Salaire maçon en 2026 : grille du bâtiment, artisan, net

Un maçon de 22 ans, titulaire d’un CAP, embauché en Île-de-France en 2026, est classé au coefficient 185 : 1 899 € brut par mois au minimum conventionnel, soit une trentaine d’euros de plus que le SMIC. Le bâtiment paie par coefficient et par région, pas par métier. Voici la grille, les indemnités, le net et le revenu des artisans.

1 899 €brut mensuel au coefficient 185 (CAP), bâtiment Île-de-France, 2026
2 038 €brut mensuel au coefficient 210 (BP, bac pro), même grille
2 510 €brut mensuel au coefficient 270, maître ouvrier, même grille

Maçon salarié : la convention du bâtiment

Le maçon d’une entreprise de bâtiment relève de la convention collective des ouvriers du bâtiment : IDCC 1596 pour les entreprises de dix salariés au plus, IDCC 1597 au-delà. Le texte, issu de la convention du 8 octobre 1990, classe les ouvriers en quatre niveaux : exécution (coefficients 150 et 170), ouvrier professionnel (185), compagnon professionnel (210 et 230), maître ouvrier ou chef d’équipe (250 et 270). Il n’existe pas de grille propre au maçon : c’est l’employeur qui classe, mais le diplôme fixe un plancher. Un titulaire de CAP est classé au coefficient 185, un titulaire de brevet professionnel ou de bac pro au coefficient 210, selon la CAPEB. Pour retrouver la convention de votre employeur, utilisez notre moteur de recherche de convention collective.

Les minima sont négociés région par région, et c’est l’accord du lieu du chantier qui s’applique. En Île-de-France, l’accord du 5 novembre 2025 est appliqué depuis février 2026. Aux coefficients 150 et 170, le minimum conventionnel est inférieur au SMIC : c’est le SMIC qui s’applique depuis le 1er juin 2026.

NiveauCoefficientBrut mensuel (35 h)Brut horaire
N1 position 11501 867,02 € (SMIC)12,31 €
N1 position 21701 867,02 € (SMIC)12,31 €
N21851 899 €12,52 €
N3 position 12102 038 €13,44 €
N3 position 22302 164 €14,27 €
N4 position 12502 292 €15,11 €
N4 position 22702 510 €16,55 €
Source : Salerya, grille BTP 2026 Île-de-France (IDCC 1596 et 1597), coefficient 270 et SMIC recoupés par Batup ; accord régional du 5 novembre 2025. Brut, 35 heures, hors primes et indemnités.

La région pèse lourd. Au coefficient 210, Île-de-France est la 13e région sur 13 de la grille, et Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche 2 170,80 €, soit 132,80 € de plus par mois, selon Salerya. Pour la Bretagne, Juritravail relève au 1er janvier 2026 1 917,70 € au coefficient 185 et 2 082,95 € au coefficient 210 : 18,70 € et 44,95 € de plus qu’en Île-de-France. Consultez l’accord de votre région avant de comparer deux offres.

Maçon artisan ou indépendant : ce que l’on peut vraiment gagner

Le chiffre d’affaires n’est pas un revenu, et aucune statistique publique récente ne donne le revenu d’un artisan maçon. La plus précise reste celle de l’Insee, sur les non-salariés « classiques » de la construction en 2017 : pour la maçonnerie et le gros œuvre, le revenu d’activité moyen était de 2 580 € par mois, la médiane de 2 200 €, le premier décile de 660 € et le dernier décile de 5 150 €, d’après l’Insee (Références, avril 2020). Ces données ont neuf ans, et ne sont pas des salaires : elles mesurent le revenu d’activité de l’indépendant, un concept de l’Insee qui n’est pas un salaire.

L’écart entre le premier et le dernier décile est de 660 € à 5 150 € : la moitié des artisans gagnent 2 200 € ou moins, et un sur dix dépasse 5 150 €. Ce sont la qualité de la clientèle, la saturation du carnet de commandes et la gestion des chantiers qui font la différence, plus que l’ancienneté.

Pour un démarrage en micro-entreprise, une prestation de services artisanale supporte 21,2 % de cotisations sociales sur le chiffre d’affaires encaissé, avec un plafond annuel de 83 600 € en 2026, d’après les tableaux de l’administration. Pour 4 000 € encaissés dans le mois, les cotisations s’élèvent à 848 €, avant les charges propres : matériel, véhicule, matériaux, et surtout la garantie décennale, obligatoire avant l’ouverture de tout chantier (amende pouvant atteindre 75 000 € sans elle, selon PRO BTP). Nous n’avons pas de prime moyenne fiable à citer : les tarifs se demandent à plusieurs assureurs. Simulez votre cas avec le calculateur de charges de micro-entrepreneur.

Primes, indemnités et variables

Dans le bâtiment, les petits déplacements se composent d’une indemnité de repas (panier), de trajet et de transport, fixées par zone selon la distance entre le chantier et l’entreprise. L’indemnité de repas s’élevait à 10,80 € par jour en Île-de-France en 2025 selon Salerya : le relevé 2026 n’a pas pu être confirmé. Ces indemnités s’ajoutent au brut de base et suivent leur propre régime social. Quand l’ouvrier ne peut pas rentrer le soir, il relève du grand déplacement, prévu par la convention du 8 octobre 1990 : la Fédération française du bâtiment publie les montants annuels, que nous n’avons pas pu vérifier et ne citons donc pas.

Le chômage-intempéries compte pour un maçon exposé au gel, à la pluie ou au vent. Lorsqu’un chantier s’arrête, le salarié touche 75 % de son salaire horaire pour chaque heure perdue, dans la limite de 9 heures par jour, 45 heures par semaine et 495 heures par an, avec une heure non indemnisée par arrêt, selon la caisse de congés intempéries du BTP. Il faut avoir travaillé au moins 200 heures dans le bâtiment sur les deux mois précédents. Cette indemnité est un revenu de remplacement, non un salaire : elle ne supporte que la CSG et la CRDS.

Les congés payés du bâtiment ne passent pas par l’employeur mais par une caisse régionale, la CIBTP : l’ouvrier acquiert 2,5 jours par mois, soit 30 jours ouvrables au maximum, sur une période de référence qui court du 1er avril au 31 mars, selon Skello, un éditeur de logiciels de paie. Les heures supplémentaires sont majorées : le calculateur d’heures supplémentaires aide à les estimer. Aucune prime de pénibilité ni de travail en hauteur ne figure dans les grilles consultées : elle dépend du contrat.

Évolution selon l’expérience, la formation et la région

Le bâtiment classe selon la qualification et la responsabilité, non l’ancienneté. Voici comment se lit la grille d’Île-de-France pour un maçon, à titre indicatif : seuls les planchers du CAP et du BP ou bac pro sont fixés par la convention.

SituationCoefficientBrut mensuel, bâtiment Île-de-France 2026
Manœuvre ou aide-maçon débutantN1, 150 à 1701 867,02 € (SMIC)
Titulaire du CAP MaçonN2, 185 (plancher)1 899 €
Titulaire du BP ou du bac pro, ou compagnon autonomeN3, 210 (plancher) à 2302 038 € à 2 164 €
Chef d’équipe ou maître ouvrierN4, 250 à 2702 292 € à 2 510 €
Source : CAPEB (planchers par diplôme), Salerya et Batup (grille BTP 2026 Île-de-France). Répartition indicative pour le reste, non fixée par la convention pour le métier de maçon.

Entre le coefficient 185 et le coefficient 270, l’écart atteint 611 € brut par mois (2 510 moins 1 899), soit environ 32 %. Le chef d’équipe reste dans la grille des ouvriers ; le chef de chantier passe dans celle des ETAM, plus haute, selon Salerya.

Du brut au net

Un salarié non cadre cotise environ 21 % de son brut sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026. Pour un maçon titulaire du CAP au coefficient 185 à 1 899 € brut, le net avant impôt est de l’ordre de 1 500 € (1 899 × 0,79 = 1 500,21). Au coefficient 210, à 2 038 € brut, il est de l’ordre de 1 610 €, hors indemnités de déplacement qui suivent leur propre régime.

Ce calcul est simplifié : les cotisations exactes dépendent de la situation du salarié. Pour votre cas, utilisez le calculateur de salaire brut en net.

Comparaison avec les métiers proches

MétierCadre de la donnéeBrut mensuel
MaçonOuvriers du bâtiment, Île-de-France, coefficients 185 à 270, 20261 899 € à 2 510 €
CarreleurMême convention, même grille : le coefficient dépend du diplôme et de l’autonomie1 899 € à 2 510 €
Conducteur de travauxETAM du bâtiment, Île-de-France, niveaux E à G, 20262 407 € à 3 119 €
Sources : Salerya et Batup (ouvriers du bâtiment), Juristique (ETAM, accord du 5 novembre 2025). Minima conventionnels, hors primes, non comparables poste à poste.

Le maçon partage sa grille avec les autres ouvriers du bâtiment : la différence se fait moins sur le taux horaire que sur la qualification, l’encadrement et l’installation.

Maçon : missions et formationLe CAP, le titre professionnel, la décennale, les débouchés et les évolutions.Voir la fiche métier

Négocier sa paie : ce qui fait varier le bulletin

Trois leviers pèsent plus que le taux horaire affiché. Le premier est la classification : le CAP donne droit au coefficient 185, le BP ou le bac pro au 210, et l’écart de 139 € brut par mois (2 038 moins 1 899) justifie de faire valoir son diplôme par écrit. Un ouvrier de niveau III ou IV qui détient deux diplômes de spécialités différentes a droit à 110 % du salaire conventionnel, selon la CAPEB. Le deuxième est le régime des déplacements et des paniers, qui ajoute des sommes hors salaire de base. Le troisième est la région : à coefficient égal, une même grille varie de plus de 130 € par mois.

Avant de signer, comparez sur quatre points : la convention applicable, la grille de la région du chantier, les indemnités de déplacement prévues au contrat et le traitement des intempéries. Gardez vos bulletins pour les recalculs, demandez à l’employeur quel coefficient vous est attribué, et consultez les accords régionaux de la Fédération française du bâtiment.

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