Salaire pâtissier en 2026 : grille, artisan et net
Un pâtissier qui signe son premier contrat en 2026 découvre vite que la grille de sa convention démarre sous le SMIC : c’est le SMIC qui s’applique, soit 1 867 € brut par mois. Entre pâtisserie artisanale, hôtellerie-restauration, restauration collective et installation à son compte, l’écart est pourtant réel. Voici les minima, les primes, le net et les comparaisons.
Pâtisserie artisanale : la convention collective IDCC 1267
Le pâtissier salarié d’une pâtisserie artisanale relève en principe de la convention collective nationale de la pâtisserie (IDCC 1267, brochure 3215). D’après LégiSocial, elle couvre notamment la pâtisserie, la confiserie, la chocolaterie, la glacerie et le commerce de détail de pâtisserie. Une boulangerie-pâtisserie relève plutôt de l’IDCC 843 (voir plus bas) : tout dépend de l’activité principale de l’entreprise. Trouvez votre convention avec l’outil du site, et vérifiez-la sur votre bulletin de paie.
La grille de janvier 2026 vient de l’avenant n° 114 du 29 janvier 2026, étendu par un arrêté publié le 17 avril 2026, avec une hausse moyenne de 1,21 %. Voici le personnel de fabrication, brut mensuel pour 35 heures (151,67 heures) :
| Coefficient | Taux horaire | Brut mensuel, 35 h |
|---|---|---|
| 160 | 12,29 € | 1 863,37 € (SMIC appliqué) |
| 165 | 12,36 € | 1 874,11 € |
| 170 | 12,50 € | 1 895,60 € |
| 180 | 12,72 € | 1 929,37 € |
| 190 | 13,42 € | 2 035,28 € |
| 220 | 15,40 € | 2 336,12 € |
| 250 | 17,49 € | 2 652,31 € |
| 290 | 20,29 € | 3 077,48 € |
| 350 | 24,49 € | 3 714,46 € |
Le coefficient 160 est 3,65 € sous le SMIC de 1 867,02 € brut (12,31 € de l’heure) depuis le 1er juin 2026 : le SMIC s’applique jusqu’à ce que la branche relève sa grille. Nous n’avons pas pu lire l’annexe de classification : le coefficient d’un titulaire du CAP dépend du poste et de l’accord de l’entreprise, et nous ne l’attribuons pas.
Un nouvel avenant n° 117 du 30 juin 2026, applicable au 1er juin 2026, prévoit en moyenne 1,50 % de hausse : coefficient 160 à 1 891,32 € et coefficient 350 à 3 770,18 € brut, selon Juristique. Nous n’avons pas trouvé son arrêté d’extension : sans lui, il ne s’impose qu’aux entreprises adhérentes des organisations signataires. La grille de 2025 (avant l’avenant n° 114) partait de 1 841,27 € au coefficient 160, d’après convention.fr.
Boulangerie-pâtisserie artisanale : la convention IDCC 843
Dans une boulangerie qui fabrique ses gâteaux, la convention de la boulangerie-pâtisserie artisanale (IDCC 843) s’applique. Depuis l’avenant n° 139 du 14 janvier 2026, le coefficient 160 vaut 12,53 € de l’heure, soit environ 1 900 € brut par mois, et le coefficient 185 vaut 13,31 €, soit environ 2 019 €, d’après Juristique. Le coefficient 160 correspond au titulaire du CAP et le coefficient 185 au titulaire du brevet professionnel ou du BTM, selon Payfit.
Le pâtissier d’une boulangerie a donc un point de départ plus haut d’environ 37 € brut par mois que celui de la convention de la pâtisserie au coefficient 160, avant toute prime. Consultez aussi la page salaire du boulanger pour le détail de cette grille.
Hôtellerie-restauration et restauration collective
Le pâtissier d’un hôtel ou d’un restaurant relève de la convention HCR (IDCC 1979), dont la classification compte cinq niveaux de trois échelons. Nous n’avons pas pu confirmer à quel niveau se classent le commis pâtissier, le pâtissier et le chef pâtissier : les sources divergent et l’avenant n° 30 n’a pas pu être lu. Le niveau dépend des responsabilités réellement exercées.
Les repères de la grille (avenant n° 33, applicable depuis le 1er décembre 2024) sont les suivants : le niveau IV s’étend de 14,40 à 15,40 € de l’heure, soit 2 184,05 € à 2 335,72 € brut par mois pour 35 heures, et le niveau V de 18,43 à 28,12 €, soit 2 795,28 € à 4 264,96 €. Les échelons du niveau I, jusqu’à 12,28 € au niveau II-1, sont sous le SMIC. Un avenant n° 36 du 4 juin 2026, dont l’extension a fait l’objet d’un avis au Journal officiel du 9 septembre 2026, revalorise la grille : nous n’en avons pas trouvé les montants. Le détail de la grille figure sur la page salaire du commis de cuisine et sur celle du chef cuisinier.
En restauration de collectivités (IDCC 1266), l’avenant n° 68 applicable au 1er mars 2025 donne de 1 803,32 € (niveau I) à 1 965,60 € (niveau V) brut par mois pour 35 heures, d’après Juristique. Cette grille date de 2025, et les premiers niveaux sont sous le SMIC de 2026.
Industrie agroalimentaire : une grille non relevée
Le pâtissier industriel conduit ou surveille des lignes de fabrication. Sa convention dépend de la branche de l’entreprise, et nous n’avons pas trouvé de grille datée de 2026 pour la pâtisserie industrielle. Le salaire d’un poste d’usine ne se lit donc pas ici : consultez le bulletin de paie et la convention indiquée dessus.
Pâtissier à son compte : un revenu, pas un salaire
Il n’existe pas de revenu officiel du seul artisan pâtissier. Pour l’ensemble des boulangeries-pâtisseries, Cerfrance relève un chiffre d’affaires moyen de 388 168 € et un résultat courant de 43 639 € en 2023, avant impôt et cotisations, pour 5,75 unités de main-d’œuvre. Cette moyenne mélange boulangers et pâtissiers et ne dit rien d’une pâtisserie seule.
Le micro-entrepreneur plafonne à 203 100 € de chiffre d’affaires annuel pour la vente de marchandises en 2026, d’après Service-public.fr. Les cotisations y sont de 12,3 % du chiffre d’affaires pour la vente, selon Service-public.fr : sur 80 000 € de ventes annuelles, 9 840 €, avant les achats de matières premières. Utilisez le calculateur de charges de micro-entrepreneur pour votre cas.
Primes, indemnités et variables
Pour la convention IDCC 1267, nous n’avons pas trouvé les majorations de nuit et de dimanche ni de prime annuelle. Ne comptez pas dessus sans les lire dans votre convention. Dans la boulangerie-pâtisserie (IDCC 843), le travail de nuit de 20 heures à 6 heures est majoré de 25 % et le dimanche de 20 % au minimum, d’après Payfit.
- Prime de fin d’année (IDCC 843) : 4,75 % en 2026, après un an d’ancienneté, selon le Code du travail numérique.
- Heures supplémentaires : majoration légale de 25 % pour les huit premières, sauf accord de branche plus favorable. Au taux du coefficient 165 (12,36 €), cela donne 15,45 € l’heure. Calculez-les avec le calculateur d’heures supplémentaires.
- Participation aux résultats : obligatoire dès 50 salariés, ce qui exclut la plupart des ateliers artisanaux.
Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
Nous n’avons trouvé aucune statistique officielle de salaire du pâtissier par région ou par ancienneté : les fourchettes de blogs et de sites d’intérim ne sont pas retenues. Le repère fiable reste la grille : passer du coefficient 165 au coefficient 220 fait gagner 462,01 € brut par mois en janvier 2026 dans l’IDCC 1267.
| Étape | Coefficient IDCC 1267 | Brut mensuel minimum |
|---|---|---|
| Premiers coefficients | 160 à 165 | 1 863,37 € à 1 874,11 € |
| Ouvrier qualifié | 180 à 190 | 1 929,37 € à 2 035,28 € |
| Niveau supérieur | 220 à 250 | 2 336,12 € à 2 652,31 € |
| Niveau le plus élevé de la grille | 290 à 350 | 3 077,48 € à 3 714,46 € |
Du brut au net
Un pâtissier au coefficient 165 touche 1 874,11 € brut par mois en janvier 2026. Avec des cotisations salariales de l’ordre de 21 % sous le plafond mensuel de 4 005 €, cela donne environ 1 481 € net avant impôt (1 874,11 x 0,79 = 1 480,55 €). Le net avant impôt du coefficient 220 est d’environ 1 846 €, celui du SMIC de 1 867,02 € brut d’environ 1 475 €. Ces montants sont des ordres de grandeur ; le calcul exact dépend de la mutuelle et des exonérations. Utilisez le calculateur brut en net pour votre bulletin.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier et convention | Repère | Brut mensuel, 35 h |
|---|---|---|
| Pâtissier, IDCC 1267 | Coefficient 165, janvier 2026 | 1 874,11 € |
| Boulanger, IDCC 843 | Coefficient 160 (CAP), janvier 2026 | 1 900 € |
| Chocolatier, IDCC 1286 | Coefficient 160 (CAP), janvier 2026 | 2 039,96 € |
| Commis de cuisine, HCR | Niveau II-1, avenant n° 33 | 1 862,51 € (SMIC appliqué) |
| Chef cuisinier, HCR | Niveau IV-1, avenant n° 33 | 2 184,05 € |
Le chocolatier salarié de l’IDCC 1286 dispose du minimum le plus haut, d’après notre fiche chocolatier. Les niveaux sont des minima de branche, pas des salaires réels : ils ne disent rien des primes, de l’ancienneté ni des négociations propres à l’entreprise.
Ce qui fait varier la paie, et comment négocier
Trois leviers pèsent plus que le reste : la convention applicable (1 863 € contre 1 900 € au niveau du CAP), le diplôme (brevet professionnel, BTM ou brevet de maîtrise, qui ouvrent des coefficients plus hauts) et l’évolution vers l’encadrement (chef de laboratoire, chef pâtissier). Avant de signer, demandez le coefficient de votre poste par écrit, comparez-le à la grille en vigueur à la date de l’embauche et vérifiez la convention indiquée sur le contrat.
Pour vous renseigner : le Code du travail numérique pour votre convention, votre chambre de métiers et de l’artisanat, et le bulletin de paie de votre employeur, qui mentionne l’IDCC.
Sommaire
- Pâtisserie artisanale : la convention collective IDCC 1267
- Boulangerie-pâtisserie artisanale : la convention IDCC 843
- Hôtellerie-restauration et restauration collective
- Industrie agroalimentaire : une grille non relevée
- Pâtissier à son compte : un revenu, pas un salaire
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, la spécialisation et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Ce qui fait varier la paie, et comment négocier
Vous souhaitez vous reconvertir ou évoluer dans ce métier ?
Découvrez les formations disponibles près de chez vous et financez votre projet grâce au CPF.
