Que ce soit pour aspirer à une vie meilleure ou quitter simplement un travail inconfortable, changer de profession fait peur. Sur 10 salariés, 9 ont reconsidéré leur situation et songé à se reconvertir, seuls 28 % l’ont réellement fait. Les doutes empêchent parfois d’accéder à un poste plus agréable et plus épanouissant. La peur de changer d’emploi n’est pas toujours infondée, mais il existe des moyens pour la dépasser.

Les signes qui ne trompent pas

Le choix d’une reconversion professionnelle peut-être motivé par un besoin de changement d’environnement de travail. Il peut aussi relever d’une quête d’épanouissement ou d’une concrétisation de rêve. Malheureusement, certains n’ont pas cette vision d’opportunités, mais s’enlisent dans des conditions inconfortables.

Ennui, stress, démotivation, mal-être voire dépression sont autant d’indices permettant d’évaluer si votre situation professionnelle vous convient. Les sentiments d’épuisement au réveil, surtout à l’idée de penser aux tâches sont des signes alarmants. Tout cela entraînera une dégradation de votre santé mentale. Vous avez plusieurs questions qui se bousculent dans votre tête, remettant en cause le plaisir que vous éprouvez au travail.

Le burn-out et le sentiment d’être dépassé par les évènements doivent aussi vous inquiéter. Vous sentez que vos relations au bureau sont inconfortables et cela vous rendent mal à l’aise. Dans ces cas-là, il est peut-être temps d’évaluer la situation en profondeur. Harcèlement physique ou moral, manque de reconnaissance malgré les efforts fournis, sentiment d’inadaptation aux missions attribuées. Ce sont aussi d’autres indicateurs décisifs.

La peur de changer d’emploi est un facteur bloquant et affecte votre vie en général. Vous éprouvez des sentiments d’insatisfaction, mais choisissez de s’y accommoder, craignant de ne pas trouver mieux. Au fil du temps, vous laissez ces ondes négatives s’installer en vous et conditionner votre quotidien.

Vous justifiez ensuite votre crainte par des raisons pouvant pourtant se révéler peu valables. Elles vous confortent dans votre malheur et altèrent votre bien-être. Vous êtes conscient que vous devez changer de travail, mais remettez votre décision à demain. Cette procrastination risque pourtant de vous coûter cher.

Analyser vos peurs et vos inquiétudes

Pour remédier à cette situation stagnante, commencez par analyser vos peurs. Posez-vous les bonnes questions et surtout évitez les excuses, celles qui vous ont fait rester dans ces conditions jusque-là.

Souvent, la conjoncture socio-économique est en tête de liste parmi les freins au changement d’emploi. Certains, dont vous peut-être, choisissent donc de subir et de stagner dans une ambiance professionnelle toxique.

Celle-ci ne paraît évidente qu’une fois avec le recul, quand vous aurez quitté votre travail pour un autre. Vous vous féliciterez certainement de cette décision, celle que vous avez reportée à maintes reprises pour mille raisons.

Toutefois, la peur de changer d’emploi n’est pas toujours infondée. Prenez une feuille de papier et notez tout. Essayez d’identifier les problèmes et surtout leurs sources et les éventuelles solutions. Soyez sincère, objectif et réfléchissez avec discernement.

Remontez dans le temps et déterminez quand avez-vous commencé à vous sentir ennuyé ou peu épanoui dans votre travail. Évaluez cette durée et vous jugerez si votre décision est hâtive ou parfaitement justifiée. Voyez également si les mêmes problèmes surviennent régulièrement voire répétitifs sans qu’aucune mesure ne soit prise. Identifiez les comportements qui vous incommodent, les personnes qui vous les infligent et à quelle intensité.

Une fois que vous aurez passé au crible votre environnement de travail, tournez-vous vers vous. Quels sont vos sentiments par rapport à ces faits, et surtout comment faites-vous pour vous y adapter. Vous verrez certainement surgir à cette étape le nombre de concessions que vous avez dû faire pendant longtemps. Considérez ensuite l’impact de vos comportements et de ceux des autres sur vous, sur votre santé physique ou mentale.

« Changer de travail, c’est du travail » : organiser son plan de carrière

Ça y est, vous avez tout noté et êtes résolu à vous reconvertir. Vous pouvez vous féliciter d’avoir affronté votre peur de changer d’emploi. Néanmoins, il ne s’agit pas de se lancer dans le vide ! C’est maintenant que le véritable travail commence, celui qui vous conduira vers une vie plus appropriée et plus épanouissante.

Quitter son poste pour un autre exige une bonne organisation. Vous êtes maintenant plus lucide pour vous lancer et prendre les risques nécessaires pour changer de vie. Sachez également qu’en quittant votre travail, vous emportez vos compétences et vos expériences. Celles-ci seront vos premiers atouts dans votre nouveau poste. Sur une feuille de papier, listez toutes vos qualités et vos aptitudes, sachez reconnaître votre valeur.

Ne laissez pas les années d’ingratitude ou d’inconfort professionnel vous faire penser que vous êtes un incapable. Si vous avez pu occuper un poste assez longtemps, vous avez certainement des compétences.

Notez les responsabilités que vous avez tenues, les ventes que vous avez conclues, les affaires que vous avez résolues, etc. Elles vous redonneront confiance en vous et vous prépareront à poursuivre votre chemin vers le changement. Vous serez davantage motivé pour mettre tous ces atouts à votre intérêt et vous vous sentirez capable de reprendre la route.

Toujours dans votre organisation de plan de carrière, utilisez votre carnet d’adresses. Parmi vos rencontres et vos collaborations dans votre ancien travail, qui pourraient vous aider ? Souvenez-vous des propositions qu’on vous a faites, que vous n’avez peut-être pas considérées à l’époque. Utilisez votre réseau pour identifier les personnes susceptibles de vous ouvrir des portes. Vous êtes désormais conscient de vos qualités, de votre potentiel et savez ce que vous souhaitez pour vous. Au fur et à mesure que vous organisez votre projet professionnel, vous vous rendrez compte de vos motivations. Celles qui vous poussent à oser sauter le pas.

Lancez-vous ou résignez-vous !

Vous avez donc décidé d’agir pour vous, après avoir évalué votre peur de changer d’emploi. Vos décisions actuelles doivent maintenant jouer en votre faveur, quelles qu’elles soient. Servez-vous de votre liste de départ pour choisir : questionnements, qualités et compétences, contacts et réseau. Cette analyse vous permettra d’avoir en un seul regard vos possibilités, qu’elles soient ailleurs ou dans votre travail actuel. Effectivement, vous pouvez choisir de garder votre poste, mais en prenant soin de corriger les failles.

Votre épuisement provient-il de votre incapacité à supporter la pression ou de votre mode de vie ? Votre burn-out résulte-t-il d’un manque d’organisation ou d’un problème de priorisation des tâches ? Essayez de voir les changements à votre niveau pour accéder à un environnement professionnel plus confortable.

Si vous sentez toutefois que vos efforts ne pourront pas apporter une modification considérable, quittez votre poste. Peut-être que votre démotivation est issue d’une mauvaise organisation indépendante de votre volonté ? Lancez-vous si vous vous sentez prêt à changer d’emploi.

Toutefois, ne foncez-pas tête baissée ! Procédez par étape : voyez les opportunités, actualisez votre CV, mettez de l’argent de côté, etc. Si vous avez déjà déterminé le secteur ou le poste qui vous tente, préparez-vous. Renseignez-vous sur les compétences exigées. Vous pouvez aussi vous inscrire à des formations professionnelles.