Salaire grutier en 2026 : BTP et secteur portuaire

Le salaire d’un grutier dépend d’abord de son employeur : chantier de travaux publics, entreprise du bâtiment ou terminal portuaire, chacun avec sa propre convention collective et sa propre grille régionale. Cette page détaille les minima 2026, les primes prévues par chaque convention et un exemple de calcul du salaire net, pour situer votre rémunération réelle selon votre secteur.

2 070 €brut mensuel au niveau II des travaux publics, Île-de-France, 2026
2 881 €brut mensuel au niveau IV, le plus qualifié, de la même grille
1 977 € à 8 092 €minima bruts mensuels de la convention ports et manutention, 2026

Bâtiment et travaux publics : deux conventions, des grilles régionales

Selon que l’employeur relève du bâtiment ou des travaux publics, le grutier dépend de deux conventions collectives distinctes : celle des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 pour les entreprises de dix salariés ou moins, IDCC 1597 au-delà) ou celle des ouvriers des travaux publics (IDCC 1702). Les deux classent les ouvriers en quatre niveaux, du plus débutant au plus qualifié, mais fixent leurs minima région par région : il n’existe pas de grille nationale unique.

À titre d’exemple, voici la grille des ouvriers des travaux publics applicable en Île-de-France en 2026. Un grutier, du fait du CACES obligatoire, se situe en pratique au moins au niveau II, celui des ouvriers professionnels, mais aucune source publique ne fixe un coefficient national unique pour ce poste : il dépend de la qualification retenue par chaque employeur.

NiveauPositionCoefficientBrut annuelBrut mensuel (35h)
I110023 709 €1 975,75 €
I211023 930 €1 994,17 €
II112524 826 €2 068,83 €
II214027 474 €2 289,50 €
III115028 954 €2 412,83 €
III216531 886 €2 657,17 €
IV118034 569 €2 880,75 €
Source : accord régional du 16 janvier 2026, ouvriers des travaux publics d’Île-de-France (IDCC 1702), effectif au 1er janvier 2026. Brut annuel de base pour 35 heures, hors primes de trajet et de panier.

Ces montants ne valent que pour l’Île-de-France : chaque région du bâtiment et des travaux publics négocie sa propre revalorisation, parfois à des dates différentes dans l’année. Pour connaître la convention et la grille qui s’appliquent à votre employeur, utilisez notre moteur de recherche des conventions collectives.

Le même principe de classification en quatre niveaux existe dans le bâtiment, sous les IDCC 1596 ou 1597. Les grilles régionales du bâtiment trouvées lors de la rédaction de cette page dataient de 2018 ou ne précisaient pas la revalorisation 2026 : aucun montant n’est donc publié ici pour cette convention, faute d’une source datée et fiable. Si votre employeur relève du bâtiment, demandez sa grille régionale actualisée à la fédération départementale ou à votre représentant du personnel.

Secteur portuaire : la convention collective unifiée ports et manutention (IDCC 3017)

Dans les ports de commerce, le grutier ou portiqueur relève de la convention collective nationale unifiée ports et manutention du 15 avril 2011, IDCC 3017. L’avenant n° 21 du 4 décembre 2025, applicable depuis le 1er janvier 2026 entre les entreprises signataires, a revalorisé de 1,3 % les salaires minimaux garantis, qui vont désormais de 1 977 € à 8 092 € brut par mois pour 151,67 heures, selon la catégorie professionnelle et l’ancienneté. Son arrêté d’extension, qui le rendrait obligatoire pour toutes les entreprises de la branche, restait en attente de publication au Journal officiel à la mi-2026.

Un chiffre qui manque

La convention prévoit une prime spécifique liée à la conduite de grue, en plus du salaire de base, mais son montant précis n’a pas été retrouvé dans les sources consultées pour cette page. Vérifiez-le sur votre bulletin de paie ou auprès du délégué du personnel de l’entreprise de manutention.

L’écart entre 1 977 € et 8 092 € couvre l’ensemble de la grille, du premier niveau d’exécution jusqu’aux cadres d’exploitation du port. Un grutier ou portiqueur qualifié se situe en réalité dans la partie basse à intermédiaire de cette fourchette, le sommet de la grille étant réservé à l’encadrement du terminal.

Primes, indemnités et variables

Dans le bâtiment et les travaux publics, les grilles régionales s’accompagnent le plus souvent d’une indemnité de trajet et d’une indemnité de repas, calculées selon des barèmes propres à chaque zone géographique. Leur montant exact ne figure pas dans les grilles de base : il se trouve dans l’accord régional applicable à votre chantier, que votre employeur doit pouvoir vous communiquer.

Dans le secteur portuaire, la convention ports et manutention prévoit des majorations pour le travail du samedi, les heures effectuées après une vacation ou une vacation réduite, ainsi qu’un congé d’ancienneté propre à la branche. Ces éléments s’ajoutent au salaire de base et varient selon l’entreprise de manutention et le port concerné.

Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région

Dans les travaux publics, la progression suit les niveaux de la classification, du débutant au maître ouvrier.

SituationNiveau et coefficientBrut mensuel, Île-de-France 2026
Débutant, ouvrier d’exécutionNiveau I, coefficient 100 à 1101 975,75 € à 1 994,17 €
Qualifié, ouvrier professionnelNiveau II, coefficient 125 à 1402 068,83 € à 2 289,50 €
Confirmé, ouvrier compagnonNiveau III, coefficient 150 à 1652 412,83 € à 2 657,17 €
Expérimenté, maître ouvrierNiveau IV, coefficient 1802 880,75 €
Source : accord régional du 16 janvier 2026, ouvriers des travaux publics d’Île-de-France (IDCC 1702).

D’une région à l’autre, l’écart peut être sensible : la fédération régionale des travaux publics négocie chaque grille séparément, sans date commune de revalorisation. Dans le secteur portuaire, où le haut de grille de la convention ports et manutention atteint 8 092 € brut par mois en 2026, l’écart entre un poste d’entrée et un poste très qualifié est nettement plus large que dans le bâtiment ou les travaux publics.

Du brut au net

En tant que salarié non-cadre, un grutier du bâtiment ou des travaux publics cotise environ 21 % de son brut, taux applicable en 2026 tant que la rémunération reste sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 €.

Ligne de paieMontant mensuel
Brut, niveau III position 1 (coefficient 150)2 412,83 €
Cotisations salariales, 21 % du brut– 506,69 €
Net avant impôt1 906,14 €
Calcul Voilà le travail : grille travaux publics d’Île-de-France 2026, taux de cotisation non-cadre 2026, hors primes de trajet et de panier.

Ce calcul reste un ordre de grandeur : les primes de trajet, de panier et les éventuelles heures supplémentaires s’ajoutent au brut avant application des cotisations. Pour un calcul adapté à votre situation, utilisez notre calculateur de salaire brut en net.

Comparaison avec les métiers proches

Le grutier partage ses conventions collectives avec d’autres métiers de conduite d’engins ou de manutention.

MétierCadreBrut mensuel 2026
Grutier, travaux publicsIDCC 1702, Île-de-France2 070 € à 2 881 €
Terrassier, même grilleIDCC 1702, Île-de-France2 070 € à 2 881 €
Conducteur de poids lourdTransport routier, coefficient 150M1 885,25 €
Grutier, secteur portuaireIDCC 3017, ports et manutention1 977 € à 8 092 €
Sources : accord régional du 16 janvier 2026 (IDCC 1702, Île-de-France) ; accord du 11 octobre 2023 (IDCC 16, transport routier) ; avenant n° 21 du 4 décembre 2025 (IDCC 3017), effectif au 1er janvier 2026.

Le terrassier relève de la même convention et de la même classification que le grutier des travaux publics : leur rémunération dépend avant tout du niveau de qualification retenu par l’employeur, pas du métier lui-même. Le conducteur de poids lourd, soumis à une autre convention, se situe en bas de cette fourchette. C’est dans le secteur portuaire que l’écart entre le bas et le haut de la grille est le plus marqué.

Fiche métier grutierMissions, CACES, formation et conditions de travail.Voir la fiche

Ce qui fait vraiment varier la paie d’un grutier

Le nombre de catégories de CACES détenues pèse davantage que l’ancienneté seule. Un grutier qui cumule le CACES R487 des grues à tour et le CACES R483 des grues mobiles se rend disponible pour davantage de chantiers, et peut négocier son classement à l’embauche sur cette polyvalence plutôt que d’attendre un changement d’échelon.

Avant de signer, demandez la grille régionale exacte appliquée par l’entreprise, bâtiment ou travaux publics, ainsi que le détail des primes de trajet et de panier : elles peuvent représenter plusieurs centaines d’euros par mois et ne figurent jamais dans le salaire de base affiché sur une offre d’emploi.

Dans le secteur portuaire, comparez le salaire de base et les majorations de nuit, de samedi ou d’astreinte plutôt que le seul minimum conventionnel : c’est souvent l’organisation du temps de travail, propre à chaque port, qui explique l’essentiel de l’écart avec le bâtiment ou les travaux publics.

Enfin, le choix du secteur pèse autant que la négociation individuelle. Un grutier qui passe du bâtiment ou des travaux publics vers un terminal portuaire change de convention, de rythme de travail et souvent de région : comparez toujours le total annuel, primes et majorations comprises, avant de vous engager sur un changement de secteur.

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