 569 €2 880,75 €
Source : accord régional du 16 janvier 2026, ouvriers des travaux publics d’Île-de-France (IDCC 1702), effectif au 1er janvier 2026, relayé par Juristique. Mensuel recalculé en divisant le brut annuel par 12.

Selon Juristique, l’accord revalorise la grille de 1,23 % en moyenne. Le niveau I reste au-dessus du SMIC, porté à 1 867,02 € brut le 1er juin 2026. Les autres régions ont leur propre accord : la FNTP les publie en PDF réservés à ses adhérents, et leurs montants n’ont pas été relevés ici. Ne transposez donc pas ces chiffres hors d’Île-de-France sans vérifier.

Quelle convention s’applique à vous ?

La convention dépend de l’activité de l’entreprise, pas de votre intitulé de poste. Un terrassier employé par une entreprise du bâtiment relève des conventions du bâtiment (IDCC 1596 ou 1597), avec d’autres minima. Repérez l’IDCC sur votre bulletin ou cherchez-le avec notre moteur de recherche des conventions collectives.

Indépendant et artisan terrassier

Une entreprise individuelle de terrassement est possible, mais elle suppose du matériel : une minipelle et un porte-engins représentent un investissement lourd, et l’assurance professionnelle pèse dans les charges. Aucune source publique consultée ne donne le revenu d’un artisan terrassier.

Le seul repère fiable est plus large. Selon l’Insee, le revenu d’activité mensuel médian des non-salariés de la construction, hors micro-entrepreneurs, s’élevait à 2 610 € en 2023, avant CSG et CRDS. Le neuvième décile atteint 6 050 € et le premier 800 €. Ces chiffres couvrent toute la construction, sans ventilation par métier : ils indiquent un ordre de grandeur, pas la paie d’un terrassier. Pour les micro-entrepreneurs, le calculateur de charges donne le net à partir du chiffre d’affaires.

Primes, indemnités et variables

Les indemnités de petits déplacements (IPD) sont fixées par région, dans les articles 8.1 à 8.8 de la convention. Elles comprennent une indemnité de repas, une indemnité de trajet et une indemnité de transport, selon la distance entre le chantier et le point de référence. Elles ne font pas partie du brut de la grille, et s’ajoutent au salaire de base.

Zone, Île-de-FranceDistanceTrajetTransport
10 à 10 km2,57 €2,32 €
210 à 20 km3,77 €4,06 €
320 à 30 km5,89 €6,40 €
430 à 40 km7,09 €7,51 €
540 à 50 km8,71 €8,95 €
6plus de 50 km10,00 €10,77 €
Source : accord du 16 janvier 2026, effectif au 1er janvier 2026, indemnité repas de 14 € (Juristique, IPD 2026 des travaux publics d’Île-de-France).

Ailleurs, les montants diffèrent. En Normandie, l’indemnité repas est de 14,50 €, contre 14 € en Île-de-France : le barème change d’une région à l’autre. Vérifiez le vôtre sur le site de la FNTP ou auprès du service paie.

Les autres compléments viennent de la vie du chantier. Les heures supplémentaires se calculent avec notre calculateur d’heures supplémentaires. Les grands déplacements relèvent d’un régime distinct : aucun montant n’a été relevé pour 2026. La convention prévoit aussi une prime de vacances de 30 % de l’indemnité de congés pour la période principale, selon LégiSocial, sans autre recoupement. Les arrêts pour intempéries obéissent à des règles propres, dont la récupération des heures perdues prévue à l’article 3.16.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Le salaire monte par le niveau, pas par l’ancienneté seule. Le tableau relie chaque niveau à ce qui le justifie sur un chantier, avec les minima d’Île-de-France.

NiveauCe qu’il recouvreBrut mensuel 2026, Île-de-France
I, coefficients 100 et 110Exécution de tâches simples, sous directives précises1 975,75 € à 1 994,17 €
II, coefficients 125 et 140Professionnel sur travaux courants, souvent après CAP ou BEP2 068,83 € à 2 289,50 €
III, coefficients 150 et 165Professionnel qualifié, plus autonome2 412,83 € à 2 657,17 €
IV, coefficient 180Maître ouvrier, chef d’équipe2 880,75 €
Sources : accord du 16 janvier 2026 (IDCC 1702, Île-de-France) ; description des niveaux d’après le décodeur de classification de salairebtp.fr, relais non officiel.

Les habilitations comptent : un terrassier qui détient le CACES R482 et l’AIPR peut être classé au-dessus d’un manœuvre. Le coefficient exact reste à négocier avec l’employeur, et aucune source publique ne l’attribue automatiquement. Quant à la région, seule l’Île-de-France est chiffrée ici, faute de source lue pour les autres.

Du brut au net

Le net dépend des cotisations salariales, de 21,00 % du brut sous le plafond mensuel de 4 005 € en 2026, avant impôt sur le revenu. Un terrassier au niveau I, coefficient 100, gagne 1 975,75 € brut : il reçoit environ 1 560,84 € net avant impôt. Au niveau II position 1, les 2 068,83 € brut donnent environ 1 634,38 € net.

Ce calcul s’applique au salaire de base. Les indemnités de déplacement ne suivent pas les mêmes règles et les cotisations dépendent de votre bulletin. Pour l’estimation de votre propre cas, utilisez notre calculateur brut en net.

Comparaison avec les métiers proches

Les métiers voisins ne relèvent pas tous de la même convention, ce qui rend la comparaison délicate. Le tableau place les minima de chaque cadre, à la même date.

CadreConvention et régionBrut mensuel 2026
Terrassier, niveau I à IVTravaux publics, IDCC 1702, Île-de-France1 975,75 € à 2 880,75 €
Maçon, coefficients 185 et 210Bâtiment, IDCC 1596 et 1597, Île-de-France1 899 € et 2 038 €
Conducteur de poids lourd, coefficient 150MTransport routier, IDCC 16, national1 885,25 €
SMICNational, 1er juin 20261 867,02 €
Sources : accord du 16 janvier 2026 (IDCC 1702) ; accord du 5 novembre 2025 effectif au 5 février 2026 (bâtiment ouvriers, Île-de-France) ; accord du 11 octobre 2023 (IDCC 16), en vigueur en 2026 ; code.travail.gouv.fr pour le SMIC. Le bâtiment et le transport sont repris de nos fiches, non relus.

L’écart entre travaux publics et bâtiment dépend du niveau considéré : il faut comparer des postes équivalents, et non seulement des intitulés. Le grutier de travaux publics, par exemple, est décrit avec la même grille sur la page salaire grutier.

Terrassier : missions, formation et débouchésAccès sans diplôme, AIPR, CACES R482, conditions de travail et évolutions.Voir la fiche métier

Ce qui fait varier la paie, et comment la négocier

Trois leviers pèsent sur votre fiche de paie : la convention de l’employeur, le niveau de classification et la région. Le premier se vérifie en une minute sur le bulletin, le deuxième se négocie à l’embauche, le troisième ne dépend pas de vous.

Pour négocier, appuyez-vous sur ce qui est objectif : votre AIPR, votre CACES R482 en cours de validité, votre CAP ou votre titre, et les engins que vous savez conduire. Demandez le niveau et le coefficient correspondants par écrit, et comparez avec la grille régionale plutôt qu’avec un chiffre entendu sur le chantier.

Pour vérifier un montant, consultez l’accord régional de votre lieu de travail sur le site de la FNTP, ou demandez-le au service paie de l’entreprise. Une offre affichant un salaire inférieur au minimum du niveau correspondant est contestable : le minimum conventionnel s’impose à l’employeur, dès lors que la convention lui est applicable.

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