Courtier en assurance : missions, ORIAS, formation, salaire et débouchés

Une PME de transport cherche à couvrir sa flotte de vingt camions, un artisan veut une décennale moins chère : ils s’adressent à un courtier, qui met en concurrence les assureurs et défend leur dossier. Le métier est réglementé : il exige une immatriculation à l’ORIAS et une capacité professionnelle, que l’on obtient par un diplôme, un stage ou l’expérience.

Courtier en assurance recevant un dirigeant de PME dans son cabinet, contrats et ordinateur portable ouverts sur la table
AccèsCapacité niveau Idiplôme, stage de 150 h ou expérience
Formation2 à 5 ansBTS Assurance, licence, master, ou stage de 150 h
Salaire débutant1 923 € brutminimum conventionnel du courtage, classe A, en cabinet
Où travaillerCabinet de courtagecourtier grossiste, indépendant, réseau

Ce que fait un courtier en assurance

Le Code des assurances (art. L. 511-1) définit la distribution d’assurances comme l’activité qui consiste à recommander des contrats, à les proposer, et à contribuer à leur gestion et à leur exécution, notamment en cas de sinistre. Le courtier est le professionnel qui exerce cette activité pour le compte de son client, non d’un assureur : selon Planète CSCA, la chambre syndicale de la profession, il est le mandataire de son client et reste indépendant des assureurs.

Prenons une entreprise de transport qui renouvelle son contrat de flotte. Le courtier analyse ses risques : nombre de véhicules, sinistralité, marchandises transportées. Il rédige un cahier des charges, consulte plusieurs compagnies, compare garanties et exclusions, puis négocie les conditions avec l’assureur retenu.

Le travail ne s’arrête pas à la souscription. Il suit le portefeuille : renouvellements, avenants, révision des tarifs après une mauvaise année. Lors d’un sinistre, il instruit le dossier et assiste son client face aux experts de l’assureur. La fiche expert en assurance décrit ce qui se passe de l’autre côté de la table.

Il est aussi un chef d’entreprise : la fiche ROME C1103 de France Travail lui attribue la prospection, la rentabilité du portefeuille et l’animation d’une équipe. C’est ce qui le distingue du conseiller en assurance, salarié d’un assureur, qui ne présente que les contrats de sa compagnie.

Les compétences attendues

La technique assurantielle vient en premier. Lire un contrat de responsabilité civile ou de dommages aux biens, repérer une exclusion qui viderait la garantie de son sens, comprendre une franchise ou un plafond : le client attend que le courtier voie ce qu’il n’a pas vu.

La négociation s’exerce dans deux directions. Face aux assureurs, le courtier défend un tarif et des garanties. Face au client, il doit parfois déconseiller un contrat bon marché mais mal calibré. La CSCA cite le sens commercial et le talent de négociateur parmi les atouts de la profession, avec de solides connaissances techniques, financières et juridiques.

Devenir courtier en assurance

Pour exercer, il faut être immatriculé à l’ORIAS, le registre unique des intermédiaires en assurance, banque et finance. Selon le guide d’inscription des courtiers (COA) publié par l’ORIAS en septembre 2025, le courtier est cumulativement une personne physique ou une société inscrite au registre du commerce pour le courtage d’assurance, et un intermédiaire qui pratique la distribution d’assurance. Tous les dirigeants figurant sur l’extrait Kbis doivent justifier de la capacité professionnelle de niveau I et de leur honorabilité, contrôlée directement par l’ORIAS sur le casier judiciaire.

La capacité de niveau I se prouve de quatre façons :

  1. Un diplômeUn master, une licence en finance, banque, assurance (spécialité 313), ou un certificat ou titre enregistré au RNCP dans cette même spécialité.
  2. Un stage de 150 heuresLe livret de formation « Intermédiaires en assurance niveau 1 », d’au moins 150 heures, qui se conclut par un test de connaissances.
  3. Deux ans comme cadreUne attestation de l’employeur pour deux ans de fonctions de production ou de gestion de contrats d’assurance.
  4. Quatre ans comme non-cadreLa même attestation, pour quatre ans d’expérience salariée non-cadre dans ces fonctions.

D’après le Panorama du courtage 2024, l’expérience et le stage doivent avoir été réalisés auprès d’une entreprise d’assurances, d’un courtier ou d’un agent général, d’un établissement de crédit ou d’une société de financement. Le BTS Assurance (niveau 5, RNCP 38359) ouvre le salariat en cabinet, mais il ne figure pas parmi les diplômes que l’ORIAS retient pour la capacité de niveau I : licences et masters de la spécialité 313 et titres RNCP de cette spécialité, comme ceux de l’École nationale d’assurances (ENASS), mènent aux postes de responsabilité.

Le dossier d’immatriculation comprend aussi l’adhésion à une association professionnelle agréée par l’ACPR, une attestation de responsabilité civile professionnelle d’au moins 1 564 610 € par sinistre et 2 315 610 € par année, et, si le courtier encaisse des fonds, une garantie financière d’au moins 115 000 € par an. Les frais d’inscription sont de 25 € et se renouvellent chaque année entre le 1er et le 31 janvier.

Le salarié n’est pas immatriculé à titre personnel : c’est le cabinet qui l’est. Tous les professionnels qui distribuent des contrats doivent en revanche suivre une formation continue de 15 heures par an, imposée par la directive européenne sur la distribution d’assurances (DDA).

En reconversion, la voie de l’expérience est la plus directe : deux ans de production ou de gestion de contrats comme cadre, ou quatre ans comme non-cadre, dans une compagnie, une agence générale ou un cabinet. Sinon, le stage de 150 heures est proposé par des organismes de formation : vérifiez leur éligibilité au CPF, qui finance aussi le BTS ou la licence en formation adulte.

Pour comparer les organismes, leurs prix et leurs formats, consultez notre classement des formations de courtier en assurance et en crédit.

Où travailler et dans quelles conditions

Selon la CSCA, les courtiers ont pour clients des particuliers, des professionnels et des entreprises, et trois quarts des clients des cabinets dépassant 1 million d’euros de chiffre d’affaires sont des entreprises. Le marché compte plusieurs familles d’acteurs :

Les courtiers généralistes couvrent tous les besoins d’une clientèle, les spécialisés se concentrent sur un risque. Les grossistes conçoivent des produits distribués par d’autres courtiers, l’assureur restant porteur du risque. S’y ajoutent les courtiers de proximité, les affinitaires, qui visent une communauté, et les comparateurs en ligne.

Le salarié travaille en cabinet, souvent sur un portefeuille de clients qu’il prospecte et suit. Le cadre salarial est fixé par la convention collective du courtage (IDCC 2247), détaillée plus bas.

À la différence de l’agent général, lié à un assureur, le courtier ne représente aucune compagnie. Le courtier en crédit relève d’un autre régime, celui des intermédiaires en opérations de banque et services de paiement, avec sa propre catégorie ORIAS : 5 975 inscriptions au 31 décembre 2024, selon le rapport annuel.

Ce qui plaît

  • Le conseil indépendant : vous défendez l’intérêt du client, non celui d’un assureur.
  • La variété des risques : transport, santé collective, cyber, construction.
  • Des passerelles du salariat vers la création de cabinet.

Ce qui pèse

  • Un métier réglementé : capacité, RC pro, formation annuelle, contrôle de l’ACPR.
  • La prospection, permanente pour développer un portefeuille.
  • La responsabilité en cas de mauvais conseil.

Combien gagne un courtier en assurance

Les salariés des cabinets relèvent de la convention collective des entreprises de courtage d’assurances et de réassurances, IDCC 2247. Depuis l’avenant du 19 juin 2025, en vigueur au 1er juillet 2025 et étendu par arrêté du 2 septembre 2025, ses minima annuels vont de 23 076 € brut pour la classe A à 55 221 € pour la classe H, selon Juristique, soit 1 923 € à 4 602 € par mois en divisant par douze. Ces montants sont des planchers.

Pour les courtiers qui exercent en leur nom, nous n’avons trouvé aucune statistique publique de revenus : ils dépendent du volume de primes placées et de la rémunération négociée, et nous ne citons donc aucun montant.

1 923 €brut mensuel : minimum de la classe A du courtage en 2026, 23 076 € par an divisés par douze
4 602 €brut mensuel : minimum de la classe H, 55 221 € par an divisés par douze
+ 1,5 %revalorisation de toute la grille au 1er juillet 2025, avenant du 19 juin 2025

Salaire courtier en assurance en 2026Grille du courtage IDCC 2247, indépendants, comparaison avec la banque et l’assurance, brut et net.Voir les salaires

Emploi et débouchés

Le rapport annuel 2024 de l’ORIAS dénombre 26 953 inscriptions de courtiers en assurance au 31 décembre 2024, contre 26 722 un an plus tôt. Ces inscriptions sont à 69 % des sociétés et à 31 % des personnes physiques, et la durée moyenne d’une inscription est de 8 ans et 4 mois.

La CSCA s’appuie sur des données de 2022 pour décrire l’activité exclusive : 11 330 courtiers exercent à titre exclusif, dont 4 671 sociétés employant au moins un salarié, pour 45 950 postes de salariés, d’après le Panorama du courtage 2024 (source Xerfi, décembre 2023). La profession dépasse 7 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2022.

Le tissu est très fragmenté : plus de 90 % des entreprises comptent moins de onze salariés. La branche accueillait 3 096 alternants en 2022, avec un taux d’insertion de 87 % six mois après la formation.

Nous n’avons pas trouvé de chiffre de l’enquête Besoins en main-d’œuvre de France Travail propre au courtage d’assurance : il n’y a donc pas ici de statistique de tension à citer. Le Panorama de la CSCA range dans les métiers de la branche le courtier, le chargé de clientèle et le gestionnaire de contrats : voir la fiche chargé de clientèle.

Évolutions de carrière

La progression suit l’autonomie sur le portefeuille et la responsabilité d’équipe.

ÉvolutionCe qui changeRepère de la fiche ROME et des textes
Courtier confirmé, portefeuille propreProspection, négociation des programmes, suivi des sinistres importantsExpérience salariée ciblée recommandée avant l’indépendance
Responsable d’équipe ou d’agenceAnimation de collaborateurs, rentabilité du portefeuilleMissions du ROME C1103
Dirigeant de cabinetImmatriculation en son nom, RC pro, garantie financière, RCSCapacité de niveau I, honorabilité
SpécialisationCyber, construction, transport, santé collectiveCatégories du Panorama CSCA
Sources : France Travail, fiche ROME C1103 ; ORIAS, guide COA de septembre 2025 ; Planète CSCA, Panorama du courtage 2024.

La fiche ROME de France Travail conseille de passer d’abord par une expérience salariée sur une clientèle ou un type de produit avant de se lancer comme indépendant. Créer son cabinet suppose de réunir la capacité, l’assurance de responsabilité, les inscriptions et un premier portefeuille, constitué par la prospection ou par reprise de celui d’un confrère. Les conditions d’un rachat se négocient au cas par cas : nous n’avons pas de barème public à citer.

Métiers proches

Ces métiers partagent l’assurance, la relation client ou la négociation.

Courtier, agent général ou salarié : choisir son statut

Le même savoir-faire s’exerce sous trois statuts. Salarié d’un cabinet : vous ne portez ni immatriculation ni garantie, et votre fixe est encadré par la convention IDCC 2247. Courtier indépendant : vous êtes commerçant, vous choisissez vos assureurs, et vous supportez l’assurance de responsabilité, les frais d’inscription et le risque commercial. Agent général : vous représentez un assureur, avec un choix de contrats plus limité mais un cadre plus stable.

Tester le métier en cabinet est une bonne façon de trancher : deux ans comme cadre ou quatre comme non-cadre donnent la capacité de niveau I. Vous saurez alors si le métier vous convient avant d’engager votre immatriculation.

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