Salaire cordiste en 2026 : grilles, primes et net

Deux cordistes sur le même chantier peuvent toucher des paies très différentes : l’un est ouvrier du bâtiment en Île-de-France, l’autre intérimaire d’une agence spécialisée, un troisième facture en micro-entreprise. Il n’existe aucune convention collective propre au cordiste, donc aucune grille unique. Voici les minima réels, les primes, le passage au net et les revenus d’indépendant.

Cordiste travaillant en hauteur sur cordes
1 867 €brut mensuel, SMIC de juin 2026, plancher des deux premiers coefficients du bâtiment
2 038 €brut mensuel au coefficient 210, ouvriers du bâtiment en Île-de-France, 2026
2 510 €brut mensuel au coefficient 270, maître ouvrier, même grille

Aucune convention propre : trois grilles possibles

Il n’y a pas de convention collective spécifique aux travaux sur cordes. Selon son activité principale, l’employeur applique celle des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 jusqu’à 10 salariés, IDCC 1597 au-delà), celle des ouvriers des travaux publics (IDCC 1702), ou une convention de l’industrie ou du nettoyage. Le bulletin de paie indique laquelle. Pour la retrouver à partir du nom de l’entreprise, utilisez notre moteur de recherche de convention collective.

Dans les deux conventions du BTP, les minima sont négociés région par région : c’est l’accord du lieu du chantier qui s’applique. Aucune source publique ne classe le cordiste à un coefficient national précis : sa classification dépend de la qualification retenue par l’employeur, souvent le niveau 2 ou 3 pour un titulaire du CQP.

Bâtiment : la grille des ouvriers en Île-de-France

Le bâtiment classe les ouvriers en quatre niveaux, du coefficient 150 au coefficient 270. En Île-de-France, l’accord régional du 5 novembre 2025 est appliqué depuis février 2026. Aux coefficients 150 et 170, le minimum conventionnel serait inférieur au SMIC : c’est le SMIC qui s’applique depuis le 1er juin 2026.

NiveauCoefficientBrut mensuel (35 h)Brut horaire
N1 position 11501 867,02 € (SMIC)12,31 €
N1 position 21701 867,02 € (SMIC)12,31 €
N21851 899 €12,52 €
N3 position 12102 038 €13,44 €
N3 position 22302 164 €14,27 €
N4 position 12502 292 €15,11 €
N4 position 22702 510 €16,55 €
Source : Salerya, grille BTP 2026 Île-de-France (IDCC 1596 et 1597), recoupée pour le coefficient 270 et le SMIC par Batup ; accord régional du 5 novembre 2025. Brut, 35 heures, hors primes et indemnités.

L’Île-de-France est la région la moins bien rémunérée de la grille, selon Salerya : au coefficient 210, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche 2 170,80 €, soit 132,80 € de plus par mois.

Travaux publics : une grille plus haute en bas

Chez un employeur relevant des travaux publics, la grille des ouvriers d’Île-de-France de l’accord du 16 janvier 2026 (IDCC 1702, revalorisation moyenne de 1,23 %) fait démarrer les ouvriers à 23 709 € brut par an au niveau I, soit 1 975,75 € brut par mois pour 35 heures. Le niveau II commence à 24 826 € par an, soit 2 068,83 € par mois, et le niveau IV, à 34 569 € par an, soit 2 880,75 € par mois. Ces montants sont recalculés en divisant le brut annuel par douze, selon Juristique.

Intérim, industrie, spectacle et autres cadres

Environ 4 832 cordistes sur 11 384 sont intérimaires selon l’étude 2025 de France Travaux sur Cordes. L’intérimaire est payé selon la grille de l’entreprise utilisatrice, à laquelle s’ajoutent l’indemnité de fin de mission et l’indemnité de congés payés. Aucune grille publique consolidée des taux horaires d’intérim de cordiste n’a été trouvée : demandez à l’agence la référence de l’entreprise utilisatrice.

Dans l’industrie (chimie, métallurgie, énergie), la paie suit la convention de l’employeur, avec souvent des primes de site : aucune valeur nationale fiable n’a été retrouvée pour le cordiste. Le cordiste du spectacle, qui relève de l’intermittence, suit d’autres règles, celles des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, et n’est pas chiffré ici.

Cordiste indépendant : ce que l’on peut vraiment gagner

Beaucoup de cordistes chevronnés facturent leurs interventions en micro-entreprise ou en société. Aucune statistique publique n’établit le revenu moyen d’un cordiste indépendant : les tarifs journaliers relevés sur les sites de formation ou d’intérim ne sont pas des données établies et ne sont pas repris ici.

Le calcul est en revanche simple. En micro-entreprise, une prestation de services artisanale supporte 21,2 % de cotisations sociales sur le chiffre d’affaires encaissé, avec un plafond annuel de 83 600 € en 2026, d’après les tableaux de l’administration. Pour 4 000 € encaissés dans le mois, les cotisations s’élèvent à 848 €, avant charges propres : matériel, assurance responsabilité civile professionnelle, véhicule, formation, carburant.

Indépendant, mais jamais seul sur la corde

Le Code du travail impose qu’un travailleur sur cordes puisse être secouru immédiatement. Un indépendant travaille donc en binôme ou pour un donneur d’ordres qui organise la surveillance. Simulez votre situation avec le calculateur de charges de micro-entrepreneur.

Primes, indemnités et variables

Le cordiste travaille loin de chez lui : les indemnités pèsent lourd sur son revenu réel. Dans le bâtiment, les petits déplacements se composent d’une indemnité de repas (panier), de trajet et de transport, fixées par zone, à partir de barèmes régionaux. L’indemnité de repas s’élevait à 10,80 € par jour en Île-de-France en 2025 selon Salerya ; le relevé 2026 n’a pas pu être confirmé par une source officielle.

Au-delà, l’ouvrier est en grand déplacement : lorsqu’il ne peut pas rentrer chez lui le soir, la convention du 8 octobre 1990 prévoit une indemnité dont les montants annuels sont publiés par la Fédération française du bâtiment dans un document accessible aux adhérents. Aucun montant public n’a pu être vérifié, il n’est donc pas cité.

Une prime de « hauteur » ou de risque ne figure pas dans les grilles nationales du bâtiment et des travaux publics que nous avons consultées. Certaines entreprises en versent une, d’autres non : elle se négocie et figure au contrat. Les majorations pour heures supplémentaires, travail de nuit ou de week-end s’ajoutent, avec le calculateur d’heures supplémentaires pour les estimer.

Évolution selon l’expérience, la certification et la région

Le bâtiment classe selon la qualification et la responsabilité, non l’ancienneté. Voici comment la grille d’Île-de-France se lit pour un cordiste, à titre indicatif, car la classification finale relève de l’employeur.

SituationCoefficient possibleBrut mensuel, bâtiment Île-de-France 2026
Débutant sans expérience de chantierN1, 150 à 1701 867,02 € (SMIC)
Titulaire du CQP initial, ouvrier qualifiéN2, 1851 899 €
Compagnon, autonome sur cordeN3, 210 à 2302 038 € à 2 164 €
Chef d’équipe ou maître ouvrierN4, 250 à 2702 292 € à 2 510 €
Source : Salerya et Batup, grille BTP 2026 Île-de-France. Répartition indicative, non fixée par la convention pour le métier de cordiste.

Aucune source publique ne recense les salaires réellement versés aux cordistes : le CIDJ, organisme d’information sur les métiers, indique un salaire d’embauche de 2 000 € brut mensuel. Au-dessus de ce niveau, les écarts viennent de la spécialité (industrie, éolien), de la certification IRATA et de la région.

Du brut au net

Un salarié non cadre cotise environ 21 % de son brut sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026. Pour un cordiste au coefficient 210 à 2 038 € brut, le net avant impôt sur le revenu est de l’ordre de 1 610 € (2 038 × 0,79), hors indemnités de déplacement qui suivent leur propre régime.

Ce calcul est simplifié : les cotisations exactes dépendent de la situation du salarié. Pour votre cas, utilisez le calculateur de salaire brut en net. Pour un travail à temps partiel ou avec des heures supplémentaires, le calculateur d’heures supplémentaires vous permet d’affiner.

Comparaison avec les métiers proches

MétierCadre de la donnéeBrut mensuel
CordisteOuvriers du bâtiment, Île-de-France, coefficients 185 à 270, 20261 899 € à 2 510 €
GrutierOuvriers des travaux publics, Île-de-France, niveaux II à IV, 20262 068,83 € à 2 880,75 €
Conducteur de travauxETAM du bâtiment, Île-de-France, niveaux E à G, 20262 407 € à 3 119 €
Sources : Salerya et Batup (cordiste), Juristique (grutier, accord du 16 janvier 2026 ; ETAM bâtiment, accord du 5 novembre 2025). Minima conventionnels, hors primes, non comparables poste à poste.

Le cordiste part du même plancher que ses voisins du chantier. Il gagne du terrain avec la spécialité rare et la certification, et surtout avec le passage à l’encadrement.

Cordiste : missions et formationLe CQP travailler sur cordes, la sécurité, les débouchés et les évolutions.Voir la fiche métier

Négocier sa paie : ce qui fait vraiment varier le bulletin

Trois leviers pèsent plus que le taux horaire affiché. Le premier est la classification : entre le coefficient 185 et le coefficient 230, l’écart dépasse 250 € brut par mois en Île-de-France, et elle se demande par écrit. Le deuxième est le régime des déplacements, qui ajoute des sommes hors salaire de base. Le troisième est la certification : un niveau confirmé ou un IRATA plus élevé justifie de demander un coefficient supérieur.

Avant de signer, comparez sur trois points : la convention applicable, la grille de la région du chantier, et les indemnités de déplacement prévues au contrat. Pour vérifier les minima, consultez les accords régionaux de la Fédération française du bâtiment ou de la Fédération nationale des travaux publics, et gardez vos bulletins pour les recalculs.

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