Salaire cordiste en 2026 : grilles, primes et net
Deux cordistes sur le même chantier peuvent toucher des paies très différentes : l’un est ouvrier du bâtiment en Île-de-France, l’autre intérimaire d’une agence spécialisée, un troisième facture en micro-entreprise. Il n’existe aucune convention collective propre au cordiste, donc aucune grille unique. Voici les minima réels, les primes, le passage au net et les revenus d’indépendant.

Aucune convention propre : trois grilles possibles
Il n’y a pas de convention collective spécifique aux travaux sur cordes. Selon son activité principale, l’employeur applique celle des ouvriers du bâtiment (IDCC 1596 jusqu’à 10 salariés, IDCC 1597 au-delà), celle des ouvriers des travaux publics (IDCC 1702), ou une convention de l’industrie ou du nettoyage. Le bulletin de paie indique laquelle. Pour la retrouver à partir du nom de l’entreprise, utilisez notre moteur de recherche de convention collective.
Dans les deux conventions du BTP, les minima sont négociés région par région : c’est l’accord du lieu du chantier qui s’applique. Aucune source publique ne classe le cordiste à un coefficient national précis : sa classification dépend de la qualification retenue par l’employeur, souvent le niveau 2 ou 3 pour un titulaire du CQP.
Bâtiment : la grille des ouvriers en Île-de-France
Le bâtiment classe les ouvriers en quatre niveaux, du coefficient 150 au coefficient 270. En Île-de-France, l’accord régional du 5 novembre 2025 est appliqué depuis février 2026. Aux coefficients 150 et 170, le minimum conventionnel serait inférieur au SMIC : c’est le SMIC qui s’applique depuis le 1er juin 2026.
| Niveau | Coefficient | Brut mensuel (35 h) | Brut horaire |
|---|---|---|---|
| N1 position 1 | 150 | 1 867,02 € (SMIC) | 12,31 € |
| N1 position 2 | 170 | 1 867,02 € (SMIC) | 12,31 € |
| N2 | 185 | 1 899 € | 12,52 € |
| N3 position 1 | 210 | 2 038 € | 13,44 € |
| N3 position 2 | 230 | 2 164 € | 14,27 € |
| N4 position 1 | 250 | 2 292 € | 15,11 € |
| N4 position 2 | 270 | 2 510 € | 16,55 € |
L’Île-de-France est la région la moins bien rémunérée de la grille, selon Salerya : au coefficient 210, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur affiche 2 170,80 €, soit 132,80 € de plus par mois.
Travaux publics : une grille plus haute en bas
Chez un employeur relevant des travaux publics, la grille des ouvriers d’Île-de-France de l’accord du 16 janvier 2026 (IDCC 1702, revalorisation moyenne de 1,23 %) fait démarrer les ouvriers à 23 709 € brut par an au niveau I, soit 1 975,75 € brut par mois pour 35 heures. Le niveau II commence à 24 826 € par an, soit 2 068,83 € par mois, et le niveau IV, à 34 569 € par an, soit 2 880,75 € par mois. Ces montants sont recalculés en divisant le brut annuel par douze, selon Juristique.
Intérim, industrie, spectacle et autres cadres
Environ 4 832 cordistes sur 11 384 sont intérimaires selon l’étude 2025 de France Travaux sur Cordes. L’intérimaire est payé selon la grille de l’entreprise utilisatrice, à laquelle s’ajoutent l’indemnité de fin de mission et l’indemnité de congés payés. Aucune grille publique consolidée des taux horaires d’intérim de cordiste n’a été trouvée : demandez à l’agence la référence de l’entreprise utilisatrice.
Dans l’industrie (chimie, métallurgie, énergie), la paie suit la convention de l’employeur, avec souvent des primes de site : aucune valeur nationale fiable n’a été retrouvée pour le cordiste. Le cordiste du spectacle, qui relève de l’intermittence, suit d’autres règles, celles des annexes 8 et 10 de l’assurance chômage, et n’est pas chiffré ici.
Cordiste indépendant : ce que l’on peut vraiment gagner
Beaucoup de cordistes chevronnés facturent leurs interventions en micro-entreprise ou en société. Aucune statistique publique n’établit le revenu moyen d’un cordiste indépendant : les tarifs journaliers relevés sur les sites de formation ou d’intérim ne sont pas des données établies et ne sont pas repris ici.
Le calcul est en revanche simple. En micro-entreprise, une prestation de services artisanale supporte 21,2 % de cotisations sociales sur le chiffre d’affaires encaissé, avec un plafond annuel de 83 600 € en 2026, d’après les tableaux de l’administration. Pour 4 000 € encaissés dans le mois, les cotisations s’élèvent à 848 €, avant charges propres : matériel, assurance responsabilité civile professionnelle, véhicule, formation, carburant.
Indépendant, mais jamais seul sur la corde
Le Code du travail impose qu’un travailleur sur cordes puisse être secouru immédiatement. Un indépendant travaille donc en binôme ou pour un donneur d’ordres qui organise la surveillance. Simulez votre situation avec le calculateur de charges de micro-entrepreneur.
Primes, indemnités et variables
Le cordiste travaille loin de chez lui : les indemnités pèsent lourd sur son revenu réel. Dans le bâtiment, les petits déplacements se composent d’une indemnité de repas (panier), de trajet et de transport, fixées par zone, à partir de barèmes régionaux. L’indemnité de repas s’élevait à 10,80 € par jour en Île-de-France en 2025 selon Salerya ; le relevé 2026 n’a pas pu être confirmé par une source officielle.
Au-delà, l’ouvrier est en grand déplacement : lorsqu’il ne peut pas rentrer chez lui le soir, la convention du 8 octobre 1990 prévoit une indemnité dont les montants annuels sont publiés par la Fédération française du bâtiment dans un document accessible aux adhérents. Aucun montant public n’a pu être vérifié, il n’est donc pas cité.
Une prime de « hauteur » ou de risque ne figure pas dans les grilles nationales du bâtiment et des travaux publics que nous avons consultées. Certaines entreprises en versent une, d’autres non : elle se négocie et figure au contrat. Les majorations pour heures supplémentaires, travail de nuit ou de week-end s’ajoutent, avec le calculateur d’heures supplémentaires pour les estimer.
Évolution selon l’expérience, la certification et la région
Le bâtiment classe selon la qualification et la responsabilité, non l’ancienneté. Voici comment la grille d’Île-de-France se lit pour un cordiste, à titre indicatif, car la classification finale relève de l’employeur.
| Situation | Coefficient possible | Brut mensuel, bâtiment Île-de-France 2026 |
|---|---|---|
| Débutant sans expérience de chantier | N1, 150 à 170 | 1 867,02 € (SMIC) |
| Titulaire du CQP initial, ouvrier qualifié | N2, 185 | 1 899 € |
| Compagnon, autonome sur corde | N3, 210 à 230 | 2 038 € à 2 164 € |
| Chef d’équipe ou maître ouvrier | N4, 250 à 270 | 2 292 € à 2 510 € |
Aucune source publique ne recense les salaires réellement versés aux cordistes : le CIDJ, organisme d’information sur les métiers, indique un salaire d’embauche de 2 000 € brut mensuel. Au-dessus de ce niveau, les écarts viennent de la spécialité (industrie, éolien), de la certification IRATA et de la région.
Du brut au net
Un salarié non cadre cotise environ 21 % de son brut sous le plafond mensuel de la Sécurité sociale, fixé à 4 005 € en 2026. Pour un cordiste au coefficient 210 à 2 038 € brut, le net avant impôt sur le revenu est de l’ordre de 1 610 € (2 038 × 0,79), hors indemnités de déplacement qui suivent leur propre régime.
Ce calcul est simplifié : les cotisations exactes dépendent de la situation du salarié. Pour votre cas, utilisez le calculateur de salaire brut en net. Pour un travail à temps partiel ou avec des heures supplémentaires, le calculateur d’heures supplémentaires vous permet d’affiner.
Comparaison avec les métiers proches
| Métier | Cadre de la donnée | Brut mensuel |
|---|---|---|
| Cordiste | Ouvriers du bâtiment, Île-de-France, coefficients 185 à 270, 2026 | 1 899 € à 2 510 € |
| Grutier | Ouvriers des travaux publics, Île-de-France, niveaux II à IV, 2026 | 2 068,83 € à 2 880,75 € |
| Conducteur de travaux | ETAM du bâtiment, Île-de-France, niveaux E à G, 2026 | 2 407 € à 3 119 € |
Le cordiste part du même plancher que ses voisins du chantier. Il gagne du terrain avec la spécialité rare et la certification, et surtout avec le passage à l’encadrement.
Négocier sa paie : ce qui fait vraiment varier le bulletin
Trois leviers pèsent plus que le taux horaire affiché. Le premier est la classification : entre le coefficient 185 et le coefficient 230, l’écart dépasse 250 € brut par mois en Île-de-France, et elle se demande par écrit. Le deuxième est le régime des déplacements, qui ajoute des sommes hors salaire de base. Le troisième est la certification : un niveau confirmé ou un IRATA plus élevé justifie de demander un coefficient supérieur.
Avant de signer, comparez sur trois points : la convention applicable, la grille de la région du chantier, et les indemnités de déplacement prévues au contrat. Pour vérifier les minima, consultez les accords régionaux de la Fédération française du bâtiment ou de la Fédération nationale des travaux publics, et gardez vos bulletins pour les recalculs.
Sommaire
- Aucune convention propre : trois grilles possibles
- Bâtiment : la grille des ouvriers en Île-de-France
- Travaux publics : une grille plus haute en bas
- Intérim, industrie, spectacle et autres cadres
- Cordiste indépendant : ce que l’on peut vraiment gagner
- Primes, indemnités et variables
- Évolution selon l’expérience, la certification et la région
- Du brut au net
- Comparaison avec les métiers proches
- Négocier sa paie : ce qui fait vraiment varier le bulletin
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